Bibliographie inédite des publications françaises sur Nietzsche 1868-1940
(Laure Verbaere et Donato Longo)
Judith Gautier est le nom de plume de Louise Charlotte Ernestine Gautier, femme de lettres française. Elle est la fille de Théophile Gautier. Elle est l'épouse de Catulle Mendès, de 1866 à 1896 mais le couple se sépare bien avant le divorce officiel.
Elle rencontre Wagner - et Nietzsche - à Tribschen en 1869 et devient ensuite une habituée de Bayreuth et une fervente disciple.
En 1910, elle est la première femme à entrer à l’Académie Goncourt.
Lire: Isabelle Perreault, "La critique musicale au féminin sous la Troisième République: Judith Gautier et la critique en contrepoint", in Tangence, 137, 2025, p. 103-124.
GAUTIER Judith, Le collier des jours: le troisième rang du collier, Paris, Librairie Juven, 1909.
Troisième et dernier volume de son autobiographie publiée à partir de 1904.
Texte également publié dans la Revue de Paris à partir de février 1909.
Souvenirs. Brève évocation de Nietzsche:
"Wagner supporte, à ce qu’il semble, ces nouvelles épreuves avec une admirable sérénité: il a comme une cuirasse de bonheur que les coups du sort heurtent désormais sans la traverser, et ce groupe de disciples à la foi ardente paraît former un rempart autour de son cœur. Très gaiement, il me donne des nouvelles de Tribschen et du trouble que les aventures de Munich y ont apporté. Le lendemain de la répétition générale, il leur était venu, par hasard, beaucoup de visiteurs: une de ses sœurs avec son mari et sa fille, un éminent sanscritiste, professeur à l’Université de Leipzig, un philologue de Bâle. — c’était Nietzsche: — on était donc nombreux au dîner de deux heures. Ce dîner fut interrompu dix fois par l’arrivée des dépêches: le maître se levait pour aller écrire la réponse; à peine était-il revenu et réinstallé devant son assiette, qu’une autre missive lui était remise et le forçait à s'absenter de nouveau." (p. 213)