Dernières mises à jour sur le site


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JUIN 2026

 

  • OUTILS/Friedrich Nietzsche et Gabriel Monod. Des "relations amicales et superficielles: exercice de révision. Dans l'historiographie traditionnelle de la réception française de Nietzsche, de Geneviève Bianquis (1929) à Jacques Le Rider (2001) en passant par de nombreux autres, Gabriel Monod occupe une place assez limitée.  Les deux hommes n'auraient eu que des "relations amicales et superficielles". Dans les années 1870, il serait l'auteur d'un compte-rendu "tout à fait isolé" en 1874 et il aurait rencontré Nietzsche au festival de Bayreuth en 1876. Dans les années 1880, il aurait "le mérite" d'avoir parlé de Nietzsche à Jean Bourdeau, qui lui-même aurait publié le premier article sur Nietzsche en 1888. Dans le cadre d'un travail en cours sur les premiers contacts français peu "fructueux" de Nietzsche, j'ai essayé de cerner la place de Gabriel Monod dans la vie de Nietzsche et dans la diffusion de ses idées. Pour cela, je rends à Nietzsche son prénom car je me replace à l'époque où Gabriel Monod l'a connu, à cette époque où on appelait Nietzsche: "Monsieur". VOIR

    (Laure Verbaere, juin 2026)

  • OUTILS/ACTUALITE DE NIETZSCHE/APERCUS DES PUBLICATIONS RECENTES - Ajout: Samuel KUNKEL (éd.)

Édouard Schuré, Lettres de Bayreuth. Richard Wagner et le premier Festival. Correspondance inédite (1873-1883), édition établie et présentée par Samuel Kunkel. Contributions de Nicolas Dufetel et Adeline Heck, éditions Otrante, 2026. Voir: Nicolas Dufetel, "Édouard Schuré, le foudroiement wagnérien"; Adeline Heck, "Le mythe wagnérien et la genèse du Festival de Bayreuth"; Samuel Kunkel, "Édouard Schuré, Richard Wagner et Bayreuth".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1868-1891 - Ajout à propos des comptes rendus dans la Revue critique (1874 et 1875): Lire Martine Béland, Réception des Considérations inactuelles en France (1874-1875), Editions d'Ariane, Europhilosophie, 2010.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edouard Schuré - Ajout: Lire A Linguistical Trojan Horse: Sam Kunkel talks Édouard Schuré w/ Eye94 (2021) et Édouard Schuré, Lettres de Bayreuth. Richard Wagner et le premier Festival. Correspondance inédite (1873-1883), édition établie et présentée par Samuel Kunkel. Contributions de Nicolas Dufetel et Adeline Heck, éditions Otrante, 2026. Voir: Nicolas Dufetel, "Édouard Schuré, le foudroiement wagnérien"; Adeline Heck, "Le mythe wagnérien et la genèse du Festival de Bayreuth"; Samuel Kunkel, "Édouard Schuré, Richard Wagner et Bayreuth".

Henri Albert

 

MAI 2026

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Joseph Delpech
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Bernard Dorset - Ajout: DORSET Bernard, "De Nietzsche à Hitler", in Les dernières nouvelles de Strasbourg, 7 juillet 1937, p. 3. [L.V.]

    Examine si Hitler se revendique de Nietzsche à juste titre. Détaille quelques études récentes sur le sujet. Conclut négativement.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Bernard Dorset
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Bastier - Correction du titre, lien et précisions: BASTIER Paul,  "De Nietzsche à Hitler", in Science, n°16, octobre 1937, p. 2. [L.V.]

    Voir le compte-rendu de Gaston Picard dans le Mercure de France.

    A propos du livre de M. -P. Nicolas, De Nietzsche à Hitler.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Daniel Halévy - Ajout: HALEVY Daniel, "Lectures. Deux écrivains juifs", in Pages libres, 7 novembre 1908, n°410, p. 519-524.

    A propos de Robert Dreyfus et André Spire.

    Référence citée d'après Sébastien Laurent, Daniel Halévy. Du libéralisme au traditionalisme, Paris, Grasset, 2001, p. 227.

    Evoque Nietzsche, d'après le compte-rendu d'Henri Rouzaud dans la Revue critique des idées et des livres du 25 novembre 1908.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Henri Rouzaud - Ajout: ROUZAUD Henri, "Revue des revues", in Revue critique des idées et des livres, tome 3, n°15, 25 novembre 1908, p. 268-272.

    A propos d'un article de Daniel Halévy sur Robert Dreyfus et André Spire dans Pages libres du 7 novembre 1908. Commence par remarquer: "Pages libres a pour principal rédacteur Maurice Kahn. Est-il dès lors étonnant d'y voir un autre juif, M. Daniel Halévy, faire l'éloge de deux écrivains juifs?". (p. 268) Souligne que Daniel Halévy désapprouve "l'utopie sioniste" d'André Spire. Cite à ce sujet un extrait de l'article de Daniel Halévy: "Nous avons parmi les Français notre mission de recherche, d'inquiétude, de destruction même: il faut que nous restions". (p. 269) Puis cite encore:

    "Voulez-vous un exemple de l'activité juive? Ecoutez celui-c qui est récent. Je le trouve dans la vie de Frédéric Nietzsche. Vous savez comme il. vécut ignoré, solitaire. Né Allemand, il n'admirait pas l'Allemagne; né chrétien, il réprouvait le christianisme; ces opinions, dites avec franchise, suffisent à perdre un homme. Pourtant quelques personnes approchèrent au temps de sa réprobation et osèrent se lier avec lui. D'abord Paul Rée: un juif; puis Lore Salomé: une Juive; puis un certain docteur Paneth: un juif; puis une femme de lettres anglaise, Mlle Zimmern, qui commença de traduire ses livres: une juive; puis Georges Brandès, le grand critique danois, qui découvrit le penseur méconnu et annonça sa gloire.. : Georges Brandès est juif. « Les juifs, écrivait Nietzsche à un ami, que ne leur devons-nous pas! » Qu'en dites-vous ? Et déniez-vous sa valeur au travail que font les juifs qui vivent parmi les peuples? »" (p. 270)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edouard Dujardin - Ajout: DUJARDIN Edouard, De Stéphane Mallarmé au poète Ezéchiel et essai d'une théorie du réalisme symbolique, Paris, Mercure de France, 1919. [L.V.]

    Texte d'une conférence prononcée au Théâtre du Vieux-Colombier, le 26 mai 1918.

    Egalement publié dans Les Cahiers Idéalistes Français de mars à septembre 1919.

    Contre M. Haraucourt qui accuse les poètes symbolistes d'être intoxiqués par l'Allemagne (1916) et contre Charles Morice qui nie toute influence allemande, Edouard Dujardin soutient:

    "Pour moi, — et je n'engage ici que moi, bien entendu, — je n'imagine pas que la guerre de 1914, pas plus que la guerre de 1870, puisse empêcher un poète d'avoir été, jeune homme, et de demeurer, vieil homme, à l'école de Schopenhauer, de Wagner et, ensuite, de Nietzsche.

    Dans un article paru en 1900 et recueilli dans le volume le Problème du Style, Remy de Gourmont note ce qu'il appelle « l'ascendant des idées germaniques » sur la « récente littérature française » ; il cite notamment Hegel, Schopenhauer et Nietzsche; il oublie Wagner et il ajoute que « l'influence allemande » ne s'est guère exercée sur nous ( 1890-1900) que par la seule philosophie ». Cette erreur s'explique par l'insensibilité de Remy de Gourmont pour la musique et, il faut bien le dire, parce que Remy de Gourmont est toujours resté, vis-à-vis du symbolisme, un spectateur très intéressé, mais un peu étranger". (p. 17)

    Expose les grandes lignes de l'évolution de la poésie contemporaine. Signale quelques noms:

    "Je dois également nommer Nietzsche. Les premiers articles parus en France sur Nietzsche sont, je crois, de 1892; celui d'Henri Albert, qui fait date, est de janvier-février 1893, Mercure de France; la première traduction française de Zarathoustra est de 1898.

    Quelle révélation! quelle réalité des images! et quelle puissance de la pensée ! Mais quelle réponse à ceux qui décident et prononcent que la poésie n'a que faire d'exprimer des idées!" (p. 24)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean Jaurès - Ajout: Sur la place et le rôle de la critique littéraire chez Jean Jaurès, lire Françoise Laurent-Prigent, "Jaurès", in Le mouvement social, 1er avril 1967, p. 137-153.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Henry Bidou - Akout: BIDOU Henry, "La roche de Chastè", in Le Temps, 25 juillet 1934, p. 3. [L.V.]

    Ecrit de l'Engadine, sur les traces de Nietzsche.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Louis Lavelle - Ajout: LAVELLE Louis, "L'idée de valeur", {La philosophie}, in Le Temps, 25 novembre 1939, p. 3. [L.V.]

    A propos de l'actualité de l'idée de valeur, discute le sens qu'elle a chez Nietzsche.

  • TRACES ORALES/QUELQUES COURS, CONFERENCES... APRES 1940/Quelques cours, conférences... après 1940 - Ajout: L'art de Wagner jugé par Nietzsche, le 27 février 1947, salle Gaveau. Maurice Boucher avec le concours de Joy Mac Arden (d'après le programme publié dans la Revue musicale)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Dukas - Ajout: Sur les relations avec Nietzsche, lire Robert Brussel, "Sur le chemin du souvenir", in Revue musicale, numéro spécial sur Paul Dukas, mai-juin 1936, p. 338-371.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edouard Dujardin - Ajout au sujet de son article dans la Revue musicale de 1923: Cet article forme (avec quelques retouches peu importantes) un chapitre du livre d'Edouard Dujardin, Mallarmé, par un des siens, Paris, Messein, 1952, p. 195-234.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Nicolas Ségur - Ajout: SEGUR Nicolas, Le génie européen, Paris, E. Fasquelle, 1926. [L.V.]

    Contient un chapitre "Nietzsche", p. 239-266.

    Ce chapitre a déjà été publié sous la forme d'un article: "Nietzsche et les origines de sa philosophie", in La Revue, tome 83, 1er novembre 1909, p. 46-61. Précision ajoutée dans 1909. Indications biographiques.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Hélène Claparède-Spir - Ajout d'une précision sur son article de 1938: Egalement commentée et reprise par Th. Ruyssen dans La Paix par le droit, octobre 1938.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: P. Clerget
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Daniel Halévy - Ajouts: une photographie de 1897 avec Fernand Divoire, Robert Dreyfus et Fernand Gregh. Une photographie de Daniel Halévy et Fernand Gregh de l'été 1895. Une photographie de Daniel Halévy de mars 1896.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Maurice Kufferath - Ajout: KUFFERATH Maurice, "Richard Wagner (Souvenir)", in L'Indépendance belge, 29 décembre 1913, p. 3.

    Reproduit des pages publiées dans le numéro de Noël de L'Eventail.

    Raconte: "Je revis encore le maître, en 1882, après la première de « Parsifal », à Wahnfried et, un soir, près de son souverain et bienfaiteur, Louis II, dans la grande loge du théâtre. Les traits étaient fatigués, le regard moins brillant. On se racontait que la défection de Nietzsche - on disait à Bayreuth « la trahison » - l'avait affecté profondément. Et Nietzsche était à Bayreuth, - se cachant - fuyant l'ami pour qui son âme avait jadis brûlé d'une si pure admiration. Le triomphe incontesté de « Parsifal» n'avait pu effacer la morsure de cette tristesse."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1911 - Ajout: J.B., "La morale", in La voix de la montagne: petite feuille religieuse du Tarn, 15 mars 1911, p. 2-3.

    Commence par constater: "Un effort gigantesque est tenté pour séparer la morale de la religion, et la dresser même contre elle. La difficulté, en cas de réussite, serait de trouver une base à la morale. On la cherche, avec plus d’ardeur que de succès. II arrive ceci: les uns proposent des règles de morale qui froissent même les consciences les plus élémentaires; et d’autres parviennent à des règles dignes de respect et d’admiration, qui sont un reflet ou un écho de la morale chrétienne. Voici quelques noms" (p. 2)

    Evoque Bakounine, Kropotkine, Nietzsche, Guyau, Faguet, Fouillée...

    Résume Nietzsche ainsi: "Nietzche veut que l’homme exalte sa personnalité pour dominer sur les hommes, et il donne pour modèles les grands conquérants. II oublie que le souci de leur propre gloire les préoccupe infiniment plus que le bonheur de leurs sujets. Son principe serait acceptable s’il avait cité comme modèle notre Seigneur Jésus-Christ, «qui est venu non pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour plusieurs.» Nietzche aurait voulu imiter le Seigneur, mais il est à craindre qu’il n’eût pris de Christ que le fouet dont il se servit pour frapper — non les marchands — mais leur bétail et les chasser hors du Temple." (p. 2)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Claude Barjac - Ajout: BARJAC Claude, "Actualité de Nietzsche?", in Triptyque, octobre 1938, p. 13-14. [L.V.]

    Constate: "Les dirigeants du troisième Reich, en toute occasion, prétendent s annexer la mémoire de Nietzche. Ils en font un de leurs prophètes. Ils lui empruntent des maximes, des aphorismes, dont ils illustrent leurs théories. Et l'on peut se demander ce que penserait Nietzche de l'utilisation que l'on fait ainsi de son œuvre et de son nom." (p. 13)

    Passe en revue les réponses apportées à cette question par Daniel HalévyEdmond VermeilSimon AberdamMarius- P. Nicolas.

    Conclut par une citation de Nietzsche: "Je frémis en préssentant quels intrus, quels êtres totalement impropres se réclameront un jour de mon autorité." (p. 14)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1929 - Ajout: LE DIPLOMATE ERRANT, "Nietzsche et Mussolini", {La valise entr'ouverte}, in L'Europe nouvelle, 1er juin 1929, p. 694. [L.V.]

    "Elisabeth Foster, la sœur de Nietzsche, qui se croit sans doute l'héritière spirituelle de l'auteur de Zarathoustra, a envoyé une longue lettre à l'ambassadeur d'Italie auprès du Reich. Dans cette missive, rédigée à l'occasion de l'ouverture solennelle du Parlement fasciste, elle manifeste un enthousiasme débordant pour Mussolini. Elle voit en lui le « surhomme »  dont son frère attendait la venue sur la terre.

    La presse allemande a commenté sans indulgence ces déclarations passionnées d'Elisabeth Foster."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Hachel - Ajout: HACHEL, "Compagnons", in L'information universitaire, 16 décembre 1939, p. 1 et 6. [L.V.]

    Dialogue. Extrait:

    "— Un chef n’est pas un peuple.

    — Il l’exprime. Ecoutez Nietsche : « Les Allemands croient que la force doit se manifester par la dureté et la cruauté; alors ils se soumettent volontiers et avec admiration... Ils ne croient pas facilement qu’il puisse y avoir de la force dans la douceur et le silence ». Vous voyez bien. Ils reviennent toujours à leurs vices. Canis redit ad vomitum.

    — Faut-il donc leur ressembler? Mal contre mal, éternellement?

    — Il faut d’abord se défendre. Notre vertu actuelle est de combattre, par les armes, par la pensée, par l’éducation. Le devoir de l’Université est d’entretenir cette vertu.

    — Trahison des clercs.

    — Les éducateurs ne sont pas des clercs. Ils ont accepté une mission. Rappelez-vous Edgar Quinet, l’Education du peuple. A partir du moment, dit-il, où la société s’est laïcisée, l’école n’a plus parlé au nom du dogme et de la foi, mais au nom de cette société même, au nom de ses besoins et de son idéal. Tenant son mandat de la société, c’est elle que le maître exprime, non ses opinions personnelles, ce qui serait anarchie dangereuse. Les maîtres français parlent au nom de la France; ils préparent leurs élèves à vivre d’une vie française. J’entends la vie française d’aujourd’hui, la vie de guerre pendant la guerre, la vie de paix, comme elle sera, pendant la paix. Ils ne trahissent rien et les clercs non plus ne trahissent rien, servant leur pays quand ce pays ne trahit pas. Or ce n’est pas la France qui trahit la pensée, la morale, le droit, les valeurs universelles, ces valeurs que Nietsche a niées et tant d’autres avec lui, de sa langue et de sa race. Je dirais volontiers qu’ils les ont niées pour affirmer quelque chose ou mieux pour s’affirmer. « Il n’y a jamais eu de culture allemande, écrit Nietsche dans la Volonté de Puissance ». Ils se cherchent et commencent par s’opposer à autrui. De là cette négation de la civilisation qui les conduit à tous les excès. De là aussi cette foi au devenir. « L’homme, dit Nietsche, est l’animal dont l’espèce n’est pas encore fixée ». Il dit aussi : « La forme générale et régnante de la barbarie, c’est que l'on ignore encore que la morale est affaire de goût »." (p. 1)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Hachel - Ajout: HACHEL, "Vérité en deça", in L'information universitaire, 18 novembre 1939, p. 1. [L.V.]

    Dialogue. Extrait:

    "L’Allemagne de 14 est devant nous, plus grande, plus dangereuse. Est-ce le retour éternel dont parlait Nietsche? Les générations françaises connaîtront-elles périodiquement ce cauchemar de la guerre? Que penser?

    — Je suis tenté de croire Nietsche. Deux peuples, deux morales. Il les connaît mieux que nous. Et rappelez-vous les avertissements de Heine, un Allemand, de Schopenhauer, un Allemand! Goethe lui-même s’est exprimé sans ambages sur ses compatriotes. Et même Frédéric II, las de commander, disait-il, un peuple d’esclaves.

    — Deux morales, en effet. Prenons la vérité. Nous en avons le culte. Il n’y a pas de vice qui répugne plus aux Français que l’hypocrisie. Elle forme le thème de nos querelles politiques, sociales, religieuses. Eux, admettent aisément le mensonge; ils y recourent sans cesse dans leur politique. Leur chef s’est reconnu le droit, j’allais dire le devoir, de mentir à l’ennemi, d’avance, en pleine paix, pourvu qu’il y ait profit, et même à titre de principe et d’exercice. Sa vérité, c’est le succès.

    — Exact.

    — Prenons la bonté. Elle n’est pas seulement l’essence du christianisme, mais de notre morale laïque. La bonté au delà de la justice. Au point que nos mœurs, imprégnés d’indulgence et, comme on dit, d’humanitarisme, ont peine à se raidir quand il faut, à consentir aux sanctions nécessaires. Eux sont durs, volontairement durs et cruels. Ils n’ont pas besoin d’avoir lu Nietsche et de s’être fait un évangile de dureté. Ils sont cruels, naturellement; ils aiment la cruauté. Ce qui s’est passé dans leurs camps de concentration, dans leurs prisons, en Autriche, chez les Tchèques, dans cette affreuse guerre de Pologne, dans les représailles qui ont suivi, fait vomir ou frémir. J’ai causé avec les réfugiés juifs. Ô les malheureux!"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Henri Martineau - Ajout (hors période mais utile à la continuité): MARTINEAU Henri, "Daniel Halévy: Nietzsche. Grasset", in Le Divan, n°250, avril-juin 1944, p. 405-406. [L.V.]

     Eloge appuyé de la refonte de la biographie de Charles Péguy. Réserves quant à celle de Nietzsche parue initialement en 1909: "je ne suis point certain que Nietzsche philosophe ait gagné dans les mêmes proportions à ce travail de refonte et que l’échec du visionnaire n’y soit pas devenu plus apparent que la fécondité de son enseignement?

    M. Daniel Halévy, dans le livre qui vient de paraître aux éditions Grasset, a certainement consacré à son sujet un nombre de pages double de celui qu’il avait atteint dans le précieux petit volume qui, en 1909, avait paru à la librairie

    Calmann-Lévy. Celui-ci était vite devenu bien cher aux jeunes gens de ma génération. C’était la première fois qu'on nous entretenait longuement de Nietzsche et nous étions surtout attirés par le drame de sa destinée. Nous ne choisissions qu’ensuite, au hasard des livres traduits au Mercure de France, ceux de ses aphorismes qui faisaient écho à nos propres aspirations, qui s’accordaient le mieux à notre sensibilité. En un mot l’unité de sa doctrine nous importait bien moins que son attitude de Titan foudroyé.

    Or ce que le livre refondu et augmenté de M. Daniel Halévy apporte de nouveau à l’étude de la vie de Nietzsche est beau coup moins important que ce qu’il ajoute à l’histoire de sa pensée. Et c’est surtout dans la seconde partie de son ouvrage que l’auteur a insisté sur les mille projets instantanément conçus et aussitôt abandonnés par ce grand et malheureux génie, si cahoté, si chaotique, d’autant plus impatient et instable qu’il se sentait harcelé par la catastrophe prochaine." Regrette "cet éclairage cru de l’écrivain".

    Daniel Halévy mentionne cette analyse critique et y répond dans son Nietzsche, Paris, Grasset, 1944 (Voir le "Post-scripta" de la deuxième édition, p. 535-538).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Hachel - Ajout: HACHEL, "Humain, trop humain?", in L'information universitaire, 10 février 1940, p. 1 et 6. [L.V.]

    Commence: "Qu’est-ce qui nous oppose à nos ennemis? Ce n’est pas un conflit d’ambitions. L’Allemagne est ambitieuse, d’un appétit d’ogre qui convoite la terre. La France ne l’est pas, ne l’est plus, par sagesse et non, comme le dit Goebbels, parce qu’elle est rassasiée. Ce n’est pas un conflit d’intérêts. La guerre est une industrie allemande, non française. Les rois, les empereurs, les chefs de l’Allemagne ont, depuis les temps barbares, escompté, tiré profit de la guerre. La France est guérie de la Grande Illusion, comme l’a nommée Norman Angell. La France, c’est-à-dire le peuple français, devenu l’un des plus pacifiques du monde.

    Ce qui nous oppose à nos ennemis, c’est une idée, l’idée que nous nous faisons de l’homme. Que nous la tenions de la foi ou de la raison, qu’elle soit chrétienne ou philosophique, cette idée est au fond la même. L’homme est une fin; non un moyen; il est, en un sens, sacré. Comme reflet du divin, pour les uns, comme la plus liante expression de la vie pour les autres, peu importe. Qu’on s’arrête à l’homme ou qu’on le dépasse, il est la commune mesure et le respect de sa dignité commune loi. Qu’on voie dans la civilisation le reflet affaibli d’un âge innocent ou l’aube d’un heureux avenir, l’amitié de l’homme pour l’homme n’en est pas moins sa marque essentielle. Croyants, non croyants se rejoignent là.

    Or cette idée, nos ennemis ne l’admettent point. Ils n’ont d’amitié que pour eux-mêmes, non pour l’homme : « Toute morale, écrit Nietsche dans la Volonté de Puissance, ce livre préféré d’Hitler, toute morale consiste à se glorifier soi-même: une certaine espèce d’hommes se complaît dans son espèce et dans sa façon de vivre et écarte ainsi l’influence d’hommes de race différente qu’elle sent inférieures à elle ». « Postulat de la morale absolue: « Mon jugement de valeur est définitif! » « Sentiment de la puissance ». Et encore : « Ce qui domine dans le sentiment moral, c’est le sentiment d’appartenir à un ordre supérieur; c’est le témoignage que la caste supérieure se rend à elle-même; ses actions et ses états serviront ultérieurement de signes destinés à faire connaître que l’on appartient ou que l’on devrait appartenir à celte caste ». Veut-on des formules? « La morale est la théorie de la hiérarchie entre les hommes et par conséquent aussi de la valeur de leurs actes et de leurs œuvres rapportés à cette hiérarchie ». « Droits: le plus puissant définit ceux des subalternes entre eux. Devoirs: le plus puissant définit ceux des subalternes envers lui ». La cruauté est justifiée. « La cruauté peut servir de détente aux âmes tendues et fières qui s’adonnent sans trêve à la pratique des austérités (ascétisme hitlérien); c’est devenu une fête pour elles que de pouvoir enfin nuire à autrui, de voir souffrir; toutes les races guerrières sont cruelles ». La cruauté est nécessaire, donc bonne: « L’espèce ne se perpétue que par des sacrifices humains... Si l’on pose les individus comme égaux, on met en danger l’espèce; le christianisme est le principe opposé à la sélection ». L’altruisme c’est « la plus extrême immoralité, le crime contre la vie ».

    Des mots? Des phrases? Non, des forces. Elles conduisent un peuple, son maître, sa jeunesse. Hiérarchie, sélection, puissance, dureté, cruauté même, voilà les thèmes de leur évangile, leur sermon sur la montagne. Le nôtre, qu’ils méprisent comme marque d’esclavage et de faiblesse, c’est celui de la pitié. Nous souffrons de la misère humaine.

    [...]"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Hachel
  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1937-1938 - Ajout: Emmanuel Bondeville: Nietzsche et Bizet. Conférence donnée au Centre Universitaire Méditerranéen de Nice, le mercredi 6 avril 1938 à 17h. D'après l'annonce publiée dans L'information universitaire du 2 avril 1938.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Correction dans la recherche par nom: Claire CHARLES-GENIAUX remplace C.C. GENIAUX
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Werner Hegemann
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Otto Berggruen - Ajout: BERGGRUEN Otto, "La correspondance de Bülow", in Le Ménestrel, 8 juillet 1900, p. 213-214.

    "Le quatrième volume de la correspondance fort volumineuse de Hans de Bülow, que sa sœur Marie est en train de publier chez Breitkopf et Haertel, à Leipzig, contient une lettre particulièrement curieuse de Bülow à Nietzsche. L'artiste était un admirateur sincère du philosophe et adorait surtout le traité sur la naissance de la Tragédie, mais cela ne l'empêchait pas de critiquer impitoyablement une œuvre symphonique que Nietzsche lui avait envoyée en 1872.

    Bülow prit une de ces plumes de Tolède qui ne manquaient jamais sur son bureau, et écrivit à Nietzsche:

     

    Votre Méditation sur Manfred est un comble extrême d'extravagance fantastique et la chose la plus désagréable et antimusicale que j'aie depuis longtemps eue sous les yeux sur du papier à portées. A plusieurs reprises je dus me demander si tout cela n'était pas une plaisanterie et si vous n'aviez pas voulu écrire une parodie de la soi-disant musique de l'avenir ? Est-ce exprès que vous vous moquez continuellement de toutes les règles de l'harmonie, de la syntaxe comme de la grammaire de l'art musical ? En dehors de l'intérêt psychologique — car dans votre produit musical fiévreux on sent un esprit peu commun et distingué malgré toutes ses erreurs — votre Méditation n'a, au point de vue musical, que la valeur d'un crime dans le monde moral. Je n'ai pu y découvrir aucune trace de l'élément apollonien, et quant à l'élément bachique, j'ai dû, ]e l'avoue franchement, penser plutôt au « lendemain d'une bacchanale » (ces mots en français) qu'aux dionysiaques. Si vous avez réellement un besoin impérieux de vous exprimer dans la langue musicale, il est indispensable que vous vous appropriiez d'abord les premiers éléments de cette langue. Une fantaisie qui se débauche par des réminiscences de la musique de Wagner n'est pas une base pour la production musicale. Les audaces les plus inouïes de Wagner sont justifiées par l'action du drame et prennent leur racine dans le tissu des paroles, car il s'abstient prudemment de ces monstruosités dans ses compositions purement musicales; elles sont, par surcroît, toujours correctes au point de vue de la langue, jusqu'aux plus infimes détails de la notation. Si l'intellect d'un connaisseur, tout de même cultivé, comme Monsieur .... (ici, Bülow nomme un critique viennois fort connu), n'est pas suffisant pour reconnaître cela, j'y vois la preuve qu'il faut être « musicien et demi » (ces mots en français) pour apprécier justement Wagner comme musicien. Si vous prenez au sérieux votre incursion dans le domaine de la composition musicale, ce dont je dois encore douter, ne composez au moins que de la musique vocale et donnez à la parole le gouvernail de la nacelle qui vous ballotte sur une mer sauvage de sons. Encore une fois, excusez-moi, vous avez désigné vous-même votre musique comme effroyable ; elle l'est en effet, et plus effroyable encore que vous ne pensez. Elle ne fait pas de tort à l'univers, mais elle est pire : elle est malsaine pour vous-même, et vous ne pouvez pas tuer votre excédent de temps libre d'une façon plus mauvaise qu'en violant Euterpe de cette façon.

     

    Quelque temps après avoir reçu cette critique terrible, Nietzsche répondit à Bülow en le remerciant et en reconnaissant ses torts, tout en avouant que la composition de sa musique lui avait causé une très grande joie. Bülow a d'ailleurs vécu assez longtemps pour apprendre que les errements musicaux du philosophe étaient dus à une désorganisation de son cerveau qui avait commencé déjà à une époque où les nombreux admirateurs de Nietzsche ne se doutaient guère de l'état réel de son esprit aussi paradoxal que profond."

    Voir la lettre initiale de Nietzsche (20 juillet 1872) et la réponse de Nietzsche à la lettre d'Hans von Bülow (29 octobre 1872)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean Tarvel - Ajout d'un lien vers: TARVEL Jean, "L'héritage de Nietzsche", in Comoedia, 1er juin 1930, p. 3.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Georges Beaume - Ajout: BEAUME Georges, "Frédéric Nietzsche", in Revue française politique et littéraire, 11 mai 1930, p. 447-448. [L.V.]
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Georges Beaume
  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1931-1932 - Ajout: Le nietzschéisme, correctif des doctrines démocratiques. Conférence donnée à une réunion de la loge maçonnique mixte "Le droit humain", le dimanche mai 1931, à 15h. D'après l'annonce publiée dans L'écho d'Alger du 17 mai 1931.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Jacques Janin
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: R. Emile-Laurent
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/A. Jacob - Ajout: JACOB A., "Annales de la faculté des lettres de Bordeaux", in Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes, 1884, p. 191-193.

    A propos de l'étude intitulée "Le second livre d'élégies attribué à Théognis" (1883), d'A. Couat (p. 192-193), note: "Le recueil date probablement de l'époque byzantine; une fois fait, il a été inséré au milieu d'autres élégies. Discussion de l'opinion de Nietzsche relativement à la disposition des morceaux du recueil" (p. 193). 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: A. Jacob
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1882 - Ajout: "Philologie grecque", {Bulletin bibliographique}, in Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes, avril 1882, p. 156-159.

    A propos de la thèse de Victor Egger, Bordeaux, 1881, signé H. W.:

    "Disputationis de Fontibus Diogenis Laertii particulam de successionibus philosophorum Facultati litterarum Parisiensi proponebat Victor EGGER. Bordeaux, 1881.

    Diogène Laerce est un de ces compilateurs qui n'ont rien d'original que les erreurs et les bévues qu'ils mêlent aux extraits des auteurs qu'ils suivent. Il est donc très important, mais il est aussi très difficile, de bien connaître les sources de Diogène. M. V. Egger recherche à quel auteur Diogène doit le système de filiation qu'il établit entre les écoles philosophiques. A la différence de M. Nietzsche, qui avait traité la même question en prenant Diogène pour point de départ, M. E. fait connaître dans leur ordre chronologique les auteurs qui, depuis Aristote et Théophraste, s'étaient occupés de l'histoire de la philosophie et des philosophes. Cette disposition des matières est plus instructive et plus facile à suivre. La thèse de M. E. est que Diogène doit l'ordonnance générale de son ouvrage à Sotion et à son abréviateur Héraclidės Lembus. En se servant de certains indices, le jeune philosophe, qui est en même temps excellent philologue, cherche à établir très ingénieusement que Sotion imagina d'abord l'étrange division des sectes philosophiques de la Grèce en deux séries, la série ionienne depuis Thalès jusqu'aux Platoniciens, aux Stoïciens et aux Péripatéticiens, et la série italique, de Pythagore aux Eléates, à Démocrite et à Epicure. Ce qu'il y a de plus particulier dans la seconde série, l'isolement d'Héraclite et de Xénophane, est attribué au même Sotion, savant de la première moitié du IIe siècle avant notre ère, qui aurait eu le tort de préférer une érudition frivole à la science solide de Théophraste" (p. 157).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1882 - Ajout: Y. , "Jahresbericht über die Fortschritte der literarischen Alterthumswissenschaft", in Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes, avril 1882, p. 62-111.

    Signale: "G. KERN, Bemerkungen zum 10. Buch des Laertius Diogenes. Sans valeur dans sa partie générale, comme s'appuyant sur une thèse de Nietzsche bien réfutée par J. FREUDENTHAL (Hellenistische Studien); mais de bonnes remarques de détail" (p. 83).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Henri Lebègue - Ajout: LEBEGUE Henri, "Literarisches Centralblatt", in Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes, 24 mars 1880, p. 94-103.

    Signale: "13 déc. H. FLACH. Untersuchungen über Eudokia und Suidas [B.]. Beaucoup de travail appliqué à un mince sujet. L'auteur revendique le Violarium en faveur d'Eudocia. Pourtant il reconnaît partout la présence d'interpolations plus ou moins considérables. Il combat l'opinion de Nietzsche, d'après laquelle Hésychius ne se serait pas servi de Diogène de Laërte, la concordance de ces deux auteurs s'expliquant par une source commune" (p. 102).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Henri Lebègue
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Eugène Benoist

 

AVRIL 2026

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Gabriel Monod - Ajout: Lire: "Retour sur Gabriel Monod", in Revue historique, n°664, 4, 2012.
  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1933-1934 - Ajout: Etienne GIRAN, "Rien ne vaut?... Sois une valeur!". Conférence organisée par l'Union des libres penseurs et des libres croyants pour la culture morale, le 12 février 1933, au 16 rue de la Sorbonne.

"M. Et. Giran la cheville ouvrière de cette Union, a opposé, avec son habituel talent de pensée et de parole, à Nietzsche, le « dévalorisateur » des vraies valeurs humaines, le philosophe Bergson, un « revalorisateur »" [Le Foyer protestant, 1er mars 1933].

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Gilbert Keith Chesterton - Ajout: CHESTERTON G. K. , "Le suicide de la pensée", in Revue universelle, t. 1, n°2, 15 avril 1920, p. 177-186. [L.V.]

    Sur Nietzsche (p. 182-185)

    Extrait: "Nietzsche peut très bien servir de type pour définir dans son ensemble l’échec de la violence abstraite. Le ramollissement du cerveau dont il finit par être atteint ne fut pas un accident physique. Si Nietzsche n'avait pas fini dans l’imbécillité, le nietzschéisme aurait fini dans l’imbécillité. Celui qui pense orgueilleusement dans la solitude finit par l’'idiotie. [...]

    Au moment où j'achève cette description des maux qui nous menacent, se dresse devant moi une pile de livres modernes que j'ai feuilletés pour mon travail: une pile d’ingénuité, une pile de futilité. Détaché de tout cela, je puis voir l’écrasement de toutes ces philosophies d’un Schopenhauer, d’un Tolstoï, d’un Nietzsche, d’un Shaw, aussi clairement que l’on peut voir d’un ballon l’écrasement d’un train. Ils sont tous en route vers le désert de l’asile. Car la folie peut être définie: se servir de l’activité mentale pour atteindre la faiblesse mentale et celle-ci, ils l'ont presque atteinte."

    Parallèle entre Nietzsche et Jeanne d'Arc.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Gilbert Keith Chesterton
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Daniel Halévy - Ajout: Lire Georges Liébert, "Daniel Halévy et Nietzsche", in Commentaire, n°72(4), 1995, p. 829-837.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Daniel Halévy - Ajout: Daniel Halévy et l'"Union pour la vérité": lettre d'adieu (1912)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Daniel Halévy - Ajout de liens vers les deux articles: HALEVY Daniel, "Nietzsche et Wagner - 1869-1876", in Revue de Paris, vol. 24, 15 novembre 1897, p. 302-327.

    Suite dans le numéro du 1er décembre 1897.

     

    HALEVY Daniel, "Nietzsche et Wagner - 1869-1876", in Revue de Paris, vol. 24, 1er décembre 1897, p. 649-674.

    Suite et fin de l'article du 15 novembre 1897.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/André Coeuroy - Ajout: COEUROY André, "Fr. Nietzsche: musikalische Werke", in Revue musicale, 1er octobre 1925, p. 268. [L.V.]

    A propos du début de la publication des compositions musicales de Nietzsche.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/André Suarès - Ajout: SUARES André, "Pensées sur la musique", in Revue musicale, mars 1930, p. 245-249. [L.V.]

    Contient: "XXXIII: Nietzsche et la musique", (p. 245-246). Note: "En art, la théorie bien définie et bien bornée par les arpenteurs de la doctrine est le plan du médiocre et souvent de l'absurde. A tout coup, le dogme est paradoxe. Nietzsche en est le plus curieux exemple. A quel parti pris aveugle la théorie ne conduit-elle pas un esprit de cette trempe pour lui faire préférer Carmen à Tristan?" (p. 245) Développe: "Le plus ridicule, quand on voit les misérables essais de Nietzsche en musique: il n'y entend rien. On ne peut discerner dans cette pensée et cette harmonie également banales, la moindre promesse de talent, ni le pressentiment ni l'ombre du génie." (p. 246)

    Et: "XXXV: Encore Nietzsche" (p. 247). Note: "Nietzsche a beau parler des Grecs, de Dionysos, de l'antique et de tout ce qui s'en suit, il est chrétien de la tête aux pieds et pasteur même. Brand l'est bien. On est aussi bien pasteur à rebours que dans le sens du droit fil."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean Wahl - Ajout: Les emprunts de Jean Wahl à la bibliothèque de l'ENS 1907/1908 1908/1909 1909/1910
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Daniel Halévy - Ajout d'une indication pour: HALEVY Daniel, La vie de Frédéric Nietzsche, Paris, Calmann-Lévy, 1909, 383 pages, vol. in-18. 8ème édition en 1922.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Ernest Closson - Ajout d'un lien vers CLOSSON Ernest, "Nietzsche et Bizet", in Revue musicale, mai 1922, p. 147-154.

    Commente une brochure d'Hugo Daffner, Friedrich Nietzsches Randglossen zu Bizets Carmen, Regensburg, Bosse, 1912.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Henri Lichtenberger - Ajout: LICHTENBERGER Henri, "Wagner et l'opinion contemporaine", in Revue musicale, numéro spécial sur Wagner et la France du 1er octobre 1923, p. 175-183. [L.V.]

    Evoque les relations et la rupture entre Nietzsche et Wagner.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edouard Dujardin et André Suarès 1923 -Correction: les articles indiqués en mai dans la Revue musicale sont corrigés: ils paraissent dans le numéro spécial du 1er octobre 1923 consacré à Wagner et la France.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edouard Schuré - Ajout: SCHURE EdouardL'évolution divine: du sphinx au Christ, Paris, Perrin, 1912.

    "La Grèce marque donc ce moment unique de l'histoire, où les forces cosmiques, en lutte inégale chez les autres peuples, parvinrent à un équilibre parfait et à une sorte de fusion harmonieuse. Le pacte d'Apollon et de Dionysos est le chef-d'œuvre de la religion hellénique et le secret de la Grèce sacrée 1

    1. C'est ici le lieu de rendre justice à celui qui a découvert la signification transcendante d'Apollon et de Dionysos pour l'esthétique grecque. La Grèce elle-même, qui l'a si puissamment illustrée dans ses mythes et réalisée dans ses Mystères, ne l'a pas exprimée par la bouche de ses philosophes. Peut-être ne l'a-t-elle pas formulée parce qu'elle l'a trop vécue. Quant aux modernes, personne ne s'en est douté. Seul Nietzsche l'a devinée dans son génial essai : l'Enfantement de la tragédie par le génie de la musique (Die Geburt der Tragoedie aus dem Geisle der Musik). Ayant remarqué dans toute la littérature grecque l'antagonisme radical entre l'élément apollinien et l'élément dionysiaque, il caractérise le premier comme le phénomène du rêve et le second comme celui de l'ivresse. Le rêve amène les belles visions; l'ivresse produit une sorte de fusion de l'âme avec l'âme des êtres et des éléments. Pour cette raison, Nietzsche nomme Apollon le principe de l'individuation, de la noble individualité humaine, et Dionysos le principe de l'identification avec la nature, du retour au Grand Tout. De cette vue profonde, il tire des déductions neuves et frappantes, d'abord sur le contraste entre la sérénité contemplative des rhapsodes épiques et la passion tumultueuse des lyriques grecs, ensuite sur la nature primitive du dithyrambe et sur l'origine de la tragédie, où les deux principes se fondent en se synthétisant. En somme, Nietzsche a parfaitement caractérisé les effets psycho-physiologiques de la force apollinienne et de la force dionysiaque et montré leurs contre-coups dans l'art grec. Mais sa mentalité et sa philosophie ne lui permettaient pas de remonter aux puissances cosmiques dont le rêve apollinien et l'enthousiasme dionysiaques ne sont que des actions réflexes. N'admettant pas l'existence d'un monde spirituel au-dessus du monde physique, la vision apollinienne des Archétypes ne pouvait être pour lui qu'une hallucination poétique et l'extase dionysiaque qu'un retour au néant ou à l'inconscience des éléments. Sur sa rétine irritée par la philosophie de Schopenhauer, la lumière d'Apollon et la flamme de Dionysos se changèrent en la tache noire du pessimisme. Cela ne rend sa découverte que plus remarquable. Il fallait une intuition d'une acuité singulière pour parvenir jusqu'au seuil des Mystères et soulever un coin de leur voile, sans la tradition ésotérique et sans l'illumination complète" (p. 273-274).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edouard Schuré - Ajout: Voir son introduction au livre de Rudolf SteinerLe mystère chrétien et les mystères antiques (1908)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edouard Schuré - Ajout: Aussi Alain Mercier, Édouard Schuré et le renouveau idéaliste en Europe, thèse de l'Université de Paris X en 1971, publiée en 1980.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/André Suarès - Ajout: SUARES André"Sur Wagner", in Revue musicale, mai 1923, p. 10-18. [L.V.]

    A propos de Bayreuth 1876 et de la rupture de Nietzsche avec Wagner:

    En dépit de tout, Parsifal a ressuscité l’idéal avili; car un idéal sans beauté ni grandeur est ce lion mort de la fable, qui ne vaut pas une chienne de réalité vivante. Ibsen et Dostoïevski le savaient. Il n’est d’idéal véritable que celui où l’on s’est mis soi-même avec grandeur, et que l’on crée avec son sang. L’oratoire n’y peut suffire, ni le pître, ni la politique, ni l’action. La beauté comme l’amour divin a d’autres exigences: on n’y peut atteindre sans une vocation de sacrifice. Voilà ce que Nietzsche a si bien saisi, dans le fort même de sa rupture avec Wagner; et je pense qu’il a voulu faire à

     

    sa façon ce qu’il s’indignait que Wagner fit sans lui, à la sienne. La fureur de Nietzsche contre Parsifal est l’éclat irrésistible de son dépit contre Wagner. Il a vu jusqu’où Wagner pouvait se passer de lui. Il s’est pris à haïr le magicien capable de restaurer une religion par la seule magie de sa musique. Mais la colère de Nietzsche sent trop le blasphème, pour qu’il n'adore pas en secret ce qu’il maudit; et même il l’envie. La jalousie de Nietzsche est profonde; jaloux de Wagner, il l’est devenu peu à peu de Jésus, comme je l’ai fait sentir jadis. Sa pensée a beau suivre Bacchus sur le Cithéron: cette bacchante est née chrétienne: dans la passion jalouse, dans la haine présente l'écho se prolonge de l’amour passé. Nietzsche, dès lors, s’est élevé sur la voie fatale où l’ascension conduit au précipice: il n a eu de cesse qu’il n’ait fait de lui-même un Antéchrist contre Jésus-Christ." (p. 17-18)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edouard Dujardin - Ajout: DUJARDIN Edouard, « "La Revue Wagnérienne" », in Revue musicale, mai 1923, p. 237-256. [L.V.]

    Raconte qu'après la guerre de 1870-1871, "Wagner semblait avoir renoncé à se faire jouer en France; les amis restés

    fidèles ne dépassaient pas la douzaine. L’inauguration du théâtre de Bayreuth en 1876 avait eu peu de retentissement à Paris; un très petit nombre de Français s’y étaient rendus; la presse n’en avait guère parlé."

     

    Raconte que son premier vrai contact avec Wagner fut en 1882 à Londres: "j’avais vingt ans; je n’avais entendu que les fragments joués dans les concerts, et toute mon érudition relevait du livre de Schuré, le Drame Musical; des sujets mêmes des quatre drames auxquels j'allais assister, je ne savais que ce qu’en rapportaient les analyses nécessairement sommaires de Schuré; quant à la langue allemande, je m'étais mis à l'apprendre, mais j’en étais, je crois, à ma quatrième leçon! Si on laisse au mot « comprendre » sa signification courante, je puis dire que j'assistai, sans comprendre, à l’énorme déroulement de ces quatre soirées. Mais l’œuvre répondait évidemment aux plus profonds besoins de mon inconscient; ce furent quatre soirées d’extase; j’étais pris comme dans le flux d’un océan; et je suis resté pris pour toute ma vie. Je pourrais comparer la formidable impression d’entière compréhension par le cœur en même temps que d’incompréhension par l’intelligence que me donnèrent ces quatre soirées, à la première lecture que je fis, beaucoup d’années plus tard, de Zarathoustra, ne connaissant encore à peu près rien de Nietzsche; et je me demande si cette façon d’entrer dans une grande œuvre n’est pas la meilleure, — quitte à travailler ensuite." (p. 237-238)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Gabriel Monod - Ajout d'un lien vers son livre: MONOD Gabriel, Portraits et souvenirs, Paris, Calmann Lévy, 1897.
  • QUELQUES COURS, COMMUNICATIONS... APRES 1940/Quelques cours, communications... après 1950 - Ajout: Les grands écrivains compositeurs: Frédéric Nietzsche. Emission de Paris Inter, le vendredi 4 mars 1955, à 22h30 (programme)
  • OUTILS - Ajout: Nietzsche dans la bibliothèque de Ferdinand Brunetière. D'après le catalogue de sa bibliothèque voir

    (L. Verbaere, 2026)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Daniel Lesueur - Ajouts de liens vers Nietzschéenne, 1924. Et lien pour LESUEUR Daniel, "Nietzschéenne, roman", in Supplément de l'Illustration, Paris, 8 février 1908.

    Illustrations de Simont.

    Daniel Lesueur est le pseudonyme de Jeanne Loiseau, épouse Henry Lapauze (1860-1921), auteur de nombreux romans et de sonnets philosophiques. Il a tiré d'un de ses romans un drame joué au théâtre par Sarah Bernhardt en 1905.

    Le roman Nietzschéenne paraît en volume en 1908.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Daniel Lesueur - Correction: "Nietzschéenne" déplacée de 1907 à 1908.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Marcel Prévost - Ajout: PREVOST MarcelLettre à Françoise mariée, Paris, F. Juven, 1908.

    Surtout passage sur Nietzsche dans le chapitre XVII: suite de l'histoire de la dame potelée. (p. 175-188)

    Personnage masculin se moque du personnage féminin qui lit Nietzsche et ne le comprend pas. Rectifie.

    Exemple:

    "— Attendez !... il était convenu qu'il ne m'écrirait pas de lettres d'amour, ni même de tendresse... Bien plus! ses lettres devaient être rigoureusement impersonnelles: des réflexions, des commentaires sur un livre qu'il me priait d'emporter et de lire durant mes trois mois de solitude.

    — Et ce livre était?...

    — Emile me le remit enfermé dans une grande enveloppe, en me faisant jurer de ne l'ouvrir qu'à Antibes. Je lui tins parole. Je me souviens de ma surprise en lisant le titre de l'ouvrage, un petit volume jaune qu'on aurait pris pour un roman: Pages choisies de Nietzsche... Pourquoi riez-vous, monsieur?

    — Mais je ne ris point, madame! J'avais effectivement envie de rire, Françoise: seulement je me contins du mieux que je pus. Après la « psychologie », après le « document humain » et la « tranche de vie », après « la scène pleine de grandeur » — l'entrée en ligne de Nietzsche complétait un ensemble tellement comique, pour illustrer l'aventure de cette bécassine bourgeoise et de ce petit jouisseur, que j'eus quelque peine à reprendre mon sérieux.

    Pauvre glorieux maître saxon! Avec son confrère de Dantzig, le misogyne Schopenhauer, il aura partagé l'étrange privilège d'être un philosophe pour snobs, un patron laïque pour gens de prétention et de demi-culture. Le surhomme! La doctrine des deux morales! Pas de caillette mondaine, pas de chef de rayon émancipé, pas de cabotine teintée de bas-bleuisme qui ne nous serve, avec ou sans opportunité, ces diverses tartes-à-la-crème ! Notez que Nietzsche est un penseur compliqué, un écrivain brillant, mais difficile; que, pour le suivre et pour le comprendre, il faut un entraînement d'intelligence dont la moyenne des lecteurs est ou incapable ou dépourvue. N'importe! cabotines, caillettes et chefs de rayon continueront de citer Zarathoustra, le Voyageur et son Ombre, l'esprit dyonisien, que sais-je encore?" (p. 180)

    Egalement publié sous le titre "Histoire de la dame potelée (trois lettres à Françoise)" dans le supplément de L'illustration, 18 janvier 1908. Avec des illustrations.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Marcel Prévost - Ajout: PREVOST Marcel, "Le féminisme" dans Victor du Beld, Jules Claretie, Camille Pert et Marcel Prévost, La femme dans la nature, dans les mœurs, dans la légende, dans la société: tableau de son évolution physique et psychique, tome IV, Paris, Bong et Cie, 1910.

    Chapitre V: le féminisme. (p. 319-348)

    "Voilà! pour l'intelligence. Etudions maintenant la sensibilité de la femme, comparée à celle de l'homme. Comme pour l'intelligence, nous constaterons que cette sensibilité résulte des conditions physiologiques et sociales de la femme. Plus faible, blessée périodiquement par la nature, la femme a conçu, la première, cette morale des faibles qui s'appelle la pitié, la charité, la bonté. Souffrir, être asservi, c'est une école d'altruisme. Mais surtout, la femme s'est sentie liée à sa descendance par toute une série de phénomènes douloureux ou charmants, qui font que l'enfant d'une femme et d'un homme est cent fois plus son enfant à elle. La maternité: voilà le nœud secret, ou, si vous voulez, une autre image, la nervure centrale de toute la sensibilité féminine. Michelet a écrit là-dessus des pages excellentes que je vous engage à relire dans son livre sur La Femme. Il a très bien vu l'instinct maternel guider la petite fille dans ses jeux, l'adolescente dans ses rêveries, puis la jeune fille, la jeune femme dans l'amour. Quand le rêve s'est fait chair, quand la maternité tant désirée s'est réalisée, la femme atteint le terme de son évolution. Si elle est normale, elle vit pour l'enfant, plus mère (trop souvent, en France), qu'elle ne fut épouse... Je n'insiste pas sur tout cela qui est un merveilleux sujet à lieux communs. Mais recueillons cette importante conclusion: que les conditions sociales de la femme à travers les âges se sont unies aux conditions physiologiques pour lui inspirer la morale que Nietzsche appelle assez dédaigneusement la « morale des esclaves ». La morale des esclaves, c'est, ne vous déplaise, la bonté, le dévouement, le sacrifice. C'est l'altruisme. C'est la morale du Sermon sur la montagne. Ce n'est pas si mal! Mais vis à-vis d'êtres plus robustes et pratiquant la morale égoïste, la morale des maîtres, comme dit Nietzsche, cela impose à la femme une infériorité de plus. Physiologiquement plus faible, — intellectuellement moins entraînée, — moralement moins égoïste, elle devient une proie tout offerte à l'égoïsme, à la force intellectuelle et physique des hommes. Nous allons voir qu'ils en ont profité. Les différences que la nature avait marquées entre les deux sexes au détriment de la femme, ils les ont aggravées de leur mieux, par les lois". (p. 326)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Andler - Ajout d'un lien: ANDLER Charles, "Les idées de Nietzsche sur la guerre", in La Paix par le Droit, février 1924, p. 65-68.

    Extrait de Nietzsche, sa vie et sa pensée, tome 5.

 

MARS 2026

 

  • ARTICLE DU JOUR: 17 mars 2026-17 mars 1913: "Le fameux pressentiment de Stendhal « Je serai connu vers 1880 », s'était vérifié, mais son heure semblait passée encore une fois. Il gardait ses admirateurs, mais il avait perdu son influence et son rayonnement. La jeunesse lettrée de cette époque faisait subir à la renommée de Stendhal une seconde injustice. Elle allait chercher à l'étranger, chez Ibsen et chez Nietzsche, des notions d'individualisme et des combinaisons d'héroïsme et de passion qu'elle eût trouvées dans le Rouge et le Noir et dans la Chartreuse de Parme, seulement, elle les y eût trouvées à l'état sociable et français, et non sous la forme symbolique d'Ibsen ou dans le langage forcené de Zarathustra. Mais c'est précisément l'énergie réglée et l'exaltation intelligente de la vie dont on ne voulait pas entendre parler à ce moment. Quand les idées conçues sur notre sol nous revenaient entourées de gangue, on se jetait sur elles, on s'en emparait avidement. Et la gangue ne nous décourageait point c'est elle au contraire qui nous donnait l'illusion de la nouveauté et de la beauté. Si nous l'avions écartée d'une main vigoureuse, nous aurions vite découvert sous l'épaisseur de la matière la pensée de Stendhal, de Balzac, de Voltaire ou de Pascal. [...] Tout ce que le nietzschéisme et l'ibsénisme contiennent de vraiment fort et que nous autres Français nous sommes capables d'assimiler avec profit est déjà dans son œuvre [Stendhal]. Mais tandis qu'un disciple équivoque et vulgaire de Nietzsche tend à l'anarchie, tandis qu'un disciple d'Ibsen se dirige fatalement vers un individualisme farouche, Stendhal nous donne des leçons de volonté qui nous conduisent à la plus haute civilisation. C'est l'abîme qui le sépare du philosophe allemand et du dramaturge norvégien, qui se rallient à lui sur d'autres points." Alfred Capus

 

FEVRIER 2026

  • OUTILS/ACTUALITE DE NIETZSCHE EN FRANCE/Approches philosophiques - Ajout: Bertrand BINOCHE et Franck FISCHBACH (dir.)

    Actes du séminaire "Nietzsche versus Marx?" organisé d'octobre 2022 à avril 2024 à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

 A propos du livre d'Aymeric Monville, Misère du nietzschéisme de gauche: de George Bataille à Michel Onfray, Bruxelles, Éditions Aden, 2007.

 

 

JANVIER 2026

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edmond Vermeil - Ajout d'un extrait de 1955: "Rien n’est difficile comme de juger équitablement le grand esprit et le merveilleux prosateur que fut Nietzsche, comme de bien connaître son œuvre et d’en mesurer l’influence. Je ne me dissimule nullement l’extrême difficulté du sujet que je dois traiter en ce bref essai. Mais il est nécessaire, quand il s’agit de l’Allemagne au XIX e siècle, de s’entendre à propos de Nietzsche en toute objectivité. Il a cherché le vrai avec passion. Essayons de trouver la vérité sur sa personne et sur sa pensée." (Edmond Vermeil, extrait, 1955)
  • TRACES ORALES/ON PARLE DE NIETZSCHE APRES 1940: aperçus/Cours, conférences... après 1940 - Ajout: Conférence de Simone de Beauvoir sur l'existentialisme, à Alger en mai 1946. Conférence prononcée à Alger au cours de laquelle Simone de Beauvoir évoque Nietzsche, d'après un article publié dans L'Effort algérien du 17 mai 1946. Extrait:

    "J’ai déjà mentionné Nietzche. Mlle de Beauvoir l’a cité dans sa conférence, mais pour l’exclure immédiatement du monde existentialiste. Certes, les personnages, — j'allais écrire les héros de Sartre, mais je me suis rappelé Roquentin, de la « Nausée », et Mathieu, des « Chemins de la Liberté » — les personnages de Sartre luttant seuls, libres et incompris dans un monde hostile, rappellent par certains traits, la factice grandeur du surhomme. Mais non, il y a complète exclusive contre Nietzche... et je pense que celui qui le rejette ainsi hors du monde sartrien n'est autre que Hegel. Nietzche s'est servi de Hegel — personne ne l'ignore, — mais malgré cette influence, il est demeuré individualiste; et ce que Hegel a apporté à Sartre est précisément ce que Nietzche ne pouvait lui apporter: je veux dire un certain « sens du collectif ». Je crois d'ailleurs que ce « sens du collectif » est la seule direction que Sartre ait emprunté à Hegel, mais cela est d'importance. Dans une de ses œuvres, Hegel avait esquissé l’histoire du développement d’une pensée qui serait celle de l’espèce humaine et non plus celle de l’individu. Avec beaucoup plus de vie, lui infusant plus de chaleur, Sartre a fait sienne cette idée. Et liant, fondant la pensée de l'homme dans un grand courant de pensée collective, il ébauche soudain une lointaine communauté, grâce a laquelle Mlle de Beauvoir a immédiatement parlé de solidarité et nous a affirmé qu’ « un homme ne peut pas être libre tout seul ». Mlle de Beauvoir nous avait d'ailleurs préparé à cette idée de solidarité. Dans son roman, « Le sang des autres », qui est un commentaire de cette phrase de Dostoïewski : « Chacun est responsable de tout devant tous » — elle nous a montré qu'il n'est pas un pouce de notre route qui n'empiète sur la route des autres. Elle est même allée plus loin, et nous a fait déboucher dans un univers où la communication entre les êtres était possible, quand ils dépassaient leur égoïsme."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Denis de Keredern - Précisions: Denis de Keredern est le nom utilisé par Fanny (Béatrice, Anne) Denis de Keredern de Trobriand, mariée en 1898 à Brest au baron François Guy d'Outhoorn. [JLP]

 

ARTICLES DU JOUR: 1er janvier 2026/1er janvier 1895: "Assurément, l'écrivain qui a fourni la série de livres étranges qui contient Observations inopportunes - Humain trop humain - Ainsi parla Zarathustra - Au-delà du bien et du mal, dix autres volumes et enfin Antichrist possédait un étonnant esprit d'investigation, une verve audacieuse et puissante, des dons admirables pour le raisonnement et pour la fantaisie. Mais l'instinct de désordre a fait son œuvre parmi tous ces biens précieux. Si brillants que soient les livres de l'écrivain polonais-allemand, ils ne forment qu'un pêle-mêle.

Antichrist est le résumé de tous ces accès de frénésie. II nous apprend que la douceur et la piété sont des vices; que les faibles sont méprisables; que la vraie grandeur est dans la force.

