voir: Traces orales cours et conférences

Eugène de Roberty (1843-1915)

Philosophe et sociologue russe: voir Yusef Semlali, Eugène de Roberty (1843-1915) Une page peu connue de l'histoire de la sociologie

« C'est une véritable réhabilitation que tente avec talent et succès, de son confrère en philosophie, le sympathique et éminent M. de Roberty. Si l'opinion courante, - je ne dis point seulement celle du vulgaire, mais de penseurs consacrés, - voit dans Nietzsche le théoricien de l'égoïsme raffiné, le contempteur hautain et méprisant de la masse, un philosophe solitaire et dédaigneux, enfermé en une inaccessible tour d'ivoire, l'opinion courante est égarée. (…) Nietzsche ne fut point digne du mépris dont on accable sa mémoire ; il fut surtout un incompris ; la destinée lui a été cruelle et lâche. Il était désirable que sa défense fût prise par un interprète éloquent et informé : M. de Roberty lui a accordé cette éclatante et posthume réparation. » Alfred Lambert, 1902)


ROBERTY Eugène de, "Voprosy filosofii y psichologii", {Revue des périodiques étrangers}, in Revue Philosophique de la France et de l'étranger, tome 35, n˚6, juin 1893, p. 659-663.

Compte-rendu de V. Préobrajensky, "Friedrich Nietzche : Une critique de la morale de l'altruisme" (p. 659-660).

 

ROBERTY Eugène de, "Voprosy filosofii i psichologii", {Revue des périodiques étrangers}, in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 35, n˚6, juin 1893, p. 659-663.

Compte-rendu de W. Solovieff, "Une théorie de l'amour" (p. 660-661). Précise que l'auteur, comme Nietzsche, est "hanté par la radieuse vision de l'Etre supérieur, de l'Uebermensch ; seulement, sa "marche à l'étoile" n'exige pas de nos faibles efforts le mépris hautain de toute morale traditionnelle. Le "Werdet hart" du farouche Saxon est remplacé - grâce en soit publiquement rendue à l'équitable âme slave - par une maxime infiniment plus douce" (p. 661).

 

ROBERTY Eugène de, "Voprosy filosofii y psichologii", {Revue des périodiques étrangers}, in Revue Philosophique de la France et de l'étranger, tome 35, n˚6, juin 1893, p. 659-663.

Compte-rendu d'un article de L. Lopatine sur Nietzsche intitulé "Une sincérité malade" (p. 662).

 

ROBERTY Eugène de, "Voprosy filosofii y psichologii", {Revue des périodiques étrangers}, in Revue Philosophique de la France et de l'étranger, tome 35, n˚6, juin 1893, p. 659-663.

Compte-rendu d'un article de N. Grote sur Nietzsche, intitulé "L'idéal éthique et les fins morales de notre temps" (p. 662-663).

 

ROBERTY Eugène de, "Voprosy filosofii y psichologii", {Revue des périodiques étrangers}, in Revue Philosophique de la France et de l'étranger, tome 35, n˚6, juin 1893, p. 659-663.

Compte-rendu de la seconde partie d'un article de P. Astafieff sur Nietzsche intitulé "La genèse de l'idéal moral du décadent" (p. 663).

 

ROBERTY Eugène de, "Voprosy filosofii i psichologii", {Revue des périodiques russes}, in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 41, n˚5, mai 1896, p. 567-573.

Compte-rendu de trois articles de W. Solovieff, "Sur les vertus", "Les faux principes et la conduite honnête" et "Le principe absolu de la morale" (p. 569). Cite l'auteur "Sois parfait, sois divin" et ajoute entre parenthèses : "(ou encore "surhomme", selon Nietzsche)".

 

ROBERTY Eugène de, Le Bien et le Mal, Paris, 1896.

 

ROBERTY Eugène de, « Rapports de la morale (ou sociologie élémentaire) avec les autres sciences formant l’échelle du savoir abstrait », in Revue internationale de sociologie, tome 8, n°6, juin 1900, p. 401-423.

Quatrième leçon du cours sur la Constitution éthique donné par Eugène de Roberty à L’école de morale de Paris et à l’Université nouvelle de Bruxelles. Nietzsche est cité p. 405 et suivantes.

 

ROBERTY Eugène de, "Qu'est-ce que la philosophie?", in Revue philosophique, tome 53, n˚3, mars 1902, p. 225-244.

Texte d'un discours prononcé à la séance solennelle de rentrée de l'Université nouvelle de Bruxelles, le 14 octobre 1901. Remarque qu'il y a cinquante ans,  Nietzsche a annoncé la mort imminente de la morale et que sa prophétie se réalise (p. 226). Se réfère ponctuellement à Nietzsche qu'il cite ou dont il reprend des expressions (p. 229, 231). Se demande si la plupart des métaphysiques, "autrefois si sèchement rationnelles" ne sont pas en train de devenir, "avec les Schopenauer, les Hartmann, les Guyau, les Taine, les Renan et les Nietzsche (et peut-être même avec les Comte et les Spencer) à la fois de plus en plus populaires et de plus en plus sentimentales" (p. 239).

 

 

 

ROBERTY Eugène de, Frédéric Nietzsche. Contribution à l'histoire des idées philosophiques et sociales à la fin du XIXème siècle, Paris, Alcan, 1902, 212 pages, vol. in-16.

Ibid., 2ème et 3ème édition, 1903.


 

ROBERTY Eugène de, « Le concept sociologique de liberté », in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 56, n˚11, novembre 1903, p. 488-494.

