Anthropologue allemand, il développe des théories raciales. Il est enseignant et journaliste.
AMMON O., L'Ordre social et ses bases naturelles, esquisse d'une anthroposociologie, traduit sur la 2e édition allemande par H. Muffang, professeur agrégé au lycée de Saint-Brieuc, Paris, Albert Fontemoing, 1900.
Traduction française de Die Gesellschaftsordnung und ihre natürlichen Grundlagen. Entwurf einer Sozial-Anthropologie zum Gebrauch für alle Gebildeten, die sich mit sozialen Fragen befassen, Gustav Fischer, Iéna, 1895.
Souligne le génie de Nietzsche.
Prévient: "Le principal résultat de ma critique en résumé consiste en ceci, que les gens intelligents me semblent être bien placés en haut, et les inintelligents en bas, et que le monde ne sera pas amélioré parce qu’on visera à renverser cet
ordre naturel, et à mettre en haut ce qui doit être en bas, et réciproquement." (p. 70)
Précise: "[...] notre critique s’adresse à une philosophie qui, comme celle de Nietzsche, voit dans l’homme supérieurement doué le seul vrai homme et dans les masses un troupeau de bétail exclusivement créé pour l'esclavage. L’inégalité sociale, d’après Nietzsche, doit servir à fortifier dans les classes supérieures le sentiment de leur valeur. Cette philosophie de la dureté de cœur me semble bien propre à transformer en décadents incapables d’initiative les éléments intellectuels d’une nation.
Tout ce qu’il y a de bon dans la théorie de Nietzsche, ce qui lui a procuré des adhérents dans des cercles étendus, c’est qu’en face delà divinisation sentimentale des masses, aujourd’hui à la mode, il a cherché à restaurer dans leurs droits l’individualité et l'intelligence. Toutefois, en cela, Nietzsche a de beaucoup dépassé le but. Il est significatif que, dans un de ses ouvrages, il se déclare anti-darwinien. C’est qu’il ne connaît pas suffisamment le darwinisme, autrement il ne s’en considérerait pas comme l’adversaire, alors que, dans beaucoup de passages, il se tient précisément sur le terrain darwiniste. S’il avait étudié à fond le darwinisme, il ne l'aurait vraisemblablement pas jugé de façon si exclusive. Il est infiniment fâcheux qu’un cerveau si brillamment doué n’ait pas reçu une culture plus compréhensive; car la discipline philologique et philosophique, dont Nietzsche est un brillant produit, ne suffit plus quand on veut porter un jugement sur les problèmes sociaux d’aujourd’hui. (p. 71)
Soutient que "Gobineau, Nietzsche et maint autre, par ignorance adversaires prétendus du darwinisme, sont eux-mêmes, sans le savoir, des darwinistes!
A ce propos, je rendrai volontiers à Nietzsche cette justice, qu’il avait parfaitement conscience de l’importance de la race pour la civilisation, et ce qui prouve son génie, c’est qu’il est arrivé à cette notion en restant sur le terrain philologique et historique, et en ne connaissant que des bribes de l’anthropologie, encore à ses débuts. Il s’est trompé dans [...]". (p. 234)