Frédéric Nietzsche déclame contre le christianisme qu'il accuse d'humilier la dignité humaine, de dégrader les corps et les âmes. Les encyclopédistes et l'école de Michelet ont dit ces absurdités depuis longtemps. Proudhon a montré le poing à Dieu. Henri Heine a blasphémé la pudeur jusque dans les convulsions de l'agonie. L'invention du fou qui soupire sous les regards anxieux de sa vieille mère a consisté à stimuler le sentiment égoïste de chaque individu. Il a passé sa vie à crier aux hommes : — Faites vos volontés. Agissez à votre guise. Ainsi vous serez grands. — Et l'on a bientôt compris qu'il voulait dire: —Fiez-Vous aveuglément à mes promesses. Prenez-moi pour maître... Adorez-moi! — Le genre humain a hésité avant de souscrire à cette abdication. L'écrivain s'est exaspéré; et la misère intellectuelle et morale s'est étalée à la place où la force devait déployer ses triomphes.

Oui, l'homme est grand et son esprit est sublime; il est fort et invincible. Mais seulement quand il est soumis à la puissance qui l'a fait et pour laquelle il existe. Sinon il devient ridicule et s'affaisse, pauvre caricature gémissante."

Eugène Tavernier

 

DECEMBRE 2025

  • ARTICLE DU JOUR/24 décembre 2025-24 décembre 1916. Conférences. M. le chanoine Gaudeau, église de la Madeleine, à 3 heures. Dimanche 24 décembre: "La guerre et la béatitude des miséricordieux de Jésus à Nietzsche" annoncée dans La Croix, 24 décembre 1916.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Andler/A propos de l'auteur - Ajout d'une photographie. ENS promotion 1884.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Henri Albert - Ajout à propos de son article dans la Revue Blanche en 1894: Des extraits sont publiés dans le Frankfurter Zeitung, la Berliner Fremdenblatt et les Naumburger Nachrichten (voir)
  • TRACES ORALES/QUELQUES COURS, CONFERENCES, COMMUNICATIONS;;; APRES 1940/Quelques cours, conférences, communications... après 1950 - Ajout: Aspects de Nietzsche (décembre 1950). Séance commémorative l’occasion du cinquantenaire de Frédéric Nietzsche, au Groupement des Amitiés Françaises, le jeudi 14 décembre à 18h 45. Au cours de cette séance, interviennent:
    • M. Roger Arnaldez: “Nietzsche et la pensée chrétienne”
    • Mlle Renée Guirguis: "Humanisme et Surhomme"
    • M. Georges Henein: "Le problème de la violence"
    • M. Lebecque: "Nietzsche et l'Europe".

    (d'après l'annonce publiée dans Progrès dimanche du 10 décembre 1950)

  • TRACES ORALES/QUELQUES COURS, CONFERENCES, COMMUNICATIONS... APRES 1940/Quelques cours, conférences... après 1940 - Ajout: Nietzsche et les Juifs 1947. Le « Chema », organisme indépendant, se devant de concentrer toutes les tendances du jeune judaïsme lyonnais, poursuit le cycle de ses causeries « au coin du feu ». Jeudi soir 8 février, il nous fut donné d'assister à un exposé d’une

    puissance et d’une technicité remarquables. Le sujet: « Nietzsche et les Juifs » fait logiquement suite au débat reporté dans notre précédente chronique.

    Par la clarté dialecticienne du conférencier et son habileté de scientifique, nous avons suivi pas à pas l’évolution intellectuelle de Nietzsche et avons disséqué, avec son aide, l’œuvre abhorrée, mais historiquement juste, du grand maître allemand.

    Perspicace, un peu teinté de mimétisme, notre jeune ami M. Hosanski s’efforça d’atteindre à l’objectivité, au «fair play», puis s’abandonna à sa faconde, à une griserie de comparaisons qui ne sont pas raisons, mais dont la cascade diaprée fut continuellement traversée d’éclairs de vérité.

    Vu la particularité de cet exposé et le rejaillissement qu’entraînerait la diffusion de sa conclusion, nous ne pouvons vous en faire un fidèle compte rendu. Toutefois, il a permis à nos jeunes juifs lyonnais, sinon de raffermir leur foi en la mission du judaïsme, tout au moins de prendre nettement position à cet égard." (Bulletin mensuel de la Circonscription consistoriale israélite de Lyon, 1er mars 1947)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Aurel - Ajout: AUREL, "L'influence réciproque de la Littérature Française et des Littératures Étrangères", in L'Europe nouvelle, n°45, 5 décembre 1920, p. 1799. [L.V.]

     

    Enquête. Réponse d'Aurel qui évoque Nietzsche: "Parmi les auteurs étrangers, c'est Nietzsche qui fouette le mieux mon courage d'esprit. Mais qu'il est peu viril, par l'angoisse. Comme il accentue en moi le halètement féminin! Comme il décerne peu les sérénités mâles! Cet homme n'est bien que sur-féminin".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jacques Chevalier - Ajout: CHEVALIER Jacques, "La dernière philosophie de Nietzsche, par Charles Andler", in Quinzaine critique des livres et des revues, n°42, 25 décembre 1931, p. 396. [L.V.]

    Compte-rendu du sixième et dernier volume de la biographie de Nietzsche par Charles Andler. Elogieux: "On a comparé cette histoire au Port-Royal de Sainte-Beuve, pour l'ampleur de l'information, la pénétration de l'analyse et la lumière qu'elle projette sur la pensée profonde d'une époque. L'œuvre supporte la comparaison, quoiqu'il soit difficile de décider encore si la doctrine nietzschéenne aura eu la même valeur représentative, je ne dis pas la même valeur de vérité, que la doctrine de Port-Royal, el Nietzsche que Pascal. Quoi qu'il en soit, il convient de signaler comme il le mérite ce grand achèvement." Discute.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Jacques Chevalier
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Gabriel Marcel - Ajout: MARCEL Gabriel, "Nietzsche en Italie, par Guy de Pourtalès", in Quinzaine critique des livres et des revues, 25 décembre 1929, vol. 1, n°4, p. 182. [L.V.]

    Critique: "Le livre de M. de Pourtalès n'apporte assurément aucune donnée nouvelle, et ne peut guère avoir en fait qu'une valeur d'aide-mémoire pour ceux qui connaissent déjà la question. On y trouvera du moins quelques citations, notamment des extraits de l'admirable correspondance avec Peter Gast, dont il n'existe pas encore de traduction française. Quelques assertions aussi qui sont de nature à surprendre, en particulier la phrase où l'auteur se déclare persuadé que Nietzsche fut « un exemplaire exquis de ceux que Jésus appelle les serviteurs de Dieu ». — Une traduction du livre de M. Ernst Bertram eût, évidemment, rendu plus de service aux lecteurs de Nietzsche".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Louis Estève et/Georges Gaudion - Ajout d'une citation de Louis Estève« Plus je me pénètre de l'esprit qui anime ses livres, a écrit un jeune philosophe, M. Louis Estève, plus je tends à considérer M. de Bouhélier comme un des représentants les plus originaux parmi les maîtres de l'Ethique; comme Kant, Nietzsche et Tolstoï, il a su voir la vie sous un nouveau jour; il a trouvé de nouvelles raisons de vivre. La génération qui nous a précédé était arrivée, à force d'égoïsme et antianalyse, à envisager la vie comme vaine et l'on sent quelle littérature déprimante et morbide émana de cette conception. Certes Nietzsche était bien venu prêcher l'héroïsme du surhumain. Mais je crois l'avoir montré dans la brochure que j'ai publiée en 1906, en collaboration avec Georges Gaudion, sous le titre de Nietzsche décadent, cet héroïsme était, lui aussi, profondément morbide et empreint de son époque; et dans cette même brochure nous lui opposions, comme plus fervent et plus profond, l'héroïsme quotidien de M. de Bouhélier. » (cité d'après Andriès de Rosa, "Souvenirs sur la Naturisme", in Le Centaure, 1910)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Thomas MAnn - Ajout: MANN Thomas, "L'esprit de l'Allemagne et son avenir entre la mystique slave et la latinité occidentale", in L'Europe nouvelle, 14 mars 1925, p. 333-337. [L.V.]

    Note:  Nous risquons d'autant moins de sous- estimer les difficultés qui retardent l'entrée de l'Allemagne dans la démocratie universelle qu'elle nous troublent non pas seulement pour des motifs d'ordre extérieur mais jusque dans les profondeurs de notre être. Ce serait une entreprise vouée à l'échec que de vouloir, pour des raisons d'opportunité politique, présenter les grands éducateurs de notre caractère national, les Goethe, Schopenhauer et Nietzsche sous l'aspect de libéraux démocrates. Précisément l'opportunisme, l'utilitarisme éclairé sont étrangers à l'éducation qu'ils nous donnent. (p. 336)

     

    Explique: "Le service de la vie, que nous autres Allemands, nous avons toujours été prêts à accomplir, se confond aujourd'hui avec le service de la démocratie. Ce ne sera pas le service que des vaincus et des opprimés apportent à des idées étrangères, ce sera, nous l'espérons, un enrichissement et un approfondissement de ces idées par notre concours. Que l'esprit de Nietzsche puisse devenir la base idéologique d'une démocratie allemande, n'est invraisemblable que pour l'observateur superficiel. N'est-ce pas lui qui faisait de la démocratie la condition préalable d'une nouvelle noblesse dont, selon le mot de son disciple Stefan George, nous nous garderons de chercher les titres dans « le blason el la couronne », et n'est-il pas le chantre postchrétien et romantique d'une nouvelle sanctification de la terre et de l'homme, le prophète d'une nouvelle alliance entre la terre et l'homme? Or, que serait la démocratie au sens le plus sublime du mot, sinon cette nouvelle alliance? Nietzsche, qui sut s'affranchir de Wagner et du romantisme, est en même temps le fondateur d'une renaissance romantique, qui implique une régénération de notre image de l'antiquité par une vie pleine de mystère et d'un sang nouveau. Mais la Démocratie n'est que l'appellation plus moderne, le nom politique d'un concept plus ancien, hérité du classicisme, celui d'humanité, concept suprême, qui réunit sous sa voûte les deux mondes de l'antiquité et du christianisme. C'est au génie prophétique de Nietzsche que nous devons un aspect rajeuni, religieusement plus profond de cette synthèse. Il nous a fait reconnaître en elle « le troisième royaume », un royaume où l'esprit se fait chair et où la chair se fait esprit, le royaume du « surhomme » qu'il aurait pu nommer l'homme tout court, le royaume de l'humanité dont l'idée monte depuis des dizaines d'années au-dessus de l'horizon du monde et jette déjà ses rayons au loin sur les terres déshéritées des hommes. Joignons-nous, Allemands, aux peuples de l'Ouest et de l'Est pour donner le nom de Démocratie à ce royaume, ou pour mieux dire aux mesures qui le préparent, et nous compterons parmi les ouvriers les plus dévoués, les plus hautement qualifiés entre tous ceux qui travaillent à sa réalisation. (p. 336-337)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Gabriel Marcel - Ajouts de liens et descriptions: MARCEL Gabriel, "Courrier d'Europe, par D. Halévy", in L'Europe nouvelle, 25 février 1933, p. 180-181.

    Compte-rendu élogieux.

    MARCEL Gabriel, "Nietzsche, par T. Maulnier", in L'Europe nouvelle, 9 septembre 1933, p. 860-861.

    Souligne l'importance de la pénétration nietzschéenne en France en 1932-1933.

    Eloges du livre de Thierry Maulnier.

    Conclut que l'auteur est sous bien des rapports sous l'influence de Charles Maurras mais que tout permet d'espérer qu'il s'émancipera de cette tutelle.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/R. Troude - Ajouts: TROUDE R., "Nietzsche en France", in Revue scientifique, n°6, 22 mars 1930, p. 192. [L.V.]

    Compte-rendu du livre de Geneviève BianquisNietzsche en France. L'influence de Nietzsche sur la pensée française:

    Note: "Ecrit à l'occasion d'un concours ouvert par la Nietzsche-Gesellschaft, ce travail y a obtenu le premier prix. C'est un consciencieux tableau des différentes voies par lesquelles la pensée nietzschéenne s'est peu à peu infiltrée dans la pensée française: étude et traductions d'abord, puis actions et réactions chez les écrivains contemporains. L'auteur fait remarquer très justement que cette influence s'est fait sentir sur les littérateurs beaucoup plus que sur les philosophes, et en des sens fort divers, parfois diamétralement opposés. Comment s'en étonner si l'on connaît la complexité et la richesse, souvent désordonnées, qui caractérisent la doctrine du penseur allemand? Certaines des attributions de Mlle Bianquis sont discutables: le nietzschéisme d'un A. France ou d'un Barrès nous apparaît comme bien superficiel, celui de Maurras est plus défendable. Peut-être a-t-elle eu tort de négliger l'influence, parallèle sur certains points, sans doute plus profonde, de Renan. Mais dans l'ensemble elle témoigne de beaucoup de justesse dans ses vues et d'une vaste information. La copieuse bibliographie qui termine l'ouvrage, rendra de grands services."

    Compte-rendu quasiment identique à celui qu'il publie dans la Quinzaine des livres et des revues du 25 juin 1930.

     

    TROUDE R., "Nietzsche en France", {Les livres}, in Quinzaine critique des livres et des revues, 25 juin 1930, vol. 2, n°16, p. 311. [L.V.]

    Compte-rendu du livre de Geneviève BianquisNietzsche en France. L'influence de Nietzsche sur la pensée française:

    Note: "Ecrit à l'occasion d'un concours ouvert par la Nietzsche-Gesellschaft, ce travail y a obtenu le premier prix. C'est un consciencieux tableau des différentes voies par lesquelles la pensée nietzschéenne s'est peu à peu infiltrée dans la pensée française: étude et traductions d'abord, puis actions et réactions chez les écrivains contemporains. L'auteur fait remarquer très justement que cette influence s'est fait sentir sur les littérateurs beaucoup plus que sur les philosophes, et en des sens fort divers, parfois diamétralement opposés. Comment s'en étonner si l'on connaît la complexité et la richesse, souvent désordonnées, qui caractérisent la doctrine du penseur allemand? Certaines des attributions de Mlle Bianquis sont discutables: le nietzschéisme d'un A. France ou d'un Barrès nous apparaît comme bien superficiel, celui de Maurras est plus défendable. Peut-être a-t-elle eu tort de négliger l'influence, parallèle sur certains points, sans doute plus profonde, de Renan. Mais dans l'ensemble elle témoigne de beaucoup de justesse dans ses vues et d'une vaste information. Une assez copieuse bibliographie termine l'ouvrage, qui complète utilement le grand travail de M. Andler."

    Compte-rendu quasiment identique à celui qu'il publie dans la Revue scientifique du 22 mars 1930.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE  - Ajout: R. Troude
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1928 - Ajout: Anonyme, "Germany honors a french woman", in The Paris Times (Paris), 15 octobre 1928, p. 3. [L.V.]

    A propos du prix accordée par la Nietzsche-Gesellschaft à Geneviève BianquisL'influence de Nietzsche sur la pensée française.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Geneviève Bianquis - Ajout de précisions au sujet de son livre sur l'influence de Nietzsche en France. Détails. BIANQUIS Geneviève"Impérialisme et socialisme nietzschéens", in Europe, n°78, 15 juin 1929, p. 321-331.

    Extrait de Nietzsche en France, Paris, Alcan, 1929, sous presse.

    Commence: "Quiconque aborde Nietzsche de front, sans le secours de la chronologie et de la psychologie, croit voir en lui le maître de toutes les contradictions: riche et séduisant par cette richesse, non pas confus, mais complexe, et excessif dans tous les sens à la fois. Son prodigieux talent de forme, sensible même à travers une traduction médiocre, son goût de la formule outrancière et du paradoxe éclatant, la véhémence passionnée qui chez lui alterne avec la plus froide, la plus cruelle lucidité intellectuelle, sont faits pour séduire les esprits jeunes, curieux et hardis, ceux-là même qu'impatiente sa rude et minutieuse discipline. De là son étonnante fortune en France où il a été beaucoup lu, beaucoup aimé et beaucoup haï, prôné ou trahi de mille manières, « transvalué » dans les sens les plus inattendus. Quelle tendance n'a pu se réclamer de lui au temps de sa plus grande vogue? On a vu les uns lui demander des armes pour attaquer la tradition et pourfendre le christianisme, les autres faire appel à lui pour restaurer un régime d'ordre et de hiérarchie; il semble qu'on ait voulu l'enrôler tour à tour dans le camp de l'intellectualisme et du pragmatisme, de l'anarchie et de l'autorité. C'est ainsi qu'il a existé, aux deux pôles de la pensée politique, un impérialisme nietzschéen et un socialisme nietzschéen." Développe.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Geneviève Bianquis - Ajout: BIANQUIS Geneviève, "André Gide devant Nietzsche", in L'Œuvre, 24 octobre 1933, p. 5. [L.V.]

    En réaction à un article d'André Billy sur L'Immoraliste d'André Gide, publication d'une lettre envoyée au journal par Geneviève Bianquis: "Je sais très bien qu'André Gide ne veut plus avouer qu'il doive quoi que ce soit à Nietzsche. Mais il ne lui est pas permis d'affirmer qu'il ne l'avait pas lu en 1900. L'Ermitage, en 1898, contient une Lettre el Angèle, sur Nietzsche, recueillie plus tard dans Prétextes. Cette preuve suffirait, quand bien même Gide n'aurait lu ni les articles sur Nietzsche qui abondent dans L'Ermitage, Le Banquet, Le Mercure de France, La Revue Blanche, La Revue Bleue, La Revue des Deux Mondes et La Revue de Paris entre 1893 et 1900, ni les traductions par fragments, dans ces mêmes revues, ou en volumes à partir de 1892, voire 1877."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Dr Nahon Klugmann
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Ernst Hardt - Ajout: HARDT Ernst, "Le Nihilisme de Nietzsche", in Revue comique normande, 25 juin 1904, p. 1-2.

    Commence: "Nietzsche! Le mot est lâché, et voici qu’on sourit; mais les yeux des rieurs dissimulent une vague inquiétude. Nietzsche? On ne sait pas trop ce que ce nom veut dire; on sait seulement qu’il figure à l’index de la bourgeoisie et de l’église; mais on se tire d’affaire en haussant les épaules et en disant: Nietzsche? C’était un fou!

     

    L’ignorance se complaît à de tels arguments; ils sont brefs et faciles." (p. 1)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Ernst HARDT
  • OUTILS/NIETZSCHE DANS LES DESSINS DE PRESSE - Ajout: L'homme qui lisait Nietzsche, par Catherine Roy, publié en feuilletons dans L'Aurore en juin 1954. Exemple.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Léon Treich - Ajout: TREICH Léon, {Courrier des lettres}, in L'Eclair, 21 mai 1921, p. 3. [L.V.]

    Compte-rendu de Charles AndlerLa jeunesse de Nietzsche.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Roger Fernand-Traincy - Ajout: FERNAND-TRAINCY Roger, "A propos de Nietzsche et de l'Hitlérisme", in L'Étudiant français, 10 mai 1937, p. 2. [L.V.]

    Note: "[...] le Nietzsche qu'on nous fait est-il autre chose que le nom collectif trop légèrement accordé à des sentiments et des théories multiples et diverses sous prétexte qu'elles sont, en apparence du moins, une réaction contre tout ce que Nietzsche a effectivement combattu? Le Nietzsche qu'on nous fait pour l' "accorder" ainsi à un système afin de l'utiliser pour ou contre, n'est-il pas un Nietzsche inconnu, un Nietzsche trahi? Je le crois."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Roger Fernand-Traincy
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/André Billy - Ajout: BILLY André, "Les livres de la semaine. En relisant « L'Immoraliste »", in L'Œuvre, 3 octobre 1933, p. 5. [L.V.]

     A propos de la publication du tome quatrième des Œuvres complètes d'André Gide, relève que d'après la notice de Louis Martin-Chauffier, André Gide aurait expurgé son manuscrit de L'Immoraliste en découvrant Nietzsche. Discute le fait qu'il ne le connaissait pas avant. Doute.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Valéry - Ajout d'une citation: "Je suis accoutumé à être élucidé, disséqué, appauvri, enrichi, exalté et abîmé. — jusqu'à ne plus savoir moi-même quel je suis, ou de qui l'on parle ; — mais ce n'est rien de lire ce qui s'imprime sur votre compte auprès de cette sensation singulière de s'entendre commenter à l'Université, devant le tableau noir, tout comme un auteur mort." (propos de Paul Valéry publiés le 7 mars 1933)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/André Billy - Ajout: BILLY André, "Les livres de la semaine", in L'Œuvre, 7 avril 1931, p. 5. [L.V.]

    Note: "Nietzsche, qui subit chez nous une éclipse passagère et plus apparente que réelle, a fait en Allemagne, à l'occasion de sa « chute » dans le domaine public, l'objet de discussions passionnées. La dernière partie de son œuvre, L'AntéchristEcce homo, etc., a-t-elle été conçue sous l'influence de la maladie? Quelle a été la part de la folie dans le nietzschéisme de la fin? Toute une école s'est attachée à grossir, à exagérer cette part de manière à annuler les jugements portés par le poète-philosophe sur la politique allemande. Une autre école se rallie à la thèse de Charles Andler pour soutenir que rien ne justifie cette interprétation manifestement tendancieuse, combattue en outre par des documents inédits que produit le docteur E. -F. Forbach [sic: lire Podach] dans L'effondrement de Nietzsche. On vient de traduire ce livre où, selon la formule de l'auteur, nous est présentée une image nouvelle de la vie et de l'activité de Nietzsche."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Ossip-Lourié - Ajout: OSSIP-LOURIE, {La Vie Philosophique}, in L'Œuvre, 24 mars 1923, p. 5. [L.V.]

    Note à propos de l'ouvrage de Charles Andler sur Nietzsche: "Un professeur à la Sorbonne a trouvé un éditeur pour plusieurs volumes sur Nietzsche, ses précurseurs, etc. : une sorte de longue bande cinématographique dont la nécessité est plutôt relative, puisque nous possédons des livres sérieux sur Nietzsche et que nous n'avons pas d'ouvrage sur Guyau par exemple."

    Se désole: "Nul, je l'espère, n'aura l'idée de me croire hostile à la pensée étrangère, aux philosophes étrangers, à Nietzche, etc. Cela serait risible. Je laisse à Nietzsche une place considérable dans la formation de la pensée contemporaine et j'admire le chef-d'œuvre d'où qu'il vienne. Mais le chef-d'œuvre devient rare à l'étranger et, d'autre part, c'est un fait indéniable que chez nous les écrivains sérieux n'arrivent pas à se faire imprimer."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Gustave Téry - Ajout: TERY Gustave, "Le paquet de Maurras", in L'Œuvre, 30 janvier 1923, p. 1. [L.V.]

    A propos des "pratiques des apaches du roy", résume et persiste: J'essayais de montrer avant-hier qu'elles s'expliquent par leurs « théories », mal connues jusqu'à ce jour, et, pour en donner une idée, je citais quelques textes édifiants, qui paraissent résumer la doctrine de « l'action française ». Ces textes, recueillis par l'abbé Jules Pierre, se suffisent si bien à eux-mêmes que je n'avais pas cru devoir les accompagner du moindre commentaire.

    Naturellement, cela n'est pas du goût de Maurras, qui proteste effrontément :

    « On verra plus loin que le provocateur à l'assassinat Gustave Téry (oui, c'est bien moi) se met à ressasser contre nous un nouveau genre de vieilleries... Il cite pêle-mêle des textes sans signatures distinctes en disant : « Le plus grand nombre est de Maurras, les autres sont signés ValoisVaugeoisBainville, » le tout destiné à montrer que nous procéderions de Nietzsche, c'est-à-dire d'un Allemand, et, par voie de conséquence, que nos idées couleraient de source allemande. Il est fâcheux pour Téry que Nietzsche soit de tous les Allemands, avec Schopenhauer, le plus imprégné de culture française. »

    Il est encore plus fâcheux pour Maurras que Nietzsche soit tout de même un Boche, et quel Boche ! — celui qui a le plus contribué à vulgariser l'idée hideuse, qui fut, pendant tout le stupide dix-neuvième, la grande animatrice de l'Allemagne, l'idée que la Force prime le Droit et justifie tous les crimes."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Ossip-Lourié - Ajout: OSSIP-LOURIE, {La Vie Philosophique}, in L'Œuvre, 27 décembre 1921, p. 4. [L.V.]

    Compte-rendu de Dominique ParodiLa philosophie contemporaine en France.  Regrette la faible place accordée Guyau. Développe les points communs avec Nietzsche.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Maurras - Ajout: MAURRAS Charles, "La politique", in L'Action française, 29 janvier 1923, p. 1. [L.V.]

    Réagit à l'article de Gustave Téry dans L'Œuvre qui accuse la pensée de Charles Maurras et des membres de L'Action française d'être d'inspiration nietzschéenne. Proteste:  "Il cite pêle-mêle des textes sans signatures distinctes en disant: « Le plus grand nombre est de Maurras, les autres sont signés Valois, Vaugeois, Bainville », le tout destiné montrer que

    nous procéderions de Nietzsche, c'est-à-dire d'un Allemand, et, par voie de conséquence, que nos idées couleraient de source allemande. Il est fâcheux pour Téry que Nietzsche soit de tous les Allemands avec Schopenhauer, le plus imprégné de culture française. Il est encore plus fâcheux pour lui que les textes les plus nietzschéens émanent précisément de l'admirable écrivain et homme d'action qui a plusieurs fois rendu grâce aux doctrines d'Action française, de l'avoir retiré des nuées de Nietzsche!"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jules Pierre - Ajout: Il est mêlé à une polémique sur le sujet au début de l'année 1923 et il publie une lettre datée du 4 février 1923 dans L'Œuvre du 22 février 1923.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Gustave Téry - Ajout: TERY Gustave, "Tous d'accord", in L'Œuvre, 22 février 1923, p. 1. [L.V.]

    Malgré les dénégations publiées dans L'Action française et par le père Pedro Descoqs, persiste à affirmer l'influence de Nietzsche sur la pensée de Charles Maurras et sur les membres de L'Action française.

    A l'appui, publie une lettre de l'abbé Jules Pierre datée du 4 février 1923 envoyée à L'Action française mais que le journal n'a pas voulu publier. 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE  - Ajout: George Havard de la Montagne
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Gustave Téry - Ajout: TERY Gustave, "La cueillette de l'abbé", in L'Œuvre, 28 janvier 1923, p. 1. [L.V.]

    Il m'est arrivé de dire que Maurras est un écrivain « germanique ». [...] cela saute aux yeux de tout homme qui sait lire. De Fichte à Nietzsche, et de Nietzsche à Maurras et à Valois, la filiation est évidente".

    A l'appui, cite des extraits du livre de l'abbé Jules PierreAvec Nietzsche à l'assaut du christianisme, Exposé des théories de « l'Action française ».

     Polémique à ce sujet.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Gustave Téry
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Mauclair - Ajout: MAUCLAIR Camille, "Un projet d'Association artistique", in La Cocarde, 24 septembre 1894, p. 1-2.

    Raconte: "Les journaux annonçaient, il y a quelques jours, qu’un groupe d'artistes et d’écrivains vient de constituer en Allemagne une société, un cercle et une revue sous le titre général de Pan."

    Encourage la solidarité intellectuelle: "Pourquoi ne donnerions-nous pas la main à ces hommes? Il s’est levé en France depuis dix ans une génération d'esprits libres, d’individualistes résolus à sauvegarder l’aristocratie de la pensée, la seule digne, la seule valable, et qu’il faut défendre contre l’égalitarisme jusqu’aux dernières ressources. Cette génération a tâtonné. Elle a moins produit que ses aînés, parce qu'elle s’est contentée moins aisément, parce que le succès et l’engouement public ne la tentaient point, parce qu’elle cherchait plus loin et plus haut. Les quelques œuvres qu’elle a montrées valaient plus peut-être que la masse des productions antérieures. Plus de sensibilité et plus d’art y sont discernables. Celte génération aussi se préoccupait de son affranchissement moral, essayait de maintenir son caractère à la hauteur de son esthétique, et de créer des consciences. Même ses essais irréalisés faciliteront des réalisations futures. Aujourd'hui cette génération, malgré l'hostilité des hommes en place et l’obstination de la routine, est parvenue à se constituer libre et savoureuse sans sécheresse de cœur, passionnée sans irréflexion, espérante sans duperie, confiante dans les forces immanentes de la vie pour exister et laisser des traces hautaines de son passage. Grâce à Dieu, nous ne sommes plus quelques-uns en France à rejeter le scepticisme, à désavouer le laisser-faire et à protester contre l'amoindrissement systématique de l’individu! Eh! bien, puisqu'il existe, cet esprit nouveau, qui étonnera peut-être plus qu’on ne pense l'autre, qu'on invoque dans les milieux bien pensants, pourquoi ne pas lui donner la sanction suprême en appelant à nous, partout où des intellectuels travaillent, ceux qui pensent comme nous?" (p. 1-2)

     

    Pour la philosophie et la morale, souligne "la renommée et de l’universelle importance des écrits d’un Frédéric Nietzche" (p. 2).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Georges Duhamel - Ajout: DUHAMEL GeorgesPositions françaises. Chronique de l'année 1939, Paris, Mercure de France, 1940. [L.V.]

    Ensemble de notes prises de mars à décembre 1939. Nombreuses rééditions.

    Publication partielle dans "Souvenirs d'un ancien ami de l'Allemagne", in L'Ordre, 7 février 1940, p. 4. [L.V.]

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Maurras - Ajout de quelques indications bio/bibliographiques: Poète, journaliste, essayiste et homme politique français, il signe souvent "Criton".

    Théoricien du nationalisme intégral, il soutient le régime de Vichy. En 1945, il est reconnu coupable de haute trahison et d'intelligence avec l'ennemi et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation nationale.

    Prolifique, Charles Maurras laisse de nombreuses évocations de Nietzsche, accessibles sur Textes et œuvres de Charles Maurras (incomplet).

    Sur les relations problématiques de Charles Maurras avec ses écrits de jeunesse (notamment Le chemin de paradis), lire: B. Goyet, "Récits d'enfance et de jeunesse dans l'œuvre de Charles Maurras, entre stigmatisation et revendication", in Genèses, n°47(2), 2002, p. 62-83.

    La doctrine de l'Action française est souvent assimilée à une école du nietzschéisme, ce que ses membres contestent. De très nombreux articles de journaux sont consacrés à ce sujet aussi bien avant 1914 (voir par exemple Jules Pierre) que dans l'entre-deux-guerres (voir par exemple Fernand Passelecq). En 1926, les thèses de Charles Maurras sont condamnées par Pie XI et plusieurs de ses œuvres sont mises à l'index.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Robert Cornilleau - Ajout: CORNILLEAU Robert, "Mystique française...", in Le Petit démocrate, 26 juin 1927, p. 1. [L.V.]

    "Giuglialmo Ferrero, le grand historien italien, publie dans L'illustration, des chroniques aux aperçus profonds, où la connaissance du passé illumine le pressentiment de l'avenir. L'une de ses plus récentes était consacrée aux prophéties de Nietzsche sur la Russie. Ferrero appelle Nietzsche « le nouveau prophète de l'absolutisme ». C’est le dur philosophe allemand qui a formulé, avec éclat, les théories de la force et de la violence en politique; c’est lui qui a été l'un des maîtres de la pensée de Maurras, dans le système duquel, selon la vigoureuse expression du cardinal Andrieu, il n’y a « rien de catholique, ni de français »... Et le livre de M. Jules Pierre, l’un des premiers qui, avant la guerre, et avec une vigueur clairvoyante, dénonça la malfaisance des doctrines maurassiennes, s'intitulait d’ailleurs très justement « Avec Nietzsche, à l'assaut du Christianisme ». Argumente.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Robert Cornilleau
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Maurras - Précisions concernant Le chemin de paradis (1895): Contient "Les Serviteurs", déjà publié dans la Revue bleue en avril 1892 et une note à son sujet dans laquelle Charles Maurras évoque Nietzsche:

    "Je croyais l’idée de ce mythe si purement conforme aux sentiments « socialistes » et « archistes » de notre race qu’on ne la pût nourrir ailleurs. Mais voici, me dit-on, qu’elle est professée en Allemagne par un étrange écrivain slave appelé Nietsche. C’est à peine si j’ai feuilleté ce qu’on nous a donné de Niestche. Et il me souvient cependant d’avoir noté dans son Cas Wagner, publié en 1888, mais traduit chez nous seulement en 1893, de curieuses rencontres sur la philosophie de l'art avec les thèses esthétiques qu’il m'est arrivé à moi-même de soutenir en 1891 au moment de la fondation de l’Ecole romane, de concert avec mes amis MM. Jean Moréas, Raymond de la Tailhède, Ernest Raynaud et Maurice du Plessys.

    J’avais écrit les Serviteurs à l’automne de 1891; et ils parurent dans la Revue bleue du 30 avril suivant. — Est-il possible, me dit-on, que vous ne connaissiez pas Nietsche! — Mais c’était la première fois que j’entendais ce nom. Ce Nietsche est un Sarmate ingénieux, éloquent et assez subtil. Quoique d’esprit bizarre, il n’a pu lire sans profit notre Platon. Cependant l’effroyable désordre de sa pensée finit par le conduire à un anarchisme orgueilleux. Sa naissance l’y destinait. Fidèle à cette barbarie, il est même devenu fou. J’ai tenté, au contraire, les triomphes de la raison". (p. 324-325)

    L'ouvrage est réédité sous une forme remaniée à partir de 1921. Cette note figure inchangée dans la réédition en 1921, également en 1922, sans correction des erreurs typographiques/orthographiques.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Pierre Charles
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Fernand Passelecq - Ajout: PASSELECQ Fernand, "Pour bien connaître le système de Ch. Maurras", in L'Ouest-Eclair, supplément du 19 octobre 1925, p. 1-4. [L.V.]

    Relève et condamne les affinités entre Nietzsche et Charles Maurras, notamment dans "En somme, quoi?... une application du nietzschéisme" (p. 1) et "La doctrine des surhommes" (p. 2).

    Etude déjà publiée dans La Libre Belgique les 18, 19 et 23 septembre 1925.

    Etude publiée la même année sous la forme d'une plaquette, avec le même titre, augmentée d'un avant-propos et d'un appendice, Bruxelles, Editions de la Libre Belgique, 1925.

    Etude reprise quasiment mot par mot par le Cardinal Andrieu, archevêque de Bordeaux, dans sa lettre du 25 août 1926 publiée dans L'Aquitaine. Voir la condamnation de l'Action française par le Vatican, en décembre 1926.

    Sur le même sujet, voir la lettre du prêtre Pierre Charles publiée dans L'Ouest-Eclair du 27 octobre 1925, p. 1.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Fernand Passelecq
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Bernard de Vaulx - Ajout: VAULX Bernard de, "Le « nietzschéen » Maurras!", in L'Action française, 11 décembre 1930, p. 5. [L.V.]

    A l'occasion d'un compte-rendu de Geneviève BianquisL'influence de Nietzsche en France (publié dans le dernier numéro de Vient de paraître), conteste la thèse de Geneviève Bianquis qui soutient les affinités entre Nietzsche et Charles Maurras.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Max Nordau - Ajout de précisions: Le tome 2 contient le chapitre V: Frédéric Nietzsche (p. 307-406)

    Note par ailleurs:  "M. Bourget anticipe toute la « philosophie » délirante de Nietzsche" (p. 69). 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Elsie Pell - Ajout: PELL ElsieLa sincérité de Paul Bourget, Paris, Henri Didier, 1939. [L.V.]

    Référence citée d'après le compte-rendu d'Edmond Jaloux dans Excelsior du 30 mars 1939: 

    "[...] elle oppose à Paul Bourget un groupe d'écrivains qu'elle appelle les sceptiques :

    « C'est dans ce groupe que l'on rencontre les Montaignes, les Voltaires, les Nietzsches, les Anatole Frances, les Gides, tous sceptiques. » (Je vous prie de croire que les fautes d'orthographe ne sont pas de moi.)

    Malheureusement pour cette phrase, elle groupe de véritables sceptiques comme Voltaire et Anatole France et des gens qui sont bien autre chose comme Montaigne et Gide — sans compter un véritable fanatique comme Nietzsche".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Elsie Pell
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Léon Blum - Ajout: BLUM Léon, "Généralités sur le roman contemporain", {Les livres}, in Gil Blas, 16 novembre 1903, p. 3.

    A propos d'une enquête sur le roman contemporain réalisée par une revue franco-anglaise, The Weekly Critical Review.

    Catégorique: "L'influence sociale et intellectuelle du roman français contemporain me paraît tout simplement nulle. Je prends ici les mots dans leur sens strict et je laisse à part les petites épidémies sentimentales que certains romans ont pu propager. Mais au point de vue intellectuel je vois toutes les influences que le roman a subies, je ne vois pas celle qu'il aurait exercée. Le roman est devenu la forme courante, usuelle de notre littérature. Il a reflété, au bout d'un temps plus ou moins long, les nouvelles façons de penser ou les nouvelles formes de la culture européenne; il n'en a créé aucune. Tous les grands courants intellectuels, depuis un demi-siècle environ, sont issus du travail des savants, des historiens, des philosophes, des sociologues. Le roman n'a pas fait autre chose qu'adapter à ses fins propres ce travail des penseurs originaux.

    Zola, en ce sens, a utilisé Darwin et Taine; Bourget le pessimisme allemand et la psycho-physiologie, les Rosny la métaphysique évolutionniste de Spencer. Vingt jeunes écrivains se préparent à mettre Nietzsche en romans français. Que cette adaptation soit, par elle-même, une forme de vulgarisation, je le concède; mais l'effet reste parfaitement insignifiant, parce qu'il est incertain, précaire et que, d'ailleurs, le roman ne garde de la doctrine qu'une image atténuée ou infidèle. Il n'en serait autrement que si un grand romancier avait, en même temps, le tempérament d'un apôtre original et d'un créateur de génie, comme Tolstoï ou Balzac."

    Article repris dans En lisant. Réflexions critiques, Paris, Ollendorff, 1906.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Alfred Baudrillart - Ajout: BAUDRILLART Alfred, "Réponse de l'Université Catholique de Paris au manifeste des représentants de la science et de l'art allemands", in Bulletin de l'Institut catholique de Paris, novembre 1914, p. 189-193.

    ponse avec "l'approbation de S. E. le cardinal-archevêque de Paris, chancelier de l'Université catholique et au nom de tous les professeurs : Le recteur: Alfred BAUDRILLART. Le doyen de la Faculté de théologie: J. BAINVEL. Le doyen de la Faculté de droit canonique: A. BOUDINHON. Le doyen de la Faculté de philosophie: E. PEILLAUBE. Le doyen de la Faculté de droit: J. JAMET. Le doyen de la Faculté des lettres: H. FROIDEVAUX. Le doyen de l'Ecole des sciences: E. BRANLY."

    Dénonce: "[...] sans condamner en bloc toute la culture allemande, ainsi que tendent à le faire croire les auteurs du manifeste, sans méconnaître en particulier les services rendus par la science et l'érudition germaniques, nous tenons cependant à montrer que les actes de violence contre lesquels nous protestons sont étroitement rattachés aux dangereuses doctrines dont l'Allemagne a été depuis un siècle le principal foyer. Que de fois l'Eglise mère et maîtresse nous a mis en garde par la bouche de ses pontifes Pie IX, Léon XIII et Pie X, contre les erreurs « d'origine étrangère », c'est-à-dire en fait germanique, qui tendaient à altérer, même dans des pays comme le nôtre, de religion catholique et de culture latine, la véritable et saine doctrine catholique. On ne voit que trop aujourd'hui la conséquence de ces erreurs. La philosophie allemande, avec son subjectivisme de fond, avec son idéalisme transcendantal, avec son dédain des données de sens commun, avec ses cloisons étanches entre le monde du phénomène et celui de la pensée, entre le monde de la raison et celui de la morale ou de la religion, n'a-t-elle pas préparé le terrain aux prétentions les plus extravagantes d'hommes qui, pleins de confiance en leur propre esprit et se tenant eux-mêmes pour des êtres supérieurs, se sont cru le droit de s'élever au-dessus des règles communes, ou de les faire plier à leur fantaisie?" (p. 191-192)

     

    Evoque Kant, Hegel puis Nietzsche: "Nietzsche, quelques réserves qu'il ait faites sur la culture allemande, n'a-t-il pas, par sa théorie du surhomme, préconisé, avec un cynisme brutal, le droit de la force? Le matérialisme sans vergogne du monisme évolutionniste, le panthéisme latent ou explicite des philosophes idéalistes et des théoriciens subjectivistes de la religion, au service l'un et l'autre de l'orgueil germanique, n'ont-ils pas concouru à présenter dans l'Allemand le type le mieux réussi de l'espèce humaine, devant qui tous les autres n'ont qu'à s'incliner, le type en qui le divin a trouvé sa plus haute réalisation?" (p. 192)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Alfred Baudrillart
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean-Germain Tricot - Ajout: TRICOT Jean-Germain, "Une nouvelle traduction de Nietzsche", in Micromégas, 10 août 1937, p. 7. [L.V.]

    Avec un portrait de Nietzsche.

    "L’actualité de Nietzsche ne tient pas à l’idéologie de Rosenberg. Nietzschéisme et hitlérisme n’ont de ressemblance qu’apparente. Le philosophe du renversement des valeurs s’enchanterait de la révision que nous faisons de son œuvre. La nouvelle traduction que les Editions de la Nouvelle Revue Française font paraître par les soins de Geneviève Bianquis et de Maurice Betz, y coopère pour beaucoup. «Ainsi parlait Zarathoustra», «La Volonté de Puissance», nous apparaissent, dans cette version, comme de hautes cimes de l’esprit humain. Goethe, Nietzsche appartiennent à la tradition humaniste... C’est peut-être loin de Rosenberg, n’en déplaise à M. Alphonse de Châteaubriant". Voir Alphonse de Chateaubriant, La Gerbe des forces publié en mai 1937 et "Hitler m'a dit..." publié dans Le Journal du 2 septembre 1938.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Jean-Germain TRICOT
  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1905-1906 - Ajout: René Pinon, Le rôle de la femme dans la société contemporaine. Conférence donnée le mardi 27 février 1905 à l'Institut. Etudie la littérature féminine païenne d'Anna de Noailles. Dénonce les tendances antisociales et et antichrétiennes inspirées de Nietzsche. En résumé: "la philosophie de Nietzsche est un véritable danger". D'après le compte-rendu publié dans le Journal du Loiret du 3 mars 1905
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1900 - Ajout: Anonyme, "Friedrick Nietzsche", in Journal du Loiret, 29 août 1900, p. 2.

    Nécrologie.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1897 - Attribution probable à George Malet de  G.M., "Mama!...", {Chronique}, in Gazette de France, 29 avril 1897, p. 1.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: George Malet
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Pierre Drieu La Rochelle - Ajout d'un lien vers: DRIEU LA ROCHELLE Pierre, Socialisme fasciste, Paris, Gallimard, 1934.

    Contient "Nietzsche contre Marx" (p. 63-75).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Maurras - Ajout: MAURRAS Charles, "Un critique organisateur. M. Paul Bourget", in Gazette de France, 4 décembre 1899, p. 1-2.

    Evoque les changements de Paul Bourget. Ajoute: "Pour ma part, s’il est permis de parler de soi et de mêler ainsi de petites personne» aux grandes, j’ai senti l'influence bienfaisante de Taine, de Renan, d’Anatole France, de Moréas, de Barrès, de Bourget lui-même et n’ai jamais manqué d’occasion de le publier. Ecorné, échaudé, manquant d’avoir été définitivement égaré et gâté par la mauvaise entente du monde classique chez Leconte de Lisle, par les sonnets hurlants et sauvages de M. de Heredia, par l’abominable patois de M. de Goncourt, par ce qu’il y eut de plus misérable en de délicieux chefs-d’œuvre de Verlaine, par l’anarchisme de Tolstoï, par le prétentieux individualisme d'Ibsen, par le faux classicisme et le faux « archisme » de Nietzsche, ou par tels autres simulacres de M. Ferdinand Brunetière ou de M. Emile Faguet, je l’ai dit et je l’ai redit, et je le redirai. Je porterai le témoignage de tout le mal que me firent, et que firent encore à d’autres, ces gens-là." (p. 2)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Maurras - Ajout: MAURRAS Charles, "Les Constituants. IV A Paul Bourget", in Gazette de France, 2 mars 1900, p. 1-2.

    Insiste: "Je n’accepte point la créance que l’on me présente quelquefois au nom de Frédéric Nietzsche, parce que je sens bien ne lui rien devoir de réel: tout ce que ce philosophe germano-slave peut sembler nous avoir appris sur l’autorité, sur la liberté et sur leurs rapports, c’est lui au fond qui nous le doit, car il le doit à des esprits de notre race ou qui sont de notre héritage, un Joseph de Maistre, un Voltaire, un Renan, un Lucain, un Aristote ou un Thucidyde. Si, d’ailleurs, nous n’avions possédé une règle supérieure à celle de Nietzsche, il n’y aurait point eu de raison pour que l’auteur du Zarathoustra ne nous entraînât point dans son anarchisme orgueilleux et incohérent et dans sa révolte mystique contre l’ordre logique et la loi naturelle. Que notre personne s’exprime quand elle élimine et désavoue un maître si faux: elle n’est pas moins souveraine quand elle reconnaît les docteurs dignes d’elle". (p. 1)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1897 - Ajout: G.M., "Mama!...", {Chronique}, in Gazette de France, 29 avril 1897, p. 1.

    "La mère de Frédéric Nietzsche vient de mourir à Naumbourg.

    C’était une pieuse et ferme chrétienne. Elle s’était éloignée de son fils lorsqu’il publia ses œuvres d’insolent athéisme. Mais lorsque le chantre de l'Antéchrist l’aristocrate païen qui méprisait Jésus d’aimer les humbles fut, en pleine forfanterie et en plein triomphe, frappé par la paralysie générale, la mère vint s’asseoir au lit du fils coupable si durement puni. Elle se remit à le soigner comme un petit enfant, et ce penseur orgueilleux, ce blasphémateur éloquent ne pouvait plus prononcer qu’un seul mot, qu’il répétait tout le jour « Mama... mama. »

    « Mama » partie, une sœur de Nietzsche prendra soin de ce débris d’homme qui défia Dieu".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Maurras - Ajout: MAURRAS Charles, "Ça marche", in Gazette de France, 30 octobre 1902, p. 1-2.

    A propos de l'enquête sur l'influence allemande lancée par le Mercure de France. A propos de l'essor d'un nationalisme intellectuel, note qu'il "n’existe pas de propriété littéraire et quant à la priorité, cela n’est regardé que par la basse classe des historiens, sous-classe des chronologistes. Il ne s’agit pas de savoir qui a dit le premier, mais qui a dit le mieux! Un seul point a de l'importance. Beaucoup de jeunes écrivains et philosophes du plus récent mouvement ont quitté L'Allemagne pour notre Empire du soleil sous l'influence de l'allemand Frédéric Nietzsche; c'est à sa suite qu'ils parlent de méditerraniser la musique, la philosophie, la peinture et les autres arts, Je ne les blâme pas d’avoir suivi une inspiration qui les a mis du bon côté, non plus que je ne blâmerais le vieil Ulysse de rentrer aux bords ithaciens sur quelque paquebot du Lloyd. Mais ceux d’entre nous qui ont toujours navigué sur la tartane ou sur le caïque de leurs ancêtres doivent le déclarer au directeur du port, et je crois que voilà qui est fait. Au surplus, le public devait peut être se douter qu'il y avait quelques Français qui n’avaient pas eu besoin de Nietzsche pour soupçonner le rôle historique des Aristocraties, la valeur politique, poétique et morale de l’Ordre, l'importance de la Civilisation. Ce n'est pas de Nietzsche que nous avons appris je ne dis pas uniquement à sentir, mais à connaître, dans ses causes et dans sa raison, le supériorité de la tradition et de la culture françaises. Nous avons découvert la Méditerranée tout seuls". (p. 2.)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Maurras - Ajout: MAURRAS Charles, "Enquête sur la Monarchie", in Gazette de France, 16 septembre 1900, p. 1.

    Dans sa présentation de la lettre de Lionel des Rieux, explique: "Si donc le genre humain et, en particulier, la nation française tiennent encore à garder quelque dignité et à poursuivre quelque tâche noble ou belle, de quelque ordre qu’on la suppose, M. Lionel des Rieux y met pour condition que l’erreur libérale et la folie démocratique seront au préalable, dépouillées et foulées aux pieds.

    Quelque niais le prendra pour un disciple de Nietzsche; mais tous les esprits informés savent que ce germain mâtiné de slave n'a jamais été que notre condisciple. Il a été à la même école que nous et, né comme ce pauvre M. de Pressensé parmi des protestants, pénétré du suc des plus abondantes sottises, Nietzsche n’a pas toujours très bien compris ce que nos maîtres lui enseignaient. Nos jeunes Français l’ont déjà dépassé, amendé et j’espère qu’ils le feront vite oublier".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1908 - Ajout: X.X., {Les revues}, in Gazette de France, 21 novembre 1908, p. 1-2.

    Compte-rendu de la traduction française de Nietzsche, Ecce homo, publiée dans le Mercure de France. (p. 2)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jacques Bainville - Ajout: BAINVILLE Jacques, "Le règne de la civilisation française en Allemagne (suite)", in Gazette de France, 29 avril 1907, p. 1-2.

    Note: "Les plus grands des Allemands, les rares Allemands qui se sont élevés aux degrés supérieurs de la culture ont tous rendu justice à la bienfaisante influence exercée par la France en Allemagne, se sont inclinés devant sa supériorité. Goethe, mettant en parallèle la civilisation française et la barbarie allemande, concluait fortement: « l’Allemagne n’est rien ».

    De nos jours Nietzsche a donné l'expression la plus vigoureuse de ce mépris d’un Allemand pour l’Allemagne,

    Nietsche était véritablement honteux d’être né dans ce pays de barbares qu'il reniait au nom de la culture. Quel contraste font ses dures paroles avec l’absurde engouement qu'a eu le dix-neuvième siècle français pour les idées

    allemandes! Nietzsche appelait l'Allemagne le pays plat de l'Europe. Nietzsche disait encore : « Contre la mode d'aujourd'hui et contre les apparences, il faut défendre cette proposition qui est de simple honnêteté historique et n’en pas démordre: tout ce que l’Europe a connu de noblesse — noblesse de la sensibilité, du goût, des mœurs, noblesse en tous sens élevés du mot — tout cela est l’œuvre et la création propre de la France ». Ailleurs enfin par une vue singulièrement perçante: « Il y a-t-il des philosophes allemands? il y a-t-il des poètes allemands? il y a-t-il des bons livres allemands? — Telle est la question que l'on me pose à l'étranger. Je rougis, mais avec la bravoure qui m’est propre, même dans les cas désespérés, je réponds: oui, Bismarck. »

    Rien n’est plus juste: c’est parce que l’Allemagne existe aujourd'hui politiquement, est forte politiquement que les Allemands élèvent leurs prétentions à la culture". (p. 2)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jacques Benoist-Méchin - Ajout: Lire Bernard Costagliola, Benoist-Méchin, un nazi français, Paris, CNRS Editions, 2025.
  • OUTILS/ACTUALITE DE NIETZSCHE EN FRANCE/Approches historiennes - Suppression: Je retire "Stéphane FLOCCARI, Bibliothèque idéale de Nietzsche, Belles Lettres (à paraître en novembre 2025)" qui est juste un recueil de textes.
 
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jules Lemaitre - Ajout d'une précision: Jules Lemaitre fait partie des écrivains français que Nietzsche cite dans Ecce homo. A ce sujet, voir l'anecdote rapportée par Jean Cocteau en 1922.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Bourget - Ajout: BOURGET PaulNouvelles Pages de Critique et de Doctrine, tome 2, Paris, Plon-Nourrit, 1922. [L.V.]

    Contient "De Kant et de Goethe" (p. 86-97), un article déjà publié en novembre 1914 dans L'Echo de Paris.

    Nietzsche n'est pas nommé mais évoqué à la fin avec le "surhomme". Dans "L'âme étrangère" (p. 47-57) daté de juin 1921, évoque "la vieille et utopique formule « un bon Européen »" (p. 50).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Bourget - Ajout d'une citation: "[...] l'expérience encore nous l'a démontré, pour un peuple moderne, cesser d'être chrétien, c'est redevenir barbare, de la pire des barbaries, celle des décadences. Il y a là-dessus une page éloquente de Taine que tous vos lecteurs connaissent. Persuadé de la vérité démontrée définitivement par ce maître peu suspect de préjugés cléricaux, je considère pour ma part qu'attaquer le catholicisme en France, c'est contribuer, qu'on le veuille ou non, à la décadence du pays. Par suite, défendre ce même catholicisme, c'est remplir un devoir civique". (réponse à l'enquête sur le protestantisme lancée par L'Action française en mai 1900; extraits dans plusieurs journaux dont La Croix)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Félicien Pascal - Correction: PASCAL Félicien, "Le Mauvais Maître", in La Gazette de France, 7 juillet 1908, p. 1-2. [et non pas Les Mauvais Maîtres]
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Bourget - Ajout: Anonyme, "Avons-nous une Maladie de la Volonté?", in Le Matin, 15 juin 1908, p. 2.

    Enquête. Conclusion de la réponse de Paul Bourget:

    "[...] nous autres, Français, aurons toujours à faire une objection très grande" à Nietzsche. "Nietzsche a combattu le christianisme, et je ne crois pas que dans notre pays nous puissions nous passer, pour la formation de l'individu, de cette admirable organisation qu'est l'Eglise catholique.

    C'était l'avis de Balzac, dont je viens de vous citer le nom; il disait dans sa préface générale:

    Le christianisme, et surtout le catholicisme, étant un système complet de répression des tendances dépravées de l'homme, est le plus grand élément d'ordre social.

    Pour moi, cette phrase est la formule même de la vérité, et d'ailleurs, par une contradiction qui prouve qu'un bon esprit d'observation aboutit toujours au vrai sous toutes les formules, qu'est-ce autre chose que dit Mme Daniel Lesueur quand elle affirme que, « sans l'acceptation de la souffrance, de l'obéissance, de l'inégalité, de la discipline, on marche dans l'ombre de la mort »?

    Un Joseph de Maistre, un Brunetière n'auraient pas parlé autrement."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Maurice Paléologue: PALEOLOGUE Maurice, Journal 1913-1914: Au quai d'Orsay à la veille de la tourmente, Paris, Plon, 1947. [L.V.]

    Référence ajoutée parce qu'elle concerne un journal des années 1913-1914. Cite Nietzsche à propos d'une note sur l'impérialisme allemand remise au général Joffre en 1913 (p. 70-71).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Maurice Paléologue
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1900 - Ajout: Anonyme, "Société des amis de l'Université", in Le Progrès (Lyon), 5 février 1900, p. 2. A propos de la conférence de Teodor de Wyzewa: "La conférence de M. de Wyzewa, le critique connu sur le philosophe Nietzsche et son influence, a obtenu hier le plus vif et le plus légitime succès. D’une forme très châtiée et très élégante, elle a eu le mérite d attirer l'attention des auditeurs sur le péril moral que crée la vulgarisation des idées morbides de ce philosophe, actuellement fou, et dont les dernières œuvres lucides sont déjà fortement imprégnées de folie. Après avoir démoli avec un talent d'écrivain supérieur les principes les plus vénérables de l'ancienne morale, Nietzsche a prétendu en créer une nouvelle à l’usage des hommes qui se croient supérieurs et par suite affranchis de toute loi. Cette morale des maîtres ou des « sur-hommes » forgée par Nietzsche. M. de Wyzewa en a montré l'influence inquiétante dans les œuvres de Péter Nansen, d’Annunzio et d’lbsen lui-même.
  • Il a attiré attention sur le péril qu’il y aurait à ce que de telles idées se répandissent davantage et pénétrassent jusque dans la pratique et il a montré la contradiction que la vie de Nietzsche, toute de noblesse et de générosité, forme avec le désolant nihilisme de ses doctrines."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Mauclair - Ajout: MAUCLAIR Camille, "Nietzsche et la Folie allemande", in Le Progrès (Lyon), 6 avril 1915, p. 1.

    Commence: "J’ai ouvert ces jours-ci, avec curiosité, quelques volumes de ce Frédéric Nietzsche qui a eu, plutôt après sa mort que pendant sa vie, une si large part dans la constitution de l’affreuse mégalomanie allemande. Indirectement, certes, et non dans le sens exact qu’il eût souhaité, car cet esprit altier et lyrique a été compris par ses concitoyens avec une bassesse brutale et triviale: mais enfin il n’est point niable que ses leçons aidèrent à tourner leurs lourdes têtes.

    J’ai emporté de cette lecture une singulière impression, et Nietzsche, qui vécut isolé, peu lu, peu compris, peu suivi, m’est apparu, par sa fin autant que par son œuvre, comme un terrible emblème du destin de sa race. Il m’intéressa toujours, depuis près de vingt ans, et je fus des premiers à l’étudier lorsqu’il fut révélé au public restreint qui, chez nous, s’occupe de philosophie. Je dus même, jadis, préfacer et commenter la traduction de son Aurore. Cependant, jamais je ne fus convaincu, ni même impressionné par ses propositions, dont un certain snobisme a fait l’usage le plus absurde, y voyant une réédition aggravée de ce vieux « struggleforlife » cher aux romanciers de 1885, une sorte de manuel apologique de l’arrivisme. A la vérité, Nietzsche ne fut aucunement un philosophe. [...]".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jules Lemaitre - Ajout: LEMAITRE JulesLes contemporains: études et portraits littéraires. 7e série, Paris, H. Lecène et H. Oudin, 1899.

    Contient le texte de la conférence prononcée en 1896: "Les snobs". (p. 95-102)

    Enumère: "Nous avons eu successivement les snobs du roman naturaliste et documentaire, les snobs de l'écriture artiste, les snobs de la psychologie, les snobs du pessimisme, les snobs de la poésie symboliste et mystique, les snobs de Tolstoï et de l'évangélisme russe, les snobs d'Ibsen et de l'individualisme norvégien; les snobs de Bollicelli, de saint François d'Assise et de l'esthétisme anglais; les snobs de Nietzsche et les snobs du « culte du moi »; les snobs de l'intellectualisme, de l'occultisme et du satanisme, sans préjudice des snobs de la musique et de la peinture, et des snobs du socialisme, et des snobs de la toilette, du sport, du monde et de l'aristocratie, — lesquels sont souvent les mêmes que les snobs littéraires, car les snobismes s'attirent invinciblement entre eux et se peuvent donc cumuler. Mais je ne vous parlerai ici que du snobisme en littérature, et je ne sais pas bien, en vérité, si ce sera pour en faire la satire ou l'apologie." (p. 95-96). Précision ajoutée dans TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1869-1898.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jules Lemaitre - Ajout: LEMAITRE Jules,  Les contemporains: études et portraits littéraires. 6e série, Paris, H. Lecène et H. Oudin, 1896.

