Gustave Belot (1859-1929)

Gustave Belot est un ancien élève de l'Ecole normale de la promotion 1878, en même temps que Bergson. Il est professeur de philosophie au lycée Louis-le-Grand (1908).


BELOT Gustave, « Les principes de la morale positiviste et la conscience contemporaine », in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 56, n˚12, décembre 1903, p. 561-591.

Oppose nommément Comte et Nietzsche (p. 565, 566 et 576). Remarque d'abord : « Autant Nietzsche, l'immoraliste à la mode, a d'aversion pour tout dogmatisme, de défiance à l'égard de ses propres enthousiasme, au point d'arriver à se renier de peur de se fixer, autant Comte, le moraliste trop négligé, poursuit avec sérénité la ligne absolument droite de ses déductions et se complaît dans l'immutabilité de ses décisions imperturbables. » Se demande, « à tout prendre », pourquoi la volonté de Nietzsche serait plus digne de ce nom que celle de Comte (p. 565). Estime : « L'individualisme d'un Stirner ou d'un Nietzsche pour éviter l'asservissement de l'homme aboutit à l'anomie individuelle et à l'anarchie sociale. » (p. 566) Oppose l'attention accordée à l'individualité chez Comte et chez Nietzsche (p. 576).

 

BELOT Gustave, « En quête d'une morale positive », in Revue de métaphysique et de morale, tome XIV, n˚2, mars 1906, p. 165-195.

Pose la question : « Comment la conscience individuelle jugeant d'une manière autonome, peut-elle légitimement prononcer, sans consulter la conscience collective existante, et même finalement contre elle? » (p. 186) Constate que le relativisme exclut de trouver une solution dogmatique à ce problème et conclut : « Mais le relativisme nous permet aussi d'approximer la solution, en nous souvenant que toute vérité offre un double aspect, et que les antinomies ne résultent ordinairement que de ce qu'on sépare et de ce qu'on réalise par abstraction des conditions ou des éléments qui sont unis dans le réel. Si, à la limite, l'autonomie du jugement nous plonge dans l'immoralisme nietzschéen, si, à la limite, une sociologie réaliste et mécaniste nous réduit à une négation inverse de toute conscience et de toute morale, n'est-ce pas parce qu'on a indûment séparé la rationalité et la socialité, parce qu'on a conçu une volonté autonome sans finalité. » Là, ajoute une note : « C'est bien la doctrine de Nietzsche. Justifier une cause, c'est du dogmatisme, de « l'esprit de lourdeur ». « C'est la bonne guerre qui a justifié toute cause. » Elle ne se justifie que par la joie absolue qu'elle donne au sage. Il faut « désapprendre le pour, le à cause de. » Zarathoustra, trad. fr., p. 356, 297, 453. » (p. 187)

 

BELOT Gustave, « Esquisse d'une morale positive », in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 61, n˚4, avril 1906, p. 378-390.

Dans le cours de sa réflexion, écarte le cas de Nietzsche d'une phrase : « L'individualisme de la sensibilité (hédonisme) ou de la volonté (Nietzsche) se placent en dehors des conditions de la réalité et ne sont que des moyens d'analyse ou des chimères poétiques. » (p. 386-387)

 

BELOT Gustave, Etudes de morale positive, Paris, Alcan, 1907.

Introduction: « Presque partout, là du moins où, non contente des formules traditionnelles et des dogmes du catéchisme, elle aspire à se comprendre et à se réfléchir elle-même, dans les livres des purs philosophes ou dans l'enseignement des professeurs, c'est d'ordinaire à une doctrine métaphysique qu'elle s'arrête.
Mais on peut dire que la pensée contemporaine et presque la conscience publique elle-même sont aujourd'hui en quête d'une morale positive, et qu'un effort s'y produit dans ce sens, comparable, et sans doute connexe, au travail de laïcisation qui se poursuit, surtout en France, depuis quelques décades. Les entreprises mêmes qui au premier abord semblent purement destructives, comme l'immoralisme d'un Nietzsche, et qui reflètent en partie, en partie stimulent la conscience commune, ne sont peut-être en réalité que les symptômes les plus aigus et les plus révolutionnaires de ce besoin moral. Car une morale plus positive, nous le verrons, sera une morale plus autonome, et l'immoralisme n'est guère au fond qu'une affirmation à la fois intempérante et indéterminée d'autonomie. » (p. 1-2) Présences de Nietzsche tout au cours de l'ouvrage.

