Ferdinand Brunetière (1849-1906)

Nommé maître de conférence à l'Ecole normale supérieure en 1886, il est secrétaire puis directeur de la Revue des Deux Mondes à partir de 1893. Il est essentiellement l'auteur d'ouvrages de critique littéraire et particulièrement de neuf volumes d'Etudes critiques sur l'histoire de la littérature française ; cf. par exemple Victor Giraud, "L'évolution de Brunetière", in Revue des Deux Mondes, tome XXXVIII, 15 mars 1937, p. 446-457.

A lire: Gilles Boulard, "Idéal classique et Affaire Dreyfus: l'invariant anti-individualiste de F. Brunetière", in Mots, 1998.

Ferdinand Brunetière, notices sur les auteurs de la Revue des Deux Mondes, in Flaubert, Revue critique et génétique, 9, 2013.

Voir aussi: Traces orales


BRUNETIERE Ferdinand, L'évolution de la poésie lyrique en France au XIXe siècle, Paris, Hachette, 1894, 2 vol. in-16.

Contient des leçons professées à la Sorbonne. Au cours de la quinzième leçon consacrée au symbolisme, le 13 mai 1893, étudie Le Cas Wagner de Frédéric Nietzsche (p. 240-242).

Se défend de parler de l'Or du Rhin ou de la Valkirie en reconnaissant qu'il en est incapable. Ajoute : "Mais, en dehors de toute préoccupation d'ordre proprement musical, quand j'interroge, quand je consulte, quand je cherche autour de moi les raisons de la popularité de Wagner, je ne puis pas ne pas être frappé de ce que j'entends dire ou de ce que je lis" (p. 240).

Suit un extrait du Cas Wagner : "(...) l'art de Wagner est malade. (...) Wagner est une névrose (...) Wagner est l'artiste moderne par excellence, le Cagliostro de la modernité. En son art se trouve mélangé de la manière la plus séductrice, ce qui est aujourd'hui nécessaire au monde entier, - les trois stimulants des épuisés, la Brutalité, l'Artifice et la Candeur (l'idiotie)" (p. 240-241).

Brunetière commente : "C'est le philosophe à la mode, c'est Frédéric Nietzsche, - névropathe lui-même, Wagnérien forcené jadis, - qui s'exprime ainsi dans sa curieuse brochure : le Cas Wagner (...)" (p. 241). Qualifie Nietzsche d'"ancien admirateur, - ou, si j'ose dire, d'un renégat du wagnérisme" (p. 241). ([13])

Ibid., 2ème édition, 1895.

Ibid., 3ème édition, 1899.

 

BRUNETIERE Ferdinand, La renaissance de l'idéalisme, Paris, Librairie de Firmin-Didot et Cie, 1896.

Texte d'une conférence faite le dimanche 2 février 1896 au Kursaal-Cirque de Besançon.

A propos de la musique, cite Le Cas Wagner de Nietzsche (p. 64).

 

BRUNETIERE Ferdinand, "Après le procès", in Revue des Deux Mondes, tome 146, 15 mars 1898, p. 428-446.

Au moment de définir l'"intellectuel", Brunetière prévient : "Je ne parle pas des romantiques attardés, disciples de Renan, de Flaubert, et de Nietzsche (...)" (p. 442). Sous prétexte de "méthode scientifique", d'"aristocratie de l'intelligence", de "respect de la vérité", l'intellectuel est en fait un individualiste, "(...) et le véritable intellectuel ne sait rien faire comme personne. C'est le "superhomme", de Nietzsche, ou encore "l'ennemi des lois", qui n'est point fair pour elles, mais pour se mettre au-dessus d'elles" (p. 445).

 

BRUNETIERE Ferdinand, Cinq lettres sur Ernest Renan, Paris, Perrin, 1904.