    Contient l'article publié en 1894 dans la Revue des Deux Mondes: "De l'influence récente des littératures du Nord" (p. 225-270).

    Evoque Nietzsche: "[...] depuis dix ans, tandis que M. Gérard Hauptmann paraissait s'inspirer de M. Émile Zola, et M. Auguste Strindberg de M. Alexandre Dumas fils, et que Nietzsche reproduisait les rêveries maladives des Dialogues philosophiques de Renan; d'un autre côté, M. Paul Bourget nous affranchissait du naturalisme, et la plus large sympathie et la préoccupation morale ou religieuse rentraient dans notre littérature. Tout le sérieux, toute la substance morale de George Eliot semblent avoir passé dans les profondes études de M. Bourget, dont les derniers romans sont, en maint endroit, des récits piétistes." (p. 869)

    Se demande combien de temps durera la "septentriomanie" et conclut: "Qui vivra verra. En attendant, dépêchez-vous d'aimer ces écrivains des neiges et du brouillard; aimez-les pendant qu'on les aime, et qu'on y croit, et qu'ils peuvent encore agir sur vous, comme il faut se servir des remèdes à la mode pendant qu'ils guérissent. Car il se pourrait qu'une réaction du génie latin fût proche." (p. 872)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/JULES LEMAITRE - Ajout de précisions sur son article "De l'influence récente des littérature du Nord" dans la Revue des Deux Mondes en décembre 1894: Article repris dans Les contemporains en 1896. Constate: "[...] tandis qu'au XVIe et au XVIIe siècle, c'était le Midi, l'Espagne, l'Italie, c'est, depuis bientôt deux siècles, le Nord surtout qui nous attire. Cette attirance a eu, bien entendu, ses sursauts et ses répits. Mais notre dernier accès de septentriomanie a été particulièrement violent et prolongé. Il dure encore. Il a commencé, je pense, voilà une douzaine d'années [...]. (p. 847) Evoque Nietzsche: "[...] depuis dix ans, tandis que M. Gérard Hauptmann paraissait s'inspirer de M. Émile Zola, et M. Auguste Strindberg de M. Alexandre Dumas fils, et que Nietzsche reproduisait les rêveries maladives des Dialogues philosophiques de Renan; d'un autre côté, M. Paul Bourget nous affranchissait du naturalisme, et la plus large sympathie et la préoccupation morale ou religieuse rentraient dans notre littérature. Tout le sérieux, toute la substance morale de George Eliot semblent avoir passé dans les profondes études de M. Bourget, dont les derniers romans sont, en maint endroit, des récits piétistes. Maupassant lui-même s'attendrissait visiblement et devenait plus « grave » quand la mort vint le prendre. Et la même gravité, et la pitié des romanciers russes, et le don qu'ils ont de nous faire sentir, autour des médiocres drames humains, les ténèbres et l'inconnu, tout cela donne un très grand prix aux livres singulièrement sincères de M. Paul Margueritte. Quant à l'idée de la mort, je ne pense pas que jamais écrivain en ait été plus intimement pénétré que Pierre Loti." (p. 869). Poursuit et reconnaît: Je crois bien que je donne depuis quelques minutes dans le chauvinisme littéraire. Disons plus équitablement: - Ces échanges et ces reprises d'idées entre les peuples, on les a vues de tout temps, et encore plus depuis que la rapidité et la facilité des relations commerciales ont entraîné celles des relations intellectuelles. Tantôt, nous avons emprunté aux autres peuples; et nous avons imprimé à ce que nous tenions d'eux un caractère européen: tels les emprunts de Corneille ou de Lesage aux Espagnols. Tantôt, et plus souvent, comme nous sommes curieux et bons, nous leur avons repris, sans le savoir, ce que nous leur avions nous-mêmes prêté Ainsi au XVIIIe siècle nous avons découvert les romans de Richardson, qui avait imité Marivaux. Ainsi nous avons retrouvé chez Lessing ce qui était dans Diderot, et chez Gœthe beaucoup de ce qui était dans Jean-Jacques; et nous avons cru devoir aux Allemands et aux Anglais le romantisme que nous avions déjà inventé" (p. 871). Se demande combien de temps durera la "septentriomanie" et conclut: "Qui vivra verra. En attendant, dépêchez-vous d'aimer ces écrivains des neiges et du brouillard; aimez-les pendant qu'on les aime, et qu'on y croit, et qu'ils peuvent encore agir sur vous, comme il faut se servir des remèdes à la mode pendant qu'ils guérissent. Car il se pourrait qu'une réaction du génie latin fût proche." (p. 872)

 

NOVEMBRE 2025

  • OUTILS/NIETZSCHE EN FRANCE:APERCU SELECTIF DES PUBLICATIONS ET COMMUNICATIONS RECENTES - Ajout: Camille DECLERCQ: "L’ombre de Nietzsche", in Acta fabula, vol. 26, n° 6, Notes de lecture, Juin 2025 (A propos de Michel Foucault, Nietzsche. Cours, conférences et travaux, Paris, Seuil, Gallimard, EHESS, coll. « Hautes Études », 2024)

    Evoque la « Situation » de Bernard E. Harcourt en fin d’ouvrage qui rappelle les moments cruciaux de la réception de Nietzsche en France (p. 352-371), telle qu’elle a été étudiée par Geneviève Bianquis, Pierre Boudot, Jacques Le Rider et Louis Pinto. Expose les quatre temps importants de la réception de Nietzsche en France. 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Berthelot - Ajout: BERTHELOT Paul, {Chronique}, in La Petite Gironde, 24 décembre 1893, p. 1-2.

    Constate que les "roucouleurs de romances anarchistes sont légion dans la jeune littérature parisienne". Après l'art pour l'art, le wagnérisme et le succès de Tolstoï, ils étaient mûrs pour l'individualisme et l'anarchie. Nietzsche est devenu leur "dieu nouveau".

    Dénonce: "Parmi les dilettantes de l’anarchie, il en est d’inconscients peut-être, si enfoncés dans leur cuistrerie de gendelettres qu’ils s’hypnotisent de lumière. On pense alors à ce « bouillonnement impuissant de cerveaux gélatineux » dont parle Max Nordau, à sa formule : « Ce qui manque à presque tous les dégénérés, c’est le sens de la moralité et du droit. » Mais derrière les fanatiques et les dandys impuissants veillent les cerveaux de proie, travaillés d’âpres

     

    besoins de domination, rêvant par delà les catastrophes la tyrannie d'une aristocratie intellectuelle dont ils seraient les grands-prêtres. [...]"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Paul Berthelot
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Yvonne Sarcey - Ajout: SARCEY Yvonne, {Lettres de la cousine}, in Annales politiques et littéraires, 2 mai 1920, p. 379-380. [L.V.]

    A propos de l'éducation des enfants, déplore: "Il est un mode d'éducation tout à fait exaspérant et dont, par ces temps de snobisme, vraiment on abuse... Une fillette tient a peine sur ses jambes que déjà on songe à lui inculquer le sentiment de l'Art..., Art avec un grand A, bien entendu... [...]

    Beaucoup de petites filles de ma connaissance ont, de cette façon et de bien d'autres perdu le naturel qui est la grâce même de l'enfance... Trop tôt on leur bourra le crâne de choses auxquelles, heureusement, elles ne comprennent rien... Elles entendent autour d'elles les subtilités qui sont à la mode, ou il entre des quintessences littéraires, du mysticisme mêlé au réalisme le plus étrange, et dont se servent surtout certaines initiées qui, ayant une culture superficielle et un appétit maladif du rare, se prennent pour des philosophes parce que, avec Nietzsche, elles ont entendu parler Zarathoustra...,, ou pour des esthètes parce que le Ruskinisrne, le Cubisme, le Dadaïsme, l'Erick Satisme, et tous les autres ismes les trouvent au garde à vous!... Déplorables dans leur préciosité, enfantines dans leurs emballements et puériles dans l'expression de leurs admirations, elles ont ce travers, le seul grave à mon avis, de vouloir infuser à l'enfant la maladie de leur snobisme". (p. 379)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Hugues Delorme - Ajout: DELORME Hugues, "Einsteinomanie", in Annales politiques et littéraires, 16 avril 1922, p. 419. [L.V.]

     

    Tourne en ridicule les femmes qui citent Einstein comme elles citaient Kant, Fichte, Nietzsche.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Benjamin Guinaudeau- Ajout: GUINAUDEAU B., "Le mouvement littéraire en Allemagne", in La Justice, 10 mai 1893, p. 1-2.

    A propos des tendances nouvelles, note: "A côté des écoles naturaliste, tolstoïste ou évanlégique, ibsénienne ou socialiste, des écrivains indépendants ont voulu suivre des voies isolées, faire preuve de « personnalité ». Il y a même, à l'heure actuelle, une tendance fort accentuée à cet individualisme. Plus d'écoles, plus de formules, plus de maîtres, chacun veut aller où bon lui semble, où il croit que se cache la Beauté poursuivie. La jeune littérature allemande, comme la jeune littérature française, en est un peu à l'anarchie."

    Cite Gérard Hauptmann, Heinz Tovote, Ola Hansson, ce dernier ayant Lombroso et Nietzsche pour maîtres.

    Insiste: "Il faudrait un article spécial pour dire l'influence exercée par Nietzsche sur ses jeunes compatriotes. Génial et inégal, il déroute, au premier abord, et sa stupéfiante complexité ne peut ressortir d'une rapide analyse. Un critique autorisé, M. Servaes, considère Nietzsche comme le père de l'idéalisme nouveau". (p. 1)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1892 - Ajout: Anonyme, {Revue des livres}, in Revue des revues, 1892, p. 383.

    A propos du livre de Robert Schellwien, Max Stirner und Friedrich Nietzsche (Leipzig, 1892).

    Note: "On parle tant de Nietzsche que M. Schellwien a jugé utile d'en reparler à son tour. L'auteur a le rare mérite d'embrouiller les théories si claires, quoique si paradoxales, de ce puissant écrivain. Il s'efforce de contrebalancer l'importance de Nietzsche par celle qu'il attribue à Stirner.

    Nietzsche serait, selon notre auteur, plutôt dogmatique, tandis que Stirner est, par excellence un esprit critique. Rendons cependant justice à M. Schellwien, qui est arrivé, grâce à ses commentaires métaphysiques, à rendre Nietzsche et Stirner également incompréhensibles".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Alphonse Duvernoy - Ajout: DUVERNOY Alphonse, {Revue musicale}, in La République française, 21 mars 1892, p. 3.

    Note qu'au "moment où l'on s'occupe de la brochure le Cas Wagner de Friedrich Nietzsche, le livre d'Emile de Saint-Auban [Un pèlerinage à Bayreuth] arrive à propos."

    Ajoute: "Le métaphysicien allemand, le savant renommé, lui, a commencé par adorer Wagner et fini par découvrir qu'il le détestait. « Je le déteste, proclame-t-il, mais je ne puis plus souffrir d'autre musique que la sienne. » Pour Nietzsche, Wagner est tout bonnement « une maladie ». Wagner marque la fin de toute musique; nous touchons au néant" et signale l'article de Camille Bellaigue dans la Revue des Deux Mondes.

    Finit sur Nietzsche: "Je dois ajouter que Nietzsche est mort fou. On ne dit pas s'il a fini ses jours dans l'hospice d'aliénés qui, à Bayreuth, fait pendant au théâtre de Wagner."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Alphonse Duvernoy
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Eugène Marsan-Orion - Ajout: MARSAN Eugène, "« 1900 » par Paul Morand", in Comoedia, 30 mai 1931, p. 3. [L.V.]

    Discute les évocations du livre de Paul Morand à la lumière de ses propres souvenirs. Conclut: "Je ne puis terminer sans signaler à Morand une erreur assez grave (page 169). Ni Maurras ni aucun critique de son groupe n'a jamais « disputé » Nietzsche à personne. Là, Nietzsche a été ou ignoré ou écarté. Seul, Pierre Lasserre s'en est un peu servi au début, comme on conseille un poison en thérapeutique, au compte-gouttes".

    Voir aussi la protestation de Pierre Tuc dans L'Action française du 4 avril 1931.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Pierre Tuc - Ajout: TUC Pierre, "A propos de Nietzsche", in L'Action française, 4 avril 1931, p. 3. [L.V.]

    A propos d'un extrait du livre de Paul Morand1900.

    Cite quelques lignes: "En août 1900, Nietzsche meurt à Weimar, après douze ans de délire des grandeurs, au moment même où Andler et Lichtenberger le font connaître en France, où Marcel Arnaud, au Mercure, publie la traduction de la Généalogie de la morale, versant dans le commerce des explosifs puissants que, sept ou huit ans plus tard, nous manierons avec volupté. Nietzsche n'appartient à aucun parti politique: Maurras, les réactionnaires (nous dirions aujourd'hui les racistes), les socialistes, les anarchistes, se le disputent". 

    Puis conteste: "M. Paul Morand commet là une confusion involontaire. Que quelques « réactionnaires » aient pu témoigner d'une excessive admiration pour Nietzsche, c'est certain: mais Maurras, qu'on ne saurait qualifier de  « raciste » sans commettre une autre erreur, n'a pas manqué une occasion de combattre les idées de Nietzsche et de mettre ses amis en garde contre les séductions du nietzschéisme. Cela date de 1892, cela continuait en 1900 et cela n'a jamais cessé."

    Dans ComoediaEugène Marsan proteste dans le même sens.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Pierre Tuc
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Morand - Ajout: MORAND Paul, 1900, Paris, Editions de France, 1931. [L.V.]

    Des passages sont publiés dans les Annales politiques et littéraires en 1931.

    Réédition en 1933. Nouvelle édition revue, augmentée et précédée d'une nouvelle préface en 1942.

    A propos de Nietzsche: "En août 1900, Nietzsche meurt à Weimar, après douze ans de délire des grandeurs, au moment même où Andler et Lichtenberger le font connaître en France, où Marcel Arnaud, au Mercure, publie la traduction de la Généalogie de la morale, versant dans le commerce des explosifs puissants que, sept ou huit ans plus tard, nous manierons avec volupté. Nietzsche n'appartient à aucun parti politique: Maurras, les réactionnaires (nous dirions aujourd'hui les racistes), les socialistes, les anarchistes, se le disputent". (p. 169, d'après le compte-rendu rectificatif de Pierre Tuc publié dans L'Action française d'après lequel je cite [L.V.])

    Voir aussi la protestation d'Eugène Marsan dans Comoedia, 30 mai 1931.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Paul Morand
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/ Maurice Le Blond - Ajout: "Je crois à l’avènement du socialisme... Et quand je parle du socialisme, je ne veux pas désigner le socialisme étroit, incomplet, partiel, qu’on enseigne aujourd’hui, mais le socialisme intégral, qui, à côté des revendications économiques, laissera sa place au libre développement d’une morale nouvelle, d’une religion humaine, d’un socialisme, enfin, moins susceptible de remplir les ventres que d’embraser les âmes et d’enflammer les intelligences... Aux religions révélées, nous opposerons la religion raisonnée; à ce que Nietzsche appelait « la morale des esclaves » nous opposerons la morale des « hommes libres »." (réponse à une enquête La Revue auprès de la jeunesse en 1901)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jérome et Jean Tharaud - Ajout: THARAUD Jérome et Jean, "Quelques amis alsaciens et lorrains de Barrès", in Le Figaro, 13 janvier 1931, p. 1-2. [L.V.]

    A propos d'Henri Albert, souvenirs personnels et littéraires, à propos des traductions de Nietzsche... 

    Note: "Henri Albert a été l'homme qui a le mieux et le plus longtemps renseigné Barrès sur les courants d'opinion en Allemagne et l'intellectualité germanique. Particulièrement sur Nietzsche. Barrès admirait en Nietzsche un grand poète lyrique, mais il refusait de le prendre pour un penseur original. « Pour ma part, disait-il, j'ai trouvé ses idées dans Stendhal, dans Renan, et dans mon cœur d'enfant excédé par les grossièretés du collège et du Quartier Latin ».

    Sur Maurice Barrès et Nietzsche.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Emile Bréhier - Ajout: BREHIER EmileHistoire de la philosophie allemande, Paris, Payot, 1921. [L.V.]

    Sur Nietzsche (p. 150-153) dans le chapitre VI: "le mouvement contemporain".

    Note que c'est "bien à tort" que les pangermanistes bismarckiens ont vu en Nietzsche un des leurs. (p. 151)

    Termine: "Et c'est sans doute une idée très féconde que l'esprit humain procède non par de nouvelles découvertes, mais par la création de valeurs nouvelles; la transformation des sciences, par exemple, est due non pas à un progrès unilinéaire dans la connaissance, mais à des points de vue nouveaux et à des changements radicaux de perspective: c'est par cette théorie des valeurs, semble-t-il, que Nietzsche a eu, non seulement sur la pensée allemande, mais sur la pensée européenne, sa plus grande influence". (p. 152-153)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1939 - Ajout: Anonyme, "La mort de Nietzsche", in L'Œuvre, 20 juin 1939, p. 8. [L.V.]

    A propos du livre d'Henri LefebvreNietzsche. Extrait.

    Avec un dessin.

  • OUTILS/NIETZSCHE DANS LES DESSINS DE PRESSE - Ajout: Extrait de "La mort de Nietzsche", in L'Œuvre, 20 juin 1939, p. 8.
  • OUTILS/NIETZSCHE DANS LES DESSINS DE PRESSE - Ajout: Extrait de "Poings fermés... et main tendue", dessins et légendes de Ralph Soupault, in Gringoire, 21 janvier 1938, p. 3.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Judith Gautier - Ajout: GAUTIER JudithLe collier des jours: le troisième rang du collier, Paris, Librairie Juven, 1909.

    Troisième et dernier volume de son autobiographie publiée à partir de 1904.

    Texte également publié dans la Revue de Paris à partir de février 1909.

    Souvenirs. Brève évocation de Nietzsche:

    "Wagner supporte, à ce qu’il semble, ces nouvelles épreuves avec une admirable sérénité: il a comme une cuirasse de bonheur que les coups du sort heurtent désormais sans la traverser, et ce groupe de disciples à la foi ardente paraît former un rempart autour de son cœur. Très gaiement, il me donne des nouvelles de Tribschen et du trouble que les aventures de Munich y ont apporté. Le lendemain de la répétition générale, il leur était venu, par hasard, beaucoup de visiteurs: une de ses sœurs avec son mari et sa fille, un éminent sanscritiste, professeur à l’Université de Leipzig, un philologue de Bâle. — c’était Nietzsche: — on était donc nombreux au dîner de deux heures. Ce dîner fut interrompu dix fois par l’arrivée des dépêches: le maître se levait pour aller écrire la réponse; à peine était-il revenu et réinstallé devant son assiette, qu’une autre missive lui était remise et le forçait à s'absenter de nouveau." (p. 213)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Judith Gautier
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/L. Gérard-Varet - Ajout: GERARD-VARET L., "L'antipatriotisme", in Revue de Paris, 15 mai 1909, p. 307-336.

    Part du principe qu'il y a un problème de l'antipatriotisme. C'est un mal interne et profond qui témoigne d'une crise générale. Insiste: "L'idée de Patrie est selon les uns objet de foi, selon les autres matière à critique. Les uns et les autres ont également tort, également raison. Dans la presse, dans le livre, dans le haut enseignement, la critique ne se fixe aucune limite. Patrie et Internationale, famille et union libre, devoir et égoïsme, Tolstoï et Nietzsche, se discutent librement. Mais l'École primaire a un tout autre rôle, et la grande erreur fut parfois de la confondre avec l’enseignement d'Université. Les enfants se nourrissent d’un petit nombre de sentiments très simples et d'idées familières; tout ce qui est critique les égare, tout ce qui est casuistique les pervertit. On n'a pas avec eux à chercher si le mariage doit durer ou disparaître; on n'a pas à examiner à la loupe dans quels cas le mensonge est excusable. La piété filiale, le respect du Vrai doivent rester pour eux le Devoir dans sa haute et pleine majesté. C’est la vie qui plus tard ouvrira leur esprit aux formes rares et aux exceptions. De la même manière la Patrie: c’est l’action des années écoulées, c'est l'expérience qui révéleront à l'adulte si Patrie et Humanité se heurtent ou s'entendent. L'enfant n’a rien à voir aux jeux de dialectique. Opposer le devoir au devoir, c'est un luxe de rêveur. N'est-ce pas déjà beaucoup d'opposer la Raison à l’Instinct ?

    L'illusion est de s’imaginer qu'il faut choisir entre la démonstration et la foi aveugle. La vraie démonstration, celle du savant, échappe invinciblement à la morale. En ce sens. le Patriotisme ne se démontre pas plus que la piété filiale, que le courage ou que l'honneur. Il  n'y a pas de science des valeurs. Est-ce à dire qu'on soit réduit à l’adoration silencieuse, au mysticisme éperdu? Loin de là. [...]" (p. 335-336)

    Article en partie reproduit dans Le Progrès de la Côte-d'Or du 25 mai 1909, p. 1.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Abel Rey - Ajout: REY AbelLeçons de philosophie II Logique, morale et philosophie générale, Paris, Les éditions Rieder, 1927. [L.V.]

    Septième édition revue de Logique et morale, publié en 1911.

    Quelques pages sur "l'individualisme absolu de Nietzsche" en vogue. (p. 341-343)

    Sur deux conséquences: "La première a été formulée par Nietzsche dans la doctrine du surhomme, « L'homme doit toujours tendre à se dépasser lui-même; le repos ou la paix n'est que le moyen d'une guerre nouvelle. Peu importent les moyens employés; peu importent les victimes laissées sur la route: l’homme n'a qu'un but, triompher, être le maître, faire ce qu'il veut, dominer les autres hommes en leur imposant sa propre conception. Le surhomme est celui qui détermine les croyances de toute une époque, la forme d’une civilisation, qui crée en toute liberté, en toute indépendance, insoucieux du bien et du mal, de la vérité et de l'erreur. 11 crée sa vérité, il crée sa morale ». [...]

    La deuxième conséquence, c’est la proscription, au nom de l'idéal moral du surhomme, de tout ce qui est amour, pitié, générosité, etc. Ces sentiments relèvent d’une morale esclave. « Pour épargner aux générations futures le spectacle déprimant de la misère et de la laideur, laissons mourir ce qui est mûr pour la mort, ayons le courage de ne pas retenir ceux qui tombent, mais de les pousser encore pour qu’ils tombent plus vite. Le sage doit non seulement supporter la vue de la souffrance d’autrui, il doit faire souffrir sans se soucier de l'idée des tortures où se débat le patient ». Spencer avait déjà montré que la charité va d’une façon malheureuse à l’encontre de la sélection naturelle en surchargeant la société de déchets inutiles ou dangereux, mais il admet malgré cela l’altruisme individuel. Le Bon a dit aussi: la charité est un sentiment anti-social et nuisible." (p. 342)

    Suivi d'une critique.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Abel Rey - Ajout: REY AbelLogique et morale: suivies de notions sommaires de philosophie générale, Paris, E. Cornély Editeurs, 3ème édition revue et augmentée, 1911.

    Contient quelques pages sur Nietzsche dans le chapitre VII: perfection individuelle et progrès de l'humanité.

    Introduit: "On a proposé récemment des principes moins métaphysiques pour fonder la morale théorique, la perfection individuelle et le progrès de l'humanité. A poursuivre l'une de ces deux fins d'une façon exclusive, on arrive à dresser en face l'une de l'autre deux morales aussi différentes que celle de Nietzsche el celle de Tolstoï. Elle sont intéressantes à examiner pour mettre en lumière les excès auxquels la dialectique peut arriver en développant jusqu'au bout, et sans souci du réel, la notion dont elle part". (p. 821-822)

    Sur deux conséquences: "La première a été formulée par Nietzsche dans la doctrine du surhomme, « L'homme doit toujours tendre à se dépasser lui-même; le repos ou la paix n'est que le moyen d'une guerre nouvelle. Peu importent les moyens employés; peu importent les victimes laissées sur la route: l’homme n'a qu'un but, triompher, être le maître, faire ce qu'il veut, dominer les autres hommes en leur imposant sa propre conception. Le surhomme est celui qui détermine les croyances de toute une époque, la forme d’une civilisation, qui crée en toute liberté, en toute indépendance, insoucieux du bien et du mal, de la vérité et de l'erreur. 11 crée sa vérité, il crée sa morale ». [...]

    La deuxième conséquence, c’est la proscription, au nom de l'idéal moral du surhomme, de tout ce qui est amour, pitié, générosité, etc. Ces sentiments relèvent d’une morale esclave. « Pour épargner aux générations futures le spectacle déprimant de la misère et de la laideur, laissons mourir ce qui est mûr pour la mort, ayons le courage de ne pas retenir ceux qui tombent, mais de les pousser encore pour qu’ils tombent plus vite. Le sage doit non seulement supporter la vue de la souffrance d’autrui, il doit faire souffrir sans se soucier de l'idée des tortures où se débat le patient ». Spencer avait déjà montré que la charité va d’une façon malheureuse à l’encontre de la sélection naturelle en surchargeant la société de déchets inutiles ou dangereux, mais il admet malgré cela l’altruisme individuel. Le Bon a dit aussi: la charité est un sentiment anti-social et nuisible. [...]"

    Suivi d'une critique.

    Septième édition revue (programmes de 1923) aux éditions Le Rider en 1927.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edouard Schuré - Ajout: E. S. [probablement Edouard Schuré], "Hans Richter et Richard Wagner. Quelques souvenirs personnels", in Le Guide Musical, n°10, 5 mars 1893, p. 115-116.

    Raconte qu'un jour chez Wagner, Nietzsche est venu avec ses propres compositions musicales. Il a joué au piano une ouverture à quatre mains avec Hans Richter. Wagner était furieux. Il s'est moqué de Nietzsche. Nietzsche n'a plus jamais parlé de ses compositions. (p. 116)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1892 - Ajout: Anonyme, {Revue des revues}, in Le Guide Musical, 6 mars 1892, p. 88-89.

    Compte-rendu de la traduction française: Le Cas Wagner. Commence: "Le Cas-Wagner de Fr. Nietzsche, un pamphlet antiwagnérien qui fit naguère, en 1888, un certain tapage en Allemagne, vient d'avoir les honneurs d'une traduction française. C'est l'excellente revue la Société nouvelle qui la publie. Etait-elle bien nécessaire? Peuh!"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1893 - Ajout: CARABAS, "L'actualité philosophique", in Le Soir (Bruxelles), 1er avril 1893, p. 1.

    Sur Nietzsche, son succès, la dangerosité de ses idées.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean-Paul Sartre - Ajout: Lire Jean-Paul Sartre, "Un nouveau mystique", in Cahiers du Sud, novembre 1943, p. 866-886.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: André Montagne
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Robert de Saint-Jean - Ajout: SAINT-JEAN Robert de, "En marge de Nietzsche", in Revue hebdomadaire, 44e, janvier 1935, p. 361-364. [L.V.]

    Commence: "On sait que les nationaux-socialistes ont passé une chemise brune à Nietzsche."

    Remarque que "vivant, le philosophe demeura inconnu des hommes d'action, et même de la plupart des intellectuels. Et le voici maintenant statue officielle. Trouverait-il la métamorphose à son goût et crierait-il aujourd'hui à la trahison, lui qui souffrait si vivement du silence de ses contemporains? C'est ce qu'il faudrait examiner d'un peu près..." (p. 361)

    Propose de répondre à la question "de l'actualité de Nietzsche et de la part de responsabilité qui incombe à l'auteur de Zarathoustra dans l'explosion nationale-socialiste." (p. 362)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Abel Hermant - Ajout: HERMANT Abel, "Le sous-homme", in Figaro, 18 février 1940, p. 1. [L.V.]

    Note: "On racontait en 1914 que tous les officiers allemands avaient dans leur cantine l'Ancien Testament et l'un des livres de Frédéric Nietzsche. La Bible n'a plus aucune vente en Allemagne: ils ont Mein Kampf. Les livres saints s'excluent. Quant à Nietzsche, je doute qu'il soit si populaire que cela dans les milices hitlériennes. J'imagine que les gens du parti bâilleraient en le lisant; mais je crois plutôt qu'ils ne le lisent pas. Il n'empêche que l'auteur d'Humain trop humain (quelle ironie!) personnifiait hier l'Allemand impérial et personnifierait aussi bien le naziste qui en procède. Mais il y a entre les deux la même différence qu'entre l'envers et l'endroit.

    Je me souviens de la peine que je faisais pendant l'autre guerre au pauvre Paul Souday, quand je lui soutenais que Nietzsche était le type même de l'Allemand impérial. Je dis «le pauvre Souday» parce qu'il est mort, comme Renan «le pauvre Flaubert» (lui a-t-on assez reproché cette épithète, que par malice on interprétait péjorativement !)

    Souday, qui craignait jusqu'à l'ombre du chauvinisme, me soupçonnait d'admirer moins l'auteur de Zarathustra depuis que les Allemands étaient à Noyon. Je n'ai point de sentiments si bas, et ce n'est pas, je pense, témoigner haine ou mépris à un poète philosophe que de déclarer qu'il est le représentant accompli de sa race. Il l'est encore, mais elle est devenue, sans changer de composition, la caricature d'elle-même.

    L'Allemagne, à son insu - car la conscience, en même temps que l'intellectualité s'éteint - est demeurée nietzschéenne en principe. Elle a la volonté de puissance. [...]"

     

    Article en partie reproduit dans L'Action française du 19 février 1940.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Maurras - Ajout: MAURRAS Charles, "La politique", in L'Action française, 30 mai 1940, p. 1-2. [L.V.]

    Contient: "III Distinctions de Nietzsche" (p. 1)

    Cite un article de Maurice Muret sur Edmond VermeilL'Allemagne (1940) et reproduit le passage sur Nietzsche. Note:

    "Le débat est laissé dans cette indétermination élégante. Ne pouvons-nous pas essayer de le résoudre pourtant? Quelque imbécile va crier que je veux soutenir une « thèse ». Non. Je cherche une solution. Est-ce impossible?

    Si l'on pose la question du germanisme comme il faut la poser [...], l'affaire se réduit, se concentre dans ce que nous avons appelé le Narcissisme allemand. [...]

    Ce Germanisme narcissiste, ce Germanisme courant, qui a été appelé un schisme de l'esprit humain est-il celui de Nietzsche ?

    Quiconque a ouvert les pages critiques de ce Germain lyrique sait bien que non. Il n'était pas fichtéen, il aspirait de toute la force de sa critique à la communion de l'esprit français, de l'esprit classique, de l'esprit gréco-latin, tel qu'il se les représentait. Certes, sa façon de comprendre nos maîtres, qu'il s'agît de Sainte-Beuve ou d'Aristote, de Platon, de Taine ou de Renan, était extrêmement éloignée d'être la nôtre. Assis sur les mêmes bancs que lui, nous le traitions de barbare à chaque mot prononcé par lui. Mais il ne voulait pas être barbare, lui, se faisant presque une règle et une loi de ne l'être point. Le pays plat de l'Europe n'était pas le sien. Il ne ménageait point à ses compatriotes les censures ni les brocards essentiels." (p. 1)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Maurice Muret - Ajout: MURET Maurice, "L'Allemagne ou l'occasion manquée", in Journal des Débats, 26 mai 1940, p. 3. [L.V.]

    A propos du livre d'Edmond Vermeil sur l'Allemagne (1940), défend Nietzsche.

    Note: "Dans sa recherche des sources du nazisme, M. Edmond Vermeil rencontre la philosophie de Nietzsche et dénonce en elle une offensive de grand style contre l'Occident. Combien cette thèse n'eût-elle pas révolté le premier éditeur français de Nietzsche, cet Henri Albert, qui ne se lassait pas, au contraire, de montrer le philosophe de Zarathoustra sous le jour d'un Occidental passionné, d'un irréductible ennemi de la vraie Kultur teutonne. Il est possible, au demeurant, que ce soit M. Vermeil qui ait raison, mais ne va-t-il pas un peu loin quand il attribue à Nietzsche la préfiguration de Hitler et de l'hitlérisme! «Ce qu'on entrevoit, écrit M. Vermeil, à travers le surhumanisme de Nietzsche, vrai triomphateur de ce demi-siècle antérieur à la guerre mondiale, c'est l'apologie de la vitalité allemande, surtout l'idée d'une société future que l'Allemagne construirait sur le principe du chef qui commande, de l'élite qui le soutient et des masses qui suivent». Je veux bien, mais quelle image différente de celle qu'offrent aujourd'hui la Croix gammée et le troisième Reich Nietzsche ne se formait-il pas de son Führer, de son élite et de ses masses?

    Jusqu'à quel point faisait-il fond sur l'Allemagne pour donner à l'Europe le spectacle d'une société idéale idéalement conduite? J'incline à croire qu'il n'attendrait rien d'idéal de ses compatriotes qu'il a toujours sévèrement jugés. Et ce serait la plus cruelle ironie du sort qu'on puisse imaginer que cette aristocratique philosophie du surhomme aboutissant à ce que nous voyons".

    Ce passage reproduit et commenté par Charles Maurras dans un article du 30 mai 1940 dans L'Action française.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1939 - Ajout: Anonyme, "Nietzsche et Hitler", {Notules}, in L'Ordre, 4 octobre 1939, p. 2. [L.V.]

    Extrait de Nietzsche, La généalogie de la morale, deuxième dissertation, §17.

    Suivi de cette remarque: "Et il y a des gens qui refusent au nazisme le droit de se réclamer de Nietzsche!"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Georges Duhamel - Ajout: DUHAMEL Georges, "Souvenirs d'un ancien ami de l'Allemagne", in L'Ordre, 7 février 1940, p. 4. [L.V.]

    Texte intégral d'une conférence prononcée à Conferencia.

    Il y avait Wagner, Schiller, Goethe, Heine...

    "Et c’est à cet instant précis que Friedrich Nietzsche apparut dans notre lumière. Il était mort en 1900. On venait de le traduire en français. Tous nos commentateurs entreprenaient de le labourer en long et en large. Il retentit à nos oreilles et, aussitôt, nous fûmes convaincus et conquis. Je ne crois pas m’aventurer en disant que, pour beaucoup de jeunes Français lettrés, vers les premières années du siècle, Nietzsche apportait une sonorité poétique dont nous avions grand désir et grand besoin.

    Est-ce à dire que nous manquions de poètes ? Oh ! que non pas ! La France ne laissait pas de se couvrir de gloire en ce domaine. Après Verlaine, Rimbaud, Mallarmé, s’élevait le chant de Claudel, dans la première fleur de son génie; mais Nietzsche, avec son tour apocalyptique et vaticinateur, fournissait comme une réplique intellectuelle à ce Wagner qu’il avait, justement, tant aimé et tant haï.

     

    Pour que le monde fût le monde, il fallait qu’un Nietzsche parût, et ce Nietzsche venait de paraître. Quand nous sortions du concert dominical, encore enivrés de la Septième Symphonie ou de Parsifal, nous tâtions, dans la poche de notre paletot, le gros volume jaune où étaient imprimées les pensées de Zarathoustra, et nous estimions, naturellement, que le peuple qui avait engendré de tels musiciens et de tels poètes était au petit nombre de ceux que l’on pouvait considérer comme les artisans de la civilisation véritable ; nous pensions que le peuple de Beethoven, de Wagner et de Nietzsche — pour ne citer que ces trois noms — avait le droit de faire la conquête pacifique du monde, cette conquête que tous les peuples producteurs de génie peuvent accomplir en même temps, sans absurde rivalité, sans conflits, sans massacres, sans larmes, sans canons et sans torpilles [...]".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Georges Duhamel
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Aurel - Ajout: AUREL, "Rêves de vacances et vacances de rêve. Aurel", in L'Ordre, 3 septembre 1936, p. 1-2. [L.V.]

    Enquête réalisée par Désiré Puel auprès de plusieurs personnalités: imaginer leurs vacances avec un être de jadis.

    Présentation de la réponse d'Aurel: "Ce n’est avec aucun des encyclopédistes qui fréquentaient le salon de de Lespinasse, ce n’est avec aucun produit de salon que Mme Aurel voudrait passer ses vacances. Mais avec le plus sauvage, le plus fuyant des hommes, avec le penseur le moins conventionnel...

    A moins que ce ne soit celui qui rechercha le plus l’originalité, quitte à n’avoir, de son temps, que quatre lecteurs... Nietzsche."

    Réponse d'Aurel sous la forme d'une lettre datée du 9 août 1936:

    "Cher « Ordre »,

    Avec quel poète de jadis je préférerais passer mes vacances, à la condition, bien entendu, qu’il ne m’oblige pas à écarter mon poète familier? Mais, avec Nietzsche. J’avais bien pensé à Musset. Mais il est trop uniquement sentimental, c’est-à-dire obnubilé par l’amour, et comme il était, d’autre part, un amant exécrable, il ne pouvait être un ami varié, aussi proche ni aussi riche à la conversation que Nietzsche. Puis, je préfère encore les poètes qui pensent aux poètes purs. Et dans les lettres à Lou Salomé, Nietzsche remue ses idées à lui, ce qui est faire de la femme le cas qu’il faut en faire. Trop de grands hommes tinrent à la femme le seul langage qu’ils crurent devoir lui convenir. Et là était un pédantisme comme il y en a un dans la façon dont Montherlant préjuge des jeunes filles avant d’en avoir une à élever, à conduire, à marier, j’entends avant d’en avoir une à lui à mener à son meilleur sort. Tout le reste est frivole de ce qui, pour un être jeune, ne fait pas le destin. Et surtout, c’est de l’à-côté.

    Mais Nietzsche, lui, faisait, changeait, renouvelait le destin de l’esprit. Et chacune de ses trouvailles, agressives comme tout ce qui crée, m’aurait conduite à la riposte féconde à opposer au « soi », au démon de la personnalité, en faveur du « nous ». Car sans le sentiment fortifié du nous, je voudrais bien savoir comment on rassérénera ce pauvre monde.

    Nietzsche n’est que la riposte à Jésus. Nietzsche fut entièrement fécondé par Jésus. Il n’est donc en esprit que la femelle de Jésus. Mais quand il dit : « Soyez durs », c’est pour ceux qui, comme lui et nous, sont trop sensibles aux autres. Alfred Mortier l’a marqué dans son Faust. Parlant à Nietzsche tout un été, j’aurais donc orienté ainsi ma riposte: Soyez durs ? Oui. Mais, il y a un mais, après la mort des Doux on n’aime qu’eux. Et pendant la vie même, on ne revient qu’à eux, comme au port, à l’abri.

     

    Les durs font tout plier, c’est entendu, pendant la vie. On leur cède par peur du conflit, du bruit, de l’éclat, de la scène. Après leur mort, on les maudit, on les vomit, comme on a vomi Louis XIV parce qu’il était dur et Louis XVI parce qu’il était faible. Pour être moins intempestifs, que les doux se fassent croire assez terribles à l’occasion pour n’avoir pas à l’être. Et j’aurais cherché avec Nietzsche les rudiments de l’art de conduire, sans y perdre le prestige, la nation, les moyens de créer, ni les cœurs, ni notre rang dans la mémoire des hommes." (p. 2)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Maurice Muret - Ajout: MURET MauriceGrandeur des élites, Paris, A. Michel, 1939. [L.V.]

    Considère que les "détenteurs attitrés de la civilisation" sont menacés par la "marée montante des masses".

    Dans l'avant-propos, s'appuie sur Nietzsche pour alerter et pour défendre une civilisation aristocratique. (p. 7-39).

     

    Conclut cet avant-propos: "Le temps où nous vivons suspecte les élites et tend à les remplacer, une fois pour toutes, par les masses mieux éduquées. A remémorer les exploits des élites, à rafraîchir l'éclat qu'elles jetèrent sur des périodes favorisées de l'histoire, j'ose espérer que le lecteur goûtera quelque plaisir et comprendra qu'il est du devoir de l'humanité de persister dans cette voie". (p. 39)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Désiré Puel - Ajout: PUEL Désiré, "«Ceux qui durent». II. Le Mercure de France", in L'Ordre, 3 février 1934, p. 1-2. [L.V.]

    Réflexions sur le Mercure de France et le succès des auteurs.

    Note pour Nietzsche: "Deux écrivains se vendent plus que de leur vivant : Léon Bloy (principalement la Femme Pauvre et le Désespéré) et Nietzsche.

    Bien que nous ne nous occupions pas des auteurs étrangers dans cette enquête, ne faudrait-il pas noter combien ce fait est significatif pour Nietzsche ?

    Car c’est une bien curieuse destinée que celle de la pensée du philosophe...

    En 1871, Nietzsche condamnait la puissance matérielle de l’Empire allemand au nom de l’intellectualisme transcendant. « II a honni la fixation des destinées allemandes sous la férule bismarckienne, au nom d'une ambition supérieure pour ses compatriotes. Il espérait d’eux davantage...»

    En 1887, Nietzsche tirait la quatrième partie de son Zarathoustra à quarante exemplaires et ne trouvait « dans le monde que sept personnes à qui l’envoyer, sept amis, et quels amis ! — qui ne répondaient même pas ».

    Ensuite, un long moment, Nietzsche est happé silencieusement par les littérateurs auxquels il donne toutes sortes d’envies et le besoin effroyable de l’évasion II engendre Gide, notamment...

    Entre temps, les socialistes l’accaparent : Jaurès, Palante, Andler. Et après eux, on fait encore de Nietzsche un « bon Européen »...

    Mais voici Hitler. Et l’on peut voir que Nietzsche est la source mystique du mouvement hitlérien, comme l’étudiait J. Godefroy-Demombynes, dans le Mercure de France : « Tout est vain qui ne sert pas à l’action » et « il faut vivre dangereusement », disait le philosophe. « Les valeurs de courage et de virilité, le goût du risque et de l’audace sont au premier plan de la vie morale de l’Allemagne actuelle . « Douter de soi est un symptôme de pourriture », disait Nietzsche. La confiance en soi, l’énergie, la vitalité, se retrouvent au premier degré chez les partisans de Hitler...

    La pensée de Nietzsche ! Sept amis ne voulurent pas la comprendre. Elle déchaîne une nation. Telle est sa destinée.

    L’intelligence, à la cime, frissonne..." (p. 2)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Désiré Puel
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Louis Dumont-Wilden - Ajout: DUMONT-WILDEN Louis, "Nietzsche à la brasserie. Hitler se prend pour Zarathoustra", in L'Ordre, 13 juillet 1933, p. 1 et 3. [L.V.]

    Se souvient: "Nietzsche ! ce fut un des enchanteurs de ma jeunesse. Avec Renan et Barrés, il a dominé toute la vie spirituelle de mes vingt ans.

    Bizarre assemblage, dira-t-on. Pas tant que cela. Nous étions d’une génération, n’est-ce pas ? mon cher Emile Buré, qui mettait au-dessus de tout la liberté de l’esprit. Notre idéal, c’était une sorte d’anarchie intellectuelle à laquelle nous aurions volontiers sacrifié l’ordre social. Renan, dernier aboutissement de l’esprit critique, était le maître des maîtres, Barrès continuait Renan pour finir par le nier; Barrès fut le premier des repentis, le premier qui comprit et qui nous enseigna que cette chère liberté d'esprit n'est possible que dans l'ordre, dans l'ordre infiniment souple de la tradition française.

    Mais Nietzsche, dans ce dilettantisme un peu décevant, apportait l'éclat de ses rudes affirmations. Philosophe incohérent, dédaigneux de la métaphysique où il se sentait inférieur, mais magnifique poète, il agissait sur les intelligence des années 1900 à la manière d’un tonique; ce fut un merveilleux animateur. Transmutation de toutes les valeurs, morale des maîtres  devenus durs», «sachons dépasser la pitié», «considérons le monde par delà le bien et le mal» et dans le sillage de Zarathoustra «préparons le surhumain»: nous sommes-nous assez grisés de ces phrases et de toutes les perles que l’on pouvait recueillir dans le fatras de ces quelque dix volumes d’aphorismes adamantins ? Seulement, en bons Français à qui des siècles de civilisation ont donné le sens, du relatif, nous savions bien au fond de nous-mêmes que cet idéal devait toujours être maintenu dans la « catégorie de l’idéal ». Nous sommes immunisés contre ce qu’il peut y avoir de poison dans le jeux des idées. « Devenons durs, répudions la pitié comme un sentiment indigne d’un homme libre » ! Propos de table que tout cela ! Quand il s’agira d’agir, nous ne pourrons nous empêcher de nous souvenir que nous sommes encore loin du « surhomme », mais que nous sommes des hommes, et le moins croyant d’entre nous obéira aux prescriptions inconscientes d’un atavisme chrétien. Les Allemands, eux, sont des gens qui prennent tout au sérieux et sur lesquels certaines idées, quand elles cessent d’être la propriété de certaines élites, agissent comme des poisons. [...]" (p. 1)

    Nietzsche aurait désavoué ses disciples nazis.

    Au sujet de la querelle entre Léon Daudet (Nietzsche précurseur du nazisme) et Anton Kuh, donne raison à Anton Kuh: "Oui, Nietzsche est innocent de cette plate imitation. Mais on ne s’en sert pas moins de son nom sonore.

    Quelle ironie ! ce bréviaire d’individualisme aristocratique qu’est l’œuvre du poète de Sils Maria servant de ferment d'«idéologie» à la plus basse et à la plus brutale des démagogies". (p. 3.)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Claude Barjac - Ajout: BARJAC Claude, "Nietzsche en Suisse. Sur le chemin de la grandeur. “Je frémis en pressentant quels intrus, quels êtres totalement impropres se réclameront un jour de mon autorité”", in L'Ordre, 27 octobre 1934, p. 1. [L.V.]

    "L’Allemagne officielle vient de célébrer le 90e anniversaire de la naissance de Nietzsche. Une couronne a été déposée sur sa tombe, au cimetière de Rœcken, près de Leipzig, village où il naquit, et où son père fut pasteur. M. Rosenberg a rendu visite à Mme Fœrster-Nietzsche, la sœur du philosophe, gardienne attentive du Nietzsche-Archiv, à Weimar. Quelques jours auparavant, le Führer lui-même était allé la saluer. Ainsi se renforce encore la tendance des dirigeants du IIIe Reich à accaparer la mémoire de Nietzsche : ils en font un de leurs prophètes, et lui empruntent constamment des maximes, des aphorismes à l’appui de leurs doctrines.

     L'article de notre collaborateur Claude Barjac vient remettre cette prétention à son juste point. [...]". Cet article est à nouveau publié le 25 octobre 1939.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Pseudonymes - Ajout: Claude Barjac alias Jacques Bompard
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Pierre LOEWEL
  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1911-1912 - Ajout: M. Soulas, Nietzsche moraliste. Conférence prononcée après l'assemblée générale de l'Association des anciennes élèves du lycée, le jeudi 29 juin 1911, au lycée de jeunes filles. D'après l'annonce publiée dans le Républicain du Gard du 28 juin 1911.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Oscar Levy - Ajout: Lire: Steffen Dietzsch, Gert Theile (Hg.), Oscar Levy, Elisabeth Förster-Nietzsche Briefwechsel 1904–1937, 2. Auflage, Schwabe Verlag, 2025.
  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1937-1938 - Ajout à propos de la conférence de Jean-Edouard Spenlé à Nice début mars 1937: Le Temps du 7 mars publie une lettre rectificative que Jean-Edouard Spenlé demande de publier: "Vous avez bien voulu, à la 3e page de votre numéro du 5 mars, publier une petite note sur « Nietzsche commémoré à Nice », où votre correspondant me prête, sous forme de citation, un certain nombre de propos que je n'ai pas tenus. Je n'ai jamais dit qu'à Nice Nietzsche avait «d'abord appris à aimer Montaigne, Pascal, Stendhal ou même Mistral ». Encore moins entrait-il dans mon dessein de montrer que « Nietzsche était un philosophe d'essence française » et que « tout dans son œuvre portait le cachet de l'esprit français ». Il y a là une exagération manifeste de certaines « influences » françaises que j'ai analysées au cours de mon exposé. Tout au contraire, je me suis attaché à dégager la synthèse originale que cette philosophie semble réaliser entre un certain « humanisme méditerranéen » et un certain « culte nordique de l'héroïsme et de la race », et il m'a semble que ce « bon Européen,» était tout particulièrement appelé à jouer le rôle de médiateur spirituel entre une certaine conception allemande de l'éducation et notre conception française des humanités".

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE  - Ajout: Louis Lavelle, agrégé de philosophie
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1938 - Ajout: Anonyme, "Nietzsche contre la guerre et l'antisémitisme", {Correspondance}, in Le Temps, 7 août 1938, p. 4. [L.V.]

    Reproduction d'une lettre (signée H. C. S.) adressée au journal. Contient des extraits des œuvres et des lettres de Nietzsche qui témoignent qu'il était contre la guerre, contre l'antisémitisme, pour les Juifs. Avec des passage du livre (Der einsame Nietzsche) d'Elisabeth Förster- NietzscheMarius-Paulin Nicolas réagit à cette lettre en signalant la publication de son livre: De Nietzsche à Hitler. (voir {Correspondance}, in Le Temps du 14 août 1938)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Emile Henriot - Ajout: HENRIOT Emile, "Le philosophe à l'Opéra", in Le Temps, 14 novembre 1938, p. 1. [L.V.]

    A propos d'une exposition sur Bizet. Une vitrine est "consacrée au plus illustre et au plus scandaleux admirateur du musicien, au philosophe Nietzsche" qui "saisit Georges Bizet par le pied et s'en fit une fronde pour tuer le géant Wagner". Détaille les pièces exposées, l'histoire des relations Nietzsche-Wagner. Se souvient qu'au "temps des enthousiasmes juvéniles", wagnérien, la "querelle" l'excitait beaucoup.

    Raconte: "Au sortir de l'exposition de l'Opéra, il m'a donc fallu rouvrir Nietzsche, et ses lettres, et le Cas Wagner, autrefois traduit par Daniel Halévy et Robert Dreyfus... J'avoue ma surprise et ma déception - qui d'ailleurs ne diminuent en rien Carmen, ni Wagner, non plus que Nietzsche. Mais enfin, dans le pamphlet de celui-ci, je croyais retrouver des raisons; je n'y vois plus que de la polémique. C'est-à-dire, comme presque toujours, rien du tout".

    Reconnaît pourtant: "Et c'est vrai que Wagner opprime, et que dès cinq heures de Parsifal ou de Tristan on sort l'esprit tout à fait à plat et physiquement anéanti. François Mauriac a justement pu dire que, pour lui, se livrer à Wagner, qu'il aime, c'est avaler «une gorgée de poison». - Mauriac, d'accord avec Nietzsche, contre le corrupteur, le déviriliseur Wagner? Le catholique allié de l'antichrétien, sur ce plan?"

    Pose la question: "Et Carmen, là dedans? - Je crains que ce chef-d'œuvre n'ait été, pour Nietzsche, au fort du combat, qu'une pierre sous la main: un argument facile d'opposition pour contrebattre l'adversaire. Wagner est le romantique du Nord, l'homme des brumes, le mystique; Bizet sera le classique du Midi, le Méditerranéen, l'homme des cieux ensoleillés, le vivant réaliste et fort, le peintre sans mensonge de la passion fataliste, le serviteur solide et bien portant du vrai... C'est très possible, et même, en fait, c'est exact".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edouard Schuré - Ajout: Article repris sous le titre "Nietzsche à Bayreuth" dans le supplément littéraire de L'Indépendance belge du 8 septembre 1895.
  • TRACES ORALES/QUELQUES COURS, COMMUNICATIONS... après 1950 - Ajout: Nietzsche et le monde moderne. Par Gustave Thibon, le 11 janvier 1954 à 21h, 184 boulevard Saint-Germain (annonce)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Pierre Devaux - Ajout: DEVAUX Pierre, "Vivrons-nous un « retour éternel » ?", Les Nouveaux temps, 12 novembre 1940, p. 3. [L.V.]

    Discute la théorie de Nietzsche, évoque Abel Rey, puis présente les avancées scientifiques à ce sujet.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Pierre Devaux (1897-1969). Journaliste français
  • TRACES ORALES/QUELQUES COURS, COMMUNICATIONS... après 1950 - Ajout: Frédéric Nietzsche. Emission de variété littéraire de R. Djian, sur Radio-Algérie, le 25 août 1950, à 20h30. (programme)
  • TRACES ORALES/QUELQUES COURS, COMMUNICATIONS... après 1950 - Ajout: F. Nietzsche. Emission littéraire d'Alain Roger, le lundi 2 juillet 1951, Radio-Algérie. (résumé)
  • TRACES INEDITES - Ajout: Lettres à Jean Paulhan. Le site Hyper Paulhan contient 8 lettres adressées à Jean Paulhan qui mentionnent Nietzsche.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/François Mauriac - Ajout: MAURIAC François, "Lectures d'été", in Le Temps, 31 juillet 1934, p. 1. [L.V.]

    Aveu: "Dans son beau livre sur Nietzsche, M. Thierry Maulnier nous rappelle ce mot magnifique de son héros, et pour lequel je donnerais tous les Arts poétiques: «En l'homme, il y a la matière, le fragment, l'excès, l'argile, la boue, la folie, le chaos; mais en l'homme, il y a aussi le créateur, le sculpteur, la dureté du marteau et la contemplation divine du septième jour»."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/François Mauriac - Ajout: MAURIAC François, "Ô femme, qui donc es-tu?", in Conferencia, n°15, 20 juillet 1931, p. 105-115. [L.V.]

    Conférence à propos de l'éducation des filles, prononcée le 6 février 1931.

    Commence par reconnaître: "Lorsqu'on m'a demandé d'exposer mes idées sur l'éducation des filles, je me suis aperçu qu'il ne m'était pas arrivé, dans toute ma vie, de consacrer une heure à réfléchir sur ce grave sujet". (p. 105)

    Admet: "Tout le problème de l'éducation tient dans la question que posait Nietzsche, sur un plan tout autre, d'ailleurs: «L'ennoblissement est- possible?» Mais, pour Nietzsche, nul ne pouvait recevoir cet ennoblissement que de soi- même. Nos fils et nos filles ne sont-ils pas assez nous-mêmes pour le recevoir de nous?" (p. 113)

    Au fond: "Suis-je, en définitive, aussi ennemi que me l'ont fait dire certains journalistes de l'instruction chez les filles? Il y a, sur ce point, un malentendu. Ce qui a toujours irrité, dans ce qu'il est convenu d'appeler le «bas bleu», la femme savante, c'est le côté intéressé de sa science, Chez beaucoup de femmes, il y a une tendance à considérer toute acquisition intellectuelle comme une chose à étaler, comme une chose qui la fait valoir. C'est un prolongement de sa coquetterie inguérissable. Etre au courant, être à la page, cela signifie utiliser bassement ce qu'il y a de plus beau au monde, en dehors de la sainteté, pour briller et pour se pousser. Beaucoup de femmes sont moins cultivées qu'elles ne sont barbouillées de culture; elles se fardent, elles se poudrent de littérature et de philosophie. Et, pourtant, si nous goûtons le charme d'une femme qui a lu Spinoza, qui a subi l'influence de Nietzsche, ce peut bien être à cause de l'enrichissement qu'elle doit à la fréquentation de ces grands esprits, mais c'est aussi parce qu'elle ne nous en parle jamais. Ces débats intellectuels, qui sont le plus beau plaisir de la camaraderie et de l'amitié masculine, sont toujours insupportables avec une femme parce que le secret que nous attendons d'elle est d'un autre ordre, La plus érudite n'a rien à nous apprendre, si elle n'oublie d'abord ce qu'elle sait pour nous initier à ce qu'elle éprouve, à ce qu'elle devine, à ce qu'elle ressent, à ce qu'elle pressent". (p. 114) Evidemment!

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/François Mauriac - Ajout: Voir le site Mauriac en ligne
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/François Mauriac - Ajout: MAURIAC François, "Le responsabilité du romancier", in Revue hebdomadaire, n°22, 2 juin 1928, p. 5-26. [L.V.]

    Conclut en appelant les romanciers à l'humilité. Ils feraient "mieux de se répéter, tous les jours au réveil, et tous les soirs avant de s'endormir, le mot de Pascal: « Que de royaumes nous ignorent! » Oui, que de royaumes nous ignorent! Pour un Rousseau, pour un Nietzsche, pout un Gide qui peuvent se vanter d'avoir causé quelques ravages, la plupart des gens de lettres ne troublent guère l'ordre du monde. Il n'est pas donné à beaucoup, Dieu merci! d'être un fléau; et la gloire littéraire est la plus vaine des fumées". (p. 26)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Julien Benda - Ajout de précisions et d'un lien vers BENDA Julien, Belphégor. Essai sur l'esthétique de la présente société française, Paris, E. Paul, 1918.

    L'avertissement daté de novembre 1918 précise que la plus grande partie de l'ouvrage a été écrite avant l'année 1914.

    Dénonce le goût du lyrisme moraliste, le romantisme et l'exaltation du Moi... aux dépens de la raison et de l'intelligence.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Otto Ammon - Ajout: AMMON O.L'Ordre social et ses bases naturelles, esquisse d'une anthroposociologie, traduit sur la 2e édition allemande par H. Muffang, professeur agrégé au lycée de Saint-Brieuc, Paris, Albert Fontemoing, 1900.

    Traduction française de Die Gesellschaftsordnung und ihre natürlichen Grundlagen. Entwurf einer Sozial-Anthropologie zum Gebrauch für alle Gebildeten, die sich mit sozialen Fragen befassen, Gustav Fischer, Iéna, 1895.

    Souligne le génie de Nietzsche.

    Prévient: "Le principal résultat de ma critique en résumé consiste en ceci, que les gens intelligents me semblent être bien placés en haut, et les inintelligents en bas, et que le monde ne sera pas amélioré parce qu’on visera à renverser cet ordre naturel, et à mettre en haut ce qui doit être en bas, et réciproquement." (p. 70)

    Précise: "[...] notre critique s’adresse à une philosophie qui, comme celle de Nietzsche, voit dans l’homme supérieurement doué le seul vrai homme et dans les masses un troupeau de bétail exclusivement créé pour l'esclavage. L’inégalité sociale, d’après Nietzsche, doit servir à fortifier dans les classes supérieures le sentiment de leur valeur. Cette philosophie de la dureté de cœur me semble bien propre à transformer en décadents incapables d’initiative les éléments intellectuels d’une nation.

