Bibliographie inédite des publications françaises sur Nietzsche 1868-1940 (Laure Verbaere et Donato Longo)

 

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Jean Lionnet (1872-1910)


Ecrivain français


LIONNET Jean, {Les livres}, in Revue hebdomadaire, 29 août 1908, p. 664-687.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne (p. 673-677).

 

LIONNET Jean, {Les livres}, in Revue hebdomadaire, t. 10, octobre 1910, p. 243-268.

Compte-rendu de Le Livre des Visions et et Instructions de la Bienheureuse Angèle de Foligno, traduit par Ernest Hello.

Signale que certains passages peuvent déconcerter:

"Je prends un exemple, le plus stupéfiant. Angèle de Foligno raconte comme une chose toute naturelle: « Ce fut alors que Dieu voulut m'enlever ma mère, qui m'était, pour aller à lui, d'un grand empêchement. Mon mari et mes fils moururent aussi en peu de temps. Et parce que, étant entrée dans la route, j'avais prié Dieu qu'il me débarrassât d'eux tous, leur mort me fut une grande consolation. » Et le

bon Hello se croit tenu de mettre une note où il insinue: « Il est bien entendu que ces sentiments exceptionnels tiennent à la voie exceptionnelle par où était conduite Angèle de Foligno. »

Non, de tels sentiments ne sont pas admissibles, même à titre exceptionnel (1). Ne faisons pas du nietzschéisme mystique. Morale des maîtres, morale des esclaves; morale des saints, morale du commun des fidèles: ces deux distinctions se valent et elles sont aussi périlleuses l'une que l'autre. Proclamons au contraire bien haut que les vertus surnaturelles ne dispensent jamais des naturelles (...)" (p. 248-249).

La note 1 précise: " Le texte est pire encore dans la traduction publiée chez Périsse, et l'on n'y trouve point certain membre de phrase sur lequel Helio se fondait pour atténuer l'odieux de ce qui précède" (p. 248).

 

Une traduction de 1850 donne: "Dans le même temps il plut à Dieu de m'enlever ma mère qui était un grand empêchement à ma perfection. Tous mes autres parents moururent aussi les uns après les autres, dans un assez court espace de temps. Du reste, j'avais demandé moi-même cette grâce au Seigneur ; c'est pourquoi ces pertes ne me furent que médiocrement sensibles. Après avoir répandu quelques larmes, je me sentis inondée de consolation, à la pensée que mon cœur serait désormais dans le cœur de Dieu et ma volonté dans la sienne".