Bibliographie inédite des publications françaises sur Nietzsche 1868-1940
(Laure Verbaere et Donato Longo)
Philosophe et historien français de la science, Abel Rey est agrégé de philosophie et licencié ès sciences.
REY Abel, Logique et morale: suivies de notions sommaires de philosophie générale, Paris, E. Cornély Editeurs, 3ème édition revue et augmentée, 1911.
Contient quelques pages sur Nietzsche dans le chapitre VII: perfection individuelle et progrès de l'humanité.
Introduit: "On a proposé récemment des principes moins métaphysiques pour fonder la morale théorique, la perfection individuelle et le progrès de l'humanité. A poursuivre l'une de ces deux fins d'une façon exclusive, on arrive à dresser en face l'une de l'autre deux morales aussi différentes que celle de Nietzsche el celle de Tolstoï. Elle sont intéressantes à examiner pour mettre en lumière les excès auxquels la dialectique peut arriver en développant jusqu'au bout, et sans souci du réel, la notion dont elle part". (p. 821-822)
Sur deux conséquences: "La première a été formulée par Nietzsche dans la doctrine du surhomme, « L'homme doit toujours tendre à se dépasser lui-même; le repos ou la paix n'est que le moyen d'une guerre nouvelle. Peu importent les moyens employés; peu importent les victimes laissées sur la route: l’homme n'a qu'un but, triompher, être le maître, faire ce qu'il veut, dominer les autres hommes en leur imposant sa propre conception. Le surhomme est celui qui détermine les croyances de toute une époque, la forme d’une civilisation, qui crée en toute liberté, en toute indépendance, insoucieux du bien et du mal, de la vérité et de l'erreur. 11 crée sa vérité, il crée sa morale ». [...]
La deuxième conséquence, c’est la proscription, au nom de l'idéal moral du surhomme, de tout ce qui est amour, pitié, générosité, etc. Ces sentiments relèvent d’une morale esclave. « Pour épargner aux générations futures le spectacle déprimant de la misère et de la laideur, laissons mourir ce qui est mûr pour la mort, ayons le courage de ne pas retenir ceux qui tombent, mais de les pousser encore pour qu’ils tombent plus vite. Le sage doit non seulement supporter la vue de la souffrance d’autrui, il doit faire souffrir sans se soucier de l'idée des tortures où se débat le patient ». Spencer avait déjà montré que la charité va d’une façon malheureuse à l’encontre de la sélection naturelle en surchargeant la société de déchets inutiles ou dangereux, mais il admet malgré cela l’altruisme individuel. Le Bon a dit aussi: la charité est un sentiment anti-social et nuisible. [...]"
Suivi d'une critique.
Septième édition revue (programmes de 1923) aux éditions Le Rider en 1927.
REY Abel, Leçons de philosophie II Logique, morale et philosophie générale, Paris, Les éditions Rieder, 1927.
Septième édition revue de Logique et morale, publié en 1911.
Quelques pages sur "l'individualisme absolu de Nietzsche" en vogue. (p. 341-343)
Sur deux conséquences: "La première a été formulée par Nietzsche dans la doctrine du surhomme, « L'homme doit toujours tendre à se dépasser lui-même; le repos ou la paix n'est que le moyen d'une guerre nouvelle. Peu importent les moyens employés; peu importent les victimes laissées sur la route: l’homme n'a qu'un but, triompher, être le maître, faire ce qu'il veut, dominer les autres hommes en leur imposant sa propre conception. Le surhomme est celui qui détermine les croyances de toute une époque, la forme d’une civilisation, qui crée en toute liberté, en toute indépendance, insoucieux du bien et du mal, de la vérité et de l'erreur. 11 crée sa vérité, il crée sa morale ». [...]
La deuxième conséquence, c’est la proscription, au nom de l'idéal moral du surhomme, de tout ce qui est amour, pitié, générosité, etc. Ces sentiments relèvent d’une morale esclave. « Pour épargner aux générations futures le spectacle déprimant de la misère et de la laideur, laissons mourir ce qui est mûr pour la mort, ayons le courage de ne pas retenir ceux qui tombent, mais de les pousser encore pour qu’ils tombent plus vite. Le sage doit non seulement supporter la vue de la souffrance d’autrui, il doit faire souffrir sans se soucier de l'idée des tortures où se débat le patient ». Spencer avait déjà montré que la charité va d’une façon malheureuse à l’encontre de la sélection naturelle en surchargeant la société de déchets inutiles ou dangereux, mais il admet malgré cela l’altruisme individuel. Le Bon a dit aussi: la charité est un sentiment anti-social et nuisible." (p. 342)
Suivi d'une critique.
REY Abel, Le retour éternel et la philosophie de la physique, Paris, Flammarion, 1927.