    Tout ce qu’il y a de bon dans la théorie de Nietzsche, ce qui lui a procuré des adhérents dans des cercles étendus, c’est qu’en face delà divinisation sentimentale des masses, aujourd’hui à la mode, il a cherché à restaurer dans leurs droits l’individualité et l'intelligence. Toutefois, en cela, Nietzsche a de beaucoup dépassé le but. Il est significatif que, dans un de ses ouvrages, il se déclare anti-darwinien. C’est qu’il ne connaît pas suffisamment le darwinisme, autrement il ne s’en considérerait pas comme l’adversaire, alors que, dans beaucoup de passages, il se tient précisément sur le terrain darwiniste. S’il avait étudié à fond le darwinisme, il ne l'aurait vraisemblablement pas jugé de façon si exclusive. Il est infiniment fâcheux qu’un cerveau si brillamment doué n’ait pas reçu une culture plus compréhensive; car la discipline philologique et philosophique, dont Nietzsche est un brillant produit, ne suffit plus quand on veut porter un jugement sur les problèmes sociaux d’aujourd’hui. (p. 71)

    Soutient que "Gobineau, Nietzsche et maint autre, par ignorance adversaires prétendus du darwinisme, sont eux-mêmes, sans le savoir, des darwinistes!

     

    A ce propos, je rendrai volontiers à Nietzsche cette justice, qu’il avait parfaitement conscience de l’importance de la race pour la civilisation, et ce qui prouve son génie, c’est qu’il est arrivé à cette notion en restant sur le terrain philologique et historique, et en ne connaissant que des bribes de l’anthropologie, encore à ses débuts. Il s’est trompé dans [...]". (p. 234)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Otto Georg Ammon
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Henri De Man - Ajout d'un lien vers MAN Henri deL'idée socialiste, Paris, Grasset, 1935.

    Collection "Les écrits" dirigée par Jean Guéhenno. Traduction par H. Corbin et A. Kojevnikov de Die sozialistische Idee (1933).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Nicolas Berdiaeff - Ajout: BERDIAEFF NicolasConstantin Leontieff. Un penseur religieux du dix-neuvième siècle, traduit du russe par Hélène Iswolsky, Paris, Desclée de Brouwer et Cie, 1937. [L.V.]

    Nouvelle édition avec une présentation de Jutta Scherrer, Paris, Berg international, 1993.

    Première édition russe en 1926.

    Présente Constantin Leontieff comme un précurseur de Nietzsche.

 

 

OCTOBRE 2025

  • TRACES ORALES/QUELQUES COURS, COMMUNICATIONS... APRES 1940 - Ajout: Lundi 26 novembre 1945 à 20h30 à l'ancienne Faculté des lettres: I. - Henri Lefebvre: La Pensée Moderne. II. - Nietzsche: Le Surhumain et la Religion des Religions (Textes lus par Mme Ricard et M. Marcan). L'exposé sera suivi d'une discussion. (annonce dans La Démocratie du 26 novembre 1945)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1915 - Ajout: THEOPHRASTE, "Les caractères français ou les mœurs de cette guerre. IV. - Des femmes", in La Vie parisienne, 18 septembre 1915, p. 678-680.

    Se moque, dénonce, accuse l'attitude de femmes: "Ce que maintes femmes se rappelleront uniquement de cette année-ci, c’est qu'elles ont pu se déguiser en petites filles, et par là plaire aux hommes trop jeunes ou trop vieux que la Patrie n’appelle pas encore ou n’appelle plus. Pour nous et pour l’histoire, c’est l’année de la guerre; pour elles, l’année des jupes courtes." (p. 680)

    Accable particulièrement: "Il est inconcevable que BRUNEHAUT ait disparu le jour même que la guerre fut déclarée. Elle allait enfin se trouver dans son élément. Elle est la fée des catastrophes. Elle en attendait une à sa mesure depuis plus de quarante ans qu’elle a l’âge de raison: pourquoi donc a-t-elle manqué l’occasion de celle-ci? Elle est une walkyrie ou une amazone, qui ne se peut plaire que parmi les combats; certains même lui reprochent un courage trop viril.

    [...] Elle craint peut-être aussi de s’être compromise par les petites privautés qu’elle affectait naguère de prendre avec les génies allemands: le fait est qu’elle n’appelait point Nietzsche autrement que Frédéric, même en société, ni Schopenhauer autrement qu’Arthur." (p. 680). Poursuit encore dans la suite le 2 octobre 1915.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Reboux - Ajouts de précisions biographiques et REBOUX Paul, "Rikette aux Enfers", in La Vie parisienne, 4 avril 1914, p. 237-240.

    Cosigné avec Charles Muller. Noté: à suivre.

    Moquerie habituelle des femmes qui "prétendent" avoir lu Nietzsche.

  • TRACES ORALES/QUELQUES COURS,COMMUNICATIONS... APRES 1950 - Ajout: Nietzsche au programme du Concours général de philosophie 1952. Discours d'André Maurois, président de l'Association des lauréat du concours général, au Banquet de l'Association le 24 juin 1953, à la Maison des Polytechniciens.

    "[...] En philosophie le thème fut une pensée de Nietzsche, belle, obscure et pathétique. « Ce n'est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou. » Il n’y a pas eu de premier prix, mais deux seconds prix ex-aequo qui sont allés encore à deux jeunes filles: Mlle AUMEUNIER, du lycée de Saint-Germain, et Mlle AUDIN, du lycée de Maubeuge. Nous aurons beau nous dire, pour nous consoler, nous les mâles de l’espèce, que peut-être les femmes sont-elles plus précoces, mais que plus tard, dans la vie, les hommes passent en tête du peloton. Il n’en reste pas moins vrai que le Concours de 1952 fut un triomphe féminin, triomphe total et modeste.

    Et il faut avouer que les deux jeunes philosophes dont j’ai lu les copies ont toutes deux des cultures solides et des lectures étendues. Il est intéressant, pour un homme de ma génération, de noter, dans leur système de références, celles qui nous sont communes et celles qui, au contraire, sont d’époque et de mode. On voit alors que Socrate, Platon, Descartes gardent leur place, mais que d’autres noms surgissent qui ont pris grande autorité: Kierkegaard, Sartre, Simone Weil. Le surréalisme, l’existentialisme, le marxisme sont des doctrines que ces deux jeunes filles connaissent parfaitement et sur lesquelles on devine qu’elles ont médité. Cela est neuf.

    Mlle AUMEUNIER a composé sa dissertation de manière ingénieuse. C’est un dilemme. Ou l’homme est fait pour connaître la vérité, ou il ne l’est pas. Elle commence par écarter la première hypothèse, c’est-à-dire Socrate. Mais si l’homme n’est pas fait pour la vérité, cette vérité, quand il la rencontre, ne peut lui paraître qu'absurde. Ici elle retrouve Pascal: Credo quia absurdum. L’homme que son intelligence a jeté dans le vertige du doute ne peut échapper à la folie que par la foi. On aurait le droit de discuter et je le ferais volontiers, mais ce fut un tour de passe-passe fort bien fait.

    Mlle AUDIN, elle, oppose les certitudes froides de l’intelligence aux certitudes passion nées des mystiques. « La folie et la terreur, dit-elle, planent au-dessus des élus comme des réprouvés », au-dessus de ceux qui sont certains comme de ceux qui doutent. Est-ce une raison pour ne pas accepter le risque de la connaissance? Nietzsche lui-même est devenu fou? Qu’importe? S’il n’y a de grandeur dans l’homme que par cette mort de l’espoir, pourquoi ne pas aller jusqu’au sacrifice total? Pourquoi ne pas accepter la folie dans une certitude glaciale et pure? Mlle Audin est une brillante nihiliste. [...]" (Bulletin de l'Association des lauréats du concours général, 1954)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edmond de Goncourt - Ajout: GONCOURT Edmond de, Journal. Mémoires de la vie littéraires, 1891-1896, volume 4, Paris, Fasquelle et Flammarion, 1956. [L.V.]

    A titre indicatif, je signale cette édition qui contient deux passages sur Nietzsche en 1892 et 1894, même s'ils ne figuraient pas dans les versions antérieures expurgées (édition de 1887-1896 et édition de 1935-1936).

10 avril 1892

"[...]

Puis il [Daudet] nous peint des intérieurs parisiens étranges, comme l'intérieur où la femme dit: « Pardon, avant de sortir, j’ai encore une heure de traduction de Nietzsche », le philosophe allemand de la dernière heure.

[...]" (Edition 1956, p. 228)

j'ai encore une heure de traduction de Netche
j'ai encore une heure de traduction de Netche

Jeudi 11 octobre 1894

"[...] Là-dessus, Jeanne la [Henriette de Bonnières] déclare insupportable et nous la peint, à ses jours, parlant tout le temps de ses traductions de Nietzsche et de ses levers dès patron-minette pour l’étude de toutes les langues qu'elle prétend parler.

Au fond, cette petite de Bonnières n'est qu'une perruche bruyante et jacassante, qui répète les mots allemands que lui a appris Wyzewa.

[...]" (Edition 1956, p. 644)

parlant tout le temps de ses traductions de Netsche
parlant tout le temps de ses traductions de Netsche

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Edmond de Goncourt. Ecrivain français, frère de Jules Huot de Goncourt (1830-1870).
  • Les deux frères sont connus pour leur journal intime: Journal, Mémoires de la vie littéraire, commencé en 1851 qu'Edmond de Goncourt poursuit seul après la mort de son frère.

    De 1884 à 1888, Nietzsche évoque à de nombreuses reprises les frères et leur Journal, comme ici, par exemple, dans une lettres à Peter Gast du 10 novembre 1887:

    Der 2.te Band des „Journal des Goncourt“ ist erschienen: die interessanteste Novität. Er betrifft die Jahre 1862—65; in ihm sind die berühmten dîners chez Magny auf das Handgreiflichste beschrieben, jene Diners, welche zwei Mal monatlich die damalige geistreichste und skeptischste Bande der Pariser Geister zusammenbrachten (Sainte-Beuve, Flaubert, Th<éophile> Gautier, Taine, Rénan, les Goncourts, Schérer, Gavarni, gelegentlich Turgenjew usw). Exasperirter Pessimismus, Cynismus, Nihilismus, mit viel Ausgelassenheit und gutem Humor abwechselnd; ich selbst gehörte gar nicht übel hinein — ich kenne diese Herrn auswendig, so sehr daß ich sie eigentlich bereits satt habe. Man muß radikaler sein: im Grunde fehlt es bei Allen an der Hauptsache — „la force“. (Nietzsche Source)

  • TRADUCTIONS/Ordre des traductions - Ajout: En même temps [1896], la traduction de Nietzsche, La Gaya Scienza, est annoncée en préparation, en collaboration avec Jean de Tinan.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Mauclair - Ajout: MAUCLAIR CamilleServitude et grandeur littéraires, Paris, Ollendorff, 1922. [L.V.]

    Raconte que jeune artiste, il détestait le couple Henriette et Robert de Bonnières qui tenait salon:

    "[...] je me souviens par exemple d'avoir éprouvé une haine féroce pour le couple Bonnières, qu’on voyait partout. Robert de Bonnières était un cercleux d’aspect rogue, qui regardait chacun en louchant, ne disant que des méchancetés, et publiait des piles de romans illisibles. Madame de Bonnières était une femme livide, serpentine et incroyablement maigre, avec des cheveux blonds moussant sur une petite tête en ivoire. Elle susurrait des propos aigre-doux et un jour je l’entendis déclarer d’un air supérieur: « Je traduis Nietzsche, ma chère. C’est un philosophe dont le génie va tout bouleverser ». Il y eut une rumeur d’admiration et quelqu’un se hasarda: « Ah! vraiment! Et quelle est sa théorie? » — Je ne peux rien vous en dire, sinon ceci: « il nie le phénomène ! » Cette femme étonnante et son mari, ruinés, disparurent plus tard du monde où ils avaient brillé, et périrent tragiquement. Je me juge aujourd’hui bien puéril de les avoir détestés. Mais je ne suis pas encore parvenu à comprendre ce que cette personne voulait dire, si vraiment elle avait entrepris de traduire Nietzsche alors inconnu. Peut-être voulait-elle parler du noumène Kantien? Quand j’ai étudié Nietzsche, je n’ai jamais pu imaginer sans fou rire quelle joyeuse traduction nous en eût été donnée là: et le « il nie le phénomène », qui avait failli me faire choir de stupeur, est resté pour moi l’emblème des amateurs intrus dans les lettres." (p. 93)

    Evoque ses "jeunes éblouissements" devant Wagner: "[...]quels délires n’ont pas été nôtres! Je les ai retracés en d'autres livres. Mais Wagner les suscitait plus que Beethoven lui-même, et il ne fallait pas toucher à notre dieu. Je me souviens de la rage qui nous saisit lorsqu'après les premières traductions de Nietzsche, qui nous avaient intéressés et même passionnés, nous vîmes surgir celle du Cas Wagner, et ses invectives. Ce n’était pas la rébellion de l’esprit contre une doctrine: c'était la brûlure de l’offense à une créature adorée. Wagner a été pour nous mieux qu’une passion, une religion". (p. 225)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Valbert -Victor Cherbuliez - Ajout: Lire Ernest Tissot, "M. Victor Cherbuliez et l'Allemagne. Conversations et souvenirs", in Revue chrétienne, 1898: "Je suis assuré qu'il tient M. Gabriele d'Annunzio pour un écrivain médiocre, dont la vogue passera. On sait qu'il n'a jamais eu d'admiration pour le pauvre et cher Henri-Frédéric Amiel. Et vous pouvez être certain que Nietsche, deviendra, un jour, s'il ne l'est devenu déjà, sa bête noire, l'incarnation XIXe siècle du monstre de l'Apocalypse.

    Cependant, il ne faut pas oublier qu'à ses débuts, M. Victor Cherbuliez fut aussi un novateur, un terrible briseur d'images" (p. 421)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Souday - Ajout: SOUDAY Paul, "La tranchée de l'idée", in Le Temps, 24 juillet 1916, p. 1.

    A propos du livre de PeladanL'Allemagne devant l'humanité et le devoir des civilisés.

    Conclut: "M. Peladan accuse les kantistes de trahison. Mais il repousse avec mépris cet outrage lorsqu'il est adressé aux wagnériens. Il se moque cruellement d'un abbé qui a découvert du bochisme dans Parsifal. «Ce n'est point, dit-il, une louable entreprise de renier l'admiration légitime: les quatuors et les symphonies de Beethoven et les opéras de Wagner restent, après l'invasion, ce qu'ils étaient avant, des merveilles. »

     

    Soit! Mais Leibnitz, Lessing, Kant, Hegel, Schopenhauer, Nietzsche restent, eux aussi, ce qu'ils étaient hier, c'est-à-dire des esprits supérieurs dont on peut discuter les théories, mais non contester les mérites. Pourquoi cette indulgence pour les musiciens et cette sévérité pour des philosophes également remarquables et pareillement innocents ? L'ancien sar ne s'obstine-t-il pas à faire cas aussi d'Holbein et de Durer, de Gœthe et d'Henri Heine? Il avoue donc que si l'Allemagne actuelle est tout entière haïssable, il y a eu jadis dans la vieille Allemagne quelques bons éléments, dont l'influence a été malheureusement insuffisante. D'où viennent ces différences dans les jugements de M. Peladan? Ne serait-ce pas tout bonnement qu'il s'entend mieux a la musique qu'à la philosophie?"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jacques Mesnil-Georges Dwelshauvers - Ajout: MESNIL Jacques, "Un nouveau livre d'Henriette Roland Holst. Communisme et morale", in la Révolution prolétarienne, n°11, novembre 1925, p. 13-15. [L.V.]

    A propos d'un nouveau livre de l'autrice et militante communiste néerlandaise Henriette Roland Holst (1869-1952), Communisme en moraal.

    Commence: "Un fait qui frappe tout observateur intelligent c'est la stérilité actuelle du P. C. au point de vue du développement des idées marxistes, bien que ses dirigeants se vantent toujours d'être les seuls vrais représentants de la pensée de Marx. Et je ne parle pas seulement ici du P. C. français où a fini par prédominer complètement l'esprit petit-bourgeois qui est la caractéristique de la majorité de la population du pays, avec sa haine de tout ce qui n'est pas « conforme », sa vulgarité native, son hostilité instinctive pour toute supériorité intellectuelle ou morale comme pour toute originalité, Je parle en général de tous les partis communistes, y compris le parti russe". (p. 13)

    Dans ce contexte, salue le parcours d'Henriette Roland Horst et son dernier livre:

    "Dans son dernier livre, Henriette Roland Holst combat, en ce qui concerne la morale, la thèse rationaliste utilitaire défendue par les deux théoriciens du P. C. russe, Préobrajensky, dans un livre sur « la morale et les règles de classe » qui a été traduit en allemand, mais qui (est-il besoin de le dire ?) est parfaitement inconnu en France, et Boukharine, dans son ouvrage sur le matérialisme historique. Selon ces auteurs Ia morale ne serait que l'expression des intérêts de classe et toute règle de morale serait faite au profit de la classe ou du groupe dont elle émane. Pour les communistes toute action serait bonne dès qu’elle aurait été recommandée par les congrès du parti, mauvaise si elle allait à l’encontre des décisions de ces congrès.

    Il y a quelque temps déjà que l'on insiste à plaisir dans certains milieux sur l’idée de la relativité de la morale, mais les milieux où l’on cultivait l’amoralisme n'étaient pas jusqu'ici des milieux socialistes. C’est Nietzsche qui a donné à l'amoralisme son expression la plus frappante et ses idées, du reste mal comprises et mal interprétées, ont trouvé leur vogue dans les milieux les plus corrompus de la société, dans ceux qui répondent le mieux à la phase de décomposition actuelle du régime capitaliste.

    Que les formes de la morale varient avec la constitution de la société, et par conséquent en fonction des phénomènes économiques, est chose évidente; mais cette relativité de la morale n’implique pas l’inexistence d’un fonds d'idées morales stables, n'ayant nullement une origine divine ou surhumaine, mais tenant au fait même de l'association, association indispensable à l'homme qui est un animal social par excellence et dont l'espèce n'aurait pu subsister si les individus ne s'étaient associés, vu la faiblesse et l'imperfection physiques de l’homme si on le compare, par exemple, aux grands mammifères qui vivent isolés on en familiaux. Ces vertus morales fondamentales sont celles qui impliquent la confiance réciproque, sans laquelle il n'y a pas de véritable association possible." (p. 14)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Lucien Arréat - Ajout:  Il évoque brièvement l'influence de Nietzsche (notamment sur Albert Samain) dans Nos poètes et la pensée de leur temps, Paris, Alcan, 1920.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/René Etiemble - Ajout d'une lettre de Jean Paulhan à René Etiemble, à propos de son article sur Acéphale 1937.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Emilie Sirieyx de Villiers - Correction: La faillite du surhomme déplacée en 1920. Ajout d'un lien vers le livre.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Léon Morel - Ajouts de lien et précisions: MOREL Léon, "Nietzsche et son influence sur l'Allemagne moderne", in Revue universitaire, mars 1916, p. 183-189.

    Référence citée d'après Les langues modernes, n°3, mai-juin 1916, p. 124.

    Vérifiée. Lien vers l'article et précisions ajoutés.

    Discussion à propos de Nietzsche and the Ideals of Modem Germany, by Herbert Leslie Stewart, professer of philosophy in Dalhousie university, Halifax. London, Edward Arnold, 1915, in-8°, xiv-235.

  • OUTILS et HISTOIRE - Ajout: Nietzsche et l'agrégation de philosophie: deux documents. André Lalande (1927) et Georges Canguilhem (1932). Laure Verbaere, octobre 2025. Face à ce qu'il est convenu d'appeler "l'absence presque totale de Nietzsche dans la philosophie universitaire" avant 1914 et l'académisation tardive de Nietzsche en France, avec son apparition à l'agrégation de philosophie en 1970, je me suis déjà clairement positionnée en faveur d'un réexamen total dans "Nietzsche et l'agrégation de philosophie" (2019).

    Je propose ici deux documents à l'appui de ma démarche.

    Le premier témoigne de l'agrégation de philosophie de 1926. Il invite, selon moi, à fortement minorer l'importance de savoir si Nietzsche est ou non reconnu comme un philosophe et à réviser le soi-disant hermétisme entre philosophes professionnels et penseurs, moralistes, écrivains, poètes...

    Le second document date de 1932. C'est une invitation à interpréter de manière nuancée et prudente la liste d'auteurs au programme de l'agrégation de philosophie comme marqueur de son intégration réelle et de l'état d'esprit de la communauté philosophique. (Laure Verbaere, 2025)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Marcel Grobéty - Ajout: GROBETY M., "Le litige entre Nietzsche et Jésus", in Foi et Vie, 1932, p. 505-525. [L.V.]

    Référence autour de juillet 1932, non localisée, citée d'après la table des matière de Foi et Vie 1932.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Marcel Grobéty
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Maurice Merleau-Ponty - Ajout: MERLEAU-PONTY Maurice, "Christianisme et ressentiment", in La vie intellectuelle, vol. 36, 10 juin 1935, p. 278-306. [L.V.]

    Discussion de Nietzsche à propos de L'Homme du ressentiment (traduction française non signée, Paris, Gallimard, 1933) de Max Scheler, Vom Umsturz der Werte (1919).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Maurice Merleau-Ponty (A)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Du Bos - Ajout d'un lien et précision vers  "Nietzsche", in Table ronde, n°4, avril 1948, p. 563-580.

    Le texte est écrit avant 1939.

    D'après le Mercure de France d'août 1948, c'est le texte d'une conférence inédite.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Dominique Parodi - Ajout: PARODI DominiqueLa philosophie contemporaine en France: essai de classification des doctrines, Paris, Alcan, 1920. [L.V.]

    Précise dans l'avant-propos: "L'origine de cet essai fut un cours professé en 1908 à l'Université nouvelle de Bruxelles sur Les grandes tendances de la philosophie française contemporaine: il nous plaît de nous rappeler que la première esquisse de ce livre consacré à la pensée française fut tracée à la demande d'amis belges et pour un public belge. Plus tard, nous avons renouvelé l'entreprise, avec plus d'ampleur, à l'Ecole des Hautes Etudes Sociales dans un cours professé en 1909-1910. Nous n'aurions jamais songé à reprendre et à développer ces leçons, si la guerre ne nous avait paru leur donner une opportunité et comme une portée nouvelles". Voir "Les grandes tendances de la philosophie contemporaine en France" , in Revue du Mois, n°50, 10 février 1910, p. 141-162.

    Constate une évolution de la philosophie française vers un irrationalisme et un anti-intellectualisme et annonce: "Ce sont ces ferments d'anti-intellectualisme que nous allons voir maintenant se développer, et converger, bien que venant de sources si diverses, non pas certes vers une commune doctrine, mais au moins vers un esprit semblable; lequel sans doute ne se manifeste pas chez tous les penseurs contemporains en France, ni chez tous sous la même forme, ni au même degré, mais qui, pourtant, paraît constituer comme la note distinctive et comme la nuance propre de notre philosophie d'avant la guerre". (p. 37)

    Soutient comme René Berthelot (Un romantisme utilitaire) une "parenté certaine entre la philosophie de M. Bergson, et celles de Schopenhauer et de Nietzsche; les influences convergentes des unes et des autres ont pu parfois se mêler dans la pensée contemporaine. Rien d'étonnant dès lors à ce que les caractères propres du bergsonisme soient ceux en même temps de toute une notable fraction de la production philosophique contemporaine" (p. 290).

    Problème des "conséquences possibles du bergsonisme, de certaines tendances générales de la pensée contemporaine. A une telle conception de l'acte ou de la moralité, la diffusion de la philosophie de Nietzsche ne pouvait d'ailleurs qu'apporter un peu plus tard un appoint considérable. Toute une série d'écrivains, dans les années qui ont précédé la guerre, ont érigé ainsi l'immoralisme en doctrine: c'est l'irrationalisme de l'action. D'autres, nous le verrons, plus pénétrés du sérieux de la vie, cherchent en des voies diverses des succédanés à la notion de vérité morale ou de loi ou de devoir, mais affirment à l'envi qu'il ne saurait y avoir ni règle rationnelle, ni lois démontrables de la conduite, que les fins se posent et ne se déduisent pas, qu'il ne s'agit pas de comprendre, mais de créer les valeurs: l'affirmation est commune à des penseurs très différents par ailleurs, tels que Rauh, ou M. Belot, ou M. Jules de Gaultier" (p. 317).

    Résume: "Tout notre savoir, comme le découvre de plus en plus la pensée contemporaine chez un Renouvier, un Boutroux, un Bergson, un Nietzsche, un Poincaré, n'est qu'une série d'hypothèses commodes, destinées à nous rendre utilisable une nature en elle-même mouvante et indéterminée. « La science de la nature, sous toutes ses formes, a pour but de renverser la nature »." (p. 321)

    Dans la conclusion: "La grande idée romantique, c'est ainsi, en dernière analyse, cette idée de la vie, de la vie conçue comme puissance spontanée et libre, principe de toute création et de tout progrès, aux démarches imprévisibles, irréductibles aussi bien au pur mécanisme de la matière qu'aux desseins concertés et clairs de l'intelligence; de la vie conçue comme instinct, et comme telle fournissant un point de vue nouveau en métaphysique, aussi éloigné de l'empirisme anglais ou condillacien que du rationalisme cartésien: la vie est la spontanéité pure. — D'une telle notion, on trouverait déjà l'indication dans certaines parties de l'éclectisme cousinien, ou dans le spiritualisme esthétique de Ravaisson; mais c'est bien elle qui domine aujourd'hui, après avoir été reprise par Guyau, dans toute l'école bergsonienne, de même qu'en Allemagne elle a eu son renouveau et jeté ses feux les plus éclatants avec Frédéric Nietzsche. — Contre ce romantisme philosophique, le rationalisme, soit à forme empiriste, soit à forme idéaliste, représente l'esprit classique et en renoue la tradition. Peut-être pourrait-on dire, de ce point de vue, que notre période contemporaine constitue un moment de la grande lutte du romantisme et du classicisme en philosophie" (p. 436-437)

  • OUTILS/ACTUALITE DE NIETZSCHE/Approches historiennes - Ajout: Rainer ADOLPHI, "Nietzsche’s Sting: What We Can Learn from the Peculiar History of Nietzsche’s Influence", in Sententiae, 43(3), novembre 2024, p. 8–22. "The essay shows what Nietzsche means as a phenomenon of time (Erfahrungsgehalt) – and how an awareness of his possible significance for the present (including possible dangers) can be gained from the history of his impact. [...]"
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Dominique Parodi - Ajout: PARODI Dominique, "La notion du Bien et la notion de valeur en morale", in Morale et science: conférences faites à la Sorbonne, Paris, F. Nathan, 1923, p. 33-55. [L.V.]

    Texte d'une conférence donnée dans le cadre d'une série de conférences en septembre 1922 à la Sorbonne (voir l'avant-propos de Paul Lapie).

    Pose la question des rapport entre l'ancienne conception de la morale et la nouvelle. Constate: "La notion de valeur, que la philosophie de Nietzsche a popularisée même hors du cercle des spécialistes, joue peut-être le rôle central dans les spéculations morales contemporaines. Qu'exprime-t-elle exactement ? Il est clair à première vue qu'elle tient, dans notre philosophie pratique, une place analogue à celle qu'y tenaient autrefois les notions de bien et d'idéal" (p.35). 

  • TRACES ORALES/CONFERENCES 1868-1940/Conférences 1921-1922 - Ajout: Dominique Parodi, La notion du Bien et la notion de valeur en morale. Conférence donnée dans le cadre d'une série de conférences en septembre 1922 à la Sorbonne (voir l'avant-propos de Paul Lapie). Elle est publiée dans Morale et science, Paris, F. Nathan, 1923, p. 33-55. Pose la question des rapport entre l'ancienne conception de la morale et la nouvelle. Constate: "La notion de valeur, que la philosophie de Nietzsche a popularisée même hors du cercle des spécialistes, joue peut-être le rôle central dans les spéculations morales contemporaines. Qu'exprime-t-elle exactement ? Il est clair à première vue qu'elle tient, dans notre philosophie pratique, une place analogue à celle qu'y tenaient autrefois les notions de bien et d'idéal" (p.35). 
  • TRACES ORALES/COURS/Cours 1930-1931 - Ajout: Diplôme d'études supérieures de philosophie, Aix-Marseille, juin 1931. Les mythes et la philosophie de Platon. Texte Nietzsche. Also sprach Zarathustra (1er Theil). M. Raymond (mention très bien). D'après Les études philosophiques, n°1, janvier-mars 1932, p. 47.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean-Paul Sartre - Ajout: lire Elisa Reato, "Sartre lecteur de Nietzsche" in Alfred Betschart, Andreas Urs Sommer et Paul Stephan (dir.), Nietzsche und der französische Existenzialismus, De Gruyter, 2022, p. 35-50.
  • TRACES ORALES/COURS/Cours 1930-1931 - Ajout: Licence de philosophie (Aix-Marseille) Sujets de juin 1931. B) "Psychologie: Que signifie la notion de vérité des valeurs? Etudier de ce point de vue l'évolution de Nietzsche ou celle de Renan." D'après Les études philosophiques, n°1, janvier-mars 1932, p. 46.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Dominique Parodi - Ajout: PARODI Dominique, "Morale et biologie", in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome LVIII, août 1904, p.-113-135.

    [...] l'homme, doué de pensée, par suite être instable et complexe entre tous les êtres, parait bien le moins apte de tous à se fixer dans un automatisme définitif, et M. Le Dantec a raison. Dès lors, la fin qui lui est assignée par la nature, ou, si l'on préfère, par la force des choses, ne peut être de rechercher uniquement son plus grand bonheur individuel comme corrélatif d'une parfaite adaptation organique. Il peut se proposer ce but, sans doute, mais non y suspendre toute sa destinée, ou prétendre y ramener toute sa morale; plus multiples, plus diverses, plus obscures sont les conditions de son bonheur vraiment humain, et les intérêts pour lesquels il doit vivre. Il y a en lui des virtualités indéfinies de pensée et de volonté qu'il faut bien, sans doute, qu'il déploie. A travers les complications, de jour en jour plus inextricables, de sa civilisation, de son art, de sa science, il n'est pas sûr que ce soit son bonheur propre d'individu qu'il réalise de mieux en mieux, ni même celui de la société. Mais une nécessité l'entraîne; et, à coup sûr, il élargit sa vie. — C'est ce qu'ont senti, au fond, toutes les grandes doctrines morales, même les moins imbues de croyances religieuses ou transcendantes. La doctrine du surhomme, par exemple, a bien cette portée chez Nietzsche, et c'est ce qui en fait, malgré tout ce qu'on peut dire contre elle, la noblesse et la grandeur". (p. 133)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir - EXTRAIT DU RAPPORT DE JURY DE L'AGREGATION DE PHILOSOPHIE 1929:

    "Dans la première composition, une jeune fille et un jeune homme étaient premiers ex aequo; dans la seconde, deux jeunes filles. Et ce n’est évidemment pas l’effet d’une indulgence particulière dans les notes, puisque les compositions écrites sont anonymes, et que le sexe, chez des personnes très cultivées, est presque impossible à deviner d’après l’écriture. L’agrégation de philosophie montre ainsi, cette année, d’une manière particulièrement nette ce que certains concours antérieurs permettaient déjà de prévoir: que les femmes peuvent manifester dans des épreuves de ce genre autant de vigueur et de distinction intellectuelles que les hommes. Sans doute ne s’agit-il encore là que de succès scolaires; mais du moins paraît-il certain qu’au point de vue des études, même les plus élevées, les différences qu’on peut encore observer actuellement entre les deux groupes ne résultent que de l’éducation première, de la tradition et du milieu." (p. 2)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jeanne P. Crouzet-Ben Aben- Ajout: CROUZET-BEN ABEN Jeanne P., "Bulletin de l'Enseignement secondaire des Jeunes filles", in Revue universitaire, n°9, novembre 1928, p. 343-347. [L.V.] Contient: "Encore un succès féminin" (p. 347):  "Un brillant succès féminin, et qui sera remarqué, car il vient, une fois de plus, confirmer l’aptitude de la femme aux études masculines et notamment à la philosophie, est celui que Mlle Geneviève Bianquis, docteur ès lettres, professeur d’allemand au Lycée Fénelon, vient de remporter au concours international ouvert par la Nietzsche Gesellschaft de Munich. Le sujet proposé était: « L’influence réciproque de Nietzsche et de la pensée française. » C’est une femme, et une Française, que le premier prix, — 2000 marks, — est venu récompenser."
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Ajout: Jeanne P. Crouzet-Benaben ou Crouzet-Ben Aben. Elle signe aussi Jeanne Benaben ou Jeanne Crouzet ou Jeanne Paul Crouzet-Benaben. Son petit-fils publie ses mémoires écrites pendant la deuxième guerre mondiale: Souvenirs d'une jeune fille bête: souvenirs autobiographiques d'une des premières agrégées de France, avec un avant-propos du docteur Jean-Philippe Crouzet, Paris Debresse, 1971. 

    Elève de l'Ecole normale supérieure de Sèvres, elle obtient une licence de philosophie en 1895 et elle agrégée de lettres en 1891 (classée 4ème). Mariée en 1898 à Paul Crouzet (1873-1952), elle est professeure des lycées.

    Lire Annabelle BonnetLa barbe ne fait pas le philosophe (1880-1949), Paris, CNRS Éditions, 2022.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Marguerite Rocher - Ajout: ROCHER Marg. -L., "Examen des sujets proposés au baccalauréat en 1937", in Les langues modernes, janvier 1938, p. 55-60. [L.V.]

    Examen annuel des sujets de Langues Vivantes, proposés au Baccalauréat. A propos du thème et de la version, la Commission note quelques problèmes dont:

    "C) Des épreuves dont la difficulté, de pensée ou de forme, dépasse le niveau normal des candidats: un passage de Nietzsche (Caen, juillet, A'), un extrait d'un discours de Hitler (Toulouse, id.) [...]" (p. 56).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Marguerite Weill/Marguerite Rocher
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Célestin Bouglé - Ajout: BOUGLE Célestin, "Rapport sur le concours pour l'admission à l'Ecole normale supérieure et l'obtention des bourses de licence (lettres) Session de 1928", in Revue universitaire, n°3, mars 1929, p. 193-212. [L.V.]

    Pour la philosophie:

    "Épreuve écrite. — Le sujet de philosophie, — « Valeur de l’idée d’autonomie dans la vie morale », — ne devait pas surprendre des candidats familiarisés avec les programmes du baccalauréat, qui, sans avoir fait une étude spéciale de la doctrine de Kant, étaient censés connaître au moins les grandes lignes de sa morale et l’influence qu’elle a exercée. C’est pourquoi l’on peut s’étonner de ce que, dans un certain nombre de copies, même bien composées et témoignant d’un esprit réfléchi, cette notion ait été inexactement définie et mal comprise. Certains candidats ont confondu autonomie et individualisme extrême, et ont exposé et discuté le point de vue de Nietzsche, de Max Stirner, ou même l’égotisme de Barrés, l’amoralisme d’André Gide. D’autres ont cru qu’on leur demandait de traiter du problème de la liberté et du libre arbitre. Alors même que le sujet était à peu près compris, il s’est manifesté quelque incertitude et comme une hésitation à l’aborder franchement: on a passé en revue tous les systèmes de morale, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours [...]"

    Les examinateurs "MM. Bréhier, professeur à la Faculté des Lettres de Paris, et Halbwachs, professeur à la Faculté des Lettres de Strasbourg".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/L. -William Cart - Ajouts: CART L. -William, "Nietzsche élève, professeur et pédagogue", in Bulletin de l'enseignement secondaire des jeunes filles, 15 octobre 1924, p. 97-112. [L.V.]

    Etude publiée par fragments d'octobre 1924 à 1926 (date indéterminée)

    Présentée ainsi:

    M. L. William Cart a bien voulu nous confier cette étude inédite, que la Revue publiera par fragment durant l'année 1924-1925.

    Elle répond au désir exprimé par plusieurs lectrices de trouver ici des suites d'articles se rapportant à des penseurs et à des artistes étrangers. Or, il se rencontre que le célèbre philosophe fut aussi un éducateur: double raison pour que l'on trouve ici de larges extraits de cet ouvrage.

    Voici d'ailleurs comment l'auteur explique, dans l'avant-propos, la manière dont il a été amené à l'écrire:

    « Ayant à faire, pour une revue spéciale, le compte rendu d'un article sur la pédagogie de Nietzsche paru dans le «PAEDAGOGISCHES ARCHIV», je fus obligé, pour pouvoir comprendre cet article, de me reporter aux textes qui l'avaient inspiré. Et je fus entraîné beaucoup plus loin que je ne pensais. Ayant étudié les idées pédagogiques de Nietzsche, il me parut alors qu'il y aurait également quelque intérêt à rechercher ce que Nietzsche avait été comme élève, comme étudiant, comme professeur; et je tentai de reconstituer sa biographie à ce point de vue très spécial.

    On ne trouvera donc ici qu'un faible rayon de lumière puisse-t-il cependant contribuer à éclairer l'admirable et douloureuse figure du grand penseur et du grand artiste que fut Nietzsche. »

     

    CART L. -William, "Nietzsche élève, professeur et pédagogue", in Bulletin de l'enseignement secondaire des jeunes filles, 15 novembre 1924, p. 150-158. [L.V.]

    Etude publiée par fragments d'octobre 1924 à 1926 (date indéterminée)

     

    CART L. -William, "Nietzsche élève, professeur et pédagogue", in Bulletin de l'enseignement secondaire des jeunes filles, 15 décembre 1924, p. 197-205. [L.V.]

    Etude publiée par fragments d'octobre 1924 à 1926 (date indéterminée)

     

    CART L. -William, "Nietzsche élève, professeur et pédagogue", in Bulletin de l'enseignement secondaire des jeunes filles15 janvier 1925, p. 5-8. [L.V.]

    Etude publiée par fragments d'octobre 1924 à 1926 (date indéterminée)

     

    CART L. -William, "Nietzsche élève, professeur et pédagogue", in Bulletin de l'enseignement secondaire des jeunes filles15 février 1925, p. 61-66. [L.V.]

    Etude publiée par fragments d'octobre 1924 à 1926 (date indéterminée)

     

    CART L. -William, "Nietzsche élève, professeur et pédagogue", in Bulletin de l'enseignement secondaire des jeunes filles, 15 mars 1925, p. 127-135. [L.V.]

    Etude publiée par fragments d'octobre 1924 à 1926 (date indéterminée)

     

    CART L. -William, "Nietzsche élève, professeur et pédagogue", in Bulletin de l'enseignement secondaire des jeunes filles, 15 avril 1925, p. 155-158. [L.V.]

    Etude publiée par fragments d'octobre 1924 à 1926 (date indéterminée)

     

    CART L. -William, "Nietzsche élève, professeur et pédagogue", in Bulletin de l'enseignement secondaire des jeunes filles, 15 mai 1925, p. 201-208. [L.V.]

    Etude publiée par fragments d'octobre 1924 à 1926 (date indéterminée)

     

    CART L. -William, "Nietzsche élève, professeur et pédagogue", in Bulletin de l'enseignement secondaire des jeunes filles, 15 juin 1925, p. 260-264. [L.V.]

    Etude publiée par fragments d'octobre 1924 à 1926 (date indéterminée)

     

    CART L. -William, "Nietzsche élève, professeur et pédagogue", in Bulletin de l'enseignement secondaire des jeunes filles, 15 septembre 1925, p. 30-34. [L.V.]

    Etude publiée par fragments d'octobre 1924 à 1926 (date indéterminée)

     

    CART L. -William, "Nietzsche élève, professeur et pédagogue", in Bulletin de l'enseignement secondaire des jeunes filles, 15 octobre 1925, p. 65-72. [L.V.]

    Etude publiée par fragments d'octobre 1924 à 1926 (date indéterminée)

     

    CART L. -William, "Nietzsche élève, professeur et pédagogue", in Bulletin de l'enseignement secondaire des jeunes filles, 15 novembre 1925, p. 113-119. [L.V.]

    Etude publiée par fragments d'octobre 1924 à 1926 (date indéterminée)

     

    CART L. -William, "Nietzsche élève, professeur et pédagogue", in Bulletin de l'enseignement secondaire des jeunes filles, 15 décembre 1925, p. 162-166. [L.V.]

    Etude publiée par fragments d'octobre 1924 à 1926 (date indéterminée)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: L. -William CART (personne distincte de William CART (1846-1919) si la date de mort est exacte.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Louis Vialle - Ajout à propos de Détresse de Nietzsche: Thèse soutenue à la faculté des lettres de Paris entre novembre 1932 et avril 1933. Mention très honorable.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Ernest Tonnelat - Ajout: TONNELAT Ernest, "Charles Andler (1866-1933)", in Revue universitaire, juin 1933, p. 1-9. [L.V.]

    Nécrologie. Evoque les travaux de Charles Andler sur Nietzsche. Précise notamment:

    "Bien que, depuis trente ou quarante ans, il ait été publié de très nombreux essais sur l’auteur de Zarathustra, il n’est aucune étude qui, de l’aveu des Allemands eux-mêmes, puisse être égalée au Nietzsche d’Andler. C’est un travail auquel il a consacré une trentaine d’années. Dès 1900 ou 1901, en effet, il avait commencé à assembler des notes et à faire des cours sur les œuvres alors publiées du philosophe allemand. Vers 1912 il avait déjà rédigé deux gros volumes et il pensait aboutir dans un délai assez court. Mais, outre que la guerre vint retarder son travail, il se trouva que beaucoup de documents inédits et nombre de lettres de Nietzsche ou de ses amis furent mises progressivement au jour. Andler remit son étude sur le métier, afin de tenir compte de ces apports nouveaux. Il lui fallut d’ailleurs exercer une critique très attentive sur les inédits publiés par le Nietzsche-Archiv de Weimar; car les administrateurs de l’héritage littéraire de Nietzsche avaient classé suivant leur jugement personnel les aphorismes ou fragments isolés laissés par le philosophe, et ce classement n’allait pas sans soulever diverses objections". (p. 6-7)

    Aussi: "On avait cru jusque-là pouvoir reconnaître trois systèmes consécutifs. Andler a prouvé de façon indiscutable qu’il en faut distinguer soit deux, soit quatre: ce qui veut dire qu’il y a dans la vie intellectuelle de Nietzsche deux périodes très nettes, dont chacune comporte deux phases". (p. 7-8)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jules de Gaultier - Ajout d'un lien et de précisions sur GAULTIER Jules de, "Introduction à une morale de la force", in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 95, janvier-juin 1923, p. 348-378.

    A la lumière de l'ouvrage de M. Lévy-BruhI, la Morale et la Science des mœurs, indique son intention d'apporter une réponse "à l'une des deux questions posées au dernier chapitre de mon de Kant à Nietzsche. Sur les ruines de la philosophie spiritualiste est-il possible de construire une métaphysique, est-il possible de légitimer une morale? En répondant dès lors d'une façon affirmative à ces questions j'avais pris en quelque sorte l'engagement tacite d'apporter la preuve de cette affirmation. C'est cet engagement que je vais m'efforcer de tenir ici" (p. 351). Estime: "Indépendamment du peu d'aptitude dont la critique a témoigné à saisir dans la philosophie de Nietzsche la part positive, la volonté d'organisation, toutes les qualités qui font de cette philosophie une affirmation et une exaltation des valeurs utiles à la vie, peut-être faut-il faire une part dans cette inattention à la présentation nécessairement imparfaite de la pensée du philosophe au cours d'un ouvrage qu'il n'a pu mettre au point et qui, s'il est sillonné des éclairs les plus vifs de son génie, n'a pas reçu la forme définitive que lui eût donné son auteur." (p. 355)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Vladimir Jankelevitch - Ajout: JANKELEVITCH Vladimir, "Deux philosophies de la vie. Bergson, Guyau", in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome XCVII, juin 1924, p. 402-449. [L.V.]

    Sur les affinités entre Bergson et Guyau. Note que la "belle et noble doctrine" de Guyau peut "être le point de départ d'un assez grand nombre de rapprochements et de parallèles. Nietzsche, cela va de soi, est l'un des premiers auxquels elle fasse penser, et c'est surtout la parenté de ces deux esprits qui semble, entre tant d'autres, avoir frappé Alfred Fouillée" (p. 402)

    Estime que Guyau est au confluent de la pensée de Nietzsche et de Bergson (p. 408)

    Conclut que "Guyau est peut-être allé trop vite en besogne; et il faut croire que tout n'était pas paradoxal dans l'orgueilleux génialisme de Zarathustra puisque, au fond, cet élan irrésistible du vouloir qu'on ne saisit qu'en se tordant sur soi nous achemine plutôt dans la direction nietzschéenne du « Wille zur Macht » que dans la direction spencérienne du « Wille zum Dasein ».

    La doctrine de Guyau reste pourtant une authentique philosophie de la vie, immanente, naturaliste et concrète; concilier le point de vue trop exclusivement sociologique qu'elle représente non seulement avec l'idéal du Zarathustra, mais avec l'héraclitéisme intégral de Bergson; [...]  voilà les diverses tâches qui incombent maintenant aux jeunes philosophies de la Vie" (p. 449).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Alphonse Chide - Ajout: CHIDE Alphonse, "Le Surhomme à travers le XIXe siècle", in L'Amitié de France, 1er février 1910, p. 164-177.

    Sur le Surhomme de Nietzsche (p. 174-175)

    Notamment: "Cette philosophie en grisaille [de Tarde] par qui se dissolvent les fantasmagories de la race et du Héros, est combattue depuis quelque temps par le nietzschéisme, plus haut en couleur assurément ; mais la vérité n’est pas affaire de bariolage et les affirmations truculentes de Nietzsche et de ses disciples risquent fort de se diluer en les analyses ternes et diffuses de Tarde et de disparaître avant peu dans les pensées" (p. 174).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Georges Dumesnil - Ajout: DUMESNIL Georges, "Joachim Gasquet et les Printemps", in L'Amitié de France, 1er février 1909, p. 297-309.

    A propos de la tragédie lyrique de Joachim GasquetDionysos (1904), note l'inspiration nietzschéenne:

    Si le jeune poète, après avoir subi avec une infinité d'autres l’emportement des dénégations anarchiques et révolutionnaires, a retrouvé la santé catholique comme la plupart de ceux qui sont actuellement les meilleurs dans la pensée et dans l'art français, la dogmatique catholique est ce qui lui a permis de communiquer à la fable de Dionysos une vertu qui l’exalte au-dessus des autres créations de l’imagination primitive. (p. 302) [...]

    Il ne nous a pas parlé du christianisme, il nous y a fait penser. Il nous a fait sentir le travail profond du désir qui soulevait l'humanité au-devant de la promesse, même ignorée, et sentir du même coup combien impuissant par lui-même et combien inégal ce désir, la plénitude ne pouvant nous venir que d’en haut.

    En effet, il n’a donné à sa tragédie aucune couleur évangélique, qu'elle ne devait pas avoir. Loin de là ! Le culte de Dionysos s’établit tel que les hommes pouvaient par eux-mêmes le concevoir, tel que pouvaient l’instituer des dieux issus de l'imagination des hommes; c’est-à-dire que l'institution en est atroce. Le dieu enivrant laisse en même temps aux cœurs un cruel malaise. La tragédie paraissait peu de temps après que les poèmes de Nietzsche avaient commencé d'entrer en France. Notre génie n’en adoptera jamais la dureté. Depuis qu’ils circulent chez nous et qu'ils agissent sur beaucoup d’esprits. il est curieux de voir comme leur influence se transforme dans les cerveaux français. La tragédie de Gasquet est l'œuvre que je sache qui, par sa tenue implacable en certains passages, reproduit le mieux l'inspiration nietzschéenne. La bonté en serait absente, si elle n’était traversée par des pressentiments. Elle appelle des suites qui nous amèneraient à une conception chrétienne de la grâce divine" (p. 303-304).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Joachim Gasquet - Ajout: GASQUET JoachimDionysos, Paris, Librairie Charpentier et Fasquelle, 1905.

    Tragédie lyrique en trois actes représentée pour la première fois sur le théâtre antique d'Orange le 1er août 1904, et reprise par le théâtre de l'Œuvre, le 20 février 1905.

    D'inspiration nietzschéenne.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/José de Charmoy - Ajout d'une précision: Il a réalisé et exposé un buste de Nietzsche en 1907, d'après un article de Claude Neydens déçu: "Nietzsche m’enchante moins, M. de Charmoy a voulu faire trop fort et son philosophe rappelle fâcheusement un gendarme moustachu et grognon".
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Georges Dumesnil - Ajout: DUMESNIL GeorgesLe spiritualisme, Paris, Société française d'imprimerie et de librairie, 1905.

    Objection à un "pur kantiste": "Mais de deux choses l'une:

    Ou le « Tu dois » sera fortuit; dans ce cas, il ne pourra me donner ses raisons et je me moque de lui. Au « Tu dois » répondra peut-être un « Je veux » empirique, fortuit, irrationnel, sans vrai moi, comme celui de Nietzsche, cet altier et frémissant artiste, qui est à merveille la vipère dont a fini par accoucher très légitimement le moralisme subjectiviste. Ainsi je n'aurai pas de vrai moi, un moi raisonnable;

    Ou le « Tu dois » sera raisonnable et pourra m'intéresser par ma raison, si je connais par raison que je suis un vrai moi.

    Or vous-même et les successeurs de votre maître me prouvez que la raison spéculative discursive ne peut pas me donner un vrai moi, que le moi que je pense est une illusion.

    Je reste avec Nietzsche" (p. 50)

    Au sujet des valeurs: "La délibération, dans les occasions qui intéressent la moralité, ne porte donc pas essentiellement sur la question de savoir quel serait le parti le meilleur au point de vue moral, car nous en jugeons spontanément sur notre idée de la perfection; et si nous ne pouvons pas en juger clairement en y mettant la sincérité voulue, la moralité n'est plus en cause. Nous délibérons parce que, sachant quel serait le meilleur parti, nous nous demandons, non pas si nous devons le suivre, mais si nous le suivrons. Et c'est là que nous sommes merveilleusement ingénieux, non pas à nous persuader d'agir « sans motif », ni à peser impartialement et sagement les « motifs qui sollicitent notre volonté », mais à lire de travers le résultat de la pesée qui s'inscrit de lui-même, à entraver sournoisement le jeu de la balance, à fausser nos calculs et à y introduire ces coefficients et ces exposants dont nous ne sommes jamais à court. C'est ainsi que nous changeons artificieusement et très volontairement les valeurs des choses et les valeurs des actes possibles; et c'est ce qu'a saisi avec une étrange vigueur le redoutable et superbe Nietzsche, quand, décidé à tuer la morale, il a annoncé que sa tâche était de changer des valeurs.

    On ne peut que les piper. Mais on le peut. En les changeant ainsi pour nous, au fond c'est nous-mêmes que nous changeons" (p. 109).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Georges Dumesnil - Ajout: DUMESNIL Georges, L'âme et l'évolution de la littérature, des origines à nos jours, tome 2, Paris Société française d'imprimerie et de librairie, 1903.

    Contient le chapitre "Le surhomme. Nietzsche" (p. 285-305)

    Soutient que le surhomme a été inventé pour ainsi dire simultanément par Renan et Nietzsche (p. 285).

    Précise qu'il "a été publié une infinité d'études sur Nietzsche. V. celles de MM. Fouillée, Vaihinger, etc." (p. 287)

    Estime que "la destinée de Nietzsche comme écrivain est singulière. Les philologues ses confrères sont unanimes à regarder les étymologies qu'il lui arrive de donner comme entièrement imaginaires, erronées et sans fondement. Les esthéticiens et les historiens ne peuvent considérer ses ouvrages sur la tragédie grecque que comme de brillantes fantaisies, amplifications de thèmes psychologiques connus. Les philosophes ne sont pas gens à s'émouvoir de ses croyances arbitraires et creuses sur la physique générale de l'univers. En ce qui concerne les religions, il extravague. Les idées qui lui sont le plus chères sont fausses ou appartiennent à d'autres. Mais l'accent peut être original. D'ailleurs il se défend d'avoir et de proposer aucun système, bien qu'il ait, dans le sens large du mot, une doctrine. Tout, selon lui, est individuel c'est peut-être là un des points les mieux fixés de sa pensée; et tout dans l'individu est en mouvement. C'est être fidèle à sa propre manière de penser que de l'interpréter en l'accompagnant pas à pas" (p. 287-288).

    Analyse puis conclut:

    "Il n'y a pas lieu de parler expressément d'une philosophie à propos de Nietzsche. Parfois il interprète sa pensée comme une sorte de spinozisme forcené (2); mais on trouverait cent passages où il s'ôte à lui-même et aux autres tout droit d'en' donner aucune appréciation fixe et de la juger d'après aucune mesure et aucun étalon. On la caractériserait peut-être suffisamment en disant qu'elle exprime une morale de fourmis rouges.

    Quels en seront les effets ? Il faut avouer que, depuis quelques années, l'Allemagne nous a atteints par des manifestations de son génie qui, en accusant peu de sérieux, sont d'une nature remarquablement peu sympathique. L'Unique de Stirner, qui nous est parvenu, il est vrai, tardivement, mais apporté par un vent qui a soufflé depuis peu d'outre-Rhin, les œuvres de Nietzsche, le monisme lourd et superficiel de Haeckel n'ont rien qui gagne les cœurs ni qui grandisse les esprits. [...]

     Il n'est pas douteux que Nietzsche ne soit appelé à demeurer, jusques à quand? un des principaux oracles du germanisme (Deutschlum), au sens désobligeant du mot, et il est à craindre que les hommes de sa race et de sa langue n'en retirent dans de mauvaises heures la leçon de dominer sans souci du droit, à titre d'humanité d'autant supérieure qu'elle serait plus violente. D'une manière générale, les écrits de Nietzsche sont un arsenal d'armes à employer sans scrupule, la panoplie d'un barbare méchant et le chant de « la Volonté de puissance » est le péan d'une férocité qui se prétendrait justifiée par ses triomphes.

    De lui pourtant, le haut artiste sensible et torturé, comme de Stirner, l'énergique Cyclope, de ces deux détestables énergumènes un précieux élément moral pourrait peut-être en de certaines circonstances être dégagé, s'il est vrai qu'un peu de bien puisse être par fois tiré du mal: je veux dire un ferment actif de résistance à un Etat qui monstrueusement irait à absorber tout le droit naturel de l'individu, et à une société qui par le moyen de l'Etat tendrait au nivellement général et à la commune platitude" (p. 304-305).

  • OUTILS/ACTUALITE DE NIETZSCHE/Approches historiennes - Ajout à propos de Nietzsche en France à paraître en novembre 2025: "Analysant les multiples facettes de cette sensibilité hexagonale, ce livre propose d'éclairer non seulement le nietzschéisme, mais aussi sa fulgurante diffusion en France puis en Europe dès les années 1890. Car, si Nietzsche a aimé la France, la France aura aussi - tout au long du XXe siècle - aimé et discuté Nietzsche. Les différents moments de sa réception sont scandés par les noms de Bataille dans les années 1930, de Camus ensuite, puis de Deleuze, Foucault et Derrida lors de la " Nietzsche Renaissance " de l'après-guerre. Un éclairage contextuel sans lequel on ne saurait comprendre à la fois les références, les inspirations et les enjeux de la pensée du philosophe."
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/F. -A. Lange - Ajout: Voir "F. -A. Lange und F. Nietzsche", in Hans Vaihinger, Die Philosophie des Als Ob, Leipzig, Verlag Felix Meiner, 1922, p. 771-790.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Elisabeth Förster-Nietzsche - Ajouts: Elle a eu tôt des adversaires mais aussi des soutiens: "[…] l’activité d’Elisabeth Förster, ses fréquentations mondaines et les nombreuses réceptions dont la maison des Archives est alors devenue le lieu, vaudront à celle-ci une estime internationale assez peu regardante sur ses convictions politiques et sur sa fidélité proclamée à la pensée de Nietzsche. Elle sera, pour cette raison, par trois fois proposée pour le prix Nobel de littérature, la dernière en 1923, sans que quiconque ne s’offusque de son antisémitisme, de son bellicisme sans retenue ni de l’usage qu’elle fait par ailleurs des écrits de son frère". (Jean-Paul Curnier : "Nietzsche: pensée, destin, métamorphose (D'une vérité qui nous importe)", in Lignes, 1 (2002), n° 7, p. 143-158, cit. p. 152-153).

"Pourquoi Mlle Nietzsche a-t-elle inventé une légende ? Elle a comparé sa mère à la mère de Goethe ; c'est faux. […] Mlle Nietzsche s'est donné un rôle d'Antigone ; c'est faux : elle blâmait toutes les pensées de son frère. […]

Mlle Nietzsche était différente de son frère: qui lui en fera reproche? C'est dommage qu'elle ait inventé une légende, c'est grand dommage qu'elle ait défendu cette légende avec une âpreté souvent injurieuse". (Daniel Halévy, Journal des Débats, 5 octobre 1909)

 

SEPTEMBRE 2025

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Léon Brunschvicg - Ajout: Lire Pietro Terzi, Rediscovering Léon Brunschvicg’s Critical Idealism: Philosophy, History and Science in the Third Republic, Bloomsbury Publishing, 2022.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Bos - Ajout: BOS Camille, Pessimisme, féminisme, moralisme, Paris, Alcan, 1907.

    Réunion d'articles partiellement déjà publiés et repris, difficiles à lire aujourd'hui en regard de la lutte des femmes pour les droits.

    Estime que d'après la science, le féminisme est une forme de suicide social. Ainsi, note que "ceux qui ont eu surtout en vue les générations futures et leur perfectionnement aient été antiféministes: Nietzsche a l'approbation de la science" (p. 82). Le féminisme a le grand tort d'avoir appris aux femmes à penser.

    Conclut: "Ces tristes considérations n'ont pas seulement la portée sociale qu'on entrevoit, elles font encore, d'un point de vue plus général, réfléchir et douter. Ainsi la vérité pourrait être malfaisante? Ainsi s'ébranlerait la foi d'un siècle qui a cru au salut par la vérité, qui, à l'exemple de Goethe, a réclamé partout la lumière ?

    Ou bien y aurait-il d'autres sources de vérité que celles où nous avons puisé, et le monde aurait-il besoin d'autres soutiens que ceux de la raison et de la justice? N'avons-nous pas été trop intellectuels et à force de vouloir faire l'ange, n'avons-nous pas fait la bête ?

