John Viénot (1859-1933)


Professeur honoraire de l'Université de Paris, président de la Société de l'histoire du Protestantisme français.



VIENOT John, "Le Mois", in Revue chrétienne, janvier-juin 1913, p. 222-228.

"Il y a des épidémies qui passent sur les esprits. J'ai connu une génération de jeunes hommes protestants qui trouvaient leurs délices dans la Légende dorée, la vie des saints, c'est-à-dire dans la littérature la plus fade et la plus repoussante qui soit - et de l'autre dans Nietzsche. C'était un premier Indice du détraquement actuel" (p. 227)

 

VIENOT John, "Le mois", in Revue chrétienne, t. 1, série 4., janvier 1916, p. 434-440.

A propos d'un article de Paul Souday sur Peladan. Juge Peladan injuste envers les grands génies allemands, dont Nietzsche (p. 438).

Note: "On parle beaucoup d'union sacrée, on a bien raison. L'union sacrée est certainement dans le cœur de l'immense majorité des Français quelle que soit la couleur de leurs opinions politiques et religieuses. Nous avons tous communié l'autre jour avec M. Boutroux plaidant pour l'union sacrée après la guerre. Mais précisément parce que nous désirons maintenir et développer ces sentiments pendant et après la guerre, c'est un devoir pour nous de dénoncer les individus ou les groupes qui se font les artisans passionnés et injustes de la division française. Je n'accuse point le sar Peladan d'être anti-français parce qu'il prétend conserver le droit d'admirer Wagner. Pourquoi veut-il à toute force faire des demi-français des protestants qui entendent ne pas confondre Luther avec les Allemands d'aujourd'hui? Nous voulons

bien de l'union sacrée - mais avec ceux qui la pratiquent.

Au reste - tout en les signalant par devoir, ne dramatisons pas ces menus incidents de la vie courante. Pour nous, protestants français, ces attaques - encore qu'il faille y répondre - ne nous émeuvent guère. Nous en avons vu bien d'autres. Elles n'ont jamais empêché de triompher même parmi nous le principe sur lequel le protestantisme repose. Ce qui nous émeut davantage aujourd'hui, c'est l'effet qui peut être produit sur les neutres protestants par des affirmations qui ont contre elles l'histoire, la raison et le bon sens même. A ce titre nous saluons avec gratitude l'article un peu amusé que M. Paul Souday a consacré dans le Temps au dernier volume de M. Peladan, L'Allemagne devant l'humanité." (p. 436-437)