Jacques Maritain (1882-1973)

Né le 18 novembre 1882, mort le 28 avril 1973, Jacques Maritain est agrégé de philosophie en 1905. En 1905 et 1906, il fait un séjour de deux ans à Heidelberg. C'est un défenseur de l'orthodoxie catholique et du dogmatisme traditionnel et un champion néo-thomisme. De 1912 à 1914, il est professeur de philosophie au collège Stanislas ; de 1915 à 1916, il enseigne la philosophie moderne à l'Institut catholique. -[L. V., 2013 ]

Maritain fut un philosophe français dont la pensée fut fécondée par le catholicisme dans sa variante thomiste. Il suivit les cours de Bergson qui, paraît-il, le libérèrent du scientisme de la Sorbonne des années 1900. Au début des années 1920, il était proche de l'Action française mais dans les années 1930, il s’en détacha en acceptant la démocratie et la laïcité comme les fondements du régime social. En Amérique du nord pendant la Deuxième Guerre Mondiale, il prit parti contre le régime de Vichy. Ses idées eurent une influence importante sur l’essor de la démocratie chrétienne après 1945. Sur Maritain et Nietzsche, voir: Gregory Kerr, « Deconstruction and Artistic Creation: "Maritain and the Bad Boys of Philosophy" » - [Don Longo, 2014]

MARITAIN Jacques, « Adolphe Landry. - Principes de morale rationnelle », {I. - Morale}, in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 61, n˚2, février 1906, p. 209-213.

Constate que l'auteur tente de « concilier ce qu'il y a de bon dans tous les systèmes, sans oublier Guyau, Nietzsche, ni M. Rauh. » (p. 209)

 

 

MARITAIN Jacques, "Le rôle de l'Allemagne dans la philosophie moderne. Schopenhauer et Nietzsche", in La Croix, n°9926, 21 juillet 1915.

Résumé de la leçon donnée à l'Institut catholique de Paris le 19 mai 1915.

 

MARITAIN Jacques, "La théorie du surhomme", in Revue universelle, 1er mai 1920, p. 354-359.

L’article de Maritain sur l’idée du surhomme reflète ses premières positions catholiques et suit la ligne politique de la revue. Maritain est contre l’homme conçu comme être autonome, dirigé par sa seule volonté, c’est-à-dire l’homme de Nietzsche, de Rousseau et de Hobbes. Il prend la défense de l’homme comme être spirituel: « les vrais surhommes ce sont les saints ». Dans cet article, on trouve les débuts de « l’humanisme intégral » qui deviendra la thèse centrale de sa philosophie. L’article est écrit sous forme de dialogue platonicien entre deux personnages : Philonous et Théomas. -[Don Longo, 2014]

La Revue universelle est un périodique paraissant du 1er avril 1920 à juin 1940, fondé par Jacques Bainville et Henri Massis. Elle fut nationaliste (royaliste et catholique) donc proche de L'Action française. Traversée par de forts courants d’antigermanisme, surtout pendant les années 1920, la revue soutient l’occupation de la Rhénanie et le développement d’une alliance avec l’Italie fasciste. Henri Albert fut collaborateur à la revue. Après la défaite de 1940, elle s’aligna avec les positions du pétainisme et le régime de Vichy.

Sur le périodique, voir: Christine Foureau, La Revue universelle (1920-1940): Aux origines intellectuelles du pétainisme, Princeton University Press, 1999.  -[Don Longo, 2014]


 

MARITAIN Jacques, Réflexions sur l'intelligence, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1924.

 

MARITAIN Jacques, "Humanisme et héroïsme", in Vendredi, 8 novembre 1935, p. 2.

 

MARITAIN Jacques, Humanisme intégral, Paris, Aubier, 1936.

 

MARITAIN Jacques, "Le crépuscule de la civilisation", in Les Nouvelles lettres, février/mars 1939, p. 465-495.

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BREVES 

EXPOSITION: Übermensch - Friedrich Nietzsche et les conséquences 16 octobre 2019 - 22 mars 2020 voir

 

NOUVEAU:

 

Nietzsche et Zola

(Jean-Pierre Dumont, septembre 2019)

 

Que pensait Emile Zola de Nietzsche? de Wagner? lire

 

"Nietzsche wirkt in die populäre Breite, und man muss in die Breite gehen" (Andreas Urs Sommer, Nietzsche und die Folgen, 2017)

 

"Viele neue Nietzsches sollen zutage treten? - Ein paar wenige würden genügen..." (Reto Winteler, Friedrich Nietzsche, der erste tragische Philosoph, eine Entdeckung, Basel Schwabe Verlag, 2014)

Laure Verbaere

Nietzsche et l'agrégation de philosophie (avril 2019) lire

OUTIL: Nietzsche et les philosophes français: traces empiriques et paroles 1889-1903 lire

Les éditions de Zarathoustra de 1920 à 1935 voir

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Nouvelle trace inédite

Lettre d'Eric Blondel à Don Longo lire

  

Dominique de Gaultier de Laguionie, petit-neveu du philosophe français Jules de Gaultier (1858-1942) met à disposition les archives dont il dispose. voir

Jules de Gaultier et Nietzsche

Don Longo:

Les pèlerins à Sils-Maria voir

" (...) [l]es philosophes de profession [...] oublient que Nietzsche ne promulgue pas un catéchisme nouveau mais nous invite à créer nous- même le système des valeurs auquel nous voulons dévouer notre vie. Dosons en nous la quantité de dionysisme et de christianisme mystique qui va nous inspirer. Il y aura autant de solutions qu'il y aura d'individus et c'est de leur collaboration que naîtra la vie nouvelle." (Charles Andler, 1932)

Becoming a Destiny: The Nietzsche Vogue in French intellectual Life, 1891-1918 (Christopher E. Forth, Dissertation, State University of New York, Buffalo, 1994)

Traces orales

Nietzsche « n'est pas allé assez loin dans le sens de sa propre doctrine ; il n'a pas été assez nietzschéen. (…) Nietzsche n'a pas encore un sens suffisant de la relativité : il est encore trop systématique. » (Frédéric RAUH, extrait de cours à la Sorbonne, 1904)

 

"Chaque doctrine nouvelle présente certaines arêtes et extrémités outrancières autour desquelles la curiosité frivole de la multitude voltige hâtivement mais ce n'est pas l'exactitude ou la fausseté de quelques points particuliers, ce sont l'étendue et la profondeur de la création qui doivent retenir notre attention. Je ne me suis jamais demandé si les théories nietzschéennes du «surhomme » ou de l'« éternel retour » sont justes ou non: et qui se le demanderait encore, en dehors de quelques ratiocineurs et éplucheurs de livres ? Une grande œuvre ne nous intéresse toujours que par ce double côté: l'homme créateur et l'action créatrice." (Stefan Zweig, L'Humanité, 21 mai 1926)

Comoedia, 28 mars 1914
Comoedia, 28 mars 1914

Le Rire, 10 décembre 1910