Edouard Schuré (1841-1929)

A lire: Alphonse Roux et Robert Veyssié, Edouard Schuré: son oeuvre et sa pensée, Paris, Perrin, 1914. Etude précédée de la Confession philosophique d'Edouard Schuré.

En 1926, Edouard Schuré publie La genèse de la tragédie (Paris, Perrin), qui n'est pas sans rappeler Die Geburt der Tragödie (1872) de Nietzsche. Les similitudes entre les deux sont évoquées, par exemple, dans un compte-rendu publié dans la Revue de Paris en 1926.


SCHURE Edouard, Le Drame musical, Paris, Perrin, 1875, 2 tomes.

Reprend les idées que Nietzsche a développé en 1872 dans Die Geburt der Tragödie, plus particulièrement l'opposition entre le dionysien et l'apollinien. Cite explicitement deux fois Nietzsche et ses oeuvres (p. 72 et 99).

 

SCHURE Edouard, Le drame musical, Paris, Perrin, 1886.

Nouvelle édition dans laquelle Edouard Schuré cite encore Nietzsche dans le tome I (p. 57 et 78).

 

SCHURE Edouard, "L'individualisme et l'anarchie en littérature : Frédéric Nietzsche et sa philosophie", in Revue des Deux Mondes 130, 15 août 1895, p. 775-805.

Raconte qu'à partir de l'été 1876, "la maladie de l'orgueil qui couvait en lui se développa en proportions gigantesques pour le conduire à un athéisme féroce et jusqu'au suicide intellectuel" (p. 777).

Offre une description détaillée : "En causant avec lui, je fus frappé de la supériorité de son esprit et de l'étrangeté de sa physionomie. Front large, cheveux courts repoussés en brosse, pommettes saillante du Slave. La forte moustache pendante, la coupe hardie du visage lui auraient donné l'air d'un officier de cavalerie, sans un je ne sais quoi de timide et hautain à la fois dans l'abord. La voix musicale, le parler lent, dénotaient son organisation d'artiste ; la démarche prudente et méditative était d'un philosophe. Rien de plus trompeur que le calme apparent de son expression. L'œil fixe trahissait le travail douloureux de la pensée. C'était à la fois l'œil d'un observateur aigu et d'un visionnaire fanatique. Ce double caractère lui donnait quelque chose d'inquiet et d'inquiétant, d'autant plus qu'il semblait toujours rivé sur un point unique. Dans les momens d'effusion, ce regard s'humectait d'une douceur de rêve, mais bientôt il redevenait hostile. Toute la manière d'être de Nietzsche avait cet air distant, ce dédain discret et voilé qui caractérise souvent les aristocrates de la pensée. Mme Salomé, qui juge l'homme avec une singulière pénétration, dit : "Ses yeux semblaient les gardiens de trésors muets. Leur regard était tourné au dedans ; ils reflétaient ses impressions intérieures ; regard toujours tourné au loin vers les régions inexplorées de l'âme humaine. Dans une conversation animée, ces yeux pouvaient avoir des éclairs saisissans, mais dans ses heures sombres, la solitude parlait à travers eux avec une expression lugubre, menaçante et comme de profondeurs inconnues".

Raconte encore : "Pendant les répétitions générales et les trois premières représentations de la tétralogie, Nietzsche parut triste et affaissé. Il souffrait déjà du commencement de ce mal cérébral qui devait l'accabler plus tard, mais il souffrait déjà d'une mélancolie profonde et inexprimée" (p. 782-783).

Adresse quelques compliments mais précise clairement : "Au cours de cette étude j'ai fait ressortir les extraordinaires qualités de Nietzsche, afin que l'on mesure la profondeur de sa chute à la hauteur de son esprit" (p. 805).

Lance : "C'est n'est pas impunément qu'on jette l'anathème aux maîtres auxquels on doit son initiation, et ce n'est pas impunément qu'on maudit ses dieux" avant de conclure sur un ton dramatique : "S'ils ne reculent pas devant ses conclusions, qu'ils apprennent du moins par son exemple où peuvent mener certaines pratiques intellectuelles" (p. 805).

 

SCHURE Edouard, "Nietzsche en France et la psychologie de l'athée", in Revue bleue tome 14, n˚1O, 8 septembre 1900, p. 289-295.

 

SCHURE Edouard, "Wagner intime d'après les souvenirs d'un disciple", in Revue bleue, tome 17, n˚21, 24 mai 1902, p. 647-651.

Sur les raisons de la querelle entre Wagner et Nietzsche (p. 650).

 

SCHURE Edouard, « Le théâtre de Gabriel d'Annunzio », in Revue bleue, tome II, n˚1, 2 juillet 1904, p. 1-5.

