Bibliographie inédite des publications françaises sur Nietzsche 1868-1940
(Laure Verbaere et Donato Longo)
Voir le site Mauriac en ligne: 39 articles avec Nietzsche.
Ecrivain français, François Mauriac reçoit le Grand prix du roman de l'Académie française en 1926. Il est élu membre de l'Académie française en 1933 et reçoit le prix Nobel de littérature en 1952. Il écrit parfois sous le pseudonyme de François Sturel.
"Nietzsche est au fond le philosophe du sens commun" (Vie de Jésus, 1936)
Je n'ai indiqué que quelques-uns des articles de presse de François Mauriac qui mentionnent Nietzsche. Voir aussi, notamment les échanges de François Mauriac avec Thierry Maulnier à propos de la morale et de la politique, en 1935; ses souvenirs sur Charles Du Bos et Nietzsche en 1939; François Mauriac lit La Volonté de puissance en 1940; etc
MAURIAC François, L'enfant chargé de chaînes, Paris, Grasset, 1913
Roman. Le personnage Jérome a inconsciemment subi l'influence du nietzschéisme (p. 131).
STUREL François, "Les jugements de Goethe et de Nietzsche sur la "Koultour"", in La Presse, n°8744, 30 juillet 1916, p. 1-2.
MAURIAC François, Le baiser au lépreux, Paris, Grasset, 1922.
Roman
MAURIAC François, "Le responsabilité du romancier", in Revue hebdomadaire, n°22, 2 juin 1928, p. 5-26. [L.V.]
Conclut en appelant les romanciers à l'humilité. Ils feraient "mieux de se répéter, tous les jours au réveil, et tous les soirs avant de s'endormir, le mot de Pascal: « Que de royaumes nous ignorent! » Oui, que de royaumes nous ignorent! Pour un Rousseau, pour un Nietzsche, pout un Gide qui peuvent se vanter d'avoir causé quelques ravages, la plupart des gens de lettres ne troublent guère l'ordre du monde. Il n'est pas donné à beaucoup, Dieu merci! d'être un fléau; et la gloire littéraire est la plus vaine des fumées". (p. 26)
MAURIAC François, "Ô femme, qui donc es-tu?", in Conferencia, n°15, 20 juillet 1931, p. 105-115. [L.V.]
Conférence à propos de l'éducation des filles, prononcée le 6 février 1931.
Commence par reconnaître: "Lorsqu'on m'a demandé d'exposer mes idées sur l'éducation des filles, je me suis aperçu qu'il ne m'était pas arrivé, dans toute ma vie, de consacrer une heure à réfléchir sur ce grave sujet". (p. 105)
Admet: "Tout le problème de l'éducation tient dans la question que posait Nietzsche, sur un plan tout autre, d'ailleurs: «L'ennoblissement est- possible?» Mais, pour Nietzsche, nul ne pouvait recevoir cet ennoblissement que de soi- même. Nos fils et nos filles ne sont-ils pas assez nous-mêmes pour le recevoir de nous?" (p. 113)
Au fond: "Suis-je, en définitive, aussi ennemi que me l'ont fait dire certains journalistes de l'instruction chez les filles? Il y a, sur ce point, un malentendu. Ce qui a toujours irrité, dans ce qu'il est convenu d'appeler le «bas bleu», la femme savante, c'est le côté intéressé de sa science, Chez beaucoup de femmes, il y a une tendance à considérer toute acquisition intellectuelle comme une chose à étaler, comme une chose qui la fait valoir. C'est un prolongement de sa coquetterie inguérissable. Etre au courant, être à la page, cela signifie utiliser bassement ce qu'il y a de plus beau au monde, en dehors de la sainteté, pour briller et pour se pousser. Beaucoup de femmes sont moins cultivées qu'elles ne sont barbouillées de culture; elles se fardent, elles se poudrent de littérature et de philosophie. Et, pourtant, si nous goûtons le charme d'une femme qui a lu Spinoza, qui a subi l'influence de Nietzsche, ce peut bien être à cause de l'enrichissement qu'elle doit à la fréquentation de ces grands esprits, mais c'est aussi parce qu'elle ne nous en parle jamais. Ces débats intellectuels, qui sont le plus beau plaisir de la camaraderie et de l'amitié masculine, sont toujours insupportables avec une femme parce que le secret que nous attendons d'elle est d'un autre ordre, La plus érudite n'a rien à nous apprendre, si elle n'oublie d'abord ce qu'elle sait pour nous initier à ce qu'elle éprouve, à ce qu'elle devine, à ce qu'elle ressent, à ce qu'elle pressent". (p. 114) Evidemment!
MAURIAC François, "Lectures d'été", in Le Temps, 31 juillet 1934, p. 1. [L.V.]
Aveu: "Dans son beau livre sur Nietzsche, M. Thierry Maulnier nous rappelle ce mot magnifique de son héros, et pour lequel je donnerais tous les Arts poétiques: «En l'homme, il y a la matière, le fragment, l'excès, l'argile, la boue, la folie, le chaos; mais en l'homme, il y a aussi le créateur, le sculpteur, la dureté du marteau et la contemplation divine du septième jour»."
MAURIAC François, "Le règne de la peur et l'adoration de la force", in Paris-soir, 26 mars 1940, p. 2. [L.V.]