    Et alors, l'espoir du progrès serait-il mensonger? N'avons-nous pas été trop optimistes, et ne devons-nous pas ajouter à notre lumière beaucoup d'ombre, à notre vérité beaucoup de mensonges, ainsi que dans l'air l'azote est mêlé à l'oxygène? C'est donc Ibsen qui aurait raison avec sa théorie du mensonge vital nécessaire à l'existence de chacun? En ce cas, par cela même qu'il serait vital, ce mensonge n'en serait plus un — et le mensonge cesserait d'être le contraire logique de la vérité, étant la vérité en quelque manière.

    Quel scepticisme nous dégageons, en outre, des faits! Car notre foi reposait sur ce postulat que la morale individuelle et la morale sociale devaient avoir même racine et se rejoindre. Mais ce que nous avons vu ne nous a-t-il pas montré, au contraire, que l'affirmation de l'individu, sanctionnée par les lois naturelles, était inconciliable avec les exigences de la société? Si la femme revendique les mêmes droits que l'homme (ce à quoi le féminisme la conduit), la société ne peut plus subsister.

    Pour que celle-ci se maintienne, faut-il donc entretenir l'injustice et la déraison, faut-il donc que se perpétue cette monstrueuse dualité des prostituées offertes en holocauste aux honnêtes femmes? C'est donc encore Nietzsche qui aurait raison avec ses deux morales, et il faudrait servir la vérité à la table des Maîtres (les hommes), le mensonge à la table des Esclaves (les femmes) ?

    Obscurs cl douloureux problèmes: Peut-être la liberté et l'égalité ne sont-elles que des fantômes illusoires, — ou du moins conviendrait-il d'élargir ces notions, comme nous avons dû élargir celle de la vérité" (p. 96-97). 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Hugues Rebell - Ajout d'une précision: D'après son biographe, il crée avec quelques amis, à Nantes en 1885, une petite revue intitulée Le gai Sçavoir, par admiration pour Nietzsche. Cf. Thierry Rodange, Le Diable quitte la table ou La vie passionnée d'Hugues Rebell, Paris, Mercure de France, 1993. C'est surprenant à cette date.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Maurras - Ajout d'une précision: "[...] j'eus toujours les Nietzschéens, comme leur maître, en horreur. Sans méconnaître le service très partiel et très limité que Nietzsche a rendu à la fin du dernier siècle, son exaltation lyrique de la force appartient à un genre d'éloquence sur lequel vous savez mon sentiment [...]. (Charles Maurras à René Gilloin, octobre 1942)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Lydie Pissarjevsky. Autrice militante socialiste et féministe, Lydia Pissarjevsky a publié Socialisme et féminisme, Paris, impr. de l'Union typographique, 1910. Ce livre est évoqué par Françoise d'Eaubonne dans Histoire et actualité du féminisme en 1972.
  • TRADUCTIONS/Ordre des traductions - Ajout de quelques précisions sur la publication d'Ainsi parlait Zarathoustra et Par delà le Bien et le Mal: prix, nouvelles éditions...
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Saroléa - Ajout: SAROLEA Charles, "La religion du sang", in Revue Belge, 1er novembre 1935, p. 193-200. [L.V.]

    A propos du livre d'Alfred Rosenberg, Le Mythe du XXe siècle, évangile de la "religion nazie". Nietzsche au service du nazisme et de l'avènement du surhomme allemand.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Louis Dumont-Wilden - Ajout: DUMONT-WILDEN Louis, "Europe d'hier II. Il y a vingt ans", in Revue belge, 1er août 1930, p. 226-234. [L.V.]

    Sur l'état d'esprit de sa génération vers 1895/1910 et l'accueil de Nietzsche en France.

    Début dans le numéro du 15 juillet 1930. Suite et fin dans les numéros du 15 août, 1er septembre et 15 septembre 1930.

    Evoque Nietzsche à plusieurs reprises dans la suite. Dans la dernière partie, note:  "Le marxisme, l'anarchie, les réflexions sur la violence de Sorel, les idées de Nietzsche, l'immoralisme furent les jouets de notre jeunesse. Que ne disait-on pas dans les cercles d'étudiants vers 1895 ? Maintenant les mêmes propos nous épouvantent parce que ce sont de jeunes primaires qui les tiennent. Nous avons été une génération d'apprentis sorciers..." (p. 306)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Brulat - Ajout: BRULAT Paul, "L'éducation sociale", in Ma Revue: hebdomadaire illustré pour la famille, 22 décembre 1907, p. 3-4.

    Article également publié dans Le Radical, 29 octobre 1908, p. 1.

     

    S'oppose à Nietzsche: "Nietzsche ne serait pas si célèbre, si les nouvelles générations n'avaient été préparées à accueillir favorablement ses désolantes doctrines d'un individualisme forcené. Sa détestable gloire, lui vint de ce qu'il exprima les tendances et flatta l'orgueil d'une jeunesse âpre, avide, rusée, troupeau d'arrivistes, qui se croient supérieurs et peut-être destinés à devenir, des surhommes, parce qu'ils sont dépourvus de scrupules, de générosité, de sens moral et de tous les sentiments dont s'honore quiconque a vécu, réfléchi et souffert.. Tout l'art de vivre, heureusement, ne consiste pas à découvrir un plus faible que soi, pour en faire sa proie" (p. 3). Argumente.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout d'un lien vers l'article: LE BLOND Maurice, {Les actes et les gestes}, in Revue naturiste, octobre 1900, p. 122-127.

    Nécrologie de Nietzsche et analyse de l'influence de son œuvre en France (p. 122-125).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean Vernant -Ajout: VERNANT JEAN, "Le Prolétariat, la Pensée et la Beauté", in Le Briard, 12 septembre 1903, p. 2.

    Commence: "Dans le dernier numéro du Briard, j’ai essayé de montrer trois choses: d’abord le devoir pour la jeunesse pensante de l’action efficace, ensuite la forme nécessairement collective que doit prendre l’action pour être efficace, et enfin les conditions de discipline volontairement consentie par l’individu à la collectivité qui rendent possible l’action collective. Sur ce point un correspondant veut bien me faire part de quelques-uns de ses scrupules. Après avoir cité Renan, Ibsen et Nietzsche, il se demande si « le prolétariat est arrivé à un degré assez élevé de développement intellectuel et esthétique pour que les penseurs et les artistes puissent sans trop s’abaisser lui tendre la main. » Je voudrais aujourd’hui rassurer mon correspondant par une brève réponse et lui montrer dans le prolétariat de merveilleux éléments d’intelligence et de merveilleux éléments de beauté".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Jean VERNANT
  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1925-1926 - Ajout: Jean BOURGOIN, Les adversaires de la Ligue des patriotes. Conférence donnée à la grande réunion de la Ligue des patriotes, salle Omnia, le 27 avril 1926. Il "philosopha, longuement sur l'esprit de ses adversaires. Schopenhauer, Nietzsche, Paul Bourget, la Carcasse, Zola et bien d’autres nous furent présentés. Il rapporta le mal des temps, la guerre, la paix aux instituteurs primaires laïques qui ont élevé et élèvent les jeunes générations dans la doctrine du « violisme » de Nietzsche." D'après l'article publié dans Le Briard du 1er mai 1926.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Péladan - Ajout: PELADANLa Guerre des idées, Paris, Flammarion, 1916.

     

    Nombreuses évocations de Nietzsche. Voir spécialement le chapitre "Nietzsche aux intellectuels allemands" (p. 153)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/M. Ide - Ajout: IDE M., "Les théories d'Einstein", in Journal des sciences médicales de Lille, 23 octobre 1921, p. 274-279.

    Issu de la Revue médicale de Louvain.

    Soutient que l'"adulation des intellectuels boches pour Einstein, ressemble très fort à celle qui allait il y a dix ans vers le philosophe Nietsche.

    Avant la guerre, les vitrines des libraires boches avaient autant de tracts sur Nietsche que maintenant sur Einstein: Nietsche et Socrate, Nietsche et le Christianisme, Nietsche et la Science, Nietsche et l’Etat! Nietsche était à toutes les sauces. Nietsche avait inventé le Surhomme boche; pour Nietsche, Macht geht vor Recht, la pitié et la charité sont des vices, les peuples ne doivent servir qu’au plaisir du tyran, le Christianisme est un recul de la civilisation, la Science est un facteur inhibitif de l’Instinct supérieur; le Surhomme doit être le jouisseur le plus satané. Pour nous, médecins, Nietsche est un dément paralytique, dont les livres ont été écrits après un premier internement, alors qu’il ne pouvait plus donner ses cours à Bâle, et alors qu’il n’a cessé d’écrire que pour faire la crise finale et mortelle de démence.

    Les pages se suivent sans preuves ni raisonnements, et répètent dans un délire d’orgueil les élucubrations les plus saugrenues contre le Christ et la civilisation. Mais Nietsche flattait l’orgueil germanique et c’est avec les principes de Nietsche que les boches ont déclenché la guerre mondiale et nous ont envahis. Nous avons souvent dit qu’ils étaient tous fous, c’était Nietsche qui les avait rendus tels.

    Quand on a vu les intellectuels boches se mettre à plat devant Nietsche, l’aduler comme le plus grand réformateur, comme le prophète de l’ère nouvelle, (l’ère germanique que leurs journaux nous annonçaient, fin 1914), alors on ne s’étonne plus de rien.

    La platitude devant le maître, l’absence de critique devant la théorie du maître, l’amour du nébuleux, la peur de remettre le bon sens au-dessus des rodomontades magistrales, tout cela est bien boche et bien le fruit de toute l'éducation boche.

    Nous ne pouvons nous empêcher de croire que nous nous trouvons ici devant un nouvel échantillon du même esprit.

     

    (Revue médicale de Louvain)"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: M. Ide
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Henri Mazel - Ajout d'un lien vers son livre, La synergie sociale (1896)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Romain Rolland - Ajout: ROLLAND RomainMusiciens d'aujourd'hui, Paris, Hachette, 1908.

    Voir particulièrement le chapitre sur Wagner, publié en 1902 dans la Revue de Paris.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Hagel - Ajout: HAGEL Charles, "Le procès de Baudelaire", in L'Afrique du Nord illustrée, 16 octobre 1926, p. 6. [L.V.]

    Estime que justice est enfin rendue à Baudelaire. Et note: "Un autre admirable exemplaire de belle humanité également bafoué et vilipendé ne nous est-il point fourni par ce Frédéric Nietzsche qu’une critique aussi inintelligente qu'intéressée nous donna pour un philosophe pour rois nègres, un barbare impénitent, un Scythe aviné et auquel Charles Andler rendit finalement justice; dans un ouvrage magistral, qui n’est pas un livre sur Nietzsche mais le livre, le livre unique et indispensable, établissant comme l’avait déjà pressenti Rémy de Gourmont, que depuis Jésus personne n’avait autant aimé les hommes, voulu leur bien et travaillé à leur bonheur véritable que le poète-philosophe allemand, par ailleurs donné pour un tortionnaire, un être insensible, sans foi ni loi et férocement utilitaire.

    Mais Charles Andler nous aida à découvrir que Zarathoustra est au moins aussi beau que les Evangiles; par lui nous sûmes le sort inexprimablement tragique déjà indiqué par Vigny dans son Moïse, d’un homme trop grand pour l’humanité ambiante, perdant la raison de se voir incompris et devenant fou de se sentir isolé, seul, toujours seul.

    Heureusement les hommes révisent: la postérité y regarde de plus près que les contemporains, elle ne se paie ni de ragots ni de calomnies faciles et sa prétention est de juger sur pièces. Alors qu’il occupa une place insignifiante dans les recueils écrits par les historiens littéraires du XIXe siècle français, Baudelaire apparaît aujourd’hui comme le plus grand poète de cette époque".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Charles Hagel
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Frédéric Mallet - Ajout: MALLET Frédéric, {La vie littéraire}, iL'Afrique du Nord illustrée, 1er mars 1919, p. 20. [L.V.]

     

    A propos de l'article de Gabriel Brunet sur Nietzsche dans le Mercure de FranceNote: "Dans le Mercure de France du 1er Février, M. Gabriel Brunet a publié une étude sur Nietzsche. Sans savoir qui l’écrirait on pouvait prévoir depuis plus de deux ans qu’elle serait écrite. L’œuvre de Nietzsche est familière à M. Brunet. Cela lui permet de donner de bons avis à quelques vieux imprudents qui ne savent plus faire la distinction du propre et du figuré. Cela les mettra en garde contre le danger des citations trop faciles."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1910 - Ajout: Madame C. H. D., "Les affranchis", {Menus Propos du Dimanche}, in L'Impartial du Nord, 20 décembre 1910, p. 1.

    A propos de la pièce de Marie Lenéru qui vient d'être jouée à l'Odéon. Résumé qui souligne l'antagonisme entre Nietzsche et la morale chrétienne.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1900 - Ajout: Anonyme, "Frédéric-Guillaume Nietzsche", in L'Impartial du Nord, 30 août 1900, p. 2.

    Nécrologie identique à celle publiée le 27 août 1900 dans Le Matin.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edouard Drumont - Ajout: DRUMONT Edouard"Colonel Marchand", in La Libre parole, 12 septembre 1900, p. 1.

    A propos de Jean Baptiste Marchand, commandant de la mission "Congo-Nil". Note: "Autrefois, on disait un «héros», maintenant que nous subissons jusqu’aux mots qui nous arrivent d’Allemagne, on dit avec Nietzsche un «super-homme», avec cette différence qu’au contraire du héros le «super-homme» est un monstre d’égoïsme féroce et qu’il n’aspire qu’à la satisfaction de ses jouissances personnelles.

    J’avoue, cependant, que, pris dans un sens tout opposé â celui de Nietzsche, le mot de sur-homme, ou de super-homme, appliqué à des personnalités exceptionnelles comme celle de Marchand, ne me déplairait pas. Marchand est un héros, un super-homme, si vous le préférez, c’est-à-dire un homme qui, par le courage, par la puissance surtout qu’il possède au plus haut degré de communiquer son énergie aux autres, dépasse la moyenne ordinaire.

     

    De ces héros et de ces super-hommes nous en avons eu à foison, et nous en avons fait une effroyable consommation pendant les siècles glorieux de notre histoire; c’est grâce à eux, d’ailleurs, que ces siècles furent glorieux."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Léon Daudet - Ajout: DAUDET Léon, "La sur-brute", in La Libre parole, 10 juin 1906, p. 1.

     

    A propos des anarchistes. L'anarchiste "est une manière de héros barbare, quelque chose d'assez voisin du surhomme de Frédéric Nietzsche. Appelons-le, si vous voulez, une sur-brute".

  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1907-1908 - Ajout: Henry Bordeaux, La peut de vivre. Conférence donnée le 6 juin 1907, salle Watteau, à l'invitation du Comité des Conférences de Dames. D'après le résumé publié le lendemain dans Le ValenciennoisUne "manière d’avoir peur de la vie, est de se laisser guider par l’égoïsme actif, et de vouloir obtenir de l’existence le maximum des joies ainsi que des sensations violentes. C’est l’erreur des individualistes forcenés. Le romantisme l’a développée, mais il existe aujourd’hui un nouveau romantisme prôné surtout par les femmes, qui voulant retourner la doctrine Nietzsche, prétendent assimiler au « Surhomme» la femme moderne. Oui, les individualistes ont peur de la vie, c’est l’horreur de la solitude qui les pousse à sortir d’eux-mêmes et à chercher partout des distractions, qui les conduisent à confondre le culte de la force avec son emploi".
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1901 - Ajout: Anonyme, "Un nom à retenir", in Le Valenciennois, 6 juin 1901, p. 1-2.

    "On connaît cette jolie scène des Remplaçantes, dans laquelle un jeune docteur prétentieux s’applique à seriner à ses clientes — afin qu’elles puissent en faire parade dans les salons — deux ou trois formules de Nietzsche, du grand Nietzsche, le philosophe névrosé.

    Mais Nietzsche, aujourd’hui est quelque peu démodé. Son nom, qui a traîné partout, sent étrangement le moisi — et ses théories, dont tout le monde parle, mais que personne ne comprend, n’ont plus l’attrait du mystère, ni le piment de là nouveauté. Le besoin se faisait donc vivement sentir d’une initiative nouvelle, d’un grand homme inédit à lancer, d’un penseur profond et méconnu à glorifier.

    Aussi bien voici que, dans les revues, certains essayistes, en veine de découverte, semblent avoir déniché l’oiseau rare. Il vous faut un penseur nouveau? Nous tenons précisément l’article. Et celui-là, vraiment, a toutes les qualités requises. Tout d'abord, il n’est pas français, il est danois, comme Ibsen, ce qui, pour un penseur, est en ce moment fort bien porté. En second lieu, il est tout simplement "génial" plus fort que Nietzsche lui-même, dont il fut en quelque sorte, le précurseur.

    Mais ce qui le recommande par-dessus tout à l’attention des snobs et des caillettes, c’est qu’il est affublé d’un nom presque impossible à prononcer : il s'appelle Kierkegaard. Aussi quel triomphe sur ses rivales, quelle écrasante supériorité pour la perruche mondaine qui, d’un petit ton dégagé, pourrait laisser tomber ce nom rébarbatif dans la conversation!

    En vérité, je vous le dis, retenez bien ce nom, mesdames! Kierkegaard est le grand homme de demain!"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Teodor de Wyzewa - Ajout d'un lien vers WYZEWA Teodor de, "Le Gai Savoir, par Frédéric Nietzsche", {Livres nouveaux. Histoire. - Philosophie}, in L'Illustration, n˚3024, 9 février 1901, p. 94.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Liane de Pougy
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Yves de MONTCHEUIL, "Nietzsche et la critique de l'idéal chrétien", in Cité nouvelle, 25 juin 1941 - Ajout: Lire le compte-rendu dans Existences (1941)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jules de Gaultier - Ajout d'un lien vers l'article: GAULTIER Jules, "Frédéric Nietzsche", in L'Illustration, 15 septembre 1900, p. 172.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir - Ajout: Voir Simone de BeauvoirPyrrhus et Cinéas (1944, réédité en 2020) et le compte-rendu de 1944 qui y décèle l'influence de Nietzsche: "Que l’auteur se réfère non pas à Nietzsche, mais à des littérateurs contemporains comme Gide et Sartre, ne changent rien à l’affaire — puisque le nietzschéisme est épars dans les livres marquants de l’époque". (Jacques Basset)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Andrée Vertiol - Ajout: VERTIOL Andrée, "L'idole. V", in Les Veillées des chaumières, 10 janvier 1914, p. 166-167.

    Roman publié en feuilletons, avec des références à Nietzsche.

    Egalement dans le feuilleton publié le 14 janvier 1914.

    Publié aux éditions du Petit écho de la mode.

    Traduit en espagnol par Gerardo Medel.

     

    VERTIOL Andrée, "L'idole. VI", in Les Veillées des chaumières, 14 janvier 1914, p. 174-175.

    Avec des évocations de Nietzsche.

    Voir aussi le chapitre V publié le 10 janvier 1914. 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Andrée Vertiol*
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Lya Berger - Ajout: BERGER Lya, "Surfemmes", in Les Veillées des chaumières, 6 juin 1914, p. 500-501.

    Poème. Qui sont les vraies surfemmes? La réponse est à la fin:

    "Et mon esprit hanté du mystère des âmes

    Comprit enfin à qui, dans ces êtres divers,

    Se devrait décerner le grand nom de surfemmes,

    Entre la Nietzschéenne, égarée à travers

    Les dédales obscurs de la philosophie,

    Et ces simples au cœur vaillant, content de peu,

    N’ayant d’autre idéal, d’autre rêve en la vie,

    Que de peiner pour leurs petits, leur homme et Dieu."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Lya Berger (1877-1941). Lya Berger est le nom de plume de Marie Thérèse Léonie Julia Berger, femme de lettres française.

    La Société des gens de lettres créa le Prix Lya Berger en 1922.

    Elle est nommée chevalier de la Légion d'honneur en 1937.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1912 - Ajout: GUY et ALFRED, "Un point de vue de Frédéric Nietzsche", in L'Anarchie, n°363, 21-28 mars 1912.

    D'après le sommaire publié dans La Bataille Syndicaliste.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Louis Estève - Ajout: ESTEVE Louis, "Pour en finir avec Nietzsche", in La Bataille Syndicaliste, 11 avril 1915, p. 3.

    Suite à ces deux premiers articles au début de l'année et aux réactions qu'ils ont suscitées.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Darlo Rossi.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout de Charles ALBERT, Christian CORNELISSEN et Charles-Ange LAISANT
  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1911-1912 - Ajout: Camarade R. GROSSMANN (P. Ramus) Tolstoï, Friedrich Nietzsche und das Ideal des Anarchie. Conférence donnée le 15 décembre 1915, à 20h30, salle de l'Egalitaire, dans le cadre d'une soirée littéraire. D'après l'annonce publiée dans La Bataille Syndicaliste du 13 décembre, p. 3.
  • TRACES ORALES/QUELQUES COURS, COMMUNICATIONS... APRES 1940/après 1950 - Ajout: Nietzsche, commentateur de Wagner (novembre 1950) Emission de Paris-Inter, le 13 novembre 1950: Le livre d'or de la musique, par Pierre Sipriot, avec le concours de Georges Le Roy: Une amitié d'étoiles; l'orchestre wagnérien et le dyonisiaque [sic]; l'orchestre wagnérien et l'apollinien; le profond regard de Wagner (programme)
  • TRACES ORALES/QUELQUES COURS, COMMUNICATIONS... APRES 1940 - Ajout: Le romantisme. L'Allemagne au XIXe siècle. Nietzsche (octobre 1954). Emission de la radio nationale, le 15 octobre 1954, de 8h à 9h.

    La vie et l'œuvre de Frédéric Nietzsche par M. Edmond Vermeil. Nietzsche et la philosophie par M. Eric Weill. Nietzsche et les Arts par M. Marcel Brion. Nietzsche et les lettres par M. Robert Kemp.

  • ARTICLE DU JOUR 12/13 septembre 1930: Mots croisés
  • LECTURES DE VACANCES été 2025 - Suppression: "Quand le jeune prince Zémire succéda à son père sur le trône de Perse, il fit appeler tous les académiciens de son royaume, et, les ayant réunis, il leur dit :

    – Le docteur Zeb, mon maître, m'a enseigné que les souverains s'exposeraient à moins d'erreurs s'ils étaient éclairés par l'exemple du passé. C'est pourquoi je veux étudier les annales des peuples. Je vous ordonne de composer une histoire universelle et de ne rien négliger pour la rendre complète.

    Les savants promirent de satisfaire le désir du prince, et s'étant retirés, ils se mirent aussitôt à l'œuvre. Au bout de vingt ans, ils se présentèrent devant le roi, suivis d'une caravane composée de douze chameaux, portant chacun cinq cents volumes. Le secrétaire de l'académie, s'étant prosterné sur les degrés du trône, parla en ces termes:

    – Sire, les académiciens de votre royaume ont l'honneur de déposer à vos pieds l'histoire universelle qu'ils ont composée à l'intention de Votre Majesté. Elle comprend six mille tomes et renferme tout ce qu'il nous a été possible de réunir touchant les mœurs des peuples et les vicissitudes des empires. Nous y avons inséré les anciennes chroniques qui ont été heureusement conservées et nous les avons illustrées de notes abondantes sur la géographie, la chronologie et la diplomatique. Les prolégomènes forment à eux seuls la charge d'un chameau et les paralipomènes sont portés à grand'peine par un autre chameau.

    Le roi répondit :

    – Messieurs, je vous remercie de la peine que vous vous êtes donnée. Mais je suis fort occupé des soins du gouvernement. D'ailleurs j'ai vieilli pendant que vous travailliez. Je suis parvenu, comme dit le poète persan, au milieu du chemin de la vie, et, à supposer que je meure plein de jours, je ne puis raisonnablement espérer d'avoir le temps de lire une si longue histoire. Elle sera déposée dans les archives du royaume. Veuillez m'en faire un abrégé mieux proportionné à la brièveté de l'existence humaine.

    Les académiciens de Perse travaillèrent vingt ans encore ; puis ils apportèrent au roi quinze cents volumes sur trois chameaux.

    – Sire, dit le secrétaire perpétuel d'une voix affaiblie, voici notre nouvel ouvrage. Nous croyons n'avoir rien omis d'essentiel.

    – Il se peut, répondit le roi, mais je ne le lirai point. Je suis vieux ; les longues entreprises ne conviennent point à mon âge ; abrégez encore et ne tardez pas.

    Ils tardèrent si peu qu'au bout de dix ans ils revinrent suivis d'un jeune éléphant porteur de cinq cents volumes.

    – Je me flatte d'avoir été succinct, dit le secrétaire perpétuel.

    – Vous ne l'avez pas encore été suffisamment, répondit le roi. Je suis au bout de ma vie. Abrégez, abrégez, si vous voulez que je sache, avant de mourir, l'histoire des hommes.

    On revit le secrétaire perpétuel devant le palais, au bout de cinq ans. Marchant avec des béquilles, il tenait par la bride un petit âne qui portait un gros livre sur son dos.

    – Hâtez-vous, lui dit un officier, le roi se meurt.

    En effet le roi était sur son lit de mort. Il tourna vers l'académicien et son gros livre un regard presque éteint, et dit en soupirant :

    – Je mourrai donc sans savoir l'histoire des hommes !

    – Sire, répondit le savant, presque aussi mourant que lui, je vais vous la résumer en trois mots : Ils naquirent, ils souffrirent, ils moururent.

    C'est ainsi que le roi de Perse apprit sur le tard l'histoire universelle."

     

    Anatole France, Les opinions de M. Jérome Coignard.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edmond Vermeil - Ajout: "Le couronnement de cette si féconde carrière de germaniste devait être pour M. Vermeil un volume exhaustif sur Nietzsche, auquel il travailla pendant quelque vingt ans. Mais son état de santé en ces dernières années ne lui a pas permis de mener à bonne fin cet ultime ouvrage" (nécro).
  • PROBLEME TECHNIQUE: le site n'a pas été accessible du 2 au 11 septembre. Il est de retour grâce au virement que j'ai fait pour payer la facture annuelle (que j'avais oubliée). Je profite de cet incident pour appeler d'éventuels mécènes à se manifester! On ne sait jamais...
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Le Verrier - Ajouts: date de naissance (1879) et précisions:  Il est nommé Chevalier de la Légion d'honneur en août 1929 et Officier de la Légion d'honneur en janvier 1939. Universitaire collaborationniste pendant la guerre. Détail de ses conférences sur Nietzsche (1941 et 1942) transféré vers TRACES ORALES/Quelques cours, communications, entretiens... après 1940

 

AOUT 2025

 

  • ARTICLE DU JOUR:31 août 2025/31 août 1907: "Tu sais que j'ai emporté ma Taschen-Ausgabe de Nietzsche. Je veux le lire une bonne fois, d'un bout à l'autre. J'ai passé un peu vite sur les deux premiers volumes, où il y a trop de verbiage, d'ignorance, de rhétorique outrée et facile, trop peu de sincérité intellectuelle, trop de choses qui m'agacent, sentimentalement. Je viens d'achever le tome 3 (Menschliches Allzum. I) qui est stupéfiant d'art, de vigueur et de dextérité artiste, de forme et de langue, de surabondance de choses ingénieuses et jolies (assez pour nourrir la carrière de trois ou quatre Anatole France); mais cela encore me rebute. Le procédé, le classicisme, le goetheanisme affecté est trop constant, trop systématique; c'est trop achevé, trop abgerundet, trop rhétorique; c'est trop manifestement un jeu d'esprit, une sorte de construction théorique d'une Aufklärung modernisée, médiocrement informée (scientifiquement et historiquement), nourrie surtout de la lecture des moralistes, des romanciers. - C'est, jusqu'à présent, trop artificiel, trop affecté, trop gendelettre, et aussi trop prodigieusement orgueilleux pour mon goût. Mais c'est une œuvre, et c'est un rude écrivain."

    Lettre à Charles Andler de Lucien Herr du 31 août 1907, citée d'après Antoinette Blum (éd.), Correspondance entre Charles Andler et Lucien Herr (1891-1926), Paris, Presses de l'Ecole Normale Supérieure, 1992, p. 79.

  • TRACES ORALES/CONFERENCES 1919-1920 - Ajout de la conférence donnée en juin 1919 par Serge Brisy.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1919 - Ajout de l'article de Serge Brisy
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/SERGE BRISY - Ajout: BRISY Serge, "La Volonté", in Bulletin de l'Ordre de l'Etoile d'Orient, n°4, octobre 1919, p. 14-36. [L.V.]

Texte d'une conférence donnée à Paris en juin 1919.

Exaltation de la volonté, avec des citations et des références à Nietzsche.

Conclut: "Comment n'y aurait-il pas recul et chute au cours des orages imprévus et des brusques tournants de la vie? Ne critiquons pas, ne jugeons pas: nous sommes tous à la merci d'une chute et peut-être est-elle plus proche de nous que nous ne nous l'imaginons. Plaignons celui qui ne se relève pas, tendons-lui la main afin qu'il ait au moins une chance de se relever. Plus les coups sont rudes, plus il est de notre devoir de reprendre la marche en avant. Si la vie nous frappe c'est qu'elle nous aime et veut notre progrès. Les symboles ne manquent pas pour nous encourager et le plus grand peut-être est l'image douloureuse du Christ et de sa Croix. Plusieurs fois il est tombé sous le poids immense des misères humaines dont il voulait assumer le cruel fardeau; et les larmes divines qui coulaient de ses yeux ne coulaient que parce qu'il pleurait sur les hommes, Ses frères. Mais chaque fois, Christ S'est relevé, plus grand, plus pur, Christ S'est relevé jusqu'au Calvaire, jusqu'au sommet des douleurs, dans Sa volonté ardente de Se sacrifier entièrement à

l'Humanité, dans Sa volonté invincible et pleine d'amour de la régénérer par Sa Lumière!

Comme Lui essayons de monter sans cesse, de nous grandir, de rayonner davantage pour mieux donner encore.

Rien ne pourra nous empêcher d'atteindre le but, si nous le voulons. Mais que le but choisi, que le port merveilleux et lointain vers lequel se dirigeront tous nos efforts, à jamais, oui, à jamais, soit la Lumière.

Elle seule nous rendra invulnérables et forts, et par elle seulement, aux malades, aux déprimés, aux découragés, aux craintifs, à tous ceux qui sont en détresse ou qui partent à la dérive, nous pourrons chanter avec Nietzsche, le grand volontaire :

Volonté! C'est ainsi que s'appelle le Libérateur et le Messager de Joie! C'est là ce que je vous enseigne, mes Amis." (p. 36)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Serge Brisy
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/RECHERCHE PAR AUTEUR/AUTRICE - Ajout: Serge BRISY

 

JUILLET 2025

 

  • OUTILS/ACTUALITE DE NIETZSCHE/Approches historiennes - Ajout: Paolo D'IORIO, Alexandre AVRIL et David SIMONIN (dir.), Nietzsche en France, CNRS éditions (à paraître en novembre 2025)
  • OUTILS/ACTUALITE DE NIETZSCHE/Approches historiennes - Ajout: Stéphane FLOCCARI, Bibliothèque idéale de Nietzsche, Belles Lettres (à paraître en novembre 2025)
  • OUTIL/ACTUALITE DE NIETZSCHE/Approches historiennes - Ajout: Philipp Felsch, How Nietzsche Came in From the Cold: Tale of a Redemption, Polity Publisher, 2024, traduction par Daniel Bowles de Philipp Felsch, Wie Nietzsche aus der Kälte kam. Geschichte einer Rettung (C. H. Beck, 2022).

Ecouter: An interview with Philipp Felsch (YouTube. Emancipations with Daniel Tutt)

A quand une traduction française?

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Valéry - Ajout de quelques précisions et de quelques nouveautés: Paul Valéry est le nom de plume d'Ambroise Paul Toussaint Jules Valéry, écrivain, poète et philosophe français.

    Membre de l'Académie française (dossier et discours)

    Décoré de la Légion d'honneur (dossier)

A lire: Paul Valéry, Cours de poétique (2023),qui contient l’enseignement donné par l’écrivain au Collège de France de 1937 à 1945 et William Marx et Matilde Manara (dir.), Valéry au Collège de France, Editions du Collège de France, 2025. 

Qu’il y eut équivoque, c’est bien certain. L'amour non dissimulé du philosophe pour la culture gréco-latine et française eût dû gêner ses disciples casqués. Mais, sur ce point, ils faisaient les aveugles. Au fait, l'avaient-ils lu ? Je ne le crois pas. Alors, me direz-vous, il n’est pas responsable d'une fausse interprétation de sa doctrine ! Pas tout à fait assez fausse, à mon sens, pour mériter qu’on l’en disculpe. D’une doctrine vraie, de la vérité même on peut toujours tirer de fausses conséquences ; ainsi de l’Evangile quelque tolstoïsme intégral, si on veut le lire à sa guise loin des papes et des docteurs... — et certes, l'Evangile n’est pas atteint par l’hérésie. Mais d’une doctrine risquée, dangereuse en soi, meurtrière, comment s’étonner que sorte le meurtre, même d’une autre façon que l’auteur ne l’avait prévu, même au nom de la kultur germanique que Nietzsche exerce, même contre notre civilisation qu’il chérit ? Un Nietzsche qui manie des explosifs doit s’attendre à ce qu’on s’en serve à tort et à travers et contre ses amis... (...)"

  • TRADUCTIONS -  Ainsi parlait Zarathoustra: Ajout en cours de validation (30ème en 1914). Validé et ajouté.

 

 

JUIN 2025

 

 

MAI 2025

 

  • ARTICLE DU JOUR: 7 mai 1910. "Le crépuscule d’une idole: Nietzsche, Nietzschéisme, Nietzschéens, par V. de Pallarès. In-12, 3 fr. 60. Bernard Grasset, 61, rue des Saints-Pères, Paris. M. de Pallarès analyse les idées de Nietzsche et en montre la fausseté avec beaucoup de verve et de bon sens. Si un critique catholique aurait à ajouter à ses arguments et à les amender sur quelques points, ils n’en forment pas moins une vive et solide réfutation des sophismes de l’ «idole». Il conclut que les trois ennemis que Nietzsche avait cru démolir, la religion, la morale, la vérité, se portent le mieux du monde, alors que ce qu’il a prétendu édifier sur leurs ruines ne tient pas debout. « Il a, dit-il, conquis une notoriété, presque une gloire, que ne justifient ni son originalité, ni sa valeur scientifique, ni la rigueur de son argumentation, — tout cela y est à peu près nul — mais qu’expliquent assez bien une forme neuve, saisissante, colorée, un tour paradoxal et outrancier, un tour violent jusqu’à l’injure, enfin et surtout l’inestimable complaisance avec laquelle il se laisse débiter en un petit nombre de formules portatives à l’usage des gens pressés et des snobs des deux sexes.»"

    (La Croix)

  • ANNONCE: Séminaire 2024/2025: Les lectures françaises de Nietzsche (ITEM/ENS, Paris) Entrée libre pour tous dans la limite des places disponibles

Vendredi 16 mai, Paolo D'Iorio, "la plus haute expansion possible de la vie". Nietzsche lit Jean-Marie Guyau (ENS, 45 rue d'Ulm, salle Cavaillès, 10h30-12h30)

Philosophe et poète mort prématurément à l’âge de 33 ans, auteur précoce et prolifique d’œuvres qui résument avec originalité certains des thèmes philosophiques de son temps, Jean-Marie Guyau est l’un des auteurs français que Nietzsche a lus, médités et annotés. Ce séminaire porte sur la lecture par Nietzsche d’une œuvre en particulier de Guyau, l’Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction (1884).

L’exemplaire de ce livre possédé par Nietzsche a été perdu, mais ses traces de lecture ont été miraculeusement conservées et nous permettent de reconstituer le dialogue intellectuel que Nietzsche a eu avec cet auteur et, à travers lui, avec une série de thèmes présents dans la philosophie française et européenne de l’époque : darwinisme, utilitarisme, pessimisme, compassion, altruisme, volonté d’expansion de la vie et volonté de puissance.

Vendredi 23 mai : Alexandre Avril, Lectures françaises [marginales] de Nietzsche. L'exemple de Raoul Frary et de Louis Jacolliot (ENS, 45 rue d'Ulm, salle Beckett, 10h30-12h30)

  • L'ACTUALITE DE NIETZSCHE EN FRANCE/APPROCHES PHILOSOPHIQUES1 - Ajout: Scarlett Marton, Nietzsche, "o Bom Europeu": a Recepção, na Alemanha, na França e na Itália, São Paulo, Editora Unifesp, 2022. Contient l'étude sur Nietzsche en France déjà publiée en 2009.
  • L'ACTUALITE DE NIETZSCHE EN FRANCE/APPROCHES HISTORIENNES1 - Ajout: Erminio MAGLIONE avec une préface d'Andrea TAGLIAPIETRA
    • L'agitatore, l'imperialista e il filosofo. Metamorfosi di Nietzsche in Francia, Milano, Mimesis, 2023.

     "L’indagine al centro di questo volume riguarda uno dei capitoli fra i più affascinanti e tumultuosi della storia intellettuale europea: la ricezione di Nietzsche in Francia a cavallo fra XIX e XX secolo. Intrecciando storia della filosofia, cultura materiale e storia delle idee, le metamorfosi della dottrina nietzscheana vengono delineate attraverso tre personaggi concettuali che incarnano metaforicamente le principali fasi della sua ricezione. (...)"

  • L'ACTUALITE DE NIETZSCHE EN FRANCE/APPROCHES PHILOSOPHIQUES1 - Ajout: Conrad Bongard, "Recurrent Reaction: Nietzsche and the Thought of the French Middle Strata", in Matthew McManus (eds), Nietzsche and the Politics of Reaction, Palgrave Studies in Classical Liberalism, Cham, Palgrave Macmillan, 2023.

"This article revisits the debate on the political character of Nietzsche’s work in order to evaluate it in light of the contemporary influence of Deleuzianism and French postructuralist theory more generally. (...)" lire le résumé

  • L'ACTUALITE DE NIETZSCHE EN FRANCE/APPROCHES PHILOSOPHIQUES1 - Ajout: Wolfgang Bock, "Der ausgewechselte Horizont: Frankreich als Vorbild Nietzsches, Nietzsche als Wunschbild der Franzosen, in Nietzscheforschung, Band 30 (1), 2023, p. 33-44.
  • L'ACTUALITE DE NIETZSCHE EN FRANCE/APPROCHES HISTORIENNES1 - Ajout: Jacques LE RIDER, "Nietzsche and French Literature from the End of the Nineteenth Century to 1914", in James I. Porter (ed), Nietzsche and Literary Studies, Cambridge University Press, 2024, p. 166-185.

    "Nietzsche’s writings belong to a hybrid genre that pertains as much to literature as to philosophy. The first wave of French Nietzscheanism, dating from the 1890s to the First World War, occurred primarily in the field of literature. By contrast, in the eyes the philosophers who held sway in the university system, Nietzsche was considered too much of a poet and brilliant essayist to be a serious philosopher. A further explanation for the seductive power Nietzsche exercised on French writers is that..." (lire le résumé)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Antoine de Saint-Exupéry - Ajout de quelques indications: Lire Olivier Odaert, "La haute noblesse. Poétique de la valeur de Nietzsche à Saint-Exupéry", in David Martens (dir.), Lettres de noblesse II. L’imaginaire nobiliaire dans la littérature française du XXe siècle, Classiques Garnier, Carrefour des lettres modernes, n°2, 2016, p. 77-90 et du même, Saint-Exupéry écrivain, Presses universitaires de Louvain, 2018.

    Dans une lettre de novembre 1926, Antoine de Saint-Exupéry écrit: "J'emporte Nietzsche sous mon bras. J'aime ce type immensément. Et cette solitude. Il y a des choses que j'adore" (Lettres de jeunesse, Paris Gallimard, 1953, p. 77.

    Une nette influence de Nietzsche apparaît également dans Courrier Sud et La Citadelle.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Carl Albrecht Bernoulli - Ajout: BERNOULLI C. A., "L'avenir de Nietzsche", in Aujourd'hui, n°38, 21 août 1930, p. 2-3. [L.V.]
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Pierre Beausire - Ajout: BEAUSIRE Pierre, "Nietzsche et l'intellect", in Aujourd'hui, n°38, 21 août 1930, p. 6. [L.V.]
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Alfred Wild - Ajout: WILD Alfred, "Le Surhomme", in Aujourd'hui, n°38, 21 août 1930, p. 7. [L.V.]
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Alfred Wild
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1934 - Ajout: Anonyme, "Une source maçxx de Nietzsche", in Bulletin de la Grande Loge de France, n°22, août 1934, p. 106-116. [L.V.]

 

AVRIL 2025

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/PELADAN - Ajout: PELADANL'Allemagne devant l'humanité et le devoir des civilisés, Paris, E. de Boccard, 1916.

    Contre Nietzsche et contre ceux qui subissent et/ou encouragent l'influence de Nietzsche.

    Passage intitulé "Nietzsche prêtre de Wotan" (p. 112-113)

    Note par exemple: "Nietzche ne sera pas lu de ses paroissiens-nés; il n’en est pas moins le philosophe des apaches. II va même plus loin, il célèbre la cruauté comme fondement nécessaire de la civilisation. Ici, la société se demande, si elle veut vivre: il ne s’agit plus de blasphème, mais du crime de droit commun. La mort de Bonnot est une injustice selon la théorie de Nietzche. En vain objectera-t-on que Bonnot n’avait pas lu Nietzche. Les officiers allemands le mettent en pratique depuis deux ans. Faut-il que l’esprit européen soit affaibli pour croire à l’inocuité des idées? Nous sommes faits des livres que nous avons lus, et Nietzche a des défenseurs qui lui passent d’avoir insulté le crucifìx, en faveur de je ne sais quel accent littéraire vif et désordonné" (p. 113).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/PELADAN - Ajout: PELADAN, L'Art et la guerre, Paris, E. de Boccard, 1917.

    Note: "Nietzsche est mort fou, il a blasphémé, il a osé s’intituler antichrétien, mais il a jugé les Allemands avec lucidité: « Ils n’ont pas même honte de n’être que des Allemands. » Goethe voulut être autre chose qu’un Allemand, l’humaniste qu’entend et révère tout esprit cultivé. Or il n’y a que deux formes universelles de la pensée occidentale, la grecque et la catholique". (p. 57)

    Aussi: "L’âme française ne se trouve pas au diapason des événements, la haine manque. Elle n’est pas à la mode. On oppose à la furie teutonne une étrange modération. Faut-il être grand clerc pour découvrir que la force des passions domine les éléments? Ce n’est point aimer la France que de nourrir de l’indulgence pour ses bourreaux. Le prix Nobel décerné au teutonisant Romain Rolland pour son Jean Christophe, type teutonique, ne doit pas nous impressionner. Au-dessus de la mêlée, il n’y a que des traîtres.

    II faut être aussi fou que Nietzsche pour trouver quelque chose au delà du bien et du mal, qui sont les éternelles colonnes d’Hercule du monde moral." (p. 170-171)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Elisabeth Förster-Nietzsche - Ajout: Un article du même titre est publié dans la Bibliothèque universelle et Revue de Genève, juin 1927.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Dr. E. Lacoste.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/André Gide - Ajout d'un lien vers Prétextes (5ème édition de 1913)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Docteur Michaut - Correction de la date de publication (1903 au lieu de 1913): MICHAUT D., "Le début de la maladie de Nietzsche", in Clinique générale de chirurgie, n°4, avril 1903, p. 120-124.
    Article publié en quatre parties d'avril à juillet 1903. Adrien Remacle régit à cette publication avec un article intitulé "La folie de Nietzsche. Lettre au Docteur Michaut", in La Plume, 1er décembre 1913.

L'article est supprimé dans 1913 et ajouté dans 1903.

Ajout d'un lien vers l'article.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: André Schaeffner (1895-1980) Anthropologue et ethnomusicologue français, il est l'auteur de l'introduction et des notes de Nietzsche, Lettres à Peter Gast, traduit par Louise Servicen, Editions du Rocher, Monaco, 1957 (Christian Bourgois Editeur, 1981).
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/André Coeuroy - Ajout: COEUROY André, "Les livres", in Revue musicale, 1er juillet 1921, p. 86-87. [L.V.]

    Compte-rendu de Charles AndlerNietzsche, sa vie et sa pensée, tome II.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/François Mauriac - Ajout: "Nietzsche est au fond le philosophe du sens commun" (Vie de Jésus, 1936)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Sœur Anne - Ajout: SOEUR ANNE, "Causerie de Sœur Anne. A tort et à travers", in La Liberté du Sud-Ouest, 22 mars 1934, p. 6. [L.V.]

    Considère qu'une "des caractéristiques si typiquement représentative de notre époque, est la facilité avec laquelle on parle de ce qu’on ignore et cela avec une autorité plaisante".

    Se moque d'une jeune lycéenne rencontrée au hasard d'un voyage: "Cette jeune personne, après avoir daigné me dire quelques mots aimables au sujet d’une réunion où j’avais pris la parole dans le village d’où nous venions, ajouta qu’elle ne saurait partager mes convictions, car elle était disciple de « Nietteche ».

    Après une minute d’hésitation, l’idée me vint qu’elle voulait faire allusion au philosophe Nietzsche, et, un peu malicieusement, je lui demandais de me documenter et de me donner quelques aperçus du système.

    Je ne fus pas longue à m’apercevoir qu’elle était bien embarrassée de ma question, et que certainement le disciple ne brûlait pas comme le maître « au feu de sa propre pensée ».

    Encore une, voyez-vous qui parle à tort et à travers, de ce qu’elle ne sait pas. J’ajoute que ce dernier cas est beaucoup plus grave évidemment, que celui qui se borne à transposer le conquistador sur un plan qui n’est pas le sien. Ceci est superficiel, tandis que c’est l’âme profonde qui est atteinte par cette méconnaissance, non seulement des mots, mais des valeurs. Pourquoi parler de philosophes qu’on ne peut comprendre, dont les combats de la pensée sont un danger, pour ceux qui ne peuvent en saisir la véritable portée, il faut être très fort pour courir le risque de telles aventures intellectuelles. Le moindre mal qui puisse en résulter est le ridicule de discuter à tort et à travers sur ce qu’on ne sait pas.

    Ainsi parla non « Zarathoustra » mais tout simplement

    SŒUR ANNE."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout Sœur Anne
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Magdeleine Paz - Ajout: Voir sa notice dans le Maitron.
  • OUTILS/NIETZSCHE EN FRANCE: APERCU SELECTIF DES PUBLICATIONS ET COMMUNICATIONS RECENTES/APPROCHES PHILOSOPHIQUES - Ajout: Nietzsche et la pratique philosophique, 28 mars 2025. Journée d'étude du Cercle d'Etudes Nietzschéennes (CEN) organisée par Ondine Arnould, Yves Ghiot, Frédéric Porcher et Axel Vincent, avec l'aide de Bertrand Binoche. programme 
  • OUTILS/NIETZSCHE EN FRANCE: APERCU SELECTIF DES PUBLICATIONS ET COMMUNICATIONS RECENTES/APPROCHES HISTORIENNES - Ajout: Laure Verbaere: Nietzsche outsider: histoire d'une absence, communication à la journée d'étude du Cercle d'Etudes Nietzschéennes (CEN) organisée par Ondine Arnould, Yves Ghiot, Frédéric Porcher et Axel Vincent, avec l'aide de Bertrand Binoche: Nietzsche et la pratique philosophique, le 28 mars 2025.
  • QUI SOMMES-NOUS?/Laure Verbaere - Ajout: Nietzsche outsider: histoire d'une absence, communication à la journée d'étude du Cercle d'Etudes Nietzschéennes (CEN) organisée par Ondine Arnould, Yves Ghiot, Frédéric Porcher et Axel Vincent, avec l'aide de Bertrand Binoche: Nietzsche et la pratique philosophique, le 28 mars 2025. programme de la journée
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Valentine de Saint-Point - Correction: "C'est la première femme à traverser l'Atlantique en avion". C'est une erreur qu'on m'a signalée. Merci. Je supprime.

 

MARS 2025

 

  • ARTICLE DU JOUR/15 mars 1899: Victor Delbos (Revue universitaire): "Les idées de Nietzsche n’avaient été encore présentées chez nous que dans des articles de revues et de journaux. Le livre de M. Henri Lichtenberger vient à point pour répondre à la curiosité qu'elles ont fait naître. Exprimées le plus souvent sous forme d’aphorismes, dédaigneuses de ces procédés réguliers de composition qui sacrifient la qualité d’âme du philosophe aux exigences d’une prétendue vérité objective, elle se prêtent mal à un exposé systématique qui ne peut, semble-t-il, les ordonner qu’en les altérant. Par la précision de son analyse, par le sentiment qu’il a de la personnalité autant que de la pensée de son auteur, M. Lichtenberger s’est rendu très heureusement maître de la difficulté. (...)

Peut-être incline-t-il trop dans la conclusion à défendre la théorie du Surhomme au nom de la part de vérité qu’il y a dans tout individualisme : car le genre d’individualisme de Nietzsche est encore un individualisme tout d’exception : il suppose une exaltation romantique du moi qui va au delà de toutes les limites normales de la vie et de la pensée ; comme vient de l’écrire M. Renouvier dans sa Nouvelle Monadologie, la théorie du Surhomme pourrait bien n’être que « la folie des grandeurs érigée en système »."

 

 

FEVRIER 2025

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Emile Verhaeren - Ajout: Lire: Éric Clémens, "Verhaeren nietzschéen?", in Revue belge de philologie et d'histoire, tome 96, fasc. 4, 2018, Langues et littératures modernes - Moderne taal-en letterkunde, p. 1181-1188.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Léon Brunschvicg - Ajout: lire Pierre Cassou-Noguès, "L’énigme de l’Agenda", in Revue de métaphysique et de morale, 2021/3, n°111, 2021. p.371-384.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Léon Brunschvicg - Ajout à propos de son livre de 1927:  Réédition en 1953.

    Soutient notamment: " (...) il n’est pas besoin de se demander si son œuvre est vraiment d’un philosophe, si elle comporte une ou plusieurs doctrines successives, pour apercevoir la portée historique de son apparition." (p. 198, éd. 1953)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Francis Jammes - Ajout: JAMMES Francis, "J. G. In memoriam", in La Liberté du Sud-Ouest, 16 novembre 1932, p. 1. [L.V.]

    A propos du suicide d'un jeune homme, déplore la responsabilité d'une littérature satanique, d'une philosophie morbide à laquelle appartiennent Nietzsche et surtout ses disciples.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Denis de Rougemont - Ajout: Il fait partie du comité de rédaction de la revue Ordre nouveau où Nietzsche figure en bonne place notamment dans "Essai de bibliographie révolutionnaire" (1933) et dans "Texte de doctrine et d'action" (1934). Entretiens de Denis de Rougemont avec Donato Longo [consultation à venir]
  • DIVERS/Nietzsche et la pratique philosophique. Journée d'étude du Cercle d'Etudes Nietzschéennes (CEN) 28 mars 2025 à Paris - Ajout: programme
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Ludovic Naudeau - Ajout: NAUDEAU Ludovic"Les grands extravagants", in Le Phare de la Loire, 18 janvier 1940, p. 1-2. [LV]

    Evoque le livre de Hermann Rauschning, Hitler m'a dit (éd. Coopération, 1939) qui contient ce passage:

    « J'ai été souvent, comme tant d'autres, l'auditeur dont Hitler s'emparait pour se convaincre lui même. C'est ainsi qu'il m'a révélé, par fragments, sa "philosophie", ses vues générales sur la morale, la destinée humaine et le sens de l'histoire. C'était du Nietzsche mal digéré et plus ou moins amalgamé avec les idées vulgarisées d'une certaine tendance "pragmatiste" de la philosophie contemporaine. Hitler m'exposait tout cela avec les gestes d'un prophète et d'un génie créateur Il semblait convaincu d'exprimer des idées qui lui étaient personnelles. Il n'en connaissait pas l'origine il pensait ne les devoir qu'à ses méditations solitaires dans les montagnes ».

    Cite et approuve que "c'était du Nietzsche mal digéré" (p. 2).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Ludwig Naudeau - Correction en Ludovic Naudeau: écrivain et journaliste français. Correction dans la recherche par auteur/autrice.

 

JANVIER 2025

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/André SAUGER - Ajout: SAUGER André, "Du côté de chez Nietzsche", in La République, 5 août 1931, p. 2. [LV]

    Cite longuement et commente un article suédois sur la vie amoureuse de Nietzsche.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/RECHERCHE PAR AUTEUR/AUTRICE - Ajout: André SAUGER
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Raymond Poincaré - Ajout: POINCARE Raymond, "Un discours de M. Poincaré au Congrès national du Livre", in La Liberté du Sud-Ouest, 12 mars 1917, p. 1.

    Discours reproduit dans de très nombreux quotidiens français. Cite Nietzsche vers la fin de son discours: "C’est Nietzsche qui a écrit: « Tout ce qu'il y a de noble, en Europe, dans l’ordre des sentiments, des goûts et des mœurs, est l’invention de la France. »

    Ce n’est pas un Français, c’est encore Nietzsche qui a défini la culture, « l’unité de style artistique dans toutes les manifestations de la vie »,et qui a proclamé, sans respect pour sa terre maternelle, que « la marque distinctive de l’Allemagne était le chaos dans les tentatives d’art, l’absence de style, le défaut de culture. Il a même ajouté : « la barbarie ».

    Titres singuliers, si Nietzsche a dit vrai pour essayer de conduire, par le livre, l’esprit du genre humain!

    Le genre humain, l'Allemagne, aujourd’hui, l’a en grande partie soulevé contre elle et voici que, sur les continents et sur les mers, s’affrontent, non seulement deux groupes de peuples et deux fédérations d’intérêts, mais deux principes et deux civilisations; la souveraineté de la force et la souveraineté du droit, le régime d oppression et l'esprit de liberté, l’orgueilleuse grossièreté du « kolossal » et le sentiment de la vraie grandeur intellectuelle et morale."

  • RECHERCHE PAR AUTEUR/AUTRICE - Ajout: Raymond Poincaré
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Henryne - Ajout: HENRYNE, "Nietzsche et la guerre", in La Liberté du Sud-Ouest, 3 avril 1915, p. 1.

    Note: "Ce qu’il y a de particulièrement pénible dans les atrocités de la guerre actuelle, dans les menées honteuses contre lesquelles se révoltent toutes nos fiertés et toutes nos délicatesses, c’est qu’atrocités et menées honteuses ne sont que la conséquence logique des principes auxquels ont abouti, en Allemagne, les raisonnements de quelques-uns de ses plus illustres philosophes."

    Développe sur Nietzsche.

  • RECHERCHE PAR AUTEUR/AUTRICE - Ajout: HENRYNE
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Robert Pitrou - Ajout: PITROU Robert{Revue des livres}, in La Liberté du Sud-Ouest, 25 septembre 1933, p. 3 [LV]

    Compte-rendu élogieux de Thierry MaulnierNietzsche.

    Note: "Exposé tout à fait clair et juste de la doctrine, si mal connue, de cet extraordinaire « prince des libérations »... qui n’a pas libéré grand chose. M. Maulnier, dont on goûte par ailleurs de vigoureux articles dans « Le Rempart », est le premier à en convenir. Comme, au bord opposé, Charles And1er, il reconnaît que ce « tombeur » du christianisme n’a rien su mettre à sa place, et qu’au contraire, ses attaques, dictées par une nostalgie secrète de Dieu, renforcent encore la position des Eglises, de l’Eglise romaine surtout.

    On ne saurait trop recommander à des catholiques, si paradoxal que cela semble, la lecture d’un tel livre: leur foi en sortira renforcée, quand ils verront à quelles tortures d’esprit et d’âme s’est soumis ce «surhomme» pour tenter d’abdiquer la sienne."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Henry Spont - Ajout: SPONT Henry, "Nietzsche et le judaïsme", in La Volonté, 10 mai 1933, p. 2. [LV]

     

    Soutient que les nazis sont mal fondés à invoquer Nietzsche pour justifier le déchaînement de leur antisémitisme.

  • RECHERCHE PAR AUTEUR/AUTRICE - Ajout: Henry SPONT
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/François Berthier - Ajout: BERTHIER François, "nietzsche, par Henri Lefebvre", in L'Humanité, 26 août 1939, p. 8. [LV]

     

    Compte-rendu du Nietzsche d'Henri LefebvreRésume: "(…) Nietzsche est-il un prophète de l'hitlérisme? Les nazis, mais aussi nombre de leurs adversaires, ont facilement tendance à l'estampiller précurseur du nazisme et à voir en le surhomme, le dictateur fasciste. Lefebvre met en garde contre une interprétation aussi légère. Il souligne chez Nietzsche le côté humaniste qu'il serait faux d'ignorer. Il exprime même l'avis qu'un jour cet aspect de l'œuvre nietzschéenne pourrait prendre une importance nouvelle:

    « On peut même penser qu'un jour, lorsque les problèmes humains seront enfin abordés dans une communauté humaine délivrée de ce qui l'opprime et l'arrête, beaucoup de pages de Nietzsche reprendront un sens valable et profond. La partie systématique de sa pensée tombera : resteront ses « perspectives » sur l'avenir de l'homme, sur le possible humain. »

    (...)"

  • RECHERCHE PAR AUTEUR/AUTRICE - Ajout: François BERTHIER
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Robert Pitrou - Ajout: PITROU Robert, {Revue des livres}, in La Liberté du Sud-Ouest, 14 mars 1933, p. 3 [LV]

Comptes rendus de Georges WalzLa vie de Frédéric Nietzsche d'après sa correspondance (noté B: livres destinés aux lecteurs avertis et d'âge mûr), et de Lou Andreas-SaloméNietzsche, traduction française, 1932 (noté A: livres pouvant être mis entre toutes les mains).

Note: "Nietzsche est de ces auteurs dont on parle beaucoup sans les connaître. Vu de près, il est bien moins subversif qu’on ne l’imagine ordinairement, el l’on constate, à le lire de près, qu’on a abusé d’une pensée qui allait sans cesse aux extrêmes, pour faire de ce chrétien nostalgique un Antéchrist, de ce « bon Européen » (il a inventé l’expression) un pangermaniste à tous crins, de cet apôtre de la pureté, un immoraliste autorisant tous les excès.