Texte d'une conférence faite sous les auspices de la Revue bleue le 22 juin 1904. Evoque les emprunts de D'Annunzio à Nietzsche (p. 2 et 4).

 

SCHURE Edouard, « Le théâtre de Gabriel d'Annunzio (suite et fin) », in Revue bleue, tome II, n˚2, 9 juillet 1904, p. 33-38.

Suite. Souligne à nouveau ce que D'Annunzio doit à Nietzsche (p. 35-36).


 

 

SCHURE Edouard, Précurseurs et révoltés, Paris, 1904.

Contient : « Nietzsche et le surhomme » et « Frédéric Nietzsche et sa philosophie ». (p. 127-182)

Réédition en 1913.

L'ouvrage en est à sa 15ème édition en 1926.

 


 

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SCHURE Edouard, Précurseurs et révoltés, Paris, Perrin, 1913.

Réédition. Première édition en 1904.

 

SCHURE Edouard, "Le germanisme de Gobineau", in Revue bleue, 53, n°22, 13-20 novembre 1915, p. 554-560.

 

SCHURE Edouard, "Préface" in Emilie Sirieyx de Villiers, La faillite du surhomme et la psychologie de Nietzsche, Paris, Nilson, 1921, p. 9-35.


EXPOSITION: Übermensch - Friedrich Nietzsche et les conséquences 16 octobre 2019 - 22 mars 2020 voir

 

NOUVEAU:

 

Nietzsche et Zola

(Jean-Pierre Dumont, septembre 2019)

 

Que pensait Emile Zola de Nietzsche? de Wagner? lire

 

"Nietzsche wirkt in die populäre Breite, und man muss in die Breite gehen" (Andreas Urs Sommer, Nietzsche und die Folgen, 2017)

 

"Viele neue Nietzsches sollen zutage treten? - Ein paar wenige würden genügen..." (Reto Winteler, Friedrich Nietzsche, der erste tragische Philosoph, eine Entdeckung, Basel Schwabe Verlag, 2014)

NOUVEAU

Laure Verbaere

Nietzsche et l'agrégation de philosophie (avril 2019) lire

OUTIL: Nietzsche et les philosophes français: traces empiriques et paroles 1889-1903 lire

Les éditions de Zarathoustra de 1920 à 1935 voir

et de 1935 à 1950 voir

 

Nouvelle trace inédite

Lettre d'Eric Blondel à Don Longo lire

  

Dominique de Gaultier de Laguionie, petit-neveu du philosophe français Jules de Gaultier (1858-1942) met à disposition les archives dont il dispose. voir

Jules de Gaultier et Nietzsche

Don Longo:

Les pèlerins à Sils-Maria voir

 

Alan Schrift:

“Le nietzschéisme comme épistémologie”, extrait de Patrice Maniglier (dir.), Le Moment philosophique des années 1960 en France (PUF, 2011) lire

 

Alan Schrift:

French Nietzscheanism lire

The Nietzsche Canon: a publication history and bibliography (William Schaberg) lire

" (...) [l]es philosophes de profession [...] oublient que Nietzsche ne promulgue pas un catéchisme nouveau mais nous invite à créer nous- même le système des valeurs auquel nous voulons dévouer notre vie. Dosons en nous la quantité de dionysisme et de christianisme mystique qui va nous inspirer. Il y aura autant de solutions qu'il y aura d'individus et c'est de leur collaboration que naîtra la vie nouvelle." (Charles Andler, 1932)

Becoming a Destiny: The Nietzsche Vogue in French intellectual Life, 1891-1918 (Christopher E. Forth, Dissertation, State University of New York, Buffalo, 1994)

Traces orales

Nietzsche « n'est pas allé assez loin dans le sens de sa propre doctrine ; il n'a pas été assez nietzschéen. (…) Nietzsche n'a pas encore un sens suffisant de la relativité : il est encore trop systématique. » (Frédéric RAUH, extrait de cours à la Sorbonne, 1904)

 

"Chaque doctrine nouvelle présente certaines arêtes et extrémités outrancières autour desquelles la curiosité frivole de la multitude voltige hâtivement mais ce n'est pas l'exactitude ou la fausseté de quelques points particuliers, ce sont l'étendue et la profondeur de la création qui doivent retenir notre attention. Je ne me suis jamais demandé si les théories nietzschéennes du «surhomme » ou de l'« éternel retour » sont justes ou non: et qui se le demanderait encore, en dehors de quelques ratiocineurs et éplucheurs de livres ? Une grande œuvre ne nous intéresse toujours que par ce double côté: l'homme créateur et l'action créatrice." (Stefan Zweig, L'Humanité, 21 mai 1926)

Comoedia, 28 mars 1914
Comoedia, 28 mars 1914

Le Rire, 10 décembre 1910