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BELOT Gustave, "La guerre et l'enseignement secondaire", in Revue bleue, 53, 1915, p. 174-179.

Sur la manière dont Nietzsche fut reçu dans l'enseignement secondaire comme un rêveur. Malheureusement, l'expérience a montré que ce n'était pas seulement de vaines formules (p. 175). Extrait de la conférences prononcée le 26 mars 1915, sous la présidence d'Ernest Lavisse

 

BELOT Gustave, "La guerre et l'enseignement secondaire", in La guerre et la vie de demain, conférences de l'Alliance d'hygiène sociale 1914-1916, Paris, Alcan, 1916, p. 259-304.

Texte de la conférences prononcée le 26 mars 1915, sous la présidence d'Ernest Lavisse. Sur la manière dont Nietzsche fut reçu dans l'enseignement secondaire comme un rêveur. Malheureusement, l'expérience a montré que ce n'était pas seulement de vaines formules (p. 292)

 

 


Moteur de recherche:

Nietzsche Superstar: Ein Parcours der Moderne

 

 

NOUVEAU:

 

 Julien Dupré

Nietzsche et les nationalistes français. Réceptions et usages d’une œuvre philosophique (1898 – 1945) lire

 

Renée Thomas

"Nietzsche dans l'enseignement de la philosophie en classe Terminale" (1985)

 

Rahel Wartenweiler

Charles Andler et la politisation de Nietzsche: une analyse de la dimension politique d’un transfert culturel (1890-1933)  lire

"Le Sang de Nietzsche" testament d'Arnaud Dandieu. Edition commentée par Christian Roy (2015/2020) 

 

 

Nietzsche et Zola

(Jean-Pierre Dumont, septembre 2019)

 

Que pensait Emile Zola de Nietzsche? de Wagner? lire

 

"Nietzsche wirkt in die populäre Breite, und man muss in die Breite gehen" (Andreas Urs Sommer, Nietzsche und die Folgen, 2017)

 

"Viele neue Nietzsches sollen zutage treten? - Ein paar wenige würden genügen..." (Reto Winteler, Friedrich Nietzsche, der erste tragische Philosoph, eine Entdeckung, Basel Schwabe Verlag, 2014)

Laure Verbaere

Nietzsche et l'agrégation de philosophie (avril 2019) lire

OUTIL: Nietzsche et les philosophes français: traces empiriques et paroles 1889-1903 lire

Les éditions de Zarathoustra de 1920 à 1935 voir

et de 1935 à 1950 voir

Dominique de Gaultier de Laguionie, petit-neveu du philosophe français Jules de Gaultier (1858-1942) met à disposition les archives dont il dispose. voir

Jules de Gaultier et Nietzsche

Don Longo:

Les pèlerins à Sils-Maria voir

" (...) [l]es philosophes de profession [...] oublient que Nietzsche ne promulgue pas un catéchisme nouveau mais nous invite à créer nous- même le système des valeurs auquel nous voulons dévouer notre vie. Dosons en nous la quantité de dionysisme et de christianisme mystique qui va nous inspirer. Il y aura autant de solutions qu'il y aura d'individus et c'est de leur collaboration que naîtra la vie nouvelle." (Charles Andler, 1932)

Becoming a Destiny: The Nietzsche Vogue in French intellectual Life, 1891-1918 (Christopher E. Forth, Dissertation, State University of New York, Buffalo, 1994)

Traces orales

Nietzsche « n'est pas allé assez loin dans le sens de sa propre doctrine ; il n'a pas été assez nietzschéen. (…) Nietzsche n'a pas encore un sens suffisant de la relativité : il est encore trop systématique. » (Frédéric RAUH, extrait de cours à la Sorbonne, 1904)

 

"Chaque doctrine nouvelle présente certaines arêtes et extrémités outrancières autour desquelles la curiosité frivole de la multitude voltige hâtivement mais ce n'est pas l'exactitude ou la fausseté de quelques points particuliers, ce sont l'étendue et la profondeur de la création qui doivent retenir notre attention. Je ne me suis jamais demandé si les théories nietzschéennes du «surhomme » ou de l'« éternel retour » sont justes ou non: et qui se le demanderait encore, en dehors de quelques ratiocineurs et éplucheurs de livres ? Une grande œuvre ne nous intéresse toujours que par ce double côté: l'homme créateur et l'action créatrice." (Stefan Zweig, L'Humanité, 21 mai 1926)

Comoedia, 28 mars 1914
Comoedia, 28 mars 1914

Le Rire, 10 décembre 1910