Nietzsche en France

La réception de Nietzsche en France est un sujet classique - voire routinier - pour de nombreuses disciplines, habituées à réaliser ce type d'exercice chacune avec les procédures et les outils qui lui sont propres. Un rapide regard sur les travaux portant sur ce thème montre d'ailleurs que c'est "un champ" très labouré, particulièrement depuis les années 1990.

Après avoir rassemblé les matériaux sur les traces de Nietzsche en France, démarche qui correspond traditionnellement à une des premières étapes essentielles de toute démarche scientifique en vue de l'élaboration d'une problématique, il ne serait pas difficile de faire apparaître que, paradoxalement, c'est un champ mal défriché. Cependant, il est beaucoup moins intéressant de poser le problème en terme de "manque" que de s'interroger sur la réelle difficulté d'articuler un corpus et un objet. Dans cette perspective, il faudrait cesser de faire comme si penser "Nietzsche en France" allait de soi et ne demandait pas un effort de construction et d'explicitation.

Lieu de questionnement et de recherche de pistes, cet espace sera consacré à cet effort théorique sans perdre de vue les questions empiriques "simples" auxquelles une histoire doit essayer de répondre pour ne pas laisser le champ libre aux suppositions hasardeuses et aux extrapolations douteuses qui transforment l'histoire d'un dialogue en apologie d'une conquête, qui dressent des frontières pour l'examen d'un transfert culturel, qui participent à la confusion entre histoire de Nietzsche à l'échelle nationale et histoire nationale de Nietzsche...

 

 

 

Qui est Nietzsche en France à la Belle Epoque?

(Laure Verbaere, 2013)

On trouvera ici moins le fruit que le déroulement d'une réflexion autour d'une question simple dont il s'agit d'éclairer la complexité tout en cherchant des pistes de réponse, c'est-à-dire sans renoncer au défi de trouver une réponse à la question telle qu'elle est posée. Comme chaque lecteur pourra le constater, il ne s'agit pas là d'une simple précaution oratoire ni d'un préambule convenu mais bien du parti-pris d'entrouvrir la porte d'un laboratoire.


 

Pourquoi de nouvelles sources?

(Laure Verbaere, 2013)

Il est important de définir ce qui motive la collecte de nourvelles sources et ce qu'elles peuvent apporter: une meilleure précision d'un objet bien connu ou une redéfinition de l'objet?


Réflexions sur le Nietzsche français.pdf
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Article publié pour la première fois en 2007 dans la revue Cosmopolis.


Novembre 2019

Biennale Nietzscheana

Nietzsche et la France. La France et Nietzsche

 

"Nietzsche wirkt in die populäre Breite, und man muss in die Breite gehen" (Andreas Urs Sommer, Nietzsche und die Folgen, 2017)

NOUVEAU

Laure Verbaere

Nietzsche et l'agrégation de philosophie (avril 2019) lire

OUTIL: Nietzsche et les philosophes français: traces empiriques et paroles 1889-1903 lire

Les éditions de Zarathoustra de 1920 à 1935 voir

et de 1935 à 1950 voir

 

Nouvelle trace inédite

Lettre d'Eric Blondel à Don Longo lire

 

Que pensait Emile Zola de Nietzsche? de Wagner? lire

 

Dominique de Gaultier de Laguionie, petit-neveu du philosophe français Jules de Gaultier (1858-1942) met à disposition les archives dont il dispose. voir

Jules de Gaultier et Nietzsche

Don Longo:

Les pèlerins à Sils-Maria voir

 

Alan Schrift:

“Le nietzschéisme comme épistémologie”, extrait de Patrice Maniglier (dir.), Le Moment philosophique des années 1960 en France (PUF, 2011) lire

 

Alan Schrift:

French Nietzscheanism lire

 

Nouveaux outils

The Nietzsche Canon: a publication history and bibliography (William Schaberg) lire

 

"Viele neue Nietzsches sollen zutage treten? - Ein paar wenige würden genügen..." (Reto Winteler, Friedrich Nietzsche, der erste tragische Philosoph, eine Entdeckung, Basel Schwabe Verlag, 2014)

" (...) [l]es philosophes de profession [...] oublient que Nietzsche ne promulgue pas un catéchisme nouveau mais nous invite à créer nous- même le système des valeurs auquel nous voulons dévouer notre vie. Dosons en nous la quantité de dionysisme et de christianisme mystique qui va nous inspirer. Il y aura autant de solutions qu'il y aura d'individus et c'est de leur collaboration que naîtra la vie nouvelle." (Charles Andler, 1932)

Becoming a Destiny: The Nietzsche Vogue in French intellectual Life, 1891-1918 (Christopher E. Forth, Dissertation, State University of New York, Buffalo, 1994)

Traces orales

Nietzsche « n'est pas allé assez loin dans le sens de sa propre doctrine ; il n'a pas été assez nietzschéen. L'attitude où il veut qu'on se place est bien celle qui convient ; mais nous ne pouvons pas dire d'avance qu'on doive, en s'y plaçant, aboutir à l'exaltation de l'individu plutôt qu'à son absorption dans la société : cela dépend des cas et des moments. Nietzsche n'a pas encore un sens suffisant de la relativité : il est encore trop systématique. » (Frédéric RAUH, extrait de cours à la Sorbonne, 1904)

 

"Chaque doctrine nouvelle présente certaines arêtes et extrémités outrancières autour desquelles la curiosité frivole de la multitude voltige hâtivement mais ce n'est pas l'exactitude ou la fausseté de quelques points particuliers, ce sont l'étendue et la profondeur de la création qui doivent retenir notre attention. Je ne me suis jamais demandé si les théories nietzschéennes du «surhomme » ou de l'« éternel retour » sont justes ou non: et qui se le demanderait encore, en dehors de quelques ratiocineurs et éplucheurs de livres ? Une grande œuvre ne nous intéresse toujours que par ce double côté: l'homme créateur et l'action créatrice." (Stefan Zweig, L'Humanité, 21 mai 1926)

Comoedia, 28 mars 1914
Comoedia, 28 mars 1914

Le Rire, 10 décembre 1910