C’est justement en regardant sa vie au jour le jour qu’on s’aperçoit que ce révolutionnaire, comme bien d’autres iconoclastes, a au contraire « consolidé ce qu’il prétendait démolir ». Les lettres très pertinemment choisies par M. Walz et le commentaire tout à fait intelligent qu’a donné de sa doctrine Mlle Salomé (le livre date de 1899, mais garde toute sa valeur), montrent au non-initié un penseur tout différent de celui qu’il imagine; avant tout, un homme, un pauvre homme, torturé, déchiré par les doutes, effrayé par le matérialisme et le pharisaïsme du milieu, allemand et luthérien, où il avait grandi, s’évadant pour errer de Suisse en Italie et d’Italie en Suisse, et finalement poussé à la folie par le silence de mort fait autour de ses idées, un silence effroyable, comme peut-être on n’en a jamais vu.

Alors, le drame intime s’éclaire de couleurs fantastiques, La Passion nous fait comprendre bien des excès d’une pensée fougueuse, et un sentiment subsiste: la pitié pour l’homme, avec l'admiration pour l’écrivain et surtout le psychologue qui a dardé jusqu’aux abîmes de l’âme humaine des faisceaux de lumière fulgurante et géniale. (...)"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Alexandre PONS - Ajout: PONS Alexandre,  La guerre et l'âme française; vers une double victoire: seize conférences, Tunis-Paris, 1914-15, avec une préface de l'abbé Edmond Loutil, Paris, Bloud et Gay, 1915.

    Rappelle et dénonce la "prodigieuse extension de la « culture » allemande en France" dans les années précédant la guerre. Evoque un "spectacle navrant: des millions de Français dont la boîte crânienne abrite un cerveau modelé par Kant, Bebel, Nietzsche, Strauss ou Harnak(...)". Note: "Croyez bien que les folies subversives de Nietzsche ont eu beaucoup plus de traducteurs, de lecteurs, et de passionnés propagateurs que les claires, vivifiantes et si françaises envolées de Mistral".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Alexandre PONS
  • TRACES ORALES/COURS 1919-1920 - Ajout: Leçon de Joseph DRESCH: "L'influence française en Allemagne au XIXe siècle. Frédéric Nietzsche". Cours de littérature allemande à la faculté des lettres de Bordeaux, le vendredi 19 mars 1920. D'après l'annonce publiée dans La Liberté du Sud-Ouest.
  • TRACES ORALES/COURS 1932-1934 - Ajout: Robert Pitrou: Introduction à l'étude de Nietzsche. Cours de langue et littérature allemandes à la faculté des lettres de Bordeaux. Cours du mercredi 15 février 1933: "Amours et haines de Nietzsche" d'après l'annonce publiée dans La Liberté du Sud-Ouest.

Cours du mercredi 22 février 1933: "La vocation et la souffrance de Nietzsche" d'après l'annonce publiée dans La Liberté du Sud-Ouest.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1933 - Ajout: A. P., "Nietzsche à Weimar", in La Liberté du Sud-Ouest, 24 janvier 1933, p. 3. [LV]

    Présentation de la traduction française, par Robert Pitrou, du Nietzsche d'Ernst Bertram. Remarque: "Nietzsche a répandu dans le monde une doctrine qui a empoisonné bien des cerveaux. Mais il y a des poisons qu'il faut connaître pour les mieux combattre. Il va sans dire qu'il est prudent de ne pas les laisser traîner dans toutes les mains et qu'il faut être intellectuellement et moralement bien armé pour les manier sans danger".

    Extrait.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/RECHERCHE PAR AUTEUR/AUTRICE - Ajout de Magdeleine LEGENDRE et Magdeleine MARX qui renvoient vers Magdeleine PAZ, toujours la même personne avec nom de naissance, nom de femme mariée deux fois. But: favoriser la visibilité.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1925 - Ajout: ARS ET LUX, "C. F. 7054", {Le Courrier de mes Filles}, in Eve, 22 novembre 1925, p. 14. [L.V.]

    Réponse à une question sur Nietzsche posée le 20 avril 1924 et le 9 août 1925.

    "— Son grand amour. (...) Vous nous demandez de parler de Nietzsche? Vous n’êtes surement pas féministe si vous approuvez son chapitre sur les femmes! Pour celles qui n’ont pas lu Nietzsche, voici quelques réflexions. Qu’en pensez-vous, féministes mes sœurs, et vous, antiféministes, non moins sœurs en Eve: «L’homme véritable veut deux choses: le danger et le jeu. C’est pourquoi il veut la femme, le jouet le plus dangereux. — L’homme doit être élevé pour la guerre, et la femme pour le délassement du guerrier: tout le reste est folie. — Le guerrier n’aime pas les fruits trop doux. C’est pourquoi il aime la femme; une saveur amère reste même à la femme la plus douce. » Que la femme soit un jouet, pur et menu, pareil au diamant rayonnant des vertus d’un monde qui n’est pas encore! Voici qui est mieux: «Qu’en votre amour vous mettiez votre honneur... que ce soit votre honneur d’aimer toujours plus que vous êtes aimées, et de ne jamais venir en seconde place. — Que l’homme redoute la femme quand elle aime: c’est alors qu’elle fait tous les sacrifices et tout autre chose lui paraît sans valeur.» Moins bien: Que l’homme redoute la femme quand elle hait: car au fond du cœur l’homme n’est que méchant, mais au fond du cœur la femme est mauvaise (!). — Le bonheur de l’homme est: je veux, le bonheur de la femme est: il veut. » — « Voici, le monde vient d’être parfait!», ainsi pense toute femme qui obéit dans la plénitude de son amour. Et si vous voulez savoir la conclusion de la « vieille femme » à cet entretien, la « petite vérité » qu’elle offre en remerciement; « Donne-moi, femme, ta petite vérité! » dis-je. Et voici ce que me dit la vieille femme: « Tu vas chez les femmes? N’oublie pas le fouet! » Ainsi parlait Zarathoustra."

Une autre réponse est publiée le 5 octobre 1924.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1924 - Ajout: AMOROSA, "C.F. 4822", {Le Courrier de mes Filles}, in Eve, 5 octobre 1924, p. 14. [L.V.]

     

Réponse à une question sur Nietzsche posée le 20 avril 1924 et le 9 août 1925.

"— A son grand amour. Voici les réflexions que me suggèrent quelques pages de Nietzsche (ainsi parlait Zarathousthra)! La raison retrouve avec complaisance toutes les étapes qu’elle doit franchir pour arriver à la connaissance de soi. C’est la doctrine du surhumain qui conduirait par une voie ardue, mais magnifique, à la sainteté laïque. De la maîtrise des passions mauvaises, jaillit la conception idéale de la nature humaine; idéale, parce qu’elle n’atteint jamais la liberté de la pensée basée sur la raison. Sans doute, connaissez-vous d’autres livres du même auteur; voudriez-vous m’en donner l’idée générale? Selon vous, à quelle philosophie s’apparente Nietzsche? Certains le trouvent obscur. Etes-vous de cet avis? — A toutes ces pensées :

« Que peut-il vous arriver de plus sublime? C’est l’heure du grand mépris. » (Nietzsche).

(...)"

Une autre réponse est publiée le 22 novembre 1925.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1937 - Ajout: Anonyme, {Histoire}, in Jardin des lettres, 1er février 1937, p. 6. [L.V.]

    Compte-rendu de M. -P. NicolasDe Nietzsche à Hitler. Note que c'est "un livre d’une brûlante actualité". Précise: "L’auteur a voulu régler enfin leur compte aux déformations intéressées qui sont aujourd’hui infligées outre-Rhin à la doctrine de Nietzsche et opposer à ces prétentions de tendance politique le véritable enseignement du grand philosophe. Mais les idées que M. P. NlCOLAS soutient ici, la thèse qu'il défend et fait triompher, il leur donne comme appuis et comme garants, en irréfutable témoignage, les textes mêmes de Nietzsche. Il n’avance rien qu’il ne le confirme par une citation prise dans ses œuvres ou dans cette correspondance à laquelle Nietzsche lui-même attribuait une si grande importance. De cette confrontation entre ce que l’on fait dire aujourd’hui au grand penseur et ce que celui-ci a dit, il éclate avec évidence que nietzschéisme et racisme hitlérien n’ont aucun lien commun, bien plus que l’anti-christianisme, disons plutôt, le néo-paganisme nazi est à l’opposé du surchristianisme nietzschéen. Métamorphoser pour les besoins de la cause politique, intérieure ou extérieure, l’auteur de La Volonté de Puissance en « nationaliste » est un acte, tout uniment, de mauvaise foi qui a l’exacte valeur d’un « argument électoral »."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jules de Gaultier - Ajout de liens vers ses articles publiés dans la Revue des idées en 1904.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Maurice Barrès - Ajout: BARRES Maurice, "Au « Couarail » nancéen", in L'Echo de Paris, 25 juin 1911, p. 2.

    Transcription de son discours (également dans Le Temps, L'Eclair...). Fait son examen de conscience qui débute ainsi:

    "Quand je me regarde dans le passé, tel que j'étais à vingt ans, jeune étudiant de cette ville, je me vois à côté d'un jeune homme admirable, le plus regretté compagnon, qui, au premier aspect, semblait être enveloppé de la brume où flottent les personnages de Chamisso. Stanislas de Guaita vivait les imaginations romantiques du Rhin. D'autre part, je sais bien la part qu'eurent dans ma formation les vieux châteaux des collines d'Alsace. Je sais encore que d'instinct, de naissance, je suis porté à ne mettre aucun esprit au-dessus de Goethe,

    Artiste au front paisible avec des mains en feu.

    J'aime Schiller d'avoir chanté nos héroïnes nationales, la romanesque Marie Stuart, fille des Guise, et la sainte Jeanne d'Arc, et les trois strophes que ce noble poète a dédiées à la vierge de Domrémy pour la venger des railleries de Voltaire, sont celles-là même qu'un Lorrain aurait pu trouver dans son cœur. Enfin, je suis si peu l'ennemi du génie allemand que je voudrais croire ce que disait l'autre jour Emile Faguet: que c'eût été pour Nietsche un réconfort de savoir que, vers 1887, « dans un temps où il était si profondément ignoré de ses compatriotes, il eût trouvé à Paris un jeune homme qui, sans avoir lu aucun de ses livres, se rencontrait avec lui dans le mépris des Barbares et le Culte du Moi. »

     

    Ainsi, je vois bien ce qu'il y a dans mon esprit d'idées et de sentiments rhénans. Mais de tout cela qu'aurais-je pu faire si j'étais resté soumis aux seules influences du grand fleuve? Si j'ai pu tirer quelque chose de cette matière, c'est en prenant les leçons de l'Espagne, de l'Italie, de la Grèce, c'est par le bienfait de la France, héritière de Rome et d'Athènes, et qui maintient les disciplines classiques."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/J. -B. Séverac - Ajout: SEVERAC J.-B."Journal d'un homme de 40 ans, par Jean Guéhenno", in Le Populaire, 25 décembre 1934, p. 4. [LV]

    Cite:  "Dirai-je ce qu'était le ciel poétique de ces années, d'après quels astres nous nous orientions, Barrés, Gide, Jaurès, Romain Rolland, et cette plus lointaine étoile au feu dur et exaltant, Nietzsche ? Il me semble maintenant que tous ces maîtres si divers par les idées, avaient pour nous la même voix. Et c'était leur voix qui nous touchait, certain frémissement continu en elle qui nous annonçait toute notre vie comme un drame, certaine ardeur tremblante, accordée au rythme de notre propre fièvre. Nous avions lu Anatole France, et c'est lui qui, en nous formant à la critique, nous empêcha d'être bêtes, mais sa tranquille sagesse ne remplissait pas notre cœur. Nous entendions d'autres appels. Si Romain Rolland, Jaurès, nous parlaient d'une vie héroïque, Barrès, Gide, d'une vie pathétique, Nietzsche d'une vie dangereuse, il nous semblait toujours que ce fût la même leçon. La question était « d'avoir de l'âme ». comme disait M. Barrès".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean Guéhenno - Ajout d'une citation: "Et c'était leur voix qui nous touchait, certain frémissement continu en elle qui nous annonçait toute notre vie comme un drame, certaine ardeur tremblante, accordée au rythme de notre propre fièvre. Nous avions lu Anatole France, et c'est lui qui, en nous formant à la critique, nous empêcha d'être bêtes, mais sa tranquille sagesse ne remplissait pas notre cœur. Nous entendions d'autres appels. Si Romain Rolland. Jaurès, nous parlaient d'une vie héroïque, Barrès, Gide, d'une vie pathétique, Nietzsche d'une vie dangereuse, il nous semblait toujours que ce fût la même leçon. La question était « d'avoir de l'âme ». comme disait M. Barrès" (Journal d'un homme de quarante ans, Paris, Grasset, 1934, cité d'après le compte-rendu publié dans Le Populaire du 25 décembre 1934)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/THARAUD Jérome et Jean - Ajout: THARAUD Jérome et Jean, "Mes années chez Barrès (suite)", in Revue hebdomadaire, 24 décembre 1927, p. 415-429. [LV]

    Long article publié en plusieurs fois (1927-1928) avec un petit passage sur Nietzsche: "Si l'on cherche hors de lui-même d'où Barrès tenait cette volonté de puissance, qui est un de ses traits les plus marqués, ce n'est pas à Nietzsche qu'il faut songer. « Je ne l'ai jamais lu, disait-il, je ne sais pas l'allemand, et quand j'ai commencé d'écrire, Henri Albert n'avait pas encore entrepris de le traduire. »" (p. 425)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/MAURICE BARRES - Ajout d'une précision: Lire aussi dans "Mes années chez Barrès": "Si l'on cherche hors de lui-même d'où Barrès tenait cette volonté de puissance, qui est un de ses traits les plus marqués, ce n'est pas à Nietzsche qu'il faut songer. « Je ne l'ai jamais lu, disait-il, je ne sais pas l'allemand, et quand j'ai commencé d'écrire, Henri Albert n'avait pas encore entrepris de le traduire. »" (Revue hebdomadaire, 1927)
  • ARTICLE DU JOUR/10 JANVIER 1910 - Ajout: "Gendelettrie et Basbleuisme"

    "A propos du cas de Mme Marcelle Tinayre, un problème de psychologie se pose à l'esprit : comment se fait-il que les femmes de lettres aient si rarement le sentiment de la mesure ?

    Que nous « gaffions » de temps à autre, nous, les journalistes, j'oserai dire que c'est presque forcé. (…) Mais de la part de personnes qui écrivent loisir, c'est presque incompréhensible, surtout de la part de femmes, qui ont d'ordinaire un sens des nuances si fin et si délicat.

    Prenons comme exemple les deux femmes de lettres dont il a été le plus question en ces derniers temps Mmes de Noailles et Tinayre. Voilà des personnes véritablement hors de pair par des qualités éminentes, aussi bien par la dignité de la vie privée que par la valeur incontestable de leur talent. Elles sont justement honorées, considérées, fêtées. Hé bien il faut qu'elles « gaffent ».

    Madame de Noailles « gaffa » certainement le jour où, aux regrets de ses admirateurs dont je suis, elle crut devoir s'attaquer aux religieuses, à l'heure où on chassait celles-ci, attaque dont le moins qu'on puisse dire, est que, de la part d'une femme, le geste était inattendu. Voici maintenant Mme Tinayre qui refuse la croix, de peur qu'on ne la prenne pour une personne qui aurait été « cantinière en 70 », par exemple comme Mme Juliette Dodu qui, étant receveuse des télégraphes à Pithiviers, réussit à saisir au passage d'importantes dépêches allemandes qu'elle fit passer au général d'Aurelles de Paladines, et sauva ainsi tout un corps d'armée qui allait être cerné par les troupes du prince Frédéric-Charles. Etre « cantinière » de cette façon vaut pourtant mieux, certes, que d'écrire des romans ou des articles. Ah la gendelettrie et le basbleuisme !...

    Le joli de l'aventure est, qu'en fin de compte, Mme Tinayre se trouve avoir refusé à grand fracas des confitures qu'on ne lui offre pas ou plutôt qu'on ne lui offre plus, car voyant le cas qu'elle en faisait ou plutôt qu'elle se donnait les airs d'en faire, le Conseil de l'Ordre de la Légion d'Honneur aurait décidé de donner la croix à une autre.

    Nietsche disait qu'il y avait des superhommes. Pourquoi faut-il que nos superfemmes fassent avec tant d'allégresse des supergaffes ?

    S. Lep (L'Ouest-Eclair)

  • L'ACTUALITE DE NIETZSCHE EN FRANCE/APPROCHES PHILOSOPHIQUES - Ajout: Michel Foucault. Nietzsche, Cours, conférences et travaux, EHESS Gallimard Seuil, 2024.

Édition établie, sous la responsabilité de François Ewald, par Bernard E. Harcourt.

"« Nietzsche et Heidegger, ça a été le choc philosophique ! Mais je n’ai jamais rien écrit sur Heidegger et je n’ai écrit sur Nietzsche qu’un tout petit article ; ce sont pourtant les deux auteurs que j’ai le plus lus », dira Michel Foucault à la fin de sa vie. Puis, il précise : « Je crois que c’est important d’avoir un petit nombre d’auteurs avec lesquels on pense, avec lesquels on travaille, mais sur lesquels on n’écrit pas. »

Les Cours, conférences et travaux sont des témoignages inédits du « travail » de Foucault avec Nietzsche. Ces textes datent des deux grandes périodes de sa vie intellectuelle (...)"

  • L'ACTUALITE DE NIETZSCHE EN FRANCE/APPROCHES PHILOSOPHIQUES - Ajout: Michèle COHEN-HALIMI et Orazio IRRERA (coord.), Foucault et « l’effet Nietzsche »Cahiers philosophiques n° 175, avril 2024

"Quarante ans après sa disparition, l’œuvre de Foucault fait à nouveau l’objet d’une intense actualité éditoriale qui ouvre la voie à des lectures et relectures inédites. Dans le sillage de la parution de La question anthropologique (EHESS-Gallimard-Seuil, 2022) et du Discours philosophique (EHESS-Gallimard-Seuil, 2023), de nouveaux travaux de recherche s’attachent notamment à diversifier et réévaluer l’importance de la philosophie de Nietzsche dans l’élaboration progressive de la pensée foucaldienne. Ce numéro des Cahiers philosophiques s’en fait l’écho et explore l’existence et la teneur d’un « effet Nietzsche » au cœur de la philosophie de Foucault."

 

  • L'ACTUALITE DE NIETZSCHE EN FRANCE/APPROCHES PHILOSOPHIQUES - Ajout: NIETZSCHES ZUKÜNFTE. Global Conference 7-11 October 2024 in Weimar

 The philosopher, poet and composer Friedrich Nietzsche is one of the most influential scholars of our time. Within just a few years after his mental breakdown, this largely unknown writer became a philosophical phenom of global significance – and has remained so to this day. In view of his broadly enthusiastic – and occasionally unfavourable – reception in the 20th and 21st century, he is a uniquely international and interdisciplinary phenomenon. Nietzsche was one of the first and most innovative analysts of the modern era. In light of the serious crises afflicting our now globally interconnected modern culture, taking a transcultural look at this extraordinary philosopher could offer us promising systematic insights. The aim of this conference is to literally bring Nietzsche researchers from all around the world in contact and jointly investigate the future of Nietzsche.

Depuis quelques dix ans, le nietzschéisme sévit en France. Il est de mode philosophique, mondaine et féminine. Tout récemment encore, une romancière de talent n'intitulait-elle point son œuvre dernière, œuvre d'observation psychologique contemporaine: Nietzschéenne ?... Bien mieux ! Nous avons eu, cet hiver 1907, de fort piquantes causeries d'Emile Faguet et de non moins curieux articles d'Yvonne Sarcey sur le palpitant sujet du « surhomme », de l'übermensch, c'est-à-dire sur cette thèse nouvelle et bien moderne de l'individualisme outrancier, plus farouchement despotique que l'égotisme aimable de Barrès et que l'exclusivisme rêveur d'Ibsen. Ce singulier mouvement de pensée — venu d'Allemagne et probablement issu de l'évolution des doctrines autoritaires et désespérantes de Kant, de Max Stirner et de Schopenhauer — doit principalement son origine à la publication d'un volume de Nietzsche, qui présente d'indiscutables qualités de fond et dont le titre à lui seul est déjà presque une promesse : Ainsi parlait Zarathoustrâ... Il n'entre point dans ma pensée d'épiloguer sur cet ouvrage, ni sur sa portée sociale, diversement appréciée par les uns et les autres... pas plus que je n'ai l'intention d'établir le bilan respectif des théories altruiste et individualiste... Mais il m'a paru assez tentant d'étudier un peu sur place — oh ! le moins philosophiquement possible — les mœurs, les dogmes, le rite, la liturgie de cette secte importante des Pârsis. (...).

(Robert Chauvelot)

  • L'ACTUALITE DE NIETZSCHE EN FRANCE/APPROCHES PHILOSOPHIQUES - Ajout: Colloque international, 17 et 18 décembre 2024. Le(s) Nietzsche de Foucault. Autour du volume de Michel Foucault, Nietzsche. Cours, conférences et travaux (Columbia University | EHESS | Université Paris 8) Programme

 

 

DECEMBRE 2024

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Roger Maxence - Ajout: MAXENCE Roger"Nietzsche a dit à Hitler...", in Le Petit journal, 5 mai 1940, p. 4. [L.V.]

    Imagine Hitler qui retrouve des rêves de grandeur en lisant Ainsi parlait Zarathoustra.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Roger Maxence
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Alfred Kerr - Ajout: KERR Alfred"Le Nazisme philosophique", in La Dépêche (Toulouse), 11 octobre 1933, p. 1.

    "(...) Nietzsche, près du buste duquel Hitler Adolf se fit photographier (sans que l'appareil crevât), ne parle jamais des Allemands qu'avec le plus profond mépris. Nietzsche, l'idole des nazis, est, comme on le sait, l'insulteur le plus tenace du caractère allemand. Ici encore, le philosophe aime moins l'Allemagne que l'Allemagne ne prétend aimer la philosophie. (...)"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Alfred Kerr. Pseudonyme.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edmond Vermeil - Ajout: VERMEIL Edmond, "Les thèmes de la propagande allemande", in L'Europe nouvelle", 15 juillet 1939, p. 770-773.

     Examine la responsabilité de Nietzsche: "Comment alors ne pas voir, dans la dernière philosophie de Nietzsche, une sorte de précédent prodigieux pour toutes les négations hitlériennes? N’est-ce pas Nietzsche qui a, entre 1880 et 1888 environ, découvert des « maladies » dans le socialisme grec, dans le christianisme et ses diverses confessions, dans le libéralisme démocratique et parlementaire, dans le socialisme? Il est vrai que Nietzsche n’était pas antisémite. Il estimait, au contraire, que les Allemands feraient bien de conserver au milieu d’eux l’intelligence israélite. Mais qu’il opposât aux « maladies » européennes que je viens de nommer un idéal d’héroïque surhumanité, qu’il vît dans ces « maladies » le résultat d’un pacifisme de faiblesse et d’abandon, on ne saurait en douter. Si sa notion de surhumanité n’a, au moins en apparence, rien de commun avec le racisme hitlérien, on peut cependant affirmer qu’il y a, des deux parts, prédication d’héroïsme. Les négations furieuses de Nietzsche, découvrant le « nihilisme » du vieux continent, et le racisme de l’Anglais germanisé qui a nom Houston Stewart Chamberlain, voici bien les vraies sources de l’hitlérisme" (p. 770).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edmond Vermeil - Ajout d'une indication: Voir aussi E. Erhard, "Nietzsche und seine Verantwortung", in Le Républicain du Haut-Rhin, 13 février 1949, p. 3.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1933 - Ajout: Anonyme, "Dans l'empire des ratés. Ainsi parlait Zarathoustra", in L'Echo de Paris, 11 septembre 1933, p. 8. [L.V.]

    A propos de l'analyse d'Heinrich Mann. Cite: « L'Allemagne est allée chercher dans ses bas-fonds ses fauves et ses fous. Regardez les bien en face et osez dire qu'ils sont l'Allemagne ! » Et proteste: "Bien rugi. Mais Heinrich Mann a tort sur un point. Il en a toujours été ainsi en Allemagne, sauf pendant la très courte période qui a suivi la débâcle. Il n'est pas un seul grand homme qui n'ait jugé ses compatriotes avec la même sévérité. Ouvrez Gœthe! Ouvrez Nietzsche! Ouvrez Schopenhauer! Relisez les vies de Beethoven, de Wagner, de Henri Heine! Vous y retrouverez les mêmes malédictions et les mêmes rugissements contre l'ineffable bêtise du peuple allemand. Pourquoi pester, s'indigner, vociférer contre les fauves et les fous? C'est l'histoire traditionnelle de l'Allemagne qui continue, et c'est nous, Français, qui paierons de notre sang le redoutable privilège d'avoir comme voisin un peuple qui n'aime que les loups dévorants et qui est complètement dépourvu d'esprit politique, de sagesse, de pondération et d'humanité." "Ainsi parla Zarathoustra": poursuit avec des citations de Nietzsche qui prouvent qu'Heinrich Mann a tort.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Le Verrier - Ajout d'un compte-rendu de sa conférence sur Nietzsche de 1942. "Pendant longtemps, Frédéric Nietzsche, par le double jeu d’une pensée enjuivée qui faisait le silence autour de son nom, et d’une presse nationale-cocardière qui ne voulait voir en lui qu’un Prussien barbare ne fut connu sous sa figure réelle que par une petite élite.

    D’un côté, le prétentieux youpin Julien Benda, qui se répandait sous lui dans « Marianne » et autres « Nouvelles Littéraires », faisait la pluie et le beau temps en certains cercles « intellectuels » auxquels d’abondants moyens financiers permettaient de diffuser largement leurs théories déliquescentes parmi la jeunesse estudiantine. De l’autre, « bien-pensants », panachards, poincaristes et tardieusards, obnubilés par le clairon de Déroulède, et congénitalement intoxiqués de germanophobie considéraient un peu Nietzsche comme un dangereux énergumène de la philosophie...

    A tel point qu’il eût été bien difficile, durant l’entre-deux-guerres, de trouver une étude ou un article sur Nietzsche qui ne fût pas empreint de subjectivité plus que tendancieuse, quand ce n’était pas d’opposition systématique.

    (...)

    Un des Français qui connaissent le mieux l’œuvre nietzschéenne, le professeur Charles Le Verrier, a prononcé récemment, salle des Sociétés Savantes au cœur du Quartier Latin, une conférence « Sur l’auteur de « La Volonté de la puissance » qui fut suivie avec ferveur par une assistance vibrante et enthousiaste. (...)"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1935 - Ajout: F. L. -W., "Nietzsche contre l'antisémitisme", in L'Univers israélite, 8 mars 1935, p. 403. [L.V.]

    Reproduit la lettre adressée par Nietzsche au directeur du journal « Hammer », le fameux antisémite Théodore Fritsch.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/O. Auriac - Ajout: AURIAC O., "Gobinisme et Hitlérisme", in L'Ecole et la vie, 22 juin 1935, p. 630-631. [L.V.]

    Discute l'influence de Gobineau sur Nietzsche.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: O. Auriac
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean Gaudefroy-Demombynes - Ajout: GAUDEFROY-DEMOMBYNES Jean, "Freud, source mystique du romantisme hitlérien", in Mercure de France, 15 juillet 1938, p. 478-483. [L.V.]

    Note qu'avec Nietzsche et avant Hitler, "Freud a dénoncé avec force la prétendue « décadence née de notre culture, l’action dégradante que celle-ci exerce sur la personnalité, en opposant des entraves à son libre épanouissement, en lui imposant des refoulements nombreux et impérieux ». Plus une civilisation est cultivée, dit Freud, plus se révèle la diminution des personnalités qui y participent. L’homme civilisé est tronqué, rapetissé, parce qu’il doit se soumettre en esclave à la tyrannie de la réalité (du royaume du jour, disaient Novalis et Wagner; de la raison, disent les Français)". (p. 481)

    Et: "Révolte de Luther contre l’Eglise, révolte de Herder et de Lessing contre la littérature classique française, révolte de Fichte (Discours à la nation allemande), révolte de Hitler contre le système de Weimar, contre la raison, contre la culture, telle est la tradition romantique, la tradition allemande par excellence. C’est la révolte contre toute discipline intérieure de l’homme de la nature selon Rousseau, de la « blonde Bestie » selon Nietzsche.

    Un Français aura toujours quelque peine à comprendre cette primauté donnée aux forces irrationnelles et ce principe du bon plaisir. Il croit plutôt que c’est précisément en restreignant en nous le principe du bon plaisir que l’homme est parvenu à quelque personnalité, en dominant sa « nature » qu’il est parvenu à quelque indépendance vis-à-vis de la Nature, en cessant d’être une « blonde Bestie » qu’il mérite le nom d’homme.

    Un Français aura toujours peine à comprendre, — dussent les Allemands le qualifier de conservateur, de rétrograde, — que Freud, après Nietzsche, taxe notre conscience morale de « mauvaise conscience » et la considère comme un état morbide sous le carcan de la société. Les Français croient en général à la primauté de la raison sur l’instinct, et ils croient au progrès, au développement de l’esprit humain dans l’avenir. Ils conçoivent mal la venue d’une société paradisiaque où les hommes seraient affranchis des refoulements de la morale; âge d’or reproduisant celui des origines humaines, le paradis de l’ère pastorale selon Herder, la fausse Grèce édénique de Hölderlin, — cette utopie spécifiquement romantique — âge d’or où régnerait, selon Freud, le bon plaisir dans les rapports sexuels (autrement dit: la force brutale).

    Un Français éprouve quelques méfiances à l’égard des Surhommes romantiques, aspirant à briser les cadres de la vie sociale et de la morale; à l’égard du peuple de héros dont Hitler fait manœuvrer les masses vociférant dans un délire sacré. Malgré les séductions de cet appel au retour à la nature et au libre épanouissement de la personnalité, malgré l’attrait, pour notre orgueil, de la « morale des Maîtres » avec son mysticisme de la virilité, de la dureté, de la violence, nous ne saurions diviniser ainsi l’instinct, l’irrationnel et l’inconscient." (p. 481-482)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Bastier - Ajout: BASTIER Paul,  "Nietzsche « l'homme préhitlérien »?", in Science, octobre 1937. [L.V.]

    Article cité d'après le compte-rendu de Gaston Picard dans le Mercure de France.

    A propos du livre de M. -P. NicolasDe Nietzsche à Hitler.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Paul Bastier
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Gaston Picard - Ajout: PICARD Gaston{Les journaux}, in Mercure de France, 1er décembre 1937, p. 388-393. [L.V.]
  • Signale et discute un article de Paul Bastier dans Science d'octobre 1937: "Nietzsche « l'homme préhitlérien »?", à propos du livre de M. -P. NicolasDe Nietzsche à Hitler.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Gaston Picard
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Masson-Oursel - Ajout: MASSON-OURSEL Paul, {Philosophie}, in Mercure de France, 1er mai 1939, p. 632-634. [L.V.]

    Compte-rendu de Nietzsche, La volonté de puissance, trad. de G. Bianquis, N. R. F., 1935, tome I; de Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, trad. de M. Betz. Ibid. 1936 et de M. P. NicolasDe Nietzsche à Hitler, Fasquelle, 1936.

    Eloge des nouvelles traductions de Nietzsche.

     

    Sur le livre de M. -P. Nicolas, note: "De Nietzsche à Hitler! Nous indiquions au début de cet article que du surhomme à la surnation le passage historique et logique se conçoit très clair. Telle n’est pourtant pas la thèse de M.-P. Nicolas, qui voit au contraire une opposition entre le pacifisme ou l’internationalisme du philosophe et l’ultra-nationalisme du Führer. Il y a difficulté à des Français de juger avec objectivité en pareille matière; car nous ne connaissons pas assez le germanisme, et nos préjugés politiques créent maints malentendus. Pour que le nazisme soit à l’extrême scandaleux, il semble que Nietzsche doive prendre l’aspect d’un agneau débonnaire. Nous ne nions pas, quant à nous, que le point de vue de Nicolas se justifie par de nombreux textes, mais entre la morale par-delà le bien et le mal et le dogme de l’Allemagne au-dessus de tout — dont Hitler n’est que le plus récent fanatique — nous ne saurions méconnaître la trop certaine affinité. Celle-ci ne se trouve nullement compromise par la filiation qui rattache un aspect de la personnalité de Nietzsche — comme de la personnalité de Schopenhauer — à l’esprit français." (p. 633-634)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Anton Kuh - Ajout de sa lettre à Léon Daudet en 1933: En 1933, Anton Kuh envoie une lettre à Léon Daudet pour protester contre son article: "De Nietzsche à Hitler". Cette lettre est reproduite dans Lu (2 juillet) et dans L'action française (5 juillet):

    "Monsieur,

    Permettez à un Autrichien qui passe quelque temps ici (en qualité d'émigré préventif?) et qui, depuis longtemps, lit vos articles avec une joie sans mélange, de faire à propos de votre dernière étude: « De Nietzsche à Hitler », une légère observation complémentaire: Vous n'aimez guère — vos écrits me l'ont appris — le psychanalyste Freud, parce qu'il vous semble personnifier une variété autrichienne du bochisme. Or, votre article d'aujourd'hui confirme avec tant d'éclat une règle freudienne, que vous vous en réjouirez certainement vous même: je veux parler de sa doctrine du lapsus inconscient, c'est-à-dire des erreurs de caractère non fortuit. En effet, une « coquille » vous fait traduire (dans votre quatrième alinéa) par « renversement de toutes les valeurs » une expression signifiant « sous-estimation de toutes les valeurs » (Unterwertung aller Werte, et non point Umwertung aller Werte). Un dieu veille sur vous, monsieur. A l'endroit même où, par extraordinaire, vous alliez commettre un impair, vous vous trouvez taper dans le mille! La floraison d'un malentendu insolent auquel Hitler et ses hitlériens s'adonnent à propos de Nietzsche, ne saurait, en effet, être exprimé avec plus de justesse et de bon sens aussi que par cette transformation de « renversement » en « sous-estimation ». Nietzsche lui-même n'aurait rien pu souhaiter de mieux. Et l'on peut même aller jusqu'à présumer que Hitler l'illettré accepterait cette façon d'écrire comme étant la bonne, tant elle répond à l'essence réelle de l'image qu'il se fait du monde et de Nietzsche. N'est-ce point là, en effet, que se trouve la pierre angulaire de toute l'erreur des faux apôtres de Nietzsche avec leurs « trans », leurs « sur » et leurs « sous » ? Parcourant un jour une de ces imageries hitlériennes où le maître se trouve représenté dans les postures les plus vaines, et où, je voyais côte à côte la figure abâtardie, écrasée, de Hitler et le buste de Nietzsche, je ne pus m'empêcher de rire: il semblait qu'une caricature énorme, pouvant servir d'en-tête aux œuvres complètes de Nietzsche (il l'eût intitulée : « L'Allemand de l'avenir ») se fût, compagne spirituelle, dressée à ses côtés. Mais qu'un homme de votre sorte, monsieur Daudet, accorde l'imprimatur à cette erreur, que vous confirmiez le barbouilleur de Branau dans sa chimérique vanité, c'est pour moi un coup presque douloureux.

    Peu importe, ici, dans quelle mesure Nietzsche lui-même est fautif de sa tragédie posthume: c'est-à-dire d'avoir été frustré d'une haine à laquelle il pouvait honnêtement aspirer de la part de son peuple. Il n'a certainement pas mérité le ridicule de voir assumer le rôle de César Borgia par le type même de l'esclave allemand émancipé auquel alla la haine de toute sa vie; il est innocent du fait que les « puissances d'en bas » se prennent pour les « puissances d'en haut ».

    Honorable monsieur Daudet! Dans une lettre à son ami Overbeck, Nietzsche parle « ...des Allemands, cette race irresponsable, qui a tous les malheurs de la culture sur la conscience... » Si maintenant, à la suite de ce nouveau « malheur » de la culture, vous vous mettez à faire de Nietzsche l'ancêtre de Hitler, quoi d'étonnant si la typographie elle-même s'y rebelle. Et voilà pourquoi j'ai été si heureux, ce matin, en découvrant dans votre article une coquille qui correspond rigoureusement au programme de Hitler et des hitlériens (rigoureusement aussi à leur conception nietzschéenne) :

    La sous-estimation de toutes les valeurs!

    Agréez, monsieur, l'expression de la haute considération, et la joie sans mélange à la lecture de vos articles, de votre...."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Léon Daudet - Ajout: DAUDET Léon"Autour d'un lapsus", in L'Action française, 5 juillet 1933, p. 1. [L.V.]

    Suite à son article du 23 juin 1933 "De Nietzsche à Hitler", a reçu une lettre ironique d'Anton Kuh publiée dans Lu avec le titre "Hitler n'est qu'un faux apôtre".

    Reproduit la lettre et commente: ni coquille ni lapsus. Maintient sa position sur Nietzsche et Hitler et décrit sa position sur Hitler. 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Henri Le Messager - Ajout: LE MESSAGER Henri, "M.-P. NICOLAS : De Nietzsche à Hitler", {La vie des livres}, in L'Echo d'Alger, 21 janvier 1937, p. 4. [L.V.]

    A propos du livre de M. -P. Nicolas. Commence: "Est-il exact, est-il vrai, comme le prétendent bruyamment les Hitlériens, et assez sottement, assez imprudemment certains de nos écrivains, M. Julien BendaM. André SuarèsM. Léon Daudet, entre autres, que Nietzsche soit le précurseur, le prophète du mouvement national-socialiste?

    La question est d'importance. D'abord, parce que la propagande naziste s'entend à tout altérer, à tout fausser, à tout utiliser. En outre, parce que Nietzsche est, de tous les grands écrivains allemands, celui qui, mieux même que Goethe et que Schopenhauer, a compris notre nation, a compris et aimé notre génie et notre culture."

     

    Examine la question.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Henri Le Messager
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Georges Blondel - Ajout: BLONDEL Georges, "M. P. Nicolas. — De Nietzsche à Hitler", in Revue internationale de l'enseignement, 1er janvier 1937, p. 246-247. [L.V.]

    Commence par résumer: "L'auteur de ce livre très suggestif a analysé les doctrines d un philosophe qui a eu beaucoup d’influence sur la jeunesse, et ne croit pas que Nietzsche ait inspiré Adolf Hitler autant qu’on l'a prétendu, il n'a pas été un apôtre du nationalisme outrancier qui enthousiasme aujourd’hui la jeunesse allemande, et Mein Kampf n'est pas, comme on l’a dit, une suite de l'œuvre de Nietzsche. Nietzsche a eu lui-même le sentiment qu’on lui supposait des idées contraires à ses idées véritables. M. Nicolas s’efforce de prouver qu'il n'a pas été « le pionnier » de l’Hitlérisme; mais il faut avouer qu’il est parfois si obscur, que sa propre sœur s’imagine écrivant à Hitler qu'elle voit en lui l'incarnation du Surhomme annoncé par Zarathoustra. M. J. Benda de son côté déclare que Nietzsche est un de ces « clercs » qui « ont trahi ». Comme Nietzsche est mort fou, beaucoup se bornent à dire que toute son œuvre est l’œuvre d'un fou." (p. 246)

    Conclut: "L’effort que M. Nicolas a fait pour nous aider à mieux comprendre Nietzsche (qui reconnaissait lui-même qu’il était obscur) est digne d’approbation. Nietzsche a déploré en 1870 la victoire allemande. S’il vivait aujourd'hui, il ne pourrait approuver ce Mein Kampf où il est dit que c’est le glaive qui « dominera la terre ». M. Nicolas estime qu’on a été injuste en rendant Nietzsche responsable du dernier conflit européen. Il a été, d’après lui, « le plus francophile des penseurs d’Outre-Rhin »." (p. 247)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1939 - Ajout: Anonyme, "Insensibilité", in Le Petit provençal, 21 septembre 1939, p. 2. [L.V.]

    "Bien qu’il ne soit qu’un « affreux primaire », selon le mot d'un de ses biographes, Hitler a lu Nietzsche qui dans sa philosophie parle de l'insensibilité comme d'un moyen de puissance.

    C’est sans doute pourquoi il ordonne à « son peuple » d’être insensible.

    Quand un prisonnier politique meurt dans un camp de concentration, défense d’en porter le deuil; défense même de faire la moindre allusion à cette mort. Or. voici que paraissent en Allemagne les premières listes de morts à la guerre, front Est et front Ouest. Les autorités défendent aux veuves et aux mères de pleurer. Elles leur défendent même de porter un seul ruban noir!

    Le disciple de Nietzsche va plus loin que son maître. Mais rappelons que Nietzsche est mort fou."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Ferdy - Ajout: FERDY Camille, "Le bon Européen", in Le Petit provençal, 19 juillet 1939, p. 2. [L.V.]

    A propos du livre d'Henri MannLes pages immortelles de Nietzsche choisies et expliquées.

    Estime que ce livre arrive aux mêmes conclusions que celui d'Henri Lefebvre.

    Note: "Le grand philosophe qui avait foi en la puissance du savoir et qui voulait que la science régnât sur le monde, celui qu’Henri Mann appelle un grand seigneur de l'esprit et qui se qualifiait lui-même l'homme d'Europe le plus indépendant, comment pourrait-il se trouver confondu avec tous ces fanatiques enragés de la barbarie hitlérienne qui professent le plus violent mépris pour la culture intellectuelle et qui condamnent comme le pire des crimes toute indépendance d’esprit?"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Ferdy - Ajout: FERDY Camille, "Nietzsche", in Le Petit provençal, 18 juillet 1939, p. 2. [L.V.]

    Estime toujours que le nazisme a tort de célébrer en Nietzsche un prophète.

    Signale et approuve le livre d'Henri Lefebvre sur Nietzsche.

    Conclut en demandant: que dirait Nietzsche "aujourd'hui, où tous les fanatiques doctrinaires du nazisme hitlérien s'accordent à proclamer que le dogme de la force est le principe souverain et que, dans l'échelle des valeurs, la culture de l'esprit doit se borner à avoir le dernier rang?"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Ferdy - Ajout: FERDY Camille, "Pour conclure", in Le Petit provençal, 22 avril 1938, p. 2. [L.V.]

    Nouvelles citations d'Ecce homo. Conclut:

    "Voilà qui est net. Nietzsche se flattait d’écrire non avec des mots mais avec des éclairs.

    Parmi les vingt volumes à travers lesquels son style merveilleux a projeté ses lumineux rayons, nous n'avons eu qu'à en ouvrir un particulièrement significatif et à le parcourir rapidement pour montrer clair comme le jour que les idées et les sentiments nietzschéens étaient absolument à l'opposé de l'intolérance et du fanatisme qui animent les racistes d'aujourd'hui.

    Décidément — et ce sera notre conclusion — M. Hitler et les hitlériens auraient bien fait de lire les œuvres de Nietzsche avant de songer à se réclamer de lui."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Ferdy - Ajout: FERDY Camille, "Contre le racisme", in Le Petit provençal, 21 avril 1938, p. 2. [L.V.]

    Multiplie les citations de Nietzsche pour en arriver toujours à la même conclusion: "On n’aurait pas un mot à changer pour appliquer cette si juste condamnation nietzschéenne à l’abominable racisme antisémite qui est le principal article de l’actuel programme hitlérien dans le Reich allemand devenu, depuis le rapt de l'Autriche, le Grand Reich."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Ferdy - Ajout: FERDY Camille, "Ecce Homo", in Le Petit provençal, 20 avril 1938, p. 2. [L.V.]

    Signale la publication dans la nouvelle traduction par Alexandre Vialatte.

    Cite des extraits qui montrent l'incompatibilité entre l'hitlérisme et Nietzsche: son amour pour la France et sa détestation de l'Allemagne.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Ferdy - Ajout: FERDY Camille, "Une correspondance", in Le Petit provençal, 18 avril 1938, p. 2. [L.V.]

    "Le célèbre philosophe allemand Frédéric Nietzsche fut-il le grand prophète du nazisme d’aujourd'hui, comme se plaisent à le proclamer si souvent M. Hitler et les doctrinaires hitlériens?

    Nous avons maintes fois prouvé combien était peu fondée celte prétention hitlérienne en montrant que l'auteur d'Ainsi parlait Zarathoustra détestait l'Allemagne et méprisait les Allemands, en montrant aussi et surtout qu’il condamnait toutes les absurdités et toutes les infamies qu'exaltent les maîtres actuels du Reich naziste: le racisme, le bellicisme, le militarisme, le nationalisme, le pangermanisme, l'antisémitisme.

    Oui, Nietzsche condamnait tout cela, avec la plus grande netteté et avec la plus grande vigueur, dans sa correspondance où il se confiait farouchement et librement à sa mère, à sa sœur, à ses amis.

    Pour le constater, il suffit de parcourir le recueil de Lettres choisies qui, traduit par M. Alexandre Vialatte, vient de paraître aux Editions de la Nouvelle Revue Française: 147 lettres écrites par Nietzsche de novembre 1868 à décembre 1888."

    Donne quelques extraits à l'appui.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Raymond Clauzel - Ajout: CLAUZEL Raymond, "La Faillite du Surhomme par Mme Sirieyx de Villers", in Eve, 5 juin 1920, p. 4. [L.V.]

    Eloge du livre d'Emilie Sirieyx de Villers sur Nietzsche.

    Commence en soulignant: "Ce livre remarquable, La Faillite du Surhomme et la Psychologie de Frédéric Nietzsche, est écrit par une femme. Dans la poésie et le roman, les écrivains féminins abondent. La philosophie, l’histoire comptent moins de servantes, et de lecteurs aussi, il faut bien le dire. Raison de plus, pour accorder une attention spéciale à la femme penseur qui a entrepris de regarder face à face le Zarathoustra germanique".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Raymond Clauzel
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Emilie Sirieyx de Villers - Ajout d'une photo et de quelques indications biographiques.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Ferdy - Ajout: FERDY Camille, "L'édifice", in Le Petit provençal, 11 août 1937, p. 2. [L.V.]

    Signale et commente la publication d'Ainsi parlait Zarathoustra et de La Volonté de puissance aux éditions de la Nouvelle Revue Française, dans la traduction de Geneviève Bianquis. Souligne l'importance des deux.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Ferdy - Ajout: FERDY Camille, "Niké", in Le Petit provençal, 4 juin 1937, p. 2. [L.V.]

"Dans les nombreux articles qu'à diverses dates nous avons eu l’occasion d'écrire sur Frédéric Nietzsche, le célèbre philosophe allemand dont les œuvres restent toujours d'actualité et prêtent toujours à discussion trente-sept ans après la mort de leur auteur, nous avons prouvé avec des textes tout à fait édifiants que le génie nietzschéen s’était en quelque sorte révélé à lui-même et avait trouvé à s’épanouir magnifiquement sur nos rives méditerranéennes, plus particulièrement dans les Alpes Maritimes: à Nice, capitale de la Côte d'Azur, et sur les hauteurs du village d'Eze."

Signale l'article de Jean-Eoudard Spenlé sur Nietzsche à Nice dans le Mercure de France.

 

  • ARTICLE DU JOUR/2 décembre 2024 - Emile Faguet: "Le « surhomme » d'après Nietzsche", in Annales politiques et littéraires, 2 décembre 1906. "Les conclusions générales de Nietzsche, les voici:

Ce qui est bon et sain, c'est la force. Il n'y a qu'un droit sacré au monde: c'est le droit de la force. La guerre, par exemple, est sainte en ce qu'elle est saine. Elle montre où est la force et où est la faiblesse, où est la santé, où est la maladie. Elle est une expérience qu'institue le sage, ou qu'il devrait instituer, si les circonstances ne le faisaient à sa place, pour éprouver la valeur d'une race, d'un homme ou d'une idée et pour faire progresser la vie. Pascal a dit:

« Ne pouvant fortifier la justice, ils ont justifié la force ».

Ils ont eu raison; ou, plutôt, on n'a pas à justifier la force. Elle est juste.

« Une bonne cause, dit-on, sanctifie la guerre. Moi, je vous dis: c'est la bonne guerre qui sanctifie toute cause ».

Voilà la vraie morale.

On s'y trompe parce qu'il y en a deux: une fausse qui a eu l'adresse de se faire passer pour la seule, pour la morale, et pour immoraliser tout ce qui n'était pas elle; et une vraie, fondée sur la nature, qui est devenue mal portée et scandaleuse et qu'on n'ose plus avouer. La première, c'est la morale des esclaves; la seconde, c'est la morale des maîtres."

 

NOVEMBRE 2024

 

  • ARTICLE DU JOUR/29 novembre 2024 - Paul Bourget: "De Kant et de Goethe", in L'Echo de Paris, 29 novembre 1914: "(...) Les succès extraordinaires de 1866 et de 1870, l'hégémonie exercée sans conteste pendant quarante ans et le prodigieux développement industriel et économique qui a suivi, telles sont les causes les plus probables de cet accès de mégalomanie dont nous la voyons atteinte. Ce n'est pas la folie des grandeurs des paralytiques généraux, qui implique une déchéance cellulaire. C'est plutôt celle des hypomaniaques, dont l'activité, l'abondance d'idées, la généralité quelquefois déconcerte. Ils semblent ne plus connaître la fatigue. A peine s'ils mangent. Ils ne dorment pas. Vous les prendriez pour des surhommes, et ce sont des anormaux, le plus souvent à la veille d'effroyables catastrophes. (...) Le travail accompli sur elle par les doctrines de ses grands philosophes, au siècle dernier, l'a laissée moins capable de résister au vertige. Il fallait que la remarque fût faite par des observateurs autorisés. Remercions les maîtres de l'Institut Catholique de Paris d'avoir rempli ce devoir et montré ainsi l'étendue entière du péril allemand."
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Ferdy - Ajout: FERDY Camille"A l'opposé", in Le Petit provençal, 12 janvier 1937, p. 2. [L.V.]

    A propos du livre de M. -P. NicolasDe Nietzsche à Hitler. Approuve l'auteur: "M. Adolf Hitler s’obstine à se réclamer de Frédéric Nietzsche et tous les doctrinaires du nazisme font comme lui.

    Or, comme nous l’avons souvent prouvé ici même, une telle prétention est aussi absurde qu'impudente. Dans l’ordre spirituel comme dans l’ordre moral, le nietzschéisme contredit et condamne le nazisme sur tous les points essentiels. C’est là une vérité dont M. M.-P. Nicolas, dans le volume qu’il publie chez Fasquelle, « De Nietzsche à Hitler », achève de faire la démonstration."

    Conclut: "Nietzsche, qui ne se plaignait pas seulement de l'incompréhension de ses contemporains mais qui redoutait davantage encore les trahisons futures, disait un jour frémir en songeant à tous ceux qui plus tard se réclameraient de ses idées: ne semblait-il pas prévoir M. Hitler et les hitlériens?"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Ferdy - Ajout: FERDY Camille, "Nietzsche", in Le Petit provençal, 27 juillet 1936, p. 2. [L.V.]

    Note: "Depuis trente et quelques années, les œuvres philosophiques de Frédéric Nietzsche sont traduites dans toutes les langues et largement répandues partout après avoir été si longtemps ignorées ou méprisées jusque dans la propre patrie de l'auteur, si tant est que celui-ci ait eu véritablement une patrie.

    En tout cas, il n’avait pas l'orgueil de sa patrie originelle.

    Le célébré philosophe allemand prodiguait le sarcasme et la flétrissure au grossier militarisme et au stupide nationalisme de ses compatriotes, ainsi qu'à l'immonde antisémitisme qui alors commençait déjà à troubler bien des cervelles outre-Rhin, ce qui n'empêche d'ailleurs pas M. Hitler de se réclamer aujourd'hui de Nietzsche avec la prodigieuse imprudence qui caractérise le Reichführer.

    Les œuvres nietzschéennes appartiennent à l'humanité."

    Evoque les excellentes traductions françaises et les affinités de Nietzsche pour la lumière méditerranéenne, son amour pour Nice. 

  • ARTICLE DU JOUR/28 novembre 2024 - Jean Jaurès, "Un esprit libre", in La Petite République, 28 novembre 1901: "Par son rationalisme net, décisif et ample, par le besoin impérieux de précision et de clarté jusque dans les conceptions les plus générales et les plus vastes. M. Berthelot continue la grande tradition des savants français du dix-huitième siècle. Il exprime tout un aspect du génie de la France. Nietzsche, en un des plus curieux morceaux du livre Aurore, récemment traduit par M. Albert, reproche à la pensée allemande d’avoir, pendant près d’un siècle, contrarié l'admirable rationalisme français.

« En premier lieu, les philosophes allemands: ils sont revenus au degré primitif de la spéculation, car ils se satisfaisaient de concepts au lieu d’explications, pareils aux penseurs des époques de rêve; - une espèce de philosophie préscientifique fut ranimée par eux. En deuxième lieu, les historiens et les romantiques allemands: leurs efforts généraux tendirent à remettre en honneur des sentiments anciens et primitifs, surtout le christianisme, l’âme populaire, les légendes populaires, les idiomes populaires, le moyen âge, l’ascétisme oriental, l’hindouisme. En troisième lieu, les savants: ils luttèrent contre l’esprit de Newton et de Voltaire, ils essayèrent de redresser, comme Goethe et Schopenhauer, l’idée d'une nature divinisée ou diabolisée, et la signification toute morale et symbolique de cette idée. La grande tendance générale des Allemands est allée contre le rationalisme... »

Si je cite ces paroles, ce n’est pas que je souscrive au jugement porté par Nietzsche sur le grand mouvement intellectuel de l'Allemagne, de Lessing à Hoeckel. Je crois que la pensée allemande a pu, sans faillir au rationalisme, soupçonner en la nature même de mystérieuses profondeurs. Mais Nietzsche a merveilleusement défini, par opposition, le rationalisme tout lumineux du dix-huitième siècle français qui se continue dans le large et clair génie de M. Berthelot. (...)"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Ferdy - Ajout: FERDY Camille"La raison", in Le Petit provençal, 24 avril 1935, p. 2. [L.V.]

    Commence: "Un journal d’outre-Manche donne à M. Hitler le judicieux conseil de cesser d’être un Allemand exalté pour devenir un bon Européen.

    Etre un bon Européen, c’était le mot d’ordre de Nietzsche.

    Mais bien que le Führer et ses compagnons prétendent considérer le célèbre philosophe allemand comme le véritable prophète du nazisme, on ne peut guère espérer qu'ils suivront son mot d’ordre à cet égard.

    Ils glorifient Nietzsche. Mais ils ne renonceront jamais à ce culte idolâtrique de l’ultra-militarisme nationaliste et belliciste qui fut toujours en honneur outre-Rhin depuis Frédéric le Grand jusqu’à Guillaume le Petit."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Ferdy - Ajout: FERDY Camille, "Pour Hitler", in Le Petit provençal, 24 décembre 1934, p. 2. [L.V.]

    Commence par rappeler: "Les hitlériens allemands déclarent voir en Frédéric Nietzsche le prophète par excellence du nazisme.

    Nous avons déjà prouvé maintes fois que cette prétention n'était nullement fondée et qu’en réalité l’illustre philosophe avait condamné d’avance la plupart des doctrines absurdes ou monstrueuses dont l’hitlérisme fait son credo".

    Note que "les « Œuvres Posthumes » de Nietzsche, dont le « Mercure de France » vient de publier une traduction française avec introduction et notes par M. Henri-Jean Bolle, nous offre une occasion nouvelle de faire cette irréfutable démonstration."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Marius-Paulin Nicolas - Ajout de précision sur son livre De Nietzsche à Hitler: Le livre est traduit en anglais et publié en juin 1938 sous le titre From Nietzsche down to Hitler (réédité en 1970).

    Les approbations sont nombreuses (voir ci-dessous ou télécharger la plaquette)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Ferdy - Ajout: FERDY Camille, "Au bûcher", in Le Petit provençal, 1er mai 1934, p. 2. [L.V.]

    Proteste à nouveau contre Hitler et les hitlériens qui invoquent "l’œuvre et le nom de Frédéric Nietzsche à l’appui de leurs grotesques doctrines et de leur monstrueuse politique". Note que si "au lieu de faire brûler ses livres, le dictateur d’outre-Rhin s’obstine à célébrer sa gloire, c’est pour tenter de s’annexer la gloire de Nietzsche comme il tente à l’heure actuelle de s’annexer la gloire de Goethe en plaçant l’effigie du plus grand écrivain allemand au centre du nouvel insigne que ses fidèles reçoivent l’ordre d’arborer".

    Signale la publication dans le Mercure de France d'un article de Greg. Kolpaktchy et B. de la Herverie qui montrent que pour son Zarathoustra, Nietzsche s'est inspiré d'un ouvrage maçonnique de Jean-Baptiste Krebs. Conclut: "L’origine maçonnique d’ « Ainsi parlait Zarathoustra » se trouvant incontestablement établie, il ne reste plus à M. Hitler et aux hitlériens qu’à jeter le chef-d’œuvre de Nietzsche au feu".

  • TRACES ORALES/BRIBES - Ajout: Extrait d'une interview de Mussolini de 1926: "— Ce n’est, ni à Nietzsche. ni à William James que je dois ce que je suis; c’est à Georges Sorel. Nietzsche m’a enchanté lorsque j’avais 20 ans. Williams James m’a été également d’une grande utilité, en ce qu’il m’a enseigné qu’une action doit être jugée par ses résultats, plutôt que par sa base doctrinaire. Mais, je le répète, c’est à Georges Sorel que je dois le plus. C’est à ce grand maître qui, par ses âpres théories sur la formation révolutionnaire, a contribué le plus fortement à cette discipline, à cette énergie collective, à cette puissance des masses de cohortes fascistes."
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Camille Ferdy - Ajout: FERDY Camille, "Flétrissure", in Le Petit provençal, 20 novembre 1933, p. 1. [L.V.]

    A propos de la visite de Hitler à Elisabeth Förster-Nietzsche et du don de la canne de Nietzsche.

"(...) M. Hitler, tenant en main la canne de Nietzsche, traversa la foule, au milieu des acclamations.

La foule, empressée à acclamer son maître, pouvait ignorer que ce Nietzsche, dont se réclame M. Hitler, avait réprouvé les ignobles fureurs de l'antisémitisme, mais le chancelier devrait le savoir, ou on devrait le lui apprendre.

Il est vrai que le docteur Foerster était un agitateur antisémite mais il est vrai aussi que sa basse passion inspirait à son beau-frère la plus profonde des répugnances...

On en pourrait trouver les preuves dans bien des lettres de Nietzsche à sa sœur et aussi dans la plupart des œuvres de l'illustre philosophe allemand. (...)"

Ajout dans 1933

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout Camille Ferdy (pseudonyme) et quelques informations
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean Boyer - Ajout: BOYER Jean, "Pauvre Nietzsche", in Dépêche de Toulouse, 3 avril 1937, p. 1. [L.V.]

