Bibliographie inédite des publications françaises sur Nietzsche (Laure Verbaere et Donato Longo)

 

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Paul Seippel (1858-1926)


Chroniqueur littéraire suisse, Paul Seippel a été professeur de littérature française à l'École polytechnique fédérale de Zurich.



SEIPPEL Paul, "Mourir", {Variétés}, in Gazette de Lausanne, 19 mai 1896, p. 3.

A propos d'Arthur Schnitzler, Mourir (traduit par Gaspard Vallette, Payot éditeur, Lausanne). Note "M. Schnitzler appartient à la catégorie des « impassibles ». Il ne sourcille pas plus en présence de son moribond qu'un professeur d'anatomie poursuivant une démonstration devant sa table de dissection. Est-ce de la part de ce jeune homme sécheresse naturelle de cœur, ou bien une attitude choisie par conviction littéraire, par dédain de la phraséologie sentimentale qui sévit encore en pays germaniques presque autant que chez nous ? Je l'ignore. Sa conception de la vie n'est autre que le nihilisme absolu de Nietzsche, si en faveur auprès de la jeunesse lettrée en Allemagne.
Ce n'est pas là un reproche de ma part. Je me borne à constater, n'ayant aucun goût pour la critique pédagogique qui vitupère,  morigène et conseille. Si M. Schnitzler voit et sent ainsi, il ne doit pas écrire autrement. Un artiste véritable n'atténue pas sa pensée pour rassurer les bonnes âmes."

 

SEIPPEL Paul, "Jean-Christophe", in Journal de Genève, 22 octobre 1905, p. 1.

Compte-rendu du roman de Romain Rolland.

Note que Jean-Christophe "devient - sans le savoir - un adepte de cette morale de Nietzsche, si en faveur aujourd'hui dans le monde des jeunes universitaires français auquel appartient M. Romain Rolland".

 

SEIPPEL Paul, « Gobineau, Nietzsche, Chamberlain », in Semaine littéraire, 13, janvier 1906, p. 12-15.

 

SEIPPEL Paul, "Les "Désenchantées"", in Journal de Genève, 2 septembre 1906, p. 1.

Compte-rendu du roman à succès de Pierre Loti.

Note que les femmes lisent Kant, Schopenhauer, Nietzsche... et qu'elles n'y comprennent rien.

 

SEIPPEL Paul, Escarmouches, Lausanne, Payot, 1910.

Collection d'articles. Contient: "La conversion de Nietzsche" (p. 220-232)

Voir le compte-rendu de Paul Doumergue, "Les idées du jour", in Foi et Vie, 20 juin 1910 qui cite à propos de Nietzsche, "ce « mystique dévoyé » et de son influence sur les jeunes":

« La jeunesse a besoin à la fois de liberté et d'affirmation. Elle peut avoir le sentiment que Nietzsche la libère et lui donne des raisons de vivre. Car il ne nie que pour affirmer. Il dit oui à la vie, joyeusement... Il peut séduire la jeunesse encore par sa grande loyauté, par cette vaillance intellectuelle qui le contraint d'aller sans détourner la tête jusqu'au bout de la voie choisie, dût-elle aboutir à un casse-cou. Il peut la séduire surtout parce qu'il donne à ses disciples confiance en eux-mêmes, avec un sentiment exaltant de supériorité

sur le vil troupeau des esclaves, incapables de comprendre l'Evangile de Zarathoustra... »"

 

 

SEIPPEL Paul, "Nietzsche et la culture allemande", in Journal de Genève, 25 octobre 1915, p. 1.