Admet que la théorie du surhomme est d'origine nietzschéenne mais souligne que nul « avant Nietzsche n'a donné de la théorie du surhomme une expression plus complète, plus cynique, (...), plus ingénue que Renan particulièrement dans ses Dialogues philosophiques. » (p. 72)

Cette référence est citée d'après la thèse de Maurice Gasnier, La destinée posthume de Renan de 1892 à 1923. Essai sur une réception idéologique, Brest, 1988, p. 202.

 


Novembre 2019

Biennale Nietzscheana

Nietzsche et la France. La France et Nietzsche

 

"Nietzsche wirkt in die populäre Breite, und man muss in die Breite gehen" (Andreas Urs Sommer, Nietzsche und die Folgen, 2017)

NOUVEAU

Laure Verbaere

Nietzsche et l'agrégation de philosophie (avril 2019) lire

OUTIL: Nietzsche et les philosophes français: traces empiriques et paroles 1889-1903 lire

Les éditions de Zarathoustra de 1920 à 1935 voir

et de 1935 à 1950 voir

 

Nouvelle trace inédite

Lettre d'Eric Blondel à Don Longo lire

 

Que pensait Emile Zola de Nietzsche? de Wagner? lire

 

Dominique de Gaultier de Laguionie, petit-neveu du philosophe français Jules de Gaultier (1858-1942) met à disposition les archives dont il dispose. voir

Jules de Gaultier et Nietzsche

Don Longo:

Les pèlerins à Sils-Maria voir

 

Alan Schrift:

“Le nietzschéisme comme épistémologie”, extrait de Patrice Maniglier (dir.), Le Moment philosophique des années 1960 en France (PUF, 2011) lire

 

Alan Schrift:

French Nietzscheanism lire

 

Nouveaux outils

The Nietzsche Canon: a publication history and bibliography (William Schaberg) lire

 

"Viele neue Nietzsches sollen zutage treten? - Ein paar wenige würden genügen..." (Reto Winteler, Friedrich Nietzsche, der erste tragische Philosoph, eine Entdeckung, Basel Schwabe Verlag, 2014)

" (...) [l]es philosophes de profession [...] oublient que Nietzsche ne promulgue pas un catéchisme nouveau mais nous invite à créer nous- même le système des valeurs auquel nous voulons dévouer notre vie. Dosons en nous la quantité de dionysisme et de christianisme mystique qui va nous inspirer. Il y aura autant de solutions qu'il y aura d'individus et c'est de leur collaboration que naîtra la vie nouvelle." (Charles Andler, 1932)

Becoming a Destiny: The Nietzsche Vogue in French intellectual Life, 1891-1918 (Christopher E. Forth, Dissertation, State University of New York, Buffalo, 1994)

Traces orales

Nietzsche « n'est pas allé assez loin dans le sens de sa propre doctrine ; il n'a pas été assez nietzschéen. L'attitude où il veut qu'on se place est bien celle qui convient ; mais nous ne pouvons pas dire d'avance qu'on doive, en s'y plaçant, aboutir à l'exaltation de l'individu plutôt qu'à son absorption dans la société : cela dépend des cas et des moments. Nietzsche n'a pas encore un sens suffisant de la relativité : il est encore trop systématique. » (Frédéric RAUH, extrait de cours à la Sorbonne, 1904)

 

"Chaque doctrine nouvelle présente certaines arêtes et extrémités outrancières autour desquelles la curiosité frivole de la multitude voltige hâtivement mais ce n'est pas l'exactitude ou la fausseté de quelques points particuliers, ce sont l'étendue et la profondeur de la création qui doivent retenir notre attention. Je ne me suis jamais demandé si les théories nietzschéennes du «surhomme » ou de l'« éternel retour » sont justes ou non: et qui se le demanderait encore, en dehors de quelques ratiocineurs et éplucheurs de livres ? Une grande œuvre ne nous intéresse toujours que par ce double côté: l'homme créateur et l'action créatrice." (Stefan Zweig, L'Humanité, 21 mai 1926)

Comoedia, 28 mars 1914
Comoedia, 28 mars 1914

Le Rire, 10 décembre 1910