    Note: "Il a toujours été à plaindre. D'abord pour avoir été incompris. Puis pour avoir fini lamentablement, dans la plus effrayante déchéance mentale. Et depuis, pour avoir été rendu responsable de théories ou d'actes n'ayant parfois que de très lointains rapports avec sa pensée.

    La faute en est peut-être, pour une part, aux titres fracassants de certaines de ses œuvres: Par-delà le Bien et le Mal, par exemple, ou La Volonté de Puissance. Il faut dire aussi que sa situation morale est bien particulière à l'égard de ceux qui veulent chercher chez lui la justification de théories qu'ils approuvent ou abominent.

    On peut trouver, chez un auteur qui a beaucoup écrit, l'expression d'idées extrêmement variées et parfois contradictoires. Que ne trouve-t-on pas dans Hugo ou dans Voltaire! Nietzsche ne fait pas exception à la règle. Il est même plus facile de se fournir chez lui de citations variées que chez un autre, car, esprit rigoureux entre tous et entre tous intransigeant, il a cherché douloureusement, sans le trouver, un système définitif et a, à plusieurs reprises, démoli ce qu'il avait déjà à moitié construit. Mais ce qu'on ne trouvera jamais, dans aucun de ses écrits, c'est une pensée basse.

    On l'a donc rendu responsable de l'hitlérisme (...)"

    Discute les "points de contact" et les divergences en résumant le livre de M. -P. NicolasDe Nietzsche à Hitler.

    Conclut: "Voilà, très résumées, et par conséquent bien imparfaitement présentées, les principales idées qu'agite ce petit livre, sans doute destiné à faire quelque bruit dans le monde des « clercs »Lesquels ont trahi? Une discussion serrée doit nous l'apprendre. Qu'on ne dise pas que la question est d'importance secondaire. Elle touche, au contraire, à la base morale même de notre état social. (...)

    La parole est maintenant aux clercs que M. Nicolas accuse nettement de trahison."

Ajout dans 1937

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Daniel Halévy - Ajout: HALEVY Daniel, "La jeunesse de Nietzsche", in Journal des Débats, 12 décembre 1942, p. 3. [L.V.]

Ajout dans 1937

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Robert Kemp - Ajout: KEMP Robert, "Neuf lignes de Nietzsche", in Le Temps, 28 janvier 1940, p. 1. [L.V.]

    Sur l'admiration de Nietzsche pour la culture française.

Ajout dans 1940

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Guy de Pourtalès - Ajout: POURTALES Guy de, "La canne de Nietzsche", in Le Journal, 15 novembre 1933, p. 1. [L.V.]

    A propos de la visite de Hitler à Elisabeth Förster-Nietzsche et du don discutable de la canne de Nietzsche. Estime que c'est Mussolini qui la mériterait: "(...) Personne ne saurait affirmer encore que le cadeau de Mme Fœrster au chancelier Hitler est ou n'est pas entre des mains dignes de le recevoir. Le mépris des nazis pour les intellectuels paraît trop profond pour que le doute ne soit pas légitime. Gardons-nous cependant de juger ces joueurs audacieux sur un seul coup de dés. Et regardons, en attendant qu'ils étudient mieux leurs chances, vers le grand Latin qui reconstruit depuis dix ans la gloire de Rome. On dit qu'il a quotidiennement avec Nietzsche un dialogue familier. Si une fraternité spirituelle est possible entre philosophe et chef d'Etat, c'est dans le poing ferme et sensible de Mussolini que devrait se trouver le bâton de Zarathoustra."

Ajout dans 1933

  • TRACES ORALES/CONFERENCES SUR NIETZSCHE - Ajout: André Bourrier, L'influence de Nietzsche sur les jeunes générations en Allemagne. Conférence sur la "révolution que ses idées sont en train d'opérer", organisée par le Groupe Ernest Renan, le 2 février 1922, à 15h. D'après Le Petit provençal 
  • TRACES ORALES/COURS SUR NIETZSCHE - Ajout: M. Lévy-Sée, La 2e période de Nietzsche. Cours public à la faculté des sciences de Marseille, le 19 février 1921
  • TRACES ORALES/COURS SUR NIETZSCHE - Ajout: M. Lévy-Sée, La crise de Nietzsche à Bayreuth. Cours public à la faculté des sciences de Marseille, le 5 février 1921
  • TRACES ORALES/COURS SUR NIETZSCHE - Ajout: M. Lévy-Sée, Nietzsche et l'Empire allemand. Cours public à la faculté des sciences de Marseille, le 22 janvier 1921
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/EDMOND VERMEIL - Ajout: Lire "Nietzsche et le nazisme", in France, 13 décembre 1943 à propos de la conférence d'Edmond Vermeil intitulée "Frédéric Nietzsche et la tragédie de l'Europe contemporaine".
  • TRACES ORALES/COURS SUR NIETZSCHE - Ajout: M. Lévy-Sée, Wagner et Nietzsche. Cours public à la faculté des sciences de Marseille, le 8 janvier 1921. D'après Le Petit provençal
  • TRACES ORALES/COURS SUR NIETZSCHE -Ajout: Jean-Edouard SPENLE, L'homme religieux: le type ascétique et le type sacerdotal d'après Nietzsche, le 22 janvier 1912
  • TRACES ORALES/COURS SUR NIETZSCHE - Ajout: Jean-Edouard SPENLE, La culture aristocratique grecque d'après Nietzsche et Burckhardt, le 8 janvier 1912
  • TRACES ORALES/COURS SUR NIETZSCHE - Ajout: Jean-Edouard SPENLE, Nietzsche, éducateur et moraliste, le 11 décembre 1911
  • TRACES ORALES/COURS SUR NIETZSCHE - Ajout: Jean-Edouard SPENLE, Nietzsche dans le Midi: Aurore et Le gai savoir, le 25 février 1911
  • TRACES ORALES/COURS SUR NIETZSCHE - Ajout: Jean-Edouard SPENLE, Humain trop humain. Nietzsche et Socrate, le 12 février 1911
  • TRACES ORALES/COURS SUR NIETZSCHE - Ajout: Jean-Edouard SPENLE, La maladie de Nietzsche, le 5 février 1911
  • TRACES ORALES/COURS SUR NIETZSCHE - Ajout: Jean-Edouard SPENLE, Richard Wagner et Nietzsche: l'idylle de Triebschen, 1e 14 janvier 1911.
  • TRACES ORALES/COURS SUR NIETZSCHE - Ajout: Joseph BRENOUS, Nietzsche adonné à la philologie classique, le 11 décembre 1909
  • TRACES ORALES/COURS SUR NIETZSCHE - Ajout: Jean-Edouard SPENLE, La dernière inactuelle de Nietzsche: Richard Wagner à Bayreuth, cours du 28 janvier 1911 à la faculté des sciences de Marseille
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Philippe Barrès - Ajout: BARRES Philippe, "Fuchs est le cousin du philosophe de la violence: le grand Nietzsche", in Paris-Soir, 2 août 1939, p. 3. [L.V.]

    Raconte un dîner chez le consul de France, M. de La Tournelle, "qui remplit sa mission difficile avec une fermeté et un tact admirables. Il y avait le docteur Fuchs et sa jeune femme, tranquille et blonde, l'épouse d'un magistrat de Dantzig, et sa jeune sœur venue des frontières du Danemark et ne rêvant que canotage, un rédacteur du journal national-socialiste le « Dantziger Vorposten » et M. le Limerac, collaborateur de M. de La Tournelle."

    Rapporte: "(...) la conversation glisse à la guerre civile d'Espagne. Les deux Allemands, très prudemment, cherchent à se faire expliquer les réactions de ce pays étrange d'où leurs officiers reviennent le plus souvent déconcertés.

    Un Français dit :

    — L'affaire d'Espagne ? Elle n'est pas finie.

    Personne ne répond. On sent que ces jeunes nazis sont là en face d'un monde mystérieux où ils devinent sans l'avouer que leurs formules simplistes ne suffisent pas à tout régler.

    Le Français reprend :

    - Tout est affaire de mentalité, de moralité. Il y a une morale espagnole qui diffère de la morale française, qui diffère de l'allemande.

    Alors, M. Fuchs, un peu pâle, répond :

    — Sans doute, et nous, ici, pour parler morale et philosophie, nous sommes tous les disciples de Nietzsche.

    Frédéric Nietzsche! Auteur de « Volonté de puissance » et de « Par delà le bien et le mal », celui qui appelle le christianisme une religion de décadence et le plus grand malheur de l'humanité, celui qui a traité saint Paul de faux monnayeur. Nous voilà bien au centre de la pensée hitlérienne.

    Je demande :

    — Vous y tenez tant que cela, à Nietzsche ?

    - Y tenir ? Mais c'est notre Dieu, insiste M. Fuchs. C est lui qui nous a expliqué dans le domaine moral ce que Darwin a montré en biologie: que le fort est justifié par la nature quand il dévore le faible. Nietzsche, d'ailleurs, me touche personnellement de près. Mon grand-père était son cousin et son ami. Nous avons de lui de précieuses lettres encourageant mon grand-père dans l'effort qu'il faisait pour animer la vie intellectuelle de Dantzig.

    Je demande :

    — Ainsi, docteur, vous considérez bien le mouvement national-socialiste comme opposé au socialisme ?

    - Absolument, dit le Dr Fuchs."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Philippe Barrès
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Julien Benda - Ajout hors période: BENDA Julien, "Nietzsche et le nazisme", in Les Lettres françaises, 19 avril 1946, p. 4. [L.V.]
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/P. Louis-Picard - Ajout: LOUIS-PICARD P., "Nietzsche précurseur de Hitler", in Le Droit de vivre, 11 avril 1937, p. 2. [L.V.]

    Nul n’est prophète en son pays. La plupart des grands hommes en savent quelque chose, et cet adage s’applique plus tragiquement encore au philosophe Nietzsche, dont les compatriotes « qui ont sur la conscience tous les grands cataclysmes de la civilisation », entourèrent, durant sa vie, sa pensée du plus profond mépris.

    Ce furent les études d’Henry Lichtenberger et celles de Charles Andler qui contribuèrent le plus à Introduire en France cette philosophie à la fois dynamique et pessimiste (héritage de Schopenhauer) et il appartint à Emile Faguet de  la vulgariser.

    L’incompréhension devait poursuivre Nietzsche jusqu'après la tombe, puisque d'éminents esprits comme Julien Benda surtout et André Suarès, ne craignent pas d'affirmer que la philosophie de Nietzsche est directement responsable du national-socialisme et qu'Hitler n'est autre que le type incarné de son « surhomme ».

    Courageusement, dans son livre intitulé De Nietzsche à Hitler (Ed. Fasquelle), l'érudit M. P. Nicolas, s'efforce de remettre les choses en place et de rendre au philosophe son vrai visage. Il le fait à l'aide de documents aussi nombreux que choisis et l'intérêt de son ouvrage ne se ralentit pas un instant.

    Il est, en effet, hallucinant, de penser que le nain Adolph se targue d'être l'héritier direct d'un Nietzsche à la fois antichrétien et antisémite! Hallucinant aussi, de songer qu'un intellectuel aussi averti que Julien Benda (voir La Trahison des Clercs) ose l'assimiler à Sorel et Maurras, à Barrès, et, pour couronner le tout, au fou roehmantique de Nuremberg! Comme si le patriotisme politique de Barrès, le nationalisme intégral de l'Action française, et le chauvinisme hystérique du maçon en chemise brune, pouvaient être comparés, même de loin, à la pensée de Zarathoustra! (...)"

Ajout dans 1937

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: P. Louis-Picard
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/André Roubaud, - Ajout d'un extrait de son article: "Wagner et Nietzsche falsifiés par M. Goebbels" (Marianne, 1939): "(...) Les intellectuels hitlériens ont officiellement adopté Nietzsche en prétendant qu'il possédait la « conscience mythique », c'est-à-dire qu'il avait placé le concept de la race et de la discipline raciale avant tout, méprisé la démocratie, exalté la « dureté » et préconisé l'écrasement des faibles par les forts.

    Bien qu'il ne soit pas possible, dans le cadre d'un article comme celui-ci, d'entrer dans les détails d'une critique de cette interprétation, il est possible d'indiquer qu'il suffit d'ouvrir les œuvres du génial amoraliste qui, ayant dépassé tous les systèmes dogmatiques, disait : «- Un philosophe utilise et consomme des convictions », pour ruiner complètement l'argumentation des nazis, résumée par un nommé Baümler, dans un ouvrage intitulé : « Nietzsche der Philosoph und der Politiker », sous la forme d'un précis national-socialiste, arbitrairement tiré des doctrines philosophiques de l'éblouissant créateur de Zarathoustra.

    Or la théorie des hitlériens sur Nietzsche est fausse. Ils ont extrait de son œuvre les passages susceptibles de justifier leurs principes d'obscurcissement intellectuel et ont monté en épingle: le thème du surhumain, le mépris des masses, les attaques contre une certaine forme de culture, par exemple; mais ils ont omis de faire état des conclusions auxquelles était arrivé le maître de Sils Maria, vers la fin de sa vie, lorsqu'il eut achevé de parcourir les cycles de son évolution:

    Dans « Ecce homo », il ne se cache point pour présenter l'impérialisme allemand comme un crime contre l'esprit. D'autre part, dans ses lettres, il s'élève couramment contre le nationalisme, l'étatisme, le militarisme et l'antisémitisme. Il écrit à Fritsch en faisant allusion aux falsifications des concepts aussi vagues que: germanisme sémite, aryen, allemand, et, dans une lettre à Bollé on peut lire une phrase où il est question de « cette fumisterie de la race ». Par ailleurs, en 1885, dans « Par delà le bien et le mal », il fait l'apologie de la race juive (les aphorismes numéros 250 et 251 sont significatifs à cet égard). (...)"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jules Romain - Ajout: ROMAINS Jules"Une réédition de Verhaeren", in Les Cahiers d'aujourd'hui, n°3, février 1913, p. 150-152.

    Profite de la réédition d'œuvres de Verhaeren (Mercure de France) pour "saluer Verhaeren et sa gloire" (p. 150).

    Et poursuit: "Il est une sorte d'études, dont nous n'avons guère d'exemples encore, mais dont les progrès de la sociologie, joints à une heureuse extension de l'esprit critique, ne peuvent manquer d'amener le développement. Nous n'avons pas de « monographies de gloires ». Nous avons des biographies de grands hommes; nous avons même des ouvrages où l'on étudie l'influence d'un grand homme, d'un grand livre sur son époque, sur l'époque suivante. Mais ces derniers travaux sont à la fois sommaires, simplistes et superficiels. On nous dit, en résumé: « Lorsque Schopenhauer a été illustre, quand on a su, bien su, qu'il avait du génie, Pierre l'a commenté, Paul l'a imité, et Jacques l'a démarqué. » Mais ce qu'on ne me dit pas, c'est la façon quotidienne, patiente, obstinée dont a germé, poussé, grandi la gloire de Schopenhauer. Comment a-t-on fini par s'apercevoir que cet homme-là avait du génie? Pourquoi a-t-on mis trente ans à s'en apercevoir?

    Pourquoi pas moins, et pas plus? Vous ne me le dites pas; et ce serait d'un intérêt palpitant.

    Depuis Taine, l'œuvre, l'écrivain ne restent plus, aux yeux du critique, comme suspendus dans un espace abstrait, dans un lieu indéterminé du monde. On rattache le grand homme à un certain nombre de causes. Mais l'indétermination n'a cessé que d'un côté. On essaye bien de m'expliquer pourquoi et comment telle société a produit Shakespeare; mais on ne me dit pas pourquoi Shakespeare, comment Shakespeare est devenu, avant et après sa mort, un homme connu, puis un homme important, puis un grand homme, puis l'incarnation même de la pensée et de la grandeur anglaises. En d'autres termes on ne me renseigne pas sur ce qu'il y a de plus pathétique dans les rapports d'un génie et d'un groupe social, d'un génie et de l'humanité: leur lutte, leur étreinte, et les mille vicissitudes, les mille hasards de ce combat.

    A force d'irréflexion, nous trouvons toutes naturelles des choses pourtant bien mystérieuses. Un jour un petit professeur allemand publie un petit livre. Personne ne s'en aperçoit. Le minime événement n'a presque pas fait une ride sur l'eau. Ce fut, comme on dit en science, pratiquement négligeable. Vingt ans après, Nietzsche est un des maîtres du monde. De cette cause à cet effet, le lien me reste vraiment trop obscur. Ce serait aussi intéressant à étudier que le régime des successions entre collatéraux dans la coutume de Champagne de 1350 à 1370.

     

    Si j'avais le loisir, et la vocation, de me livrer à de telles recherches, j'aimerais les inaugurer par une monographie de la gloire de Verhaeren. (...)" (p. 151)

Ajout dans 1913

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Jules Romain
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1925 - Ajout: Anonyme, "Le danger des mauvaises lectures", in Le Nouvelliste d'Alsace, 20 mars 1925, p. 2. [L.V.]

    "Les journaux de Vienne relataient, ces derniers jours, le fait divers suivant:

    «La lecture du livre de Nietzsche, Ainsi parla Zarathoustra, a poussé au suicide un jeune homme de 17 ans, qui était le meilleur élève du gymnase Theresianum. Ce jeune homme s'est tué d'un coup de revolver au cœur. Ses parents, accourus dans sa chambre, au bruit de la détonation, ont trouvé sur la table le livre de Nietzsche ouvert aux pages où il est question du suicide. Beaucoup de lignes tracées au crayon indiquaient une lecture attentive du livre. Le suicidé était donc d'une intelligence peu commune et était très aimé de ses professeurs. Ce suicide a produit à Vienne une profonde impression.»

    Ce fait divers que nous avons reproduit tel quel de la presse viennoise, nous paraît prêter aux plus sérieuses réflexions.

    Le livre de Nietzsche dont il est ici question et qui contient une glorification du suicide est une sorte d'évangile de l'antichristianisme. Il est inspiré par le nihilisme moral et religieux le plus complet. On sait que son auteur avait été atteint, jeune encore, d'aliénation mentale et qu'il est mort fou à l'âge de 16 ans. Ses livres ont exercé, en Allemagne et ailleurs, la plus détestable influence.

    Tous les parents, tous les éducateurs, tous ceux qui ont charge d'âmes, ne sauraient trop méditer des faits pareils. Ils sont pleins des plus utiles enseignements".

Ajout dans 1918

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Jean Bertrand
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1924 - Ajout: Anonyme, "Index bolchéviste", in Le Nouvelliste d'Alsace, 6 mai 1924, p. 2. [L.V.]

    "Le bolchévisme pratique, on le sait, l’absolutisme doctrinal. Sous ce rapport, il contrefait l’Eglise en renchérissant sur ses rigueurs nécessaires. L’Eglise proclame les droits absolus de la vérité et dénie tout droit à l’erreur. Le bolchévisme a décidé que son erreur est la vérité absolue et il ne concède aucun droit à quelque doctrine que ce soit qui contredit la sienne. Quoique le libéralisme proteste contre l'intransigeance bolchéviste, la vérité est que cette intolérance est le dernier aboutissant du libéralisme, dont la théorie fondamentale est que la vérité n’a pas le droit de s’affirmer là où elle se trouve en contact avec l’erreur (de là la neutralité scolaire et, en général, la laïcité des institutions publiques), et que toute doctrine, si perverse qu'elle soit, a droit de propagande et de conquête. Or, la propagande et la conquête n’ont de sens que par le dessein de dominer et d’étouffer la contradiction.

    Le conseil soviétique chargé de la question de l’instruction populaire vient de prendre, dans cet ordre d’idées, des décisions caractéristiques. Depuis quelque temps déjà, les bibliothèques publiques russes ont un compartiment réservé pour les œuvres non orthodoxes au point de vue bolchéviste. Ces ouvrages n’étaient donnés en lecture qu’à bon escient. Désormais, on ne les verra plus, pour la bonne raison que les bibliothèques subiront une expurgation radicale. Tous les livres d'inspiration idéaliste seront retirés des bibliothèques et envoyés au pilon; de même, tout ouvrage plaidant pour la république démocratique, pour la liberté de la presse, pour la liberté d’association, tout écrit réclamant le suffrage universel, la constituante etc. Platon et Kant, Nietzsche et Tolstoï, Schopenhauer et Maeterlinck sont sur la liste des proscrits. Ainsi en a décidé le grand comité soviétique pour l’instruction populaire, qui est présidé par la veuve de Lénine en personne.

    Quel tollé si l’Eglise poussait jusqu'à ces conséquences extravagantes les légitimes prohibitions de son Index!"

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/François Lothringer - Ajout: LOTHRINGER François, "L'essentiel de Maurice Barrès", in Le Nouvelliste d'Alsace, 10 décembre 1923, p. 1. [L.V.]

    Note: "(...) Aux heures où il écrivait dans ce style, Maurice Barrès avait fait depuis quelque temps déjà le tour de son Moi, de sa personnalité. Il en avait recensé les vigoureux apports, auvergnats par son grand-père né à Blesle (Hte. Loire), et lorrains par sa mère et par lui-même né à Charmes-sur-Moselle. Dès cette époque. Barrès avait rompu avec le scepticisme un peu nihiliste de ses précédents ouvrages: Sous l'œil des BarbaresUn Homme LibreL’ennemi des Lois. Il avait heureusement dépassé la période pénible et stérile de son évolution cérébrale où il croyait devoir se permettre d’écrire, par exemple:

    « Notre morale, notre religion, notre sentiment des nationalités, constatais-je. sont choses écroulées auxquelles nous ne pouvons emprunter de règles de vie, et en attendant que nos maîtres nous aient refait des certitudes il convient que nous nous tenions à la seule réalité: au Moi ! »

    Par bonheur pour lui et pour les âmes dont il assuma plus tard la conduite partielle, Maurice Barrès se désintoxiqua vite de Renan (et un peu de Nietzsche) par la fréquentation de Taine, le grand historien des origines de la France contemporaine."

Ajout dans 1923

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: François Lothringer

Ajout dans 1932

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Léon Werth - Ajout: WERTH Léon, "Les vérités de M. Maurice Barrès", in Gil Blas, 30 octobre 1912, p. 1-2.

    A propos de l'influence de Maurice Barrès sur la jeunesse: "Une autre fois, une danseuse hongroise, entretenue par un Belge qui fait des affaires dans la République argentine, m'a dit :

    — Je viens de lire Barrès, tout Barrès. C'est une initiation, une révélation. Je n'ai pas connu pareil émoi depuis Nietzsche. Oh je vous assure, Barrès a remplacé Nietzsche. Je fais dans le monde des numéros de danses espagnoles. C'est vous dire si j'ai l'occasion de causer avec des jeunes filles et des jeunes gens. Hé bien, ils ne lisent plus Nietzsche. Ils lisent Barrès. Ils lisent tous Barrès. Et ils ont bien raison." (p. 1.)

Ajout dans 1912

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Henri Daniel-Rops - Ajout: DANIEL-ROPS Henri"Auguste Strindberg", in Revue hebdomadaire, n°28, 9 juillet 1927, p. 159-180. [L.V.]

    Evoque les relations entre Nietzsche et Strindberg (p. 172-173).

Ajout dans 1927

  • Un article par jour - Ajout 18 novembre 1906: "Les devoirs de l'homme": M. Paul Adam, avec la louable tendance aux idées générales qui le caractérise et dont il abuse parfois, vient de mettre en présence et en action, sur la scène du Théâtre-Français, deux morales contraires, celle du Christ et celle de Nietzche, l'une fondée sur l'abnégation, l'autre sur l'égoïsme le plus implacable. A vrai dire, le conflit n'est pas récent, il date de l'origine même des sociétés; mais il semble qu'il ait pris, depuis vingt ou trente ans, un caractère plus aigu, et qu'il s'aggrave de jour en jour. Aussi, la question, si ancienne qu'elle soit, demeure-t-elle d'une actualité passionnante.

    La morale de Nietzche n'est pas moins vieille que celle du Christ; elle a été seulement formulée avec ses prétentions scientifiques et une intransigeance particulière par le philosophe allemand. Nietzche ne serait, d'ailleurs, pas célèbre, s'il n'avait répondu à un état d'esprit général, si les nouvelles générations n'avaient été préparées à accueillir favorablement ces désolantes doctrines d'un individualisme forcené.

    Sa détestable gloire lui vint de ce qu'il exprima les tendances et flatta l'orgueil d'une certaine jeunesse âpre, avide, rusée, véritable bande de renards à deux pieds qui se croient supérieurs et peut-être destinés à devenir des surhommes, parce qu'ils sont dépourvus de scrupules, de générosité, de sens moral et de tous les sentiments dont s'honore quiconque a vécu, réfléchi et souffert.

    (...)

  • Un article par jour - Ajout 17 novembre 1928: "Nietzsche et L'ACTION FRANCAISE". 
  • La thèse de Mlle Blanquis sur Nietzsche a de nouveau posé la question de l'influence du philosophe-poète allemand sur les idées de l'ACTION FRANCAISE, et nous regrettons que l'auteur se soit exposé, sans beaucoup de réflexion, à la forte réplique d'Orion (1). Un peu d'information lui eût évité la mésaventure: puisque Mlle Blanquis prête de l'attention aux textes, les textes abondent qui rétablissent la véritable position, non seulement de Charles Maurras, mais de l'Action française en corps (dès que ce corps fut constitué) par rapport aux idées de Nietzsche.

    Un article extrêmement important de Lucien Moreau, aussi important qu'il est clair, et paru dans notre revue bleue du 1er juin 1905, "Autour de Nietzsche", montre quelle était cette position vers nos débuts, il y a plus de 23 ans.

    L'article a été écrit à propos du livre d'un philosophe de grand talent, notre ami, notre collaborateur occasionnel, et que son nietzschéisme doctrinal distinguait seul de nous, Jules de Gaultier. La distinction était d'ailleurs parfaitement nette. Lucien Moreau la précisait en raison même de l'effort très remarquable qu'avait fait Gaultier pour donner de son Maître une idée cohérente, un portrait lié, continu, intelligible dans le délire, presque raisonnable dans le feu de la déraison.

    Moreau soulignait, dès le premier mot, combien cette anarchie fondamentale de la pensée offrait d'analogie avec les dernières conséquences logiques dérivées du principe du libre examen, que nous avons toujours et partout combattu:

    "... Les conceptions les plus odieuses comme les plus sympathiques apparaissent d'ici comme des faits de même espèce, équivalents en droit, entre lesquels l'événement seul est capable de décider. Le métaphysicien impartial ne peut même pas faire acception des conséquences: prospérité, durée, ruine: tous ces phénomènes sont a priori également légitimes. Il est permis de condamner ce point de vue, dont on aperçoit aisément les dangers; mais il devrait être accepté, avec ses perspectives particulières, de quiconque prétend se réclamer du libre examen.

    "... M. André Gide a sans doute tort d'assurer qu'« il faut, pour bien comprendre Nietzsche, s'en éprendre»; il ne faudrait s'en éprendre que pour adopter ses maximes; mais M. Gide a grandement raison d'ajouter que « seuls le peuvent comme il faut les cerveaux préparés à lui depuis longtemps par une sorte de protestantisme ou de jansénisme natif»; et nous admettrions volontiers avec lui que c'était probablement là « que devait aboutir le protestantisme ». Le plus intelligent, le plus scrupuleux, le plus subtil, mais aussi le plus inhumain des protestants, ou des individualistes, c'est bien ainsi que nous apparaît le paradoxal philosophe."

    (...) 
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Maurice Barrès - Ajout: BARRES Maurice, "Mes Cahiers (suite)", in Revue hebdomadaire, n°22, 31 mai 1930, p. 525-557. [L.V.]

    Maurice Barrès décrit sa lecture de Nietzsche: "Jeudi, 29 août 1901. —Je suis en train de lire Nietzsche ; il outrage mon état d'esprit (...)" (p. 540-541)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Emile Faguet - Ajout: FAGUET EmileL'art de lire, Paris, Hachette, 1911.

    25ème mille en 1920.

    Contient différents chapitres sur l'art de lire, avec des évocations fréquentes de Nietzsche, surtout dans le chapitre VIII: les ennemis de la lecture.

    Dans le chapitre VI, traite des écrivains "qui sont obscurs volontairement et de propos fait, pour s'acquérir la gloire délicate et précieuse d'auteurs obscurs, et voici comment ils ont procédé. Ils ont pensé en clair, d'abord, comme tout le monde, puis, par des substitutions patientes de mots impropres aux mots justes, de tournures bizarres aux tours simples, d'inversions aux tours directs, ils ont obscurci progressivement leur texte. Ils ont fait exactement l'inverse de ce que font les auteurs « qui n'écrivent que pour être entendus ». Ceux-ci ramènent progressivement l'expression vague à l'expression précise; eux détournent laborieusement l'expression à peu près précise vers l'expression sibylline, sachant pour qui ils écrivent. Ils disent — le mot, assure-t-on, est authentique — : « Mon livre est fait: je n'ai plus qu'à l'enténébrer un peu ». Nietzsche disait: « Enfin nous devenons clairs!»; ils disent, en remaniant leur œuvre: « Enfin je deviens obscur». Ils se défendent, par l'obscurité, de l'indiscrétion de la foule; ils se défendent, par l'obscurité, d'être compris de ceux par qui ce leur serait une honte d'être entendus.

    Nietzsche a très bien saisi leur procédé et leurs intentions : « On veut, non seulement être compris quand on écrit, mais encore, certainement, n'être pas compris. Ce n'est nullement une objection contre un livre, quand il y a quelqu'un qui le trouve incompréhensible; peut-être cela faisait-il partie du dessein de l'auteur de ne pas être entendu de n'importe qui. Tout esprit distingué, qui a un goût distingué, choisit ainsi ses auditeurs lorsqu'il veut se communiquer; en les choisissant, il se gare contre les autres. Toutes les règles subtiles d'un style ont là leur origine: en même temps elles éloignent, elles créent la distance, elles défendent l'entrée; en même temps elles ouvrent les oreilles de ceux qui nous sont parents par l'oreille. »

     

    A la vérité, ce travail de Protée des auteurs difficiles, ce noli me fangere, noli me intelligere, est assez vain, puisqu'ils seront compris, adoptés, du moins «touchés » par ceux précisément, en majorité, par qui ils redoutent d'être entendus et dont ils craignent le contact, c'est-à-dire par les sots; et ce sont ceux qui comprennent peu qui courent tout droit aux choses les plus difficiles à comprendre. Mais enfin tel est leur travail: Ils se voilent, ils se masquent et ils se déguisent jusqu'au moment où ils se jugent impénétrables" (p. 95-96). 

  • NOUVEAU: un article par jour - Ajout: 16 novembre 2024/16 novembre 1935. "Elisabeth Förster-Nietzsche"

     

    La sœur du célèbre philosophe, qui vient de mourir à Weimar, lui aura survécu trente-cinq ans, presque exclusivement consacrés à cultiver sa mémoire. Nietzsche n’avait pas une très haute idée de son esprit, il répétait volontiers qu’elle ne comprenait rien à ses livres. Dans ces dernières années bien des critiques furent dirigées contre son administration du Nietzsche-Archiv, aussi bien que contre la façon dont elle publiait, ou laissait publier, les inédits de son frère. On peut aussi lui reprocher d’avoir facilité l'exploitation de ses idées par le national-socialisme: elle a été jusqu'à composer un petit volume d extraits soigneusement choisis, où elle a éloigné tout ce qui pourrait sembler contraire à cette doctrine. Comme la famille Wagner, elle était personnellement liée avec le Führer.

    Si elle ne fut pas une femme du niveau de Cosima, elle mérite cependant l’estime pour la piété qu'elle a vouée à une grande mémoire. Veuve de bonne heure (son mari était colon au Paraguay), elle assista son frère dans ses dernières années, que la folie rendit misérables. Lorsqu'il mourut, sa réputation était à peine fondée: elle a contribué à l'établir. Elle rassembla ses manuscrits, dont un grand nombre n’étaient pas publiés — notamment la Volonté de puissance, un des ouvrages capitaux du philosophe. Au Nietzsche-Archiv, qu’elle fonda à Weimar, elle réunit non seulement ses papiers et ses lettres, mais tout ce qui a été écrit sur lui: on compte déjà 1.500 volumes et plus de 4.000 articles de revues dans toutes les langues.

    Elisabeth Förster-Nietzsche racontait, peu de temps avant sa mort, qu'elle avait pu faire vivre cette institution coûteuse grâce à la générosité de trois donateurs: elle reçut, un jour, la visite de l’ambassadeur d’Italie, qui apportait un chèque important de Mussolini. Une autre fois, un anonyme mit une rente viagère à sa disposition. L’auteur du troisième cadeau fut M. Hitler lui-même".

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Victor Giraud - Ajout: GIRAUD Victor, "Les derniers livres d'Emile Faguet", in Revue des Deux Mondes, vol. 38, 15 avril 1917, p. 857-868.

    A propos de la profonde influence de Nietzsche sur Emile Faguet, (p. 859-861).

Ajout dans 1917.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Victor Giraud
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Albert Farges - Ajout: FARGES Albert, La liberté et le devoir: fondements de la morale et critique des systèmes de morale contemporains, Paris, Berche et Tralin, 1902.

    Huitième et dernier tome d'un Cours complet de philosophie.

    Contient une section intitulée "L'anti-pessimisme de Nietzsche" (p. 453-461).

    Conclut: "Comme on le voit, Nietzsche, après avoir fait des vœux surhumains pour une élite d'intellectuels, est empêché d'en faire même d'humains  pour la masse des hommes. Pour elle, il demeure pessimiste: point de progrès ou de relèvement possible, ni même désirable. Son « aristocratie », n'est pas une « fonction » sociale, c'est un but et une « fin en soi ». C'est pourquoi, nous dit-il, « elle accepte avec une conscience tranquille le sacrifice d'hommes innombrables, qui, pour son profit, doivent être déprimés, et réduits à l'état d'hommes incomplets, d'esclaves, d'instruments ». A eux la « morale des esclaves », à nous la « morale des maîtres ».

    Conclusion. Inutile de multiplier ces citations qui montrent jusqu'à l'évidence que Nietzsche n'est pas un pacifié, mais un révolté contre Dieu, contre la loi éternelle du bien et du mal, contre la société et l'humanité. Sa morale ne peut être appelée de ce nom, que par antiphrase: lui-même en convient, car il se vante d'être « immoraliste » et « iconoclaste de toute moralité ».

    Après cela, toute réfutation d'une telle morale paraîtra inutile, et ce serait lui faire trop d'honneur(1). Elle a plutôt besoin d'une excuse, celle d'avoir été conçue par un génie aigri et en démence, déjà atteint du germe de ce mal incurable, qui devait profondément humilier et châtier son orgueil, en démontrant, par un éclatant et douloureux exemple, qu'il n'y a pas de surhomme qui soit affranchi des misères humaines, ou au-dessus des lois de la contingence (2)." (p. 460-461)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Albert Farges
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Louise Clermont - Ajout: CLERMONT LouiseEmile Clermont, sa vie, son œuvre, Paris, Grasset, 1919, avec une préface de Maurice Barrès. [L.V.]

    Nombreuses allusions à Nietzsche qui a eu une "influence considérable" sur Emile Clermont à certains moments de sa vie. 

    Ajout dans 1919.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Louise Clermont
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Hugues Rebell - Ajout d'un lien vers Le culte des idoles.

Ajout dans 1903

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: G. Latouche.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Le Verrier - Ajout d'un article "Nietzsche als Prophet" (Pariser Zeitung) à propos de sa conférence sur Nietzsche de 1941.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/A. -D. Sertillanges - Ajout d'une précision: En 1949, il consacre quelques pages à Nietzsche dans Le problème du mal, dans un chapitre intitulé "Les nouveaux humanismes" (p. 343-348).
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Oscar Levy - Ajout: LEVY Oscar, "Correspondance", in Le Temps, 30 juin 1935, p. 4. [L.V.]

    Lettre en réaction à la lettre d'Edmond Vermeil publiée dans Le Temps du 3 juin 1935.

    Exprime son désaccord en ce qui concerne l'appréciation sur Nietzsche.

Ajout dans 1935

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Oscar Levy
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edmond Vermeil - Ajout: VERMEIL Edmond, "Faut-il lutter contre le racisme?", in Le Temps, 3 juin 1935, p. 1-2. [L.V.]

    Lettre adressée au Temps. Note: "Rien de plus facile que de remonter aux origines de cette doctrine. Elle a enfanté, depuis Mein Kampf et Der Mythus des zwanzigsten Jahrhunderts, une immense littérature de propagande qui se répand en Allemagne et hors d'Allemagne, Nous avons ici, tout simplement, la somme de la tradition pangermaniste, telle qu'elle s'est constituée au dix-neuvième et au début du vingtième siècle, agrémentée d'arguments qu'elle emprunte à H. S. Chamberlain, maître direct de Hitler et de Rosenberg, ou à la dernière philosophie de Nietzsche, dont il faut bien dire que, malgré le plan supérieur sur lequel elle se meut, elle prête à de singulières déformations.

    Quoi qu'il en soit, le problème du racisme est posé devant la science contemporaine. Elle ne saurait y rester indifférente" (p. 2).

Ajout dans 1935

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/André Billy - Ajout du texte de l'article "Quelques mots sur Nietzsche": On m’écrit : « C’est très gentil à vous d’avoir commémoré le quatrième centenaire de la mort de Clément Marot, mais Le Figaro a laissé passer sans le saluer d’un seul mot le premier centenaire de la naissance de Nietzsche, date qui, dans l’histoire de la philosophie moderne, n’est pas dénuée d’importance et qui vous aurait fourni une bonne occasion de remuer quelques idées intéressantes ».

    Les deux idées les plus intéressantes qu’il est d’usage de remuer à propos de Nietzsche concernent sa responsabilité dans la formation du nazisme et ses relations de pensée avec la culture française.

    Pendant et après la guerre de quatorze, il fut souvent question de la part qui revenait à Nietzsche dans l’impérialisme allemand. Aujourd’hui c’est du nazisme qu’on lui fait un crime, et je crois qu’en effet son influence fut pour quelque chose dans le développement de cette épouvantable maladie, mais il est innocent du racisme et le mépris qu’il professait pour la masse allemande empêche absolument de voir en lui un précurseur de la démagogie hitlérienne. La démagogie fut sans doute la chose qui lui inspirait le plus de dégoût. Or le fascisme n’est que l’exploitation démagogique de la bêtise générale au profit de quelques ambitieux sans scrupules. Je me refuse à croire que Nietzsche se serait reconnu dans un pareil système. D’ailleurs, Rosenberg, le théoricien du nazisme, dénonçait en lui un représentant du libéralisme.

    A la vérité le génie instable et maladif de Nietzsche a jeté des flammes dans les sens les plus opposés. Son œuvre est un amas inutilisable de contradictions et de paradoxes. C’est à se demander quelquefois s’il parle sérieusement, par exemple quand il compare Wagner aux Goncourt. Si je ne craignais d’outrepasser ma modeste compétence, je dirais que Nietzsche n’était pas plus philosophe que Pascal, avec lequel il a tant de traits communs, bien qu’il puisse être considéré comme son contraire. Ils furent deux grands poètes et deux grands mystiques et c’est surtout dans le domaine de la vie spirituelle que leur action s’est le plus authentiquement exercée. Chacun d’eux sur le mode qui lui est propre, ils nous ont enseigné la noblesse, la pureté, la passion de l’élévation dans la solitude.

    Pour Nietzsche il n’y avait de civilisation que la nôtre et il lui arriva d’être entraîné par son admiration pour notre

    littérature classique à des confusions plutôt singulières. Le roman de Daudet, L’Immortel, lui causa, paraît-il, beaucoup de peine comme portant atteinte au prestige de l’Académie française! N’est-ce point touchant? On a beau ne pas professer pour l’Académie un fétichisme aveugle, l’idée que Nietzsche avait d’elle fait plaisir, comme fait plaisir son amour du style énergique et nu et son horreur de l’ornementation inutile. Si on la limite au domaine du goût, sa théorie de la décadence est pleinement valable. Il est au moins curieux que les formules les plus saisissantes du classicisme nous soient venues d’un Allemand d’origine slave.

    Nietzsche faisait grand cas de la souplesse, qu’il définissait: la liberté: il en voyait un des modèles dans Sterne. Il appréciait aussi une certaine négligence qu’il opposait à la raideur et à la tension extrême: « Une œuvre qui doit produire une impression de santé doit être exécutée tout au plus avec les trois quarts de la force de son auteur... Toutes les bonnes choses laissent voir un certain laissez-aller et elles s’étalent comme des vaches au pâturage. » Cette image n’est-elle pas aussi peu nietzschéenne que possible, au sens où l’on entend le mot communément? Des vaches au pâturage comme symbole de ce que le philosophe de la force et de l’énergie aimait en art! Quelle surprise! Quel aperçu sur la richesse et la complexité de sa sensibilité littéraire!

    Mais au-dessus de tout Nietzsche mettait la clarté: « Enfin, nous devenons clairs! » s’est-il écrié à propos de Schopenhauer. Ce qui ne l’a pas empêché d’écrire des choses très subtiles sur le désir légitime de n’être pas compris: « Ce n'est point une objection contre un livre quand il y a quelqu’un qui le trouve incompréhensible: peut-être cela faisait-il partie des intentions de l’auteur de n’être pas compris de n’importe qui. Tout esprit distingué, qui a un goût distingué, choisit ainsi ses auditeurs lorsqu’il veut se communiquer. En les choisissant, il se gare contre les autres. Toutes les règles subtiles d’un style ont là leur origine: elles éloignent en même temps, — elles créent la distance, elles défendent l’entrée, tandis qu’elles ouvrent les oreilles de ceux qui nous sont parents par l’oreille ». Après quoi, il s’excuse d’être parfois obscur et brusque, et il se compare dans sa façon d’aborder les problèmes les plus profonds au baigneur qui se jette vite dans l’eau froide pour en sortir aussitôt: « Le grand froid rend prompt ».

    J’ajouterai que Nietzsche se situait à l’opposé du totalitarisme quand il félicitait les Français de leur amour de l’art

    pour l’art et de leur capacité de produire sans cesse une littérature raffinée. Il admirait notre culture morale et comment chez le plus médiocre boulevardier survivait la curiosité psychologique du Grand Siècle. La synthèse du Nord et du Midi qui s’est réalisée dans le génie français provoquait également son envie.

    Telles sont les « idées intéressantes » qu’à l’occasion du centenaire de Nietzsche il m’a paru bon de « remuer » de préférence à des griefs cent fois ressassés depuis trente ans et sur lesquels les compétences les plus autorisées en matière de nietzschéisme et de germanisme sont loin d’être d’accord."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Roger SECRETAIN - Titre corrigé: Destins du poète et ajout de précisions: Voir le chapitre 2: "Responsabilité de Nietzsche" (p. 27-38).

Voir le compte-rendu signé L'anagnoste dans La Dépêche du 13 juillet 1937: "On signalera notamment son chapitre sur la « responsabilité » de Nietzsche, où il procède d'une manière vigoureuse et concrète. Ce thème, qui a fourni à Paul Bourget la matière de son meilleur roman: Le Disciple, sort des mains de M. Secrétain embelli de vues originales et fortes".

Voir aussi le compte-rendu de R. d'Etiveaud dans {Les livres dont on parle}, in La Vie Limousine, p. 190-192, qui note:

"C'est devenu un lieu commun que de déplorer le déclassement de valeurs qui caractérise notre époque. Mais si la diatribe est fréquente, à ce sujet, le jugement motivé, tenant compte de toutes les contingences comme des impondérables, est plus rare que jamais. Les époques tumultueuses sont fécondes en prophètes et en vaticinateurs. Elles sont pauvres en esprits synthétiques et clairs, pourvus, à la fois, de l'érudition indispensable, de la puissance de raisonnement, de la sensibilité nécessaire, et, enfin, de ces dons d'expression, de ce style efficace et dynamique sans lequel les méditations les plus fructueuses ne peuvent être communiquées à autrui.

M. Roger Secretain a obtenu le prix Blumenthal en 1936 pour son magistral essai Destins du Poète.

(...)

Les deux premiers chapitres : Le temps de l'inquiétude et Responsabilité de Nietzsche, constituent un admirable inventaire spirituel et moral de notre temps. (...)

Responsabilité de Nietzsche

Où est la crise ? - En nous, dit le moraliste. - Autour de nous, dit le sociologue. Et ils ont raison tous les deux.

L'idée de révolution et de régénération sociale a créé un nouveau romantisme et des poncifs dépassés à chaque instant par la marée montante des événements et des idées.

Force nous est d'inculper nos maîtres: ceux qui nous ont fait ce que nous sommes. Nietzsche mérite de s'asseoir à la première place, au banc des accusés.

C'est lui qui nous a privés de tous nos dieux et qui nous a enlevé tous nos espoirs. Il a répudié la vertu et discrédité la logique. Ce singulier martyr a privé les hommes de leur tranquillité. Il les a brouillés avec la vie sous prétexte de les rendre dignes d'elle.

Il s'est adressé aux forts, mais son message n'en a pas moins atteint les chétifs, à leur grand dommage.

Il les a menés dans un désert dont il avait préalablement chassé tous les mythes. Il les a privés des bienfaits du mensonge qui, naguère, assurait leur équilibre quotidien.

Le rythme de notre époque ? C'est le rythme créateur et dévastateur de Dionysos. Mais le monde, habitué à la morale chrétienne et à ses promesses consolantes, en reste tremblant. Il claque des dents devant le déterminisme. Miné par la critique nietzschéenne génératrice de doute et de révolte, il gémit sur la perte de sa sécurité.

Le vertige destructeur de Nietzsche est le plus parfait symbole de notre temps." (p. 191-192)

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Raoul Narsy - Ajout: NARSY Raoul, "Un plaidoyer des catholiques allemands", in Bulletin de propagande française à l'étranger, n°10, 1er novembre 1916, p. 178-183.

    Passage en revue. Note: "M. Sawicki plaide pour la philosophie allemande. M. Sawicki proteste parce qu'on fait remonter à Kant, Hegel ou Nietzsche, la responsabilité de certains systèmes contemporains destructeurs de toute moralité sociale. M. Sawicki estime, d'une part, que ce n'est « ni la doctrine générale ni la doctrine dominante de la philosophie allemande, mais une théorie condamnée, comme dans d'autres pays, par toute éthique sérieuse », et, d'autre part, que ni Kant, ni Hegel tout au moins, ne motivent tant de sévérité, car, pour eux, après tout, comme pour tous les Allemands ou à peu près « l'idée du droit est intimement liée à des idées morales. Kant et Hegel ne font point exception en cela ». Et sans doute le chancelier au « chiffon de papier non plus », n'est-ce pas? - Quant à la manière de faire la guerre, « les auteurs les plus renommés proclament l'obligation de soumettre la conduite de la guerre aux lois de la justice et de l'humanité », Kant et Hegel en particulier. S'il était vrai, ce serait la meilleure preuve qu'en effet ces célèbres philosophes n'exercent plus sur la pensée allemande leur vigoureuse influence. Mais enfin, quelle est la « doctrine générale », quelle est la « doctrine dominante » de la philosophie germanique? Ce n'est pourtant pas dans celle de saint Thomas que M. Erzberger a puisé ses féroces invitations à détruire Londres." (p. 181)

Ajout dans 1916.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Henri Lichtenberger - Ajout: LICHTENBERGER Henri, "Lynkeus. — Phantasieen eines Realisten", in Revue universitaire, 15 novembre 1901, p. 381-382. 

    Note: "Ce recueil de contes, à tendances philosophiques et morales très radicales, a fait sensation à Vienne; il a même eu les honneurs d’un débat à la Chambre et encouru les rigueurs de la censure. C’est une profession de foi antichrétienne et surtout anticléricale sinon aussi violente, du moins aussi résolue et aussi nette que L'Antéchrist de Nietzsche. Dans un ouvrage philosophique intitulé Le droit à vivre et le devoir de mourir et publié, comme les Choses humaines de Nietzsche, à l’occasion du centième anniversaire de la mort de Voltaire, l’auteur exposait naguère, sous une forme abstraite et générale, les théories dont ses contes sont des applications particulières." (p. 381)

Ajout dans 1901

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajouts de liens vers les nombreux articles dans la Revue universitaire (jusqu'en 1901, le 9 novembre). Travail fastidieux mais comptes rendus indispensables pour suivre la collaboration entre Henri Lichtenberger et Elisabeth Förster-Nietzsche.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Gabriel Monod - Ajout dans le descriptif de l'article de 1897:  "L’action durable des grands écrivains provient plus de l’esprit qui anime leurs œuvres que du détail de leurs doctrines. Ils jettent dans l’air quelques idées qui fructifient et agissent même quand on ne les lit plus ou que du moins on ne croit plus à eux ; ils impriment à l’intelligence humaine une direction qui se fait sentir même chez ceux qui n’ont jamais ouvert un de leurs livres. (…) En un mot, les grands philosophes créent une atmosphère intellectuelle à leur générations et aux générations qui les suivent ou, si vous le préférez, systématisent les tendances intellectuelles de leur temps. Leur système ne leur survit guère dans ce qu’il a de personnel et de spécifique ; mais les tendances intellectuelles dont ils ont été les plus éminents représentants et qu’ils ont contribué à développer se propagent à l’infini. Comment discerner ce qui leur appartient en propre?"
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jacques Duvaldizier - Ajout: Voir aussi Jacques Dulvaldizier, "Responsabilité de Nietzsche", in L'Age nouveau, n°19, 1947.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1922 - Ajout: Anonyme, "Nietzsche incompris", in Le Rappel, 1er mai 1922, p. 3. [L.V.]

    "(...) Si Nietzsche revenait il trouverait fort peu de Zarathoutra. Peut-être même n'en trouverait-il point du tout. Mais par contre que de Mecislas Charrier pourraient revendiquer l'honneur d'une apparente filiation intellectuelle.

    Car c'est un fait, et un fait regrettable. Nietzsche n'a été que rarement compris et ceux qui se sont le plus engoué de lui étaient ceux qui pénétraient le moins sa pensée et qui ne retenaient de ses enseignements que des formules. L'éthique individualiste qui est la base de la pensée nietzschéenne n'est retenue la plupart du temps que d'une manière primaire, et le surhomme à la mode de Zarathoutra se transpose trop aisément dans le personnage de Mecislas Charrier (...)."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean Cocteau - Ajout: COCTEAU Jean, Le Secret professionnel, Paris, Stock, 1922. [L.V.]

    Note: "A côté du livre de Mme de La Fayette, le monde des meilleurs romans devient du demi-monde.

    De même, dans l’ordre intellectuel : Ecce Homo de Nietzsche donne l'air bête à tout livre dont on l’approche.

    Cependant, pour qui sait lire, les naïvetés qu’il renferme sont la preuve d’une aristocratie de solitude. Rien de plus naïf que les princes. Tout les étonne.

    Nietzsche écrit dans Ecce Homo: « La France qui possède des psychologues comme Mme Gyp, Guy de Maupassant, Jules Lemaître ».

    Jules Lemaître était très bon pour moi. Un jour que je lui citais la phrase et que je m’étonnais de cette nomenclature hétéroclite: « Mais, mon enfant, me dit-il, Nietzsche parle de ce qu’on trouve à la gare de Sils-Maria ». Ce joli mot éclaire les dangers de la solitude.

    Je ne me compare à aucun des princes de la terre et je ne cite ces grands noms qu’à titre d’exemple. Mais la solitude est la solitude." (p. 14)

    Et: "Ce que l’homme appelle génie, comporte rarement l’intelligence. Or, selon moi, l’intelligence ne gâte rien. Stendhal, Nietzsche sont le type de génies intelligents. Certes, Zarathoustra est souvent un vieux guide, devenu phraseur à force de solitude dans les Alpes. Son diamant n’en raie pas moins toute chose. Nietzsche dénonçait, voyait tout, prévoyait tout. Il sentait venir le pessimisme dyonisien. Nous y sommes". (p. 34)

    Et: "Ainsi, lorsque je me dis parisien, au lieu de surparisien, ne s’agit-il pas de boulevard, de coulisses, de camelot, ni de camelote. Simplement, je me localise. J’y trouve une chance, comme le vrai nègre trouve une chance d’être nègre, le vrai juif d’être juif, le vrai allemand d’être allemand. J’ajoute que deux vrais allemands (malgré ce qu’ils disent) Nietzsche et Heine, mirent Paris au-dessus de toute capitale. Il y a de quoi me tourner la tête cinq minutes". (p. 35-36)

Ajout dans 1922.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1933 - Ajout: Anonyme, "L'Hitlérisme et les écrivains allemands non assimilés", in L'Esprit français, 10 octobre 1933, p. 12-16. [L.V.]

    Une note signale: "L'auteur de cet article est un de nos collaborateurs qui revient d'Allemagne où il a pu circuler librement et s'informer aux sources. Il garde l'anonymat, dans l'intérêt même de certains intellectuels non assimilés victimes de l'hitlérisme." (p. 12)

    Présente: "J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec ces intellectuels et, leur ayant demandé des détails sur l'existence qu'ils mènent depuis que Goebbels et consorts décidèrent de les exclure de la communauté allemande, voici à peu près ce qu'ils m'ont répondu." (p. 12-13):

    "(...) En vérité, jamais la vraie Allemagne, l'âme allemande, n'ont été aussi honteusement trahies qu'elles le sont  actuellement. Celui qui éprouve un amour sincère pour l'Allemagne ne peut que haïr aujourd'hui ceux qui s'emploient à tout falsifier. On trouve actuellement dans tous les journaux allemands des citations de Nietzsche et celui qui connaît le grand philosophe en est tout surpris. Il n'existe pas, en effet, en ce qui concerne le principe d'autorité, de contradiction plus grande que celle se révélant entre la conception spirituellement aristocratique de Nietzsche et celle prônée par les nazis. Ce ne sont que des citations arbitrairement choisies pour les besoins de la cause hitlérienne. Le mépris de Nietzsche pour les antisémites et d'autres pensées par trop allemandes sont, par contre, minutieusement évités. Le profane ne remarque rien. Cette tactique se retrouve partout et l'on cherche à en imposer les directives aux intellectuels restés en Allemagne. Les nazis ont ainsi réussi à rendre impossible non seulement la littérature politique, mais aussi celle des domaines qui en sont les plus éloignés. En Allemagne raciste, il est actuellement interdit de s'occuper d'individualisme, de personnalités étrangères au culte du nationalisme, de philosémitisme et de critique de l'antisémitisme en général, de tolérance libérale, d'expressionnisme, de psychanalyse, de problèmes sexuels, de monisme, etc. Quiconque aborde aujourd'hui ces questions, si ce n'est pour les traiter dans un esprit péjoratif, est considéré comme suspect et risque à chaque instant d'être envoyé dans les geôles hitlériennes" (p. 13-14). 

  • TRACES INEDITES - Ajout: Manuscrit de Camille Spiess: Nietzsche et la France (1948)

    Manuscrit autographe conservé à l'Université de Genève, au Centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Rachilde - Ajouts:  Lire André David, Rachilde, homme de lettres, son œuvre, portrait et autographe, Paris, 1979.

    Et: Iris Ulrike Korte-KlimachRachilde: femme de lettres - homme de lettres: Weibliche Autorschaft im Fin de siècle, Marburg, Tectum Verlag, 2002.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean Gaudefroy-Demombynes - Ajout: GAUDEFROY-DEMOMBYNES Jean, "Thomas Mann"in L'Esprit français, 10 avril 1933, p. 405-410. [L.V.]

    Contient: "Thomas Mann et Nietzsche" (p. 407-409). D'autres évocations de Nietzsche dans la suite, publiée dans le numéro de mai 1933.

Ajout dans 1933

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Rachilde - Correction Cécile Chabaud (au lieu de Céline)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Rachilde -Correction de la date de naissance (1860 au lieu de 1960) et ajout: lire  le roman de Céline ChabaudRachilde, homme de lettres (Ecriture, 2022).
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Erich Podach - Ajout d'une photographie et de quelques remarques: Erich Podach a joué un rôle important dans l'histoire de la réception de Nietzsche, en Allemagne mais aussi en France, en contestant le récit biographique de Nietzsche par sa sœur. Dans ce but, il est en contact avec Carl Albrecht Bernoulli et le germaniste Charles Andler dans les années 1920.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1910 - Ajout: Anonyme, "Nietzsche", in Le Courrier de Metz, 2 février 1910, p. 1.
  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1899-1900 - Ajout: deux conférences de Jules Pacheu en 1900.
  • TRACES ORALES/BRIBES - Ajout: "Je suis une femme libre", in Voilà, 28 avril 1939.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Le Verrier - Ajout: En 1941, il donne une conférence sur Nietzsche à Paris. Autre conférence en 1942.
Charles Le Verrier conférence Nietzsche 1941
  • TRACES ORALES/BRIBES - Ajout (si typique...): Extrait de "Quoi de neuf?" dans Voilà, 12 janvier 1940

 

OCTOBRE 2024

  • TRACES ORALES/CONFERENCES - Modification du plan du site: conférences 1869 à 1898 et conférences 1899 à 1900 (au lieu de conférences 1869 à 1900). Problème de place par page. Modifications des liens. Surveillance des erreurs/oublis.

Ajout dans Recherche par nom et Recherche par lieu

  • L'ACTUALITE DE NIETZSCHE/APPROCHES PHILOSOPHIQUES - Ajout: Frédéric Porcher, La question-Nietzsche. Les normes au carrefour du vital et du social, Paris, Vrin, 2023.

Lire Arnaud Sorosina: "Le nietzschéisme social" et/ou l'entretien avec Frédéric Porcher:

"Vrin : Quel a été le point de départ de votre essai?

Frédéric Porcher : À l'origine, il y a plusieurs insatisfactions tenant pour l’essentiel à la circulation des idées autour de Nietzsche et ses prétendus « disciples ». (...)"

Ajout dans 1927

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jacqueline Rivière - Ajout: RIVIERE Jacqueline, "Nietzsche", in Les Veillées des chaumières, 25 juin 1910, p. 541-542.

Commence en expliquant pourquoi elle range Nietzsche parmi les "maîtres de la pensée": "Si nous avons rangé Nietzsche dans cette galerie consacrée aux « Maîtres de la pensée », c’est qu’il faut entendre, par cette épithète de « maîtres », ceux qui faisant école — bonne ou néfaste — marchèrent à la conquête intellectuelle de leur temps — pour le conduire — ou l’égarer.

