Bibliographie inédite des publications françaises sur Nietzsche (Laure Verbaere et Donato Longo)

 

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Marcel Prévost (1862-1941)


Romancier et auteur dramatique français

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PREVOST Marcel, "Les deux morales", in Le Journal, 17 juin 1909, p. 1.

Annonce qu'il va écrire un roman, Pierre et Thérèse, qui met en scène la morale égoïste (morale des maîtres de Nietzsche) à la morale altruiste (morale des esclaves) pour voir laquelle l'emporte sur l'autre. Raille les amateurs de Nietzsche qui ne sont que des arrivistes:

"Pauvre Nietzsche! Pauvre glorieux maître saxon! Avec son confrère de Dantzig, il aura partagé l'étrange destinée posthume d'être un philosophe pour snobs, un patron laïque pour gens à demi-culture prétentieuse. Pas de caillette mondaine, pas de gratte-papier émancipé, pas de cabotine teintée de bas-bleuisme qui ne nous serve, avec plus ou moins d'opportunité, la doctrine des deux morales et n'incline, naturellement, à choisir la morale des maîtres. Ces surhommes et ces surfemmes à la douzaine sont très risibles; ils ne sont pas extrêmement dangereux, car la crainte salutaire des démêlés avec la loi, ou simplement un souci persistant des convenances contient à l'ordinaire dans des iimites assez étroites les hardiesses de leur surhumanité".

Longuement cité par Robert de Bury, {Les Journaux}, in Mercure de France, 1er juillet 1909, p. 153-156, cit., p. 155.

Pierre et Thérèse paraît en 1909 aux éditions Lemerre (Paris). Un exemplaire de 1909 indique 54ème édition.

 

Pas de "Nietzsche", de "nietzschéen" ni de "nietzschéenne" dans le roman; pas de "surhomme" ni de "surfemme" mais de nombreuses expressions:  "égoïste", "être fort", "j'ai le droit", "j'avais le droit", "écraser le serpent"...

 

PREVOST Marcel, Pierre et Thérèse, Paris, Lemerre, 1909.

Marcel Prévost expose les fondements de ce roman dans "Les deux morales", in Le Journal, 17 juin 1909, p. 1.

C'est une sorte de réponse aux romans de Daniel LesueurNietzschéenne (1908) et Le droit à la force (1909).

Imprimé le 19 mai 1909. Un exemplaire de 1909 indique 54ème édition.

Pas de "Nietzsche", de "nietzschéen" ni de "nietzschéenne" dans le roman; pas de "surhomme" ni de "surfemme" mais de nombreuses expressions:  "égoïste", "être fort", "j'ai le droit", "j'avais le droit", "écraser le serpent"...

Le roman est adapté au théâtre et la pièce en quatre actes est joué au Théâtre du Gymnase le 20 décembre 1909. Cf. L'Illustration théâtrale, n°136,15 janvier 1910.

Résumé et analyse dans Ernest La JeunesseDes soirs, des gens, des choses... (1909-1911), Paris, Maurice de Brunoff, 1914, p. 117-119.

 

PREVOST Marcel, "La fiancée trop difficile", {Les Chroniques de femina}, in Femina, n°215, 1er janvier 1910, p. 5.

Répond à la lettre d'une lectrice qui s'inquiète d'épouser un homme qu'elle aime mais qui n'est pas très intelligent.

Note d'abord qu'elle a peut-être tort puis suppose que ce soit bien le cas: "J'admets comme prouvée l'inintelligence de notre pauvre fiancé. Qu'allons-nous en conclure ? Faudra-t-il l'évincer comme indigne parce qu'il méconnaît le surhomme de Nietzsche, et ne prétend qu'à la gloire d'être un brave homme de mari, une bonne pâte d'époux affectueux et dévoué ?

Ecoutez bien, Mademoiselle. Il me semble que si j'étais femme, l'infériorité intellectuelle d'un fiancé ne me rebuterait point, à condition

que je l'aime. — Que dis-je ? elle pourrait même m'intéresser. Le rôle, d'une épousé supérieure à son époux n'est pas injouable, soyez en convaincue".

 

PREVOST Marcel, "Nietzsche, par Th. Maulnier", in Gringoire, 25 mai 1934, p. 4.