Se réfère à son ouvrage sur Nietzsche (note 1, p. 489).

 

ROBERTY Eugène de, « Le rôle civilisateur des abstractions. Du totémisme au socialisme », in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 64, n˚11, novembre 1907, p. 476-494.

Convaincu du rôle civilisateur des abstractions, remarque : « C'est si vrai que c'est justement à notre époque - caractérisée par un foisonnement prodigieux de menues connaissances qui échappent aux processus réducteurs et régulateurs de l'abstraction et de la généralisation - que ce cri sacrilège a retenti comme un appel à la délivrance : à bas le savoir hostile à la vie! Au lieu d'exciter la réprobation universelle, cette parole impie eut un écho retentissant ; elle trouva des auditoires enthousiastes. Telle nous semble la raison cachée de l'influence qu'exercèrent sur les esprits contemporains le pathos cruel d'un Nietzsche ou la philosophie naïve d'un Tolstoï. » (p. 476) Etudie le cas de Nietzsche qu'il trouve « particulièrement instructif » et souligne : « (...) dans ses invectives les plus violentes contre la science, Nietzsche apparaît toujours, en vérité, comme le servant involontaire, l'organe inconscient de ce troupeau humain qui lui faisait horreur, de ces foules abêties pour lesquelles il n'avait pas assez de dédain et de méprisante pitié. Sans s'en douter, il défend avec une vigueur que personne ne surpassa, les intérêt pressants de la multitude, ses droits imprescriptibles aux hautes jouissances de l'âme. » (p. 477) Conclut son analyse des idées de Nietzsche : « Quoiqu'il en soit, le cri d'alarme jeté par les prédécesseurs de Nietzsche et par Nietzsche lui-même dans l'intérêt direct - je le répète - des foules démocratiques, fut des plus utiles. Par lui s'exprima l'un des besoins urgents de l'époque. » (p. 477)

Novembre 2019

Biennale Nietzscheana

Nietzsche et la France. La France et Nietzsche

 

"Nietzsche wirkt in die populäre Breite, und man muss in die Breite gehen" (Andreas Urs Sommer, Nietzsche und die Folgen, 2017)

NOUVEAU

Laure Verbaere

Nietzsche et l'agrégation de philosophie (avril 2019) lire

OUTIL: Nietzsche et les philosophes français: traces empiriques et paroles 1889-1903 lire

Les éditions de Zarathoustra de 1920 à 1935 voir

et de 1935 à 1950 voir

 

Nouvelle trace inédite

Lettre d'Eric Blondel à Don Longo lire

 

Que pensait Emile Zola de Nietzsche? de Wagner? lire

 

Dominique de Gaultier de Laguionie, petit-neveu du philosophe français Jules de Gaultier (1858-1942) met à disposition les archives dont il dispose. voir

Jules de Gaultier et Nietzsche

Don Longo:

Les pèlerins à Sils-Maria voir

 

Alan Schrift:

“Le nietzschéisme comme épistémologie”, extrait de Patrice Maniglier (dir.), Le Moment philosophique des années 1960 en France (PUF, 2011) lire

 

Alan Schrift:

French Nietzscheanism lire

 

Nouveaux outils

The Nietzsche Canon: a publication history and bibliography (William Schaberg) lire

 

"Viele neue Nietzsches sollen zutage treten? - Ein paar wenige würden genügen..." (Reto Winteler, Friedrich Nietzsche, der erste tragische Philosoph, eine Entdeckung, Basel Schwabe Verlag, 2014)

" (...) [l]es philosophes de profession [...] oublient que Nietzsche ne promulgue pas un catéchisme nouveau mais nous invite à créer nous- même le système des valeurs auquel nous voulons dévouer notre vie. Dosons en nous la quantité de dionysisme et de christianisme mystique qui va nous inspirer. Il y aura autant de solutions qu'il y aura d'individus et c'est de leur collaboration que naîtra la vie nouvelle." (Charles Andler, 1932)

Becoming a Destiny: The Nietzsche Vogue in French intellectual Life, 1891-1918 (Christopher E. Forth, Dissertation, State University of New York, Buffalo, 1994)

Traces orales

Nietzsche « n'est pas allé assez loin dans le sens de sa propre doctrine ; il n'a pas été assez nietzschéen. L'attitude où il veut qu'on se place est bien celle qui convient ; mais nous ne pouvons pas dire d'avance qu'on doive, en s'y plaçant, aboutir à l'exaltation de l'individu plutôt qu'à son absorption dans la société : cela dépend des cas et des moments. Nietzsche n'a pas encore un sens suffisant de la relativité : il est encore trop systématique. » (Frédéric RAUH, extrait de cours à la Sorbonne, 1904)

 

"Chaque doctrine nouvelle présente certaines arêtes et extrémités outrancières autour desquelles la curiosité frivole de la multitude voltige hâtivement mais ce n'est pas l'exactitude ou la fausseté de quelques points particuliers, ce sont l'étendue et la profondeur de la création qui doivent retenir notre attention. Je ne me suis jamais demandé si les théories nietzschéennes du «surhomme » ou de l'« éternel retour » sont justes ou non: et qui se le demanderait encore, en dehors de quelques ratiocineurs et éplucheurs de livres ? Une grande œuvre ne nous intéresse toujours que par ce double côté: l'homme créateur et l'action créatrice." (Stefan Zweig, L'Humanité, 21 mai 1926)

Comoedia, 28 mars 1914
Comoedia, 28 mars 1914

Le Rire, 10 décembre 1910