Et Nietzsche, dans cette acception, fut bien un « Maître », car, pour le malheur de l’avenir social, il eut, a et aura longtemps encore de fervents disciples" (p. 541).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Jacqueline Rivière. Pseudonyme. Quelques notes biographiques.
  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1935-1936 - Ajout d'une précision à propos de la conférence d'André Lacaze: la conférence est publiée dans Etudes philosophiques (Marseille), n°3/4, 1937.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1913 - Ajout: Anonyme, "Quelques mots sur Nietzsche", in Le Petit Havre, 16 février 1913, p. 3. Petit résumé de la conférence de M. Duteil (avocat) sur Nietzsche, le 11 février (Université populaire).

"(...) D’une forme très châtiée et très élégante, elle a eu le mérite d'attirer l'attention des auditeurs sur le péril moral que crée la vulgarisation des idées morbides de ce philosophe, actuellement fou, et dont les dernières œuvres lucides sont déjà fortement imprégnées de folie. (...)"

  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1939-1940 - Ajout: Alfred SCHLAGDENHAUFFEN, Le double visage de Nietzsche. Conférence organisée le Cercle Philosophique Lorrain (Metz), le 5 mars 1939 à 16h30 à l'Hôtel de Ville de Metz (Salon de Guise). D'après l'annonce publiée dans Le Messin, le 24 février 1939, p. 2.

Ajout dans Lieux de parole et Conférenciers/conférencières.

  • CORRECTION: Alfred Schlagdenhauffen (au lieu de Schlagdenhaufen)

Ajout dans Lieux de paroles et Conférenciers/conférencières

  • TRACES ORALES/COURS/Cours 1868-1901 - Ajout: Henri Delacroix, Nietzsche et Wagner. Conférence organisée par la Section Niçoise des Amis de l'Université de Montpellier, le samedi 9 mars 1901, à 19h30, dans le parloir du lycée. D'après l'annonce publiée dans Le petit Républicain du Midi (et d'autres).
  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1937-1938 - Ajout: Dr Büchenbacher: Friedrich Nietzsche's Kampf um den Uebermenschen. Conférence organisée par le Cercle des Amis de Rudolf Steiner, le 23 mai 1938, à 20h30, à la Chambre de commerce (Strasbourg). D'après l'annonce publiée dans Les Dernières nouvelles de Strasbourg du 22 mai 1938. D'après cette annonce, le Dr Büchenbacher est un collaborateur du Goetheanum à Dornach (Suisse)

Ajout dans Lieux de parole et Conférenciers/conférencières.

  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1927-1928 - Ajout: Th. MAURER: Nietzsche, eine zeitsymptomatische Erscheinung. Série de trois conférences en allemand données le 9 mars, 23 mars et 30 mars 1927, à l'Ecole de Perfectionnement professionnel, à Strasbourg, à 20h. D'après les annonces publiées dans Les Dernières nouvelles de Strasbourg.

Ajout dans Lieux de parole et dans Conférenciers/conférencières

Résumé d'une conférence donnée dans la salle du Foyer de l'étudiant catholique, à l'Institut catholique de Strasbourg, le 20 novembre 1934, à 20h.

Ajout dans 1934 et dans Recherche par auteur/autrice.

  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1933-1934 - Ajout: R. P. CATRY, Nietzsche et son influence sur un écrivain français contemporain. Conférence donnée dans la salle du Foyer de l'étudiant catholique, à l'Institut catholique de Strasbourg, le 20 novembre 1934, à 20h.

Voir "L'influence de Nietzsche et d'Auguste Comte sur la pensée de Ch. Maurras", in Les Dernières nouvelles de Strasbourg, 21 novembre 1934.

Ajouts dans Conférenciers/conférencières, Lieux de paroles et dans 1934.

  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1921-1922 - Ajout: André LORULOT: Egoïsme ou altruisme? De Nietzsche et Stirner à Aug. Comte et Tolstoï. Conférence organisée par la Fédération Nationale de Libre Pensée, le 26 novembre 1921, Salle de la Maison Commune (Paris), à 20h. D'après l'annonce publiée dans Le Journal du Peuple du 26 novembre 1921, p. 4.

Ajout d'André Lorulot dans les conférenciers/conférencières et ajout de la conférence dans 1921.

  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1933-1934 - Ajout à propos de la conférence d'Henri Bidou, la confession de Nietzsche: Conférence donnée le 6 février 1934 d'après la publication dans Conferencia, n°XVI, 1er août 1934, p. 169-180 (avec des illustrations). Information curieuse par rapport à la conférence sur la folie de Nietzsche, le même 6 février 1934. A vérifier.
  • TRACES ORALES/CONFERENCES/Conférences 1925-1926 - Ajout à propos de la conférence de Gaston Rageot: Conférence publiée dans Conferencia, n°13, 15 juin 1926, p. 29-42. Et modification de la date exacte.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Carl Albrecht Bernoulli - Ajout de brèves indications biographiques et photo.

A propos de Victor Hugo: "Ce n’est pas le lieu d’ouvrir un débat sur la valeur pratique des doctrines que le poète élaborait en n’écoutant que son âme. On ne pourrait s’en expliquer en quatre lignes. La tourmente où viennent de se perdre les fils de Tolstoï, ce Hugo du Nord, nous montre les limites d’une philosophie sociale qui, pour améliorer le dessus, lui substitue le dessous. Les Misérables et la Légende ne peuvent pas donner des lois à la société; elles peuvent donner des conseils aux âmes éternellement tentées de s’endormir dans un terre à terre grossier. C’est bien qu’il y ait des chefs-d’œuvre qui se dressent pour nous dire de n’être pas inhumains, et j’ai horreur du « Soyons durs » de Nietzsche."

Ajout dans 1919.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Souday - Ajout: SOUDAY Paul, {Les livres}, in Le Temps, 4 mai 1919, p. 3. [L.V.]

Compte-rendu de Jean CocteauLe Coq et l'Arlequin (1918) qui évoque Nietzsche et Wagner.

Ajout dans 1919.

Evoque les jugements de Nietzsche sur Wagner et sur Carmen. Note: "Relisons LE CAS WAGNER de Nietzsche. Jamais des choses plus légères et plus profondes n'ont été dites. Quand Nietzsche loue Carmen, il loue la franchise que notre génération cherche au musichall. Il est regrettable qu'il oppose à Wagner une œuvre artiste et inférieure à l'œuvre de Wagner sur le plan artiste" (p. 29). Et: "Nietzsche redoutait certains « et » : Goethe et Schiller par exemple, ou Schiller et Goethe, pire encore. Que dirait-il de voir répandu le culte Nietzsche et Wagner... Wagner et Nietzsche plutôt!" (p. 30)

Voir le compte-rendu de Paul Souday dans Le Temps du 4 mai 1919.

Ajout dans 1918.

Publication d'une lettre de Gabriel Brunet du 5 mars 1919 dans le prolongement de son article sur Nietzsche et la guerre (Mercure de France du 1er février 1919) et de la lettre publiée dans le Mercure de France du 1er mars 1919. Observations pour "bien montrer que Nietzsche s'oppose à l'Allemagne par sa conception hellénique et française de la culture et par sa haine pour la brutale conception prussienne de l'Etat" (p. 573).

Ajout dans 1919.

A propos de l'article d'André Gide, "Réflexions sur l'Allemagne" (juin 1919): "(...) il ressort que M. André

Gide, qui passait dernièrement pour rallié à la cause du trône et de l'autel, n'a décidément pas la vocation de l'orthodoxie. Il se permet d'attaquer un certain M. B..., c'est-à-dire M. Boutroux, qui a été proclamé tabou et dont on ne peut plus discuter la moindre affirmation nouvelle, même en s'appuyant pour cela sur ses conclusions anciennes, sans être aussitôt taxé de bochophilie ou de philobochie, à votre choix.

J'ai maintes fois essayé de démontrer que certaines théories émises depuis cinq ans par l'éminent philosophe et par ceux qui le suivent étaient non moins contraires à l'intérêt français qu'à la vérité des faits et des textes. On comprendra donc que je n'aie pas lu sans une réelle satisfaction ces lignes de M. André Gide : « Rien ne peut lui faire plus de plaisir, à l'Allemagne, qu'une thèse tomme celle de M. B..., qui déjà découvre dans le Faust l'invitation à la guerre actuelle. Ce qu'il y a de rassurant pour nous dans cette thèse, c'est qu'elle est absurde. Ce qui peut, au contraire, désoler la jeune Allemagne pensante, c'est de sentir que cette guerre monstrueuse, Goethe ne l'aurait pas approuvée, non plus qu'aucun des écrivains d'hier qu'elle admire. »

Et M. André Gide insiste sur cette l'injustice et cette faute de mettre dans le même sac tous ces Allemands, que l'on déclare vouloir diviser. Je l'ai dit moi-même souvent : s'il était vrai que Goethe, Kant, Hegel, Schopenhauer, Wagner, Nietzsche, fussent d'accord avec Bernhardi et Bethmann-Hollweg, ce serait désastreux pour nous, attendu que les neutres et tout le monde pensant en conclueraient qu'abrités sous de tels patronages ces pangermanistes ne devaient pas avoir entièrement tort.

Par bonheur, ce n'est pas vrai. Les grands penseurs allemands ne couvrent pas ces meneurs de guerre mais les condamnent à fond. C'est pourquoi M. André Gide s'écrie : « Quoi! nous avions un Goethe en gage, et vous le leur rendez? ! Quoi Nietzsche s'engage dans notre légion étrangère et c'est sur lui que vous tirez ! Quoi ! vous escamotez les textes où Wagner marque son admiration pour la France : vous trouvez plus avantageux de prouver qu'il nous insultait ! ... » Et M. André Gide ajoute encore : « Goethe et Nietzsche (et à de moindres degrés plusieurs autres) sont nos otages. Je tiens que la dépréciation des otages est une des plus grandes maladresses à quoi excelle notre pays. »

Non, pas tout notre pays, mais certains hommes de parti, et d'autres, qui flattent les partis, par ambition de popularité. Il y avait un intérêt français, en même temps qu'un intérêt de vérité, à montrer que Goethe, Kant, Nietzsche ont admiré et aimé la France, détesté l'esprit prussien et pangermaniste. Mais il

y avait un intérêt de parti à démolir Goethe, Kant et Nietzsche, qui sont en horreur, non sans raison, à tous les cléricaux et cléricalisants.

Ces dernières remarques ne sont pas de M. André Gide, et peut-être n'y souscrirait-il pas, car il garde volontiers des ménagements et semble redouter les polémiques. Il n'en a eu que plus de mérite à écrire les lignes décisives que j'ai citées. Maladresses ou manœuvres, les opérations tendant à présenter Kant,

Goethe et Nietzsche comme des Boches et des maîtres du bochisme étaient des absurdités : sur ce point, qui est l'essentiel, M. André Gide s'avoue publiquement d'accord avec les défenseurs de la liberté intellectuelle, de l'esprit critique et du patriotisme clairvoyant. Cela est à son honneur".

Ajout dans 1919

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/André Gide - Ajout: GIDE André, "Réflexions sur l'Allemagne", in Nouvelle Revue française, 1er juin 1919, p.35-38. [L.V.]
Evoque et désapprouve les attaques contre Nietzsche pendant la guerre.
"(...) Comme si notre cause, pour paraître bonne, avait besoin d'être fardée ! Comme si la vérité n'était pas plus encourageante, plus probante, plus bienfaisante que tous les mensonges ! Mais pour peu qu'elle paraisse gênante, on la contourne ; et ce faisant on se l'aliène, tandis qu'elle venait à nous comme une amie qu'il eût suffi de mieux comprendre.
Et comment ne comprenez-vous pas, vous qui voulez rejeter tout de l'Allemagne, qu'en rejetant tout de l'Allemagne vous travaillez à son unité ? Quoi ! nous avions un Goethe en otage, et vous le leur rendez !
Quoi ! Nietzsche s'engage dans notre légion étrangère, et c'est sur lui que vous tirez ! Quoi ! vous escamotez les textes où Wagner marque son admiration pour la France ; vous trouvez plus avantageux de prouver qu'il nous insultait !
Nous n'avons nul besoin, dites-vous, des applaudissements d'outre-Rhin. Comment ne comprenez-vous pas qu'il ne s'agit pas de ce que ceux-ci nous apportent, mais bien de ce que ceux-ci leur enlèvent. Et cela n'est pas peu de chose, si c'est l'élite du pays" (p. 36).
Cela n'est pas peu de chose, — tandis que le meilleur de la pensée de la France, que toute la pensée de la France travaille et lutte avec la France, — que le meilleur de la pensée allemande s'élève contre la Prusse qui mène l'Allemagne au combat.
Nous avons dans notre jeu les atouts les plus admirables, mais nous ne savons pas nous en servir.
Rien ne peut être plus démoralisant pour la jeunesse allemande pensante (et tout de même il y en a) que de ne pas sentir Goethe avec soi — (ou Leibniz, ou Nietzsche). — On se rend mal compte en France, où nos grands écrivains sont si nombreux et où nous les honorons si mal, de ce que peut être Goethe pour l'Allemagne. Rien ne peut lui faire plus de plaisir, à l'Allemagne, qu'une thèse comme celle de M. B... qui déjà découvre dans le Faust l'invitation à la guerre actuelle. Ce qu'il y a de rassurant pour nous dans cette thèse, c'est qu'elle est absurde. Ce qui peut, au contraire, désoler la jeune Allemagne pensante, c'est de sentir que cette guerre monstrueuse où on l'entraîne, Goethe ne l'aurait pas approuvée, non plus qu'aucun des écrivains d'hier qu'elle admire. Il est sans doute flatteur, capiteux même, de se dire et de s'entendre sans cesse répéter que le peuple dont on fait partie est désigné pour gouverner la terre ; mais si ce sophisme est par avance dénoncé par les plus sages de ce peuple même, est-il adroit de notre part de traiter ces sages de brigands, d'imposteurs ou de fous ?
L'écrasement de l'Allemagne ! J'admire si quelque esprit sérieux peut le souhaiter, fût-ce sans y croire.
Mais diviser l'Allemagne, mais morceler sa masse énorme, c'est, je crois, le projet qui rallie les plus
raisonnables, c'est-à-dire les plus Français d'entre nous. Il n'importe pas de l'empêcher d'exister (au contraire : il importe, et même pour nous, qu'elle existe), il importe de l'empêcher de nuire, c'est-à-dire de nous manger... Diviser l'Allemagne ; et pour la diviser, la première chose à faire, c'est de ne pas mettre tous les Allemands dans le même sac (et si vous affirmez qu'au fond tous se valent, faites attention qu'alors c'est que vous croyez le départ entre eux impossible, et qu'ils n'accepteront pas, eux, si vraiment ils sont si semblables, cette division que vous voudriez leur imposer). Combien ne sont-ils pas plus habiles ceux qui, dès aujourd'hui, démêlant parmi l'Allemagne moderne l'idée prussienne comme un virus empoisonneur, excitent contre cet élément prussien l'Allemagne même et, au lieu de chercher dans Goethe des armes contre nous, lisent ceci par exemple (l'a-t-on déjà cité ? je ne sais) dans ses Mémoires :
« Au milieu de ces objets, si propres à développer le sentiment de l'art (il visite Dresde), je fus attristé plus
d'une fois par les traces récentes du bombardement. Une des rues principales n'était qu'un amas de décombres
et dans chaque autre rue on voyait des maisons écroulées. La tour massive de l'église de la Croix était crevassée ; et quand, du haut de la coupole de l'église de Notre-Dame, je contemplais ces ruines, le sacristain me disait avec une fureur concentrée : « C'est le Prussien qui a fait cela. »
Goethe et Nietzsche (et à de moindres degrés plusieurs autres) sont nos otages. Je tiens que la dépréciation
des otages est une des plus grandes maladresses à quoi excelle notre pays."
Cette publication suscite quelques réactions, notamment celle de Paul Souday dans Paris-Midi.

 

Ajout dans 1919

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Maurice Muret - Ajout: MURET Maurice, "Souvenir de Weimar", {Au jour le jour}, in Journal des Débats, 17 février 1919, p. 1. [L.V.]

    D'après des notes de 1910, raconte son passage à Weimar, sa visite au Nietzsche-Archiv et sa rencontre avec la sœur de Nietzsche. Se moque.

Ajout dans 1919

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1935 - Ajout: Anonyme, "Nietzsche l'intraitable", in Stamboul, 24 novembre 1935, p. 2. [L.V.]

    "Les dernières phases de la vie douloureuse de Nietzsche se déroulèrent sur la Côte d’Azur de France. Il était alors péniblement impressionné par ce qu’il appelait la trahison de sa sœur. Celle-ci, à vrai dire, n’avait trahi personne. Elle s'était simplement mariée avec l’homme de son choix. Mais ce choix n’était pas celui de son terrible frère. Quand Frédéric apprit que Mlle Nietzsche devenait Mme Forster, c'est-à-dire la femme d’un protestant connu pour la profondeur de sa foi, le grand négateur en conçut une forte colère. Pourtant, sa sœur, qui signa tout ce qu’elle écrivit de son nouveau nom, Mme Nietzsche-Forster, conserva un culte religieux à ce frère si malheureux et le défendit toujours. Elle vient de mourir à 70 ans environ sans avoir pu opérer sa réconciliation avec l'intraitable Frédéric."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Grésy - Ajout: Anonyme [Grésy], "Nietzsche et le nietzschéisme", in Stamboul, 26 juin 1905, p. 3.

    Contient: "Nietzschéisme.— Manie du moment. — Les vrais Nietzschéens. — Echos d’une Conférence faite à la Société littéraire de Constantinople. — Une lettre de M. Leichtenberger [sic] sur la Conférence du comte Ostrorog."

    Cite un article de Gaston Deschamps qui regrette les romans nietzschéens et se moque de la "crise du nietzschéisme".

    Conteste: "Çà c’est le petit côté du nietzschéisme. Mais Nietzsche n’a pas seulement fait éclore des héros de romans. Il a suscité un mouvement intellectuel auquel nous devons quelques uns des plus beaux livres de critique de notre temps".

    Reproduit une lettre d'Henri Lichtenberger (12 mai 1905) à qui le texte de la conférence de Léon Ostrorog (23 avril 1904) a été envoyée. Voir le résumé de la conférence dans Grésy, "Frédéric Nietzsche", in Stamboul, 12 mai 1904, p. 2.

Ajout dans 1905.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Grésy - Ajout: GRESY, "Frédéric Nietzsche", in Stamboul, 12 mai 1904, p. 2.

    A propos d'une conférence du Comte Léon Ostrorog (1867-1932) sur Nietzsche à la Société littéraire et scientifique de Constantinople, le 23 avril 1904.

    La conférence est déjà signalée dans Stamboul le 25 avril 1904.

    Elle est à nouveau signalée et commentée dans "Nietzsche et le nietzschéisme", dans le Stamboul du 26 juin 1905.

Ajout dans 1904.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Grésy et ajout dans la Recherche par auteur/autrice
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edouard Schuré - Ajout d'un extrait de lettre: "En me parlant de la mention faite de moi par Malvida de Meysenberg [sic] dans ses Souvenirs sur Nietzsche, vous évoquez la plus belle époque de ma vie — que je vois toujours devant moi comme un éternel présent, consacré dans la dédicace de mes Grands initiés, qui du reste ne furent écrits que plus tard — souvenir d’un somptueux coucher de soleil dans les ténèbres actuelles ! Oui, Malvida de Meysenberg, Nietzsche et ces deux merveilleux hivers passés à Florence... que cela était beau et radieux — et que cela est loin! Alors on pouvait vivre dans le ciel pur de l’art et de la pensée. Aujourd’hui la guerre mondiale a déchaîné tous les démons de la fureur et de la haine." (Lettre d'Edouard Schuré du 7 mars 1915 publiée en 1929
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE -Ajout: Camille Le Senne

Ajout dans la Recherche par auteur/autrice

Note: "(...) L'union de l'homme et de la femme, basée sur la soumission enfantine du cerveau de celle-ci au cerveau de celui-là, est une formule vermoulue, d'ailleurs! Qu'on la regrette ou non, elle est morte; il faut nous arranger pour vivre sur le pied d'une nouvelle morale. Quelle sera-t-elle?

Quand Ernest Renan eut tué le christianisme, un certain Frédéric Nietzsche se leva pour enseigner aux hommes le culte de l'orgueil individuel. Je ne vous cacherai pas qu'un Nietzsche en jupon s'est levé aussi pour les femmes. Il s'appelle Aurel. C'est une philosophe parisienne qui vit parmi nous, qui est moins célèbre que la comtesse de Noailles, car elle ne fait pas de sentiment et se borne à de courts manuels de stoïcisme féminin d'une écriture sèche et dure. Mais elle a sa petite église de catéchumènes. Les romancières à la mode, telle Lucie Delarue-Mardrus, ont fait des conférences sur elle. On publie sa vie dans la Collection des Célébrités d'aujourd'hui. Je viens précisément de recevoir son hagiographie, écrite par M. Henri Clouard avec une clarté qui manque parfois à Aurel elle-même, et la résume d'autant mieux. ..

 

 

Ce Nietzsche pour les femmes est comme le Nietzsche pour les hommes: plus saisissant dans ses prémisses que dans ses conclusions. Aurel trouve des images magnifiques pour exprimer les dégoûts de l'Eve d'aujourd'hui: «C'est la mort de l'amour, non l'amour, qui cultive la femme». La solution qu'elle propose à ses sœurs est l'orgueil, la fuite sur les cimes. C'est une doctrine de bataille. Mais on aurait grand tort de n'y pas faire attention. Cette exaltée annonce un monde nouveau."

Ajout dans 1922.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Maurice de Waleffe. Quelques informations.

Ajout dans Recherche par auteur/autrice et dans Pseudonyme.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1919 - Ajout: Anonyme, "Annexion", {Lettres et Arts}, in Le Cri de Paris, 1er novembre 1919, p. 10. [L.V.]

Se moque: "Mme Daniel Lesueur n'écrivit rien pendant la guerre. Ce qu'elle fit doit pourtant compter dans ses œuvres complètes autant que ses meilleurs récits, elle se consacra tout entière au Denier des Veuves des Ecrivains.

Maintenant que la victoire est venue, elle réalise, à sa manière, une glorieuse annexion. Elle s'empare de Nietzsche.

Naguère elle avait publié: Nietzschéenne. Elle donne une nouvelle édition de ce beau roman, et, dans quelques pages de préface, elle prouve clair comme le jour que l'auteur de Zarathustra n'avait pas mérité la honte d'être Boche, mais l'honneur d'être Français.

Ainsi soit-il ! Peut-être devrait-on ajouter au traité de paix une clause sur l'annexion de Nietzsche par Mme Daniel Lesueur."

Sur Nietzsche (p. 15-16). Note : "L’Allemagne nous a envoyé aussi ses forces de décadence. L’Orient tendait à annihiler la volonté, et voici qu’une voix germanique a prêché le surhomme: « Voici donc le sauveur! Ont pu s’écrier ceux qui n’avaient pas encore écouté les paroles rythmées de Zarathoustra. (...)" (p. 15)

Et conclut: "En vain, Mme Daniel Lesueur, dans son livre Nietzschéenne, essaya-t-elle d’élever un peu la conception du surhomme : la masse des littérateurs l’ont comprise à leur façon, c’est-à-dire très bassement.

 

L’Allemagne nous versait son poison moral et littéraire. Le génie français s’obscurcissait. Le nietzschéisme fut en réalité le déchaînement de toutes les passions approuvé, la ruée de tous les appétits autorisée" (p. 16).

Ajout dans 1919.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Camille Saint-Clair

Ajout dans la Recherche par auteur/autrice

 

A propos du roman de Daniel Lesueur, Nietzschéenne (1908) réédité en 1919. Sur l'influence de Guillaume du Vair.

Ajout dans 1919

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Fortunat Strowski photo et petite notice

Ajout dans la recherche par auteur/autrice

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Daniel Lesueur - Ajout de quelques précisions biographiques et informations: Daniel Lesueur (ou Daniel-Lesueur) est le pseudonyme d'Alice Jeanne Victoire Loiseau, épouse de Charles Lapause dit Henry Lapauze (1867-1925). Autrice de nombreux romans, de nouvelles, de recueils de poésie, d'essais et de pièces de théâtre, elle est également critique littéraire et journaliste. Féministe, elle a reçu plusieurs prix et quelques distinctions mais comme pionnière, elle a souvent souffert de l'exclusion des femmes dans le monde de son époque. Elle est admise à la Société des Gens de Lettres en 1901 après avoir essayé un refus en 1890 parce qu'elle est une femme. Elle est la première femme promue chevalier de la Légion d'honneur (1900) en qualité de femme de lettres; elle est élue au Comité de la Société des gens de lettres (1907) alors qu'aucune femme n'y était depuis cinquante ans; elle est la cinquième femme depuis la création de l'Ordre de la légion d'honneur en 1804 à être promue officier (1913).

Roman publié en 1908 (réédité en 1918) publié dans le feuilleton du journal à partir du 27 avril 1914.

Ajout dans 1914.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Daniel Lesueur - Ajout: LESUEUR DanielNietzschéenne, Paris, Plon, 1919. [L.V.]

Nouvelle édition (voir 1908) avec une nouvelle préface (publiée dans Le Gaulois du 18 octobre 1919) et des citations de Nietzsche pour la France, contre l'Allemagne.

Ajout dans 1919.

Extrait du roman de Daniel Lesueur sur le point de paraître, introduit ainsi:

[Aujourd'hui paraît en librairie Le Droit à la Force, roman, par Daniel Lesueur, l'aimable écrivain auquel on doit, notamment, L'Honneur d'une FemmeNietzschéenne et surtout Calvaire de Femme que le feuilleton a popularisé.

Le Droit à la Force, n'est qu'un roman. Mais c'est un roman attachant, plein d'émotion et d'angoisse, et qui puise sa force dans l'observation de la vie vraie et douloureuse.

Le passage que nous en donnons ci-après montre ce qu'un auteur de bonne foi peut voir quand il veut des misères de la vie ̃ouvrière.]

Ajout dans 1909.

  • TRADUCTIONS/1919-1944 - Ajout: LICHTENBERGER Henri, La philosophie de Nietzsche suivie d'aphorismes et fragments choisis, Paris, Alcan, 1923, in-12, 365 pages.

Fusion de son livre (La philosophie de Nietzsche, 1898) et de son recueil (Aphorismes et fragments choisis, 1899)

Mention de douzième édition.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Pseudonymes - Ajout: Anne Marie Bovet=Marie-Anne de Bovet ou Mab.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Marie-Anne de Bovet - Correction: morte en 1943.

Ajout de quelques indications biographiques et nouvelle photo.

Roman publié aux éditions Lemerre. Ici en feuilleton: deuxième partie, chapitre III. L'héroïne lit Nietzsche et commente.

Ajout dans 1926

Autobiographie. Avec deux photos.

Evoque sa vénération pour Nietzsche (p. 109) et sa reconnaissance (p. 123).

Contient: "Querelle d'un titre. Lettre à M. Bernard Grasset", p. X-XX.

Note: " Les feuillets qui devraient porter une date récente et ceux qui furent composés à des époques reculées et distantes les unes des autres, appartiennent à la même atmosphère, à la même coloration de l'individu, qui se réclame de sa constante. Il est des esprits hésitants qui, selon une plaisante formule, ne sont pas de leur avis. J'ignore ces chancellements.

Espérant avoir prouvé ce que je communique, je ne crois pas utile de solliciter autrement l'attention de ceux qui nous lisent. D'ailleurs je n'ai pas su éviter l'insistance. La conviction et le lyrisme sont insistants, ils ne se lassent pas. Quel poète ne possède l'illusion d'ajouter par son chant à « l'immense et infinie affirmation des choses » dont parle Nietzsche ? Mais répétition n'est pas toujours monotonie" (p. XVII).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1905 - Ajout: NOAILLES Anna de, La Domination, Paris, Calmann Lévy, 1905.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Anna de Noailles - Ajout de précisions biographiques, photos...
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Anna de Noailles - Ajout: La Domination (1905), Exactitudes (1930) et Le livre de ma vie (1932)
 (France culture, 28 avril 1923)

 

Ajout: Voir "Livres ayant appartenu à Anna de Noailles ou dédicacés par elle" dans le catalogue Anna de Noailles : exposition de manuscrits, livres et documents donnés ou prêtés à la Bibliothèque nationale. [11 décembre 1953-5 janvier 1954]

Ajout: Anecdote publiée dans Les Nouvelles littéraires en 1935: "C'est un souvenir qu'aimait conter la comtesse de Noailles. Le poëte visitait le musée de Nietzsche, à Weimar. Aimable, Mme Foerster-Nietzsche lui dit :

- Ah ! si Frédéric vous avait connue, il vous eût aimée ! Il eût fait des vers pour vous.

Alors, vivement, la poétesse du « Coeur innombrable » :

- Et c'est moi, sans doute, qui aurais fait de la philosophie !"

Ajout: "Songeons qu'il ne fallait oublier ni Paul Adam, ni Mme de Noaillesqui de tous les disciples de Nietzsche l'a le mieux compris avec Mme Daniel Lesueur" (Charles Andler, 1931).

Ajout: écouter sa voix: Jeunesse (1902)

A propos d'un article d'Ernest Closson (Revue musicale) qui commente une brochure d'Hugo Daffner, Friedrich Nietzsches Randglossen zu Bizets Carmen, Regensburg, Bosse, 1912.

Ajout dans 1922.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Louis-Raymond Lefèvre. Ajout dans la Recherche par auteur/autrice
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Correction: Je remplace E. Clisson par Ernest Closson et j'ajoute des précisions sur sa page. Corrections dans 1922 et dans la Recherche par auteur/autrice.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Victor Basch - A propos de L'individualisme anarchiste (1904, réédition en 1928), ajout: A cette occasion un extrait est publié dans L'Opinion du 30 mars 1928.

A propos du livre de Jules de Gaultier sur Nietzsche (1926)

C'est "un exposé doctrinal de la philosophie de Nietzsche. Pas toute la pensée philosophique de Nietzsche, mais la partie de cette pensée plus particulièrement antichrétienne. L’exposé de M. Jules de Gaultier n’est pas inexact, mais il est un peu limitatif. Il y a dans l’œuvre de Nietzsche toute une critique des sentiments d’une étonnante profondeur. Il y a aussi cette riche expérience des choses de l’âme qui l’a conduit à ce point d’interrogation qui l’a troublé toute sa vie : « l’ennoblissement est-il possible ? » Question capitale, car si, en qualité, les hommes sont invariables, Nietzsche ne représente plus qu’une espérance alors que les pessimistes qu’il combattait représentaient l’expérience et non « une calomnie de la vie », comme il disait.

Question éternelle, dont le destin est de rester pendante.

Ce n’est pas là qu’il faut chercher le vrai Nietzsche, toujours à l’étroit dans le cadre des idées, même les siennes. C’est le maître de générosité qu'il faut découvrir, et là tout s’éclaire. Et après, quand on a trouvé le poète, que le débat (très variable) des idées masque bien peu, tout est éclairé."

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1924 - Ajout: Anonyme, "La pauvreté de Nietzsche", {Les lettres}, in L'Intransigeant, 12 septembre 1924, p. 2. [L.V.]

Extrait des "Souvenirs sur Frédéric Nietzsche" publiés par Edouard Schneider dans Les Nouvelles littéraires, 6 septembre 1924, p. 2.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Edouard Schneider - Précisions sur Le dieu d'argile (1923)

 

Jugements sur Nietzsche.

Ajout dans 1939.

Roman publié en 1908 (réédité en 1919) publié dans le feuilleton du journal, à partir du 13 mars 1925.

Reproduit et commente un extrait d'Ecce homo.

"Le grand philosophe allemand Nietzsche est réclamé par les nazis comme un de leurs pères spirituels. Cette annexion est plutôt risquée, car Nietzsche a accablé de sarcasmes ses propres compatriotes.

Voici, par exemple, le jugement qu'il porte sur les Allemands et l'Allemagne dans son « Ecce Homo »:

« Rien ne m'empêchera d'être brutal et de dire aux Allemands quelques dures vérités. Je parle de leur impudicité en matière historique. « Il faut être avant tout « Allemand »; « il faut être de la « race » ; « alors seulement on a le droit de décider de toutes les valeurs et de toutes les non-valeurs ». « L'Allemagne par dessus tout c'est leur principe... »

Quand j'entends de pareilles choses, ma patience est à bout et j'ai envie de dire aux Allemands tout ce qu'ils ont déjà sur la conscience. Je considère même que c'est un devoir de le leur dire.

« Ils ont sur la conscience tous les grands crimes contre la culture des quatre derniers siècles ».

Voilà comment un Allemand célèbre juge les Allemands. Remarquons, entre parenthèses, que Nietzsche parle déjà du racisme et du pangermanisme chers aux Tentons.

Cela ne date donc pas d'hier?

Tiens ! tiens !"

Plusieurs pages sur Nietzsche dans La Clavallina, revue littéraire mensuelle du Roussillon.

Ajout dans 1900.

  • RECHERCHE PAR AUTEUR/AUTRICE - Ajout: François Sauvy
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Marie Lenéru - Ajout: LENERU MarieJournal de Marie Lenéru, avec une préface de François de Curel et deux portraits de l'auteur, 2 tomes, Paris, Crès et Cie, 1922. [L.V.]

Evoque Nietzsche à plusieurs reprises dans le tome 1 et dans le tome 2.

Ajout dans 1922.

Critique les idées de Wundt sur Nietzsche (p. 3). Il "a fait main basse sur le nietzschéisme". Conclut: "Reste à savoir si l'idée du devoir contenue dans la formule du Surhomme coïncide avec l'idée du devoir patriotique et prussien telle que l'entend M. Wundt. Il n'en doute pas, mais tous ceux qui ont lu Nietzsche sans parti pris en doutent fort. Ils se rappellent et l'on ne saurait trop le rappeler que Nietzsche a écrit ces mots prophétiques : « Les Allemands sont un peuple dangereux, ils s'entendent à se griser » et qu'on lui doit aussi cette déclaration péremptoire : « L'Allemagne, l'Allemagne au-dessus de tout, c'est peut être le mot d'ordre le plus stupide qui ait jamais été donné. » Gardons à Nietzsche, pour avoir si bien parlé, toute notre estime et prenons en pitié ce pauvre M. Wundt qui s'essaye à le défigurer, d'ailleurs sans y parvenir. Nietzsche était un brillant sophiste allemand, c'est entendu; mais il était aussi un bon Européen. Et c'est en vain qu'un autre sophiste allemand qui ne lui va pas à la cheville s'épuise à démontrer qu'il fut un méchant pangermaniste."

Ajout dans 1920

  • Ajout d'une annonce: Nietzsches Zukünfte. Global Conference. 7-11 october 2024, Weimar. Programme

Raconte qu'en réponse à l'envoi de son livre (Perspectives, 1929) à Jules de Gaultier, celui-ci lui a adressé une lettre. Les deux hommes maintiennent leur position divergente de 1926. Noël Vesper consolide la sienne.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Noël Vesper - Ajout: VESPER Noël, {La vie littéraire}, in La Vie nouvelle, 9 juillet 1926, p.217-219. [L.V.]

A propos du livre de Jules de Gaultier: Nietzsche (1926). Long exposé de son désaccord.

Cet article est repris dans Noël Vesper, Perspectives, Paris et Neuchâtel, éditions V. Attinger, 1929.

Ajout dans 1926

 

Poursuit sa critique du livre de Jules de Gaultier sur Nietzsche (1926).

Cet article est repris dans Noël Vesper, Perspectives, Paris et Neuchâtel, éditions V. Attinger, 1929.

Ajout dans 1926

 

X. Nietzsche. Le feuilleton a commencé le 4 décembre 1925 avec "quelques mots d'avertissement" de Victor Méric.

Ajout dans 1926 et dans la Recherche par auteur/autrice

Note que ce serait "appauvrir l’Occident que de dénier toute valeur à des éléments de vie intellectuelle sous prétexte qu’ils comportent une part de danger. Ce danger, il faut se prémunir contre lui en s’efforçant d’ « isoler » les éléments utiles des éléments nocifs (1)." (p. 160)

Dans la note, indique qu'il vient de lire la biographie de Nietzsche par Daniel Halévy; se moque de Nietzsche puis conclut: "C'est un malheur qu'on nous ait raconté la vie de Frédéric Nietzsche, un malheur pour lui, un bonheur pour nous. Sa vie enlève toute autorité à son œuvre. Il faudrait que nous n’eussions de lui que ses chaussures au bas du volcan d’Empédocle et que l’on pût croire que son Dionysos l’a saisi à plein bras pour le jeter dans la fournaise. Nul mystère, hélas ! Si nous l’avons perdu, c’est d’un mal humain, trop humain. Le support physiologique de son œuvre est taré. Ce petit accident ne diminue pas le prestige de ses rythmes, ni son pathétique intérieur, mais il ruine sa prétention de dicter les tables de la nouvelle loi. Mettre au volant cet excité, confier la révision de toute la machine et la direction du char de l’humanité à un malheureux qui fait de la paralysie générale? J'aime mieux rester dans mon ornière. Un superbe poète lyrique, ce Nietzsche, et un excitateur de l’esprit! Mais pour ma part, j’avais trouvé ses thèses dans Stendhal, dans Renan et dans mon cœur d’enfant excédé par les grossièretés de l’internat et du quartier Latin. Seulement, ce que nous savons, il nous le dit avec une allure ! Il a du diable au corps ! C’est bien, mais il en a trop. Le diable a fini par en faire sa proie. Il portait le diable sur ses épaules, comme saint Christophe le Christ, ou comme jadis dans nos campagnes lorraines s’en allait le montreur de loup, portant la bête à califourchon sur son dos. A la fin toute son humanité avait disparu, et l’on ne vit plus qu’un gigantesque Lucifer fou d’orgueil. Un Lucifer, comme dans la Bible, ou un Odin, comme dans l’Edda? Entre la Bible et l'Edda, on hésite toujours, chez les Allemands." (p. 161).

Ajout dans 1922

"Dans le numéro spécial qu’il publie à l’occasion du 40e anniversaire de son journal « Hammer », le fameux antisémite Théodore Fritsch reproduit la lettre suivante de Frédéric Nietzsche, à lui adressée, il y a 4o ans: « Cher Monsieur ! —Ci-joint je vous renvoie les trois numéros de votre journal, en vous remerciant de la confiance avec laquelle vous m’avez permis d’exposer mon avis sur l’antisémitisme. Je vous prie, pourtant, de ne plus me faire désormais de pareils envois, parce que je crains pour ma patience. Croyez moi: ces vilains et naïfs dilettantes qui traitent de la valeur des hommes et des races; — ces références aux « autorités » qui doivent être rejetées avec un froid mépris par tout esprit raisonnable (comme par exemple E. Duhring, Richard Wagner, Ebrad, Warmunt, Delagarde — à propos, laquelle de ces personnes est la plus injuste dans les questions de morale ?) ; ces falsifications absurdes des mots « germanisme », « sémitisme », « aryen », « chrétien », « allemand », — tout cela peut m’agacer sérieusement et m’obliger à abandonner l’attitude ironique avec laquelle j’ai réagi jusqu'à présent à l’égard de ces pharisiens que sont les Allemands modernes.

« Et enfin, pensez-vous que je puisse consentir à ce que le nom de Zarathustra soit profané par les antisémites ? »"

Lire la lettre de Nietzsche à Theodor Fritsch du 29 mars 1887.

Se moque d'Héra Mirtel qui cite Nietzsche en buvant du thé...

Ajout dans 1920

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/PRESENTATION - Ajout concernant la bibliographie 1919-1940: Je fais des mises à jour que je signe [L.V.]
  • RECHERCHE PAR AUTEUR/AUTRICE - Ajout: Paul de Belleu
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1921 - Ajout: BELLEU Paul de, "Nietzsche", in La libre parole, 20 septembre 1921, p. 3. [L.V.]

Long compte-rendu élogieux de Charles AndlerLa jeunesse de Nietzsche (deuxième volume de sa biographie de Nietzsche en six volumes)

A propos des articles d'André Suarès dans Les écrits nouveaux: "Excuse à Nietzsche".

Ajout dans 1921

Ajout dans 1925

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/ANDRE BELLESORT - Ajout d'un lienBELLESSORT André, "Les précurseurs de Nietzsche", in Revue bleue, 59e année, n°1, 1er janvier 1921, p. 24-28.

Ajout dans 1934

  • RECHERCHE PAR AUTEUR/AUTRICE - Ajout: Jean DELAGE
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Erich Podach - Ajout d'un lien vers L'effondrement de Nietzsche (1978): (en ligne)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1930 - Correction d'une erreur (!): L'effondrement de Nietzsche d'Erich Podach est placé en 1931 (au lieu de 1930)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Alfred Fouillée - Ajout: Jean Lawruszenko, Alfred Fouillée : un exemple d'articulation des liens politique, social et moral, thèse de l'Université de Paris VIII, 2005, sous la direction de Patrice Vermeren.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/André Gide - Ajout: A lire: Thomas Reisen, L'Immoraliste d'André Gide : édition génétique et critique, thèse de Langue et littérature françaises, Université de Caen Normandie, 2001, sous la direction d'Alain Goulet.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Gaëtan Picon - Ajout: Voir Agnès CalluGaëtan Picon (1915-1976) : esthétique et Culture, thèse de L'Institut d'études politiques, Paris, 2009, sous la direction de Jean-François Sirinelli.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Léon Daudet - Ajout d'un lien vers L'Heredo (1916). Ajout dans 1916.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Léon Daudet - Ajout à propos de Les horreurs de la guerre: Des passages de ce chapitre sont publiés dans L'Action française du 4 avril 1928. [L.V.] Ajout dans 1928
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Léon Daudet - Ajout: Avertissement: de nombreux propos revêtent un caractère violent, raciste et antisémite qui serait susceptible d’être condamné au regard des lois actuelles. Extrait de l'avertissement aux lecteurs de la BNF [L.V. ]
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1926 - Ajout: Anonyme, "Les rats", in Aux écoutes, 21 mars 1926, p. 9. [L.V.]

Rapporte une anecdote d'Hélène Vacaresco qui aurait rencontré Nietzsche dans une pension suisse:

"J’étais toute jeune fille alors, disait-elle, et je voyageais avec mes parents. Un jour, nous arrivâmes dans une pension de famille où un des pensionnaires faisait quelque peu parler de lui: c’était M. Frédéric Nietzsche. Il semblait fuir tout le monde, mais je parvins à l’apprivoiser. Or, un soir que nous étions seul dans le petit salon de la pension, voilà que Nietzsche s’écria brusquement :

— Mademoiselle, voyez-vous ces rats, ces centaines de rats qui courent sur le plancher?...

Je le regardai avec terreur. Il n’y avait rien sur le tapis. Mais Nietzsche, de plus en plus surexcité, se mit à pousser de grands cris. J’appelai à l’aide. Le pauvre philosophe était fou..."

 

RECHERCHE PAR AUTEUR/AUTRICE - Ajout: Lupus Blumenfeld

PUBLICATIONS SUR NIETZSCHEL/L. BLUMENFELD - Ajout: Né le 17 novembre 1889 à Botosani (Roumanie), Lupus Blumenfeld est un traducteur et un écrivain en yiddish et en français. Il a traduit une Anthologie des conteurs yidisch (1922) et collaboré à plusieurs périodiques: le Monde nouveau, le Mercure de FranceL'Humanité... et BLUMENFELD L., "Nietzsche et Dostoïewsky", in L'ère nouvelle, 23 mai 1929, p. 2. [L.V.]

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean Bourdeau - Ajout: BOURDEAU Jean, "Autour du féminisme", in Journal des Débats, 9 février 1923, p. 3. [L.V.] Discute les idées de Nietzsche sur les femmes, à propos du cinquième volume de Charles AndlerNietzsche, sa vie et sa pensée.

Ajout dans 1923

 

 

SEPTEMBRE 2024

Long compte-rendu de la biographie de Nietzsche par Charles Andler.

Ajout dans 1928

A propos de l'influence de Nietzsche sur Chestov et des études de Chestov sur Nietzsche et Dostoïevski et sur Nietzsche et Tolstoï.

 

Ajout dans Henri Ghéon

 

Ajout dans 1921.

 

Ajout dans RECHERCHE PAR AUTEUR/AUTRICE: Francis Baumal

  •  PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1931 - Ajout: V. G., "Le « chloralisme » de Nietzsche", in Le Progrès médical, n°33, 15 août 1931, p. 1449-1453. [L.V.] A propos de la publication de la traduction française d'Erich PodachL'effondrement de Nietzsche. Conteste la thèse du "chloralisme" de Nietzsche défendue par Elisabeth Förster-Nietzsche.

Ajout dans 1933

Ajout dans 1933

  • OUTILS/NIETZSCHE ET LES SURREALISTES - Trois ajouts: Nietzsche, Notation et Jeu
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout: Recherche par année et Recherche par auteur/autrice
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1930 - Ajout: TREICH Léon, "Nietzsche en France", in Le Soir, 27 janvier 1930, p. 2. [L.V.] Compte-rendu du livre de Geneviève BianquisNietzsche en France (1929)
  • RECHERCHE PAR AUTEUR/AUTRICE - Ajout: Léon TREICH

 

JUIN 2024

  • QUI SOMMES-NOUS?/Laure Verbaere - Ajout: Edmond Vermeil: le dernier héritier de Charles Andler?, communication à la Journée d'étude organisée par l'ERIAC: « Éduquer après Auschwitz et le “Scapa Flow” de l’intelligentsia nationale-socialiste/Erziehung nach Auschwitz und das “Scapa Flow” der Nazi-Intelligentsia », 4e journée d’étude franco-allemande / 4. deutsch-französischer Studientag, 23 mai 2024, 9h30-18h00, Campus Mont Saint Aignan.

 

FEVRIER 2024

 

  • OUTILS/ACUTALITE DE NIETZSCHE/Approches historiennes - Ajout: Julien DUPRE, Nietzsche et les nationalistes français, avec une préface d'Olivier Dard, Cercle Aristote, Editions Perspectives libres, 2023.
  • OUTILS/ACTUALITE DE NIETZSCHE/Approches philosophiques - Ajout: Olivia Bianchi: Nietzsche face à nos déshérités, Les éditions Ovadia, 2023.

 

DECEMBRE 2023

  • HISTOIRE/Jean-Pierre Dumont/Nietzsche et Loti. Et vice versa: version revue, le 6 décembre 2023

 

 

NOVEMBRE 2023

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Emile Faguet - Ajout d'une photographie
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Albert Camus - Ajout: Lire Gilbert Merlio, Sisyphe et le surhomme : Camus sur les traces de Nietzsche, Paris, R&N éditions, 2022.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Paul Bourget - Ajouts: Voir le numéro sur Paul Bourget de Transversalités 2023/2, n°165.

    Voir le Fonds Paul Bourget

  • PUBLICATION SUR NIETZSCHE/Elsa Nüesch - Correction de l'orthographe et ajout d'indications: Née à Saint-Gall, Elsa Nüesch est étudiante à l’Université de Neuchâtel et soutient sa thèse en 1925. C'est "la première enseignante à formation académique à occuper un poste permanent dans un lycée suisse"; cf. Jean-Pierre Meylan, “Romain Rolland et Elsa Nüesch”, in Études de lettres, n°3, 2012, p. 173-212.

Texte de la thèse soutenue à l'automne 1925 à Neuchâtel, sous la codirection de Carl Albrecht Bernoulli (Bâle) et  Arnold Reymond (Lausanne).

A propos de la préparation de cette thèse, voir la lettre d'Elsa Nüesch à Romain Rolland du 24 janvier 1926, dans Jean-Pierre Meylan, “Romain Rolland et Elsa Nüesch”, in Études de lettres, n°3, 2012, p. 173-212.

  • OUTILS/Relations Nietzsche-Paul Bourget - Correction: envoi de Jenseits von Gut und Böse (et non Zur Genealogie der Moral) et Ajout: août 1886, Paul Bourget est à Bayreuth.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Pierre Lasserre - Ajout: LASSERRE PierreLa statue volée: méditations, Paris, Le Divan, 1927. (L. V.)

    Note qu'il passe un souffle de Nietzsche dans son petit livre mais ajoute: "De nature, je ne lui [Nietzsche] ressemblais pourtant pas. Il m'avait quelque peu grisé la tête. Beau génie certes, noble et fin jusque dans les extrêmes éclats de sa fièvre chaude, mais génie maladif aussi, trop porté à surélever la signification du combat qu'il avait à soutenir contre ses propres organes, et à se croire aux prises avec une ère de civilisation ennemie du beau, qui avait écrasé la fleur des athlètes." (p. 15-16)

Ajout dans 1927.

Ajout dans 1929

Ajout dans Recherche par auteur/autrice et ajout dans 1935

Ajout dans 1929

Ajout dans 1937

Ajout dans Recherche par auteur/autrice et ajout dans 1934.

Ajout dans Recherche par auteur/autrice et ajout dans 1935.

 

Ajout dans Recherche par auteur/autrice et ajout dans 1926.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout d'une autrice Elsa Nuesch et son livre NUESCH Elsa, Nietzsche et l'Antiquité. Essai sur un idéal de civilisation, Paris, PUF, 1925.
    Avec une préface de Carl Albrecht Bernoulli.

Ajout dans recherche par auteur/autrice et ajout dans 1925.

A propos de la nouvelle traduction française réalisée par Friedrich Würzbach et Geneviève Bianquis.

Ajout dans 1936.

Et: A consulter: Erminio Maglione, Albert Camus et la réception de Nietzsche en France de 1877 à 1960,thèse de l'Université de Tours, 2019 et Erminio Maglione, "Albert Camus et la philosophie de Nietzsche" in Alfred Betschart, Andreas Urs Sommer et Paul Stephan (dir.), Nietzsche und der französische Existenzialismus, Berlin, Boston, Walter De Gruyter, 2022, p. 53-66.

  • OUTILS/NIETZSCHE DANS LES DESSINS DE PRESSE - Ajout d'un dessin: 1940 Extrait de Léon Werth, "Chez Nietzsche", in Marianne, 28 février 1940, p. 3.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout d'un auteur Georges Charensol et un article CHARENSOL G., "Un amour de Nietzsche", in Le Matin, 8 janvier 1933, p. 4. (L. V.)

    A propos du livre de Lou Andréas-Salomé sur Nietzsche, récemment (tardivement) traduit en français.

    Avec un portrait.

Ajout dans 1933.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Gaëtan Picon - Ajout: Lire Gaëtan Picon, Nietzsche. La vérité de la vie intense, Paris, Hachette, 1998, avec une préface de Marc B. de Launay.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/1906 - Ajout: Anonyme, "Qu'est-ce qu'un surhomme?", in La Dépêche de Toulouse, 4 décembre 1906, p. 7.

    A propos de l'article d'Emile Faguet publié le 2 décembre 1906.

  • OUTILS/Dessins de presse - Ajout: "Humour...", in L'Œuvre, 15 août 1936. Ajout aussi dans 1936: Anonyme, "Humour...", in L'Œuvre, 15 août 1936. (L. V.)
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout d'un auteur André Pierre et deux articles. PIERRE André, "Le troisième Reich s'annexe Schiller le chantre de la liberté. Une cérémonie impudique à Weimar", in L'Œuvre, 12 novembre 1934, p. 3. (L. V.)
    S'insurge: "Schiller annexé par les nazis!" Finit par l'annexion éhontée de Nietzsche par les nazis.

Et PIERRE André, "La mort de la sœur de Nietzsche", in L'Œuvre, 10 novembre 1935, p. 3. (L. V.)

Elisabeth Förster-Nietzsche a trahi l'œuvre de Nietzsche.

Ajouts dans 1934 et 1935

 

Autre ajout: Et "Quatre leçons du professeur Vermeil", in Journal de Genève, 1er juin 1950, p. (compte-rendu de leçons données à l'Institut Universitaire des Hautes Etudes Internationales).

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean Jaurès - Ajout: JAURES Jean, "L'esprit libre", in La Petite République, 28 novembre 1901, p. 1.

    Sur Nietzsche.

Ajout dans 1901

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Octove Uzanne - Ajout: UZANNE Octave, "Modernités", in La Dépêche de Toulouse, 9 avril 1900, p. 1.

    Compte-rendu élogieux de Jules de GaultierDe Kant à Nietzsche et évocations des articles d'Elisabeth Förster-Nietzsche dans Die Zukunft.

    Note: "On peut ne pas aimer Nietzsche, on peut se trouver heurté par l'intransigeance de sa doctrine, par l'outrance de son absolutisme, mais on est forcé de reconnaître sa valeur d'écrivain, sa grande force de philosophe, sa noblesse de moraliste..."

Ajout dans 1900.

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout d'une autrice Junia Letty* et un article LETTY Junia"Les originalités de la Comtesse de Noailles", in Le Thyrse, tome 13, 1911, p. 92-100.

    Note: "fragment d'une causerie donnée à la Maison du Livre". Détaille l'influence intellectuelle de Nietzsche sur Anna de Noailles (p. 94-95).

Ajout dans 1911.

Ajout dans 1911

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Ludovic Bertrand - Ajout: BERTRAND Ludovic, "Notes de Philosophie Individualiste", in Le Libertaire, 4 mai 1908, p. 1-2.

    Discute les relations entre Nietzsche et l'anarchisme. Suite le 24 mai 1908.

Ajout dans 1908

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout d'un auteur Ludovic Bertrand et un article BERTRAND Ludovic, "Notes de Philosophie Individualiste II", in Le Libertaire, 24 mai 1908, p. 2.

     Discute les relations entre Nietzsche et l'anarchisme.

Ajout dans 1908

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout d'un auteur Daniel Kahn et un article: KAHN Daniel, "Nietzsche et les juifs", in Revue juive de Lorraine, 1932. (L. V.)

     Référence citée d'après l'article anonyme: "Nietzsche et les juifs", in Archives israélites, 3 mars 1932, p. 2.

    Ajout aussi de Anonyme, "Nietzsche et les juifs", in Archives israélites, 3 mars 1932, p. 2. (L. V.)

    Signale et reproduit l'article de Daniel Kahn, "Nietzsche et les juifs" publié dans la Revue juive de Lorraine.

Ajouts dans 1932

 

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Georges Bataille - Ajout d'un lien vers "Nietzsche est-il fasciste?", in Combat, n°113, 20 octobre 1944, p. 2.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout d'un auteur Jacques Nargaud et un article: NARGAUD Jacques, "Nietzsche et l'Allemagne", {Propos pour le temps de guerre}, in Le Petit Bleu de Paris, 30 novembre 1939, p. 2. (L. V.)

Ajout dans 1939

Ajout dans 1912.

 

31 OCTOBRE 2023

 

Ajout dans 1940

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/CHARLES ANDLER/A propos - Ajout d'une photographie: cours à la Sorbonne.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Charles Andler - Modification: le projet sur Andler lancé à Montréal a été abandonné.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout d'un auteur: André Delacour et un article: DELACOUR André, "A travers les revues", in L'Européen, 25 novembre 1932, p. 4. (L. V.)

    Essentiellement à propos du livre de Lou Andreas-SaloméNietzsche à travers ses œuvres, qui vient d'être traduit en français.

Ajout dans 1932.

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE - Ajout d'un auteur: Jean Boyer et un article: BOYER Jean, "Nietzsche en France", in Dépêche de Toulouse, 16 octobre 1929, p. 1. (L. V.)

    A propos du livre de Geneviève BianquisNietzsche en France (1929).

Ajout dans 1929.

  • QUI SOMMES NOUS/Laure Verbaere - Ajout: Der unbekannteste der berühmten Nietzsche-Forscher: Charles Andler, participation au 33ème congrès international annuel de la Nietzsche-Gesellschaft: Kämpfe um Nietzsche. Nietzsche als Protagonist der europäischen und globalen Kultur bis zur ersten Nachkriegszeit, Internationaler Kongress, 12.-15. 10. 2023 in Naumburg (S.) appel à contributionprogramme, quelques photos.

 

30 OCTOBRE 2023

 

Ajout de son étude dans HISTOIRE

 

25 SEPTEMBRE 2023

  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Henri Lichtenberger - Suppression de la photographie. Erreur d'attribution.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean de Néthy, "Nietzsche-Zarathustra", in Revue Blanche, tome 2, n˚7, avril 1892, p. 206-212 - Ajout: [Version audio]. Ajout également dans 1892.
  • PUBLICATIONS SUR NIETZSCHE/Jean de Néthy - Ajout: lire: Franciska Dede, "« Âmes jumelles ». L’amitié magyare francophone de Jean de Néthy (Emmy de Némethy) et de Sigismond de Justh", in Francofonia, n° 83 (automne 2022) : "Francophonies hongroises au féminin : traversées littéraires et sociales (XIXe-XXIe siècles)", sous la direction de Guillaume Métayer.

 

14 SEPTEMBRE 2023

 

13 SEPTEMBRE 2023

  

10 SEPTEMBRE 2023

  •  NIETZSCHE EN FRANCE - Ajout d'une page: Historique (Laure Verbaere, 2023)
  • NIETZSCHE EN FRANCE/Historique - Ajout d'une page: Préhistoire du site 1/4 (Laure Verbaere, 2023)
  • NIETZSCHE EN FRANCE - Ajout d'une page: A propos du site (Laure Verbaere, 2023)

 

 

7 SEPTEMBRE 2023

 

  • HISTOIRE - Ajout d'un nouveau lien vers l'étude de Jean-Pierre Dumont: Nietzsche et l'ombre de Stirner, 2013 (ajouté en septembre 2023). L'étude est désormais hébergée par le site. L'ancien lien n'est plus valide.
  • QUI SOMMES NOUS?/Jean-Pierre Dumont - Modification: depuis septembre 2023, le site accueille son étude sur Nietzsche et l'ombre de Stirner lire

  

AVRIL 2023

 

 

21 OCTOBRE 2022

 

  • A la demande de Julien Dupré qui a trouvé une maison d'édition, j'ai retiré le lien vers le téléchargement de Nietzsche et les nationalistes français. Réceptions et usages d’une œuvre philosophique (1898–1945), Mémoire de Master en histoire des idées politiques contemporaines, 2018-2020, sous la direction d'Olivier Dard. Son travail paraîtra en février 2023.

  

8 OCTOBRE 2022

  • Le cofondateur du site, mon ami du bout du monde, Don Longo est mort, le 6 octobre 2022. Ma tristesse est infinie et je ne sais pas comment le site va évoluer sans son amitié, son écoute, sa patience et ses conseils. Nous formions un couple solide depuis 2012 pour mener à bien ce projet un peu fou et nous avions encore tellement de matériaux et d'idées pour essayer de l'améliorer... (L.V.)

 

 

Les modifications plus anciennes sont archivées. Il suffit d'en faire la demande dans le formulaire de contact. [L.V.]