Bibliographie inédite des publications françaises sur Nietzsche 1868-1940 (Laure Verbaere et Donato Longo)
Il utilise parfois le pseudonyme de Georges Mesnil ou Jacques Mesnil. Il donne des cours et des conférences en France et en Belgique.
En 1890, Georges Dwelshauvers s'est vu refusé le droit de soutenir sa thèse sur Wundt. Il obtient son doctorat en philosophie en décembre 1892 et devient professeur à l'Université libre de Bruxelles. En 1920, il est l'auteur de La psychologie française contemporaine, Alcan, Paris. A son sujet, cf. Paul Delsemme, « Le cosmopolitisme littéraire à l'époque de Paul Gérardy à travers la Société nouvelle, revue internationale (1ère série, 1884-1897) », in Autour de Paul Gérardy. Médiateurs & Médiations littéraires & artistiques à l'époque du Symbolisme entre l'Allemagne, la Belgique & la France, colloque de littérature comparée de Liège, 19-21 mars 1980, publié par Jean-Marie d'Heur et Armand Nivelle, Liège, 1984, p. 101-120.
Voir la lettre de Charles Van Leberghe à Fernand Séverin du 21 octobre 1892: il évoque la soutenance de thèse de Georges Dwelshauvers, Nietzsche et l'enthousiasme de la jeunesse (p. 25-29).
Voir aussi: Traductions et Traces orales
DWELSHAUVERS Georges, "Cours d'introduction à la philosophie et de psychologie", in Revue hebdomadaire des cours et conférences, tome 6, mars-juillet 1898, p.271-284.
Dans la leçon inaugurale, mentionne "le penseur et prosateur allemand Nietzsche" (p. 283).
MESNIL Jacques, "Stirner, Nietzsche et l'Anarchisme", in Les Temps Nouveaux, n°45, 7 mars 1908, p. 6-7.
MESNIL Jacques, "Stirner, Nietzsche et l'Anarchisme (Suite)", in Les Temps Nouveaux, n°46, 14 mars 1908, p. 7-8.
DWELSHAUVERS Georges, La philosophie de Nietzsche, Paris, Société française d'imprimerie et de librairie, 1909, 31 pages, 1 brochure in-8.
Contient les dernières leçons d'un cours professé à l'Ecole des Hautes Etudes sociales en novembre et décembre 1908. Voir Traces orales/cours
DWELSHAUVERS Georges, "La philosophie de Nietzsche", in Revue hebdomadaire des cours et conférences, t. 17, 4 mars 1909, p. 769-780.
Texte d'une leçon à l'Ecole des Hautes Etudes sociales à Paris à la fin de l'année 1908.
Premier d'une série de trois articles (voir le 18 mars et le 1er avril 1909).
Indique: "La présente étude critique sur la philosophie de Nietzsche a été rédigée d’après les trois dernières leçons de mon cours sur les Oeuvres et les idées de Frédéric Nietzsche (Ecole des Hautes Etudes Sociales, novembre et décembre 1908). C’est pour répondre au désir exprimé par de nombreux auditeurs que je publie ces pages. Les leçons qui les précédèrent furent consacrées a la reconstitution
de la vie de Nietzsche et à l’analyse détaillée de ses œuvres. (...) Mon but est, ici, de rechercher ce que nous conserverons des idées de ce penseur" (p. 769).
DWELSHAUVERS Georges, "La philosophie de Nietzsche", in Revue hebdomadaire des cours et conférences, 19, 18 mars 1909, p. 54-64.
Texte d'une leçon à l'Ecole des Hautes Etudes sociales à Paris à la fin de l'année 1908.
Deuxième d'une série de trois articles (voir le 4 mars et le 1er avril 1909).
DWELSHAUVERS Georges, "La philosophie de Nietzsche", in Revue hebdomadaire des cours et conférences, 19, 1er avril 1909, p. 162-171.
Dernier d'une série de trois articles sur Nietzsche (voir le 4 et le 18 mars 1909).
Texte d'une leçon à l'Ecole des Hautes Etudes sociales à Paris à la fin de l'année 1908.
DWELSHAUVERS Georges, "Charles Andler: Nietzsche", in L'Art libre (Bruxelles), n°8, août 1921, p. 129-130.
Compte-rendu de la biographie de Charles Andler.
MESNIL Jacques, "Un nouveau livre d'Henriette Roland Holst. Communisme et morale", in la Révolution prolétarienne, n°11, novembre 1925, p. 13-15. [L.V.]
A propos d'un nouveau livre de l'autrice et militante communiste néerlandaise Henriette Roland Holst (1869-1952), Communisme en moraal.
Commence: "Un fait qui frappe tout observateur intelligent c'est la stérilité actuelle du P. C. au point de vue du développement des idées marxistes, bien que ses dirigeants se vantent toujours d'être les seuls vrais représentants de la pensée de Marx. Et je ne parle pas seulement ici du P. C. français où a fini par prédominer complètement l'esprit petit-bourgeois qui est la caractéristique de la majorité de la population du pays, avec sa haine de tout ce qui n'est pas « conforme », sa vulgarité native, son hostilité instinctive pour toute supériorité intellectuelle ou morale comme pour toute originalité, Je parle en général de tous les partis communistes, y compris le parti russe". (p. 13)
Dans ce contexte, salue le parcours d'Henriette Roland Horst et son dernier livre:
"Dans son dernier livre, Henriette Roland Holst combat, en ce qui concerne la morale, la thèse rationaliste utilitaire défendue par les deux théoriciens du P. C. russe, Préobrajensky, dans un livre sur « la morale et les règles de classe » qui a été traduit en allemand, mais qui (est-il besoin de le dire ?) est parfaitement inconnu en France, et Boukharine, dans son ouvrage sur le matérialisme historique. Selon ces auteurs Ia morale ne serait que l'expression des intérêts de classe et toute règle de morale serait faite au profit de la classe ou du groupe dont elle émane. Pour les communistes toute action serait bonne dès qu’elle aurait été recommandée par les congrès du parti, mauvaise si elle allait à l’encontre des décisions de ces congrès.
Il y a quelque temps déjà que l'on insiste à plaisir dans certains milieux sur l’idée de la relativité de la morale, mais les milieux où l’on cultivait l’amoralisme n'étaient pas jusqu'ici des milieux socialistes. C’est Nietzsche qui a donné à l'amoralisme son expression la plus frappante et ses idées, du reste mal comprises et mal interprétées, ont trouvé leur vogue dans les milieux les plus corrompus de la société, dans ceux qui répondent le mieux à la phase de décomposition actuelle du régime capitaliste.
Que les formes de la morale varient avec la constitution de la société, et par conséquent en fonction des phénomènes économiques, est chose évidente; mais cette relativité de la morale n’implique pas l’inexistence d’un fonds d'idées morales stables, n'ayant nullement une origine divine ou surhumaine, mais tenant au fait même de l'association, association indispensable à l'homme qui est un animal social par excellence et dont l'espèce n'aurait pu subsister si les individus ne s'étaient associés, vu la faiblesse et l'imperfection physiques de l’homme si on le compare, par exemple, aux grands mammifères qui vivent isolés on en familiaux. Ces vertus morales fondamentales sont celles qui impliquent la confiance réciproque, sans laquelle il n'y a pas de véritable association possible." (p. 14)