Léonie Bernardini


 

 

BERNARDINI Léonie, « En Scandinavie », {Voyages}, in Revue hebdomadaire, tome 20, n°87, 20 Janvier 1894, p. 221-241.

Cite Georges Brandès sur Nietzsche (p. 239-240).

 

BERNARDINI Léonie, La littérature scandinave, Paris, Plon, Nourrit, 1894.

Mentionne Nietzsche (p. 139-140) dans une partie de l’ouvrage qui est une reprise de « En Scandinavie », publié en janvier 1894 dans la Revue hebdomadaire.

 

BERNARDINI L. , "Les idées de Frédéric Nietzsche", in Revue de Paris 1, janvier 1895, p. 197-224.

Vision personnelle et nettement romancée de Nietzsche. S'attarde longuement sur les années de la maladie : "De 1878 à 1889, nous le voyons accumuler, au milieu des souffrances physiques les plus cruelles, l'énorme édifice de son œuvre.

Depuis longtemps, il ne pouvait trouver le sommeil qu'à l'aide du chloral, absorbé à doses effrayantes. Est-ce, comme l'ont prétendu ses amis, l'abus de ce dangereux secours ou la tension d'un esprit trop fortement bandé se brisant enfin sous l'effort? On sait la crise terrible qui terrassa Nietzsche à Turin, en janvier 1889, et dont il ne paraît pas pouvoir jamais se relever. Et l'on a conté le petit village, où sa vieille mère, penchée sur lui comme sur un berceau, l'écoute exhaler sa plainte monotone : "Mutter, ich bin dumm!" vague hantise où semble se souvenir confusément de lui-même celui qui rêva de recréer l'humanité et de lui donner une morale nouvelle".

Description physique de Nietzsche : "Nous avons sous les yeux un portrait de Nietzsche. Le front est large, élevé, fuyant ; les sourcils sont fortement barrés sous l'œil impérieux. La moustache, énorme, projette une ombre sur le menton énergique et volontaire. Un type d'homme de plein air et d'action, de forte race, avec un trait de courage physique et d'humeur batailleuse très accentué. Seul le regard, de fixité visionnaire, donne une inquiétude sur l'équilibre final de cette riche nature. De même quelques signes, à peine indiqués sur cette physionomie régulière, noble et dure, trahissent pourtant une sensibilité artistique intense, une impressionnabilité trop aiguë, sous laquelle tout peut crouler" (note infrapaginale, p. 199).

Admettant le dualité de l'œuvre de Nietzsche, conclut son long examen des idées de Nietzsche sans se résoudre à trancher : "Complexe, batailleuse, excessive, de "fer" et de "feu", suivant l'antique formule - de feu pour détruire, de fer pour édifier, - elle garde, jusqu'en ses dionysiaques fureurs, quelque chose de la sérénité divine de ceux dont les rêves ont approché les dieux. On peut la juger d'après ces paroles de Nietzsche lui-même : "Il y a des livres qui ont une valeur inverse pour l'âme et la santé de ceux qui s'en servent, suivant que la vitalité de leur âme est inférieure et débile, ou qu'elle est supérieure et puissante : dans le premier cas, l'influence de ces livres est dangereuse : ils attaquent, ils entament, ils dissolvent ; dans le second, elle est celle d'un appel aux armes, invitant les plus braves à faire entrer en lice leur propre intrépidité" " (p. 224).

 

BERNARDINI-SJOESTEDT Léonie, La révision des valeurs de la femme, Paris, Flammarion, 1911.
Voir le compte-rendu dans Le Mouvement littéraire, p. 102-103.


EXPOSITION: Übermensch - Friedrich Nietzsche et les conséquences 16 octobre 2019 - 22 mars 2020 voir

 

NOUVEAU:

 

Nietzsche et Zola

(Jean-Pierre Dumont, septembre 2019)

 

Que pensait Emile Zola de Nietzsche? de Wagner? lire

 

"Nietzsche wirkt in die populäre Breite, und man muss in die Breite gehen" (Andreas Urs Sommer, Nietzsche und die Folgen, 2017)

 

"Viele neue Nietzsches sollen zutage treten? - Ein paar wenige würden genügen..." (Reto Winteler, Friedrich Nietzsche, der erste tragische Philosoph, eine Entdeckung, Basel Schwabe Verlag, 2014)

NOUVEAU

Laure Verbaere

Nietzsche et l'agrégation de philosophie (avril 2019) lire

OUTIL: Nietzsche et les philosophes français: traces empiriques et paroles 1889-1903 lire

Les éditions de Zarathoustra de 1920 à 1935 voir

et de 1935 à 1950 voir

 

Nouvelle trace inédite

Lettre d'Eric Blondel à Don Longo lire

  

Dominique de Gaultier de Laguionie, petit-neveu du philosophe français Jules de Gaultier (1858-1942) met à disposition les archives dont il dispose. voir

Jules de Gaultier et Nietzsche

Don Longo:

Les pèlerins à Sils-Maria voir

 

Alan Schrift:

“Le nietzschéisme comme épistémologie”, extrait de Patrice Maniglier (dir.), Le Moment philosophique des années 1960 en France (PUF, 2011) lire

 

Alan Schrift:

French Nietzscheanism lire

The Nietzsche Canon: a publication history and bibliography (William Schaberg) lire

" (...) [l]es philosophes de profession [...] oublient que Nietzsche ne promulgue pas un catéchisme nouveau mais nous invite à créer nous- même le système des valeurs auquel nous voulons dévouer notre vie. Dosons en nous la quantité de dionysisme et de christianisme mystique qui va nous inspirer. Il y aura autant de solutions qu'il y aura d'individus et c'est de leur collaboration que naîtra la vie nouvelle." (Charles Andler, 1932)

Becoming a Destiny: The Nietzsche Vogue in French intellectual Life, 1891-1918 (Christopher E. Forth, Dissertation, State University of New York, Buffalo, 1994)

Traces orales

Nietzsche « n'est pas allé assez loin dans le sens de sa propre doctrine ; il n'a pas été assez nietzschéen. (…) Nietzsche n'a pas encore un sens suffisant de la relativité : il est encore trop systématique. » (Frédéric RAUH, extrait de cours à la Sorbonne, 1904)

 

"Chaque doctrine nouvelle présente certaines arêtes et extrémités outrancières autour desquelles la curiosité frivole de la multitude voltige hâtivement mais ce n'est pas l'exactitude ou la fausseté de quelques points particuliers, ce sont l'étendue et la profondeur de la création qui doivent retenir notre attention. Je ne me suis jamais demandé si les théories nietzschéennes du «surhomme » ou de l'« éternel retour » sont justes ou non: et qui se le demanderait encore, en dehors de quelques ratiocineurs et éplucheurs de livres ? Une grande œuvre ne nous intéresse toujours que par ce double côté: l'homme créateur et l'action créatrice." (Stefan Zweig, L'Humanité, 21 mai 1926)

Comoedia, 28 mars 1914
Comoedia, 28 mars 1914

Le Rire, 10 décembre 1910