Bibliographie inédite des publications françaises sur Nietzsche 1868-1940

(Laure Verbaere et Donato Longo)

 

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Abel Hermant (1862-1950)


Né en 1862, Abel Hermant est reçu premier à l'Ecole normale supérieure en 1880 mais il démissionne à la fin de la première année pour se consacrer entièrement aux lettres. En 1883, il publie un volume de vers avant de se tourner vers le roman d'abord naturaliste, puis impressionniste, enfin psychologique au début des années 1890. Il trouve enfin sa voie comme chroniqueur des mœurs de son époque : au total, il publia plus de cent volumes. Il sera élu à l'Académie française en 1927.



HERMANT Abel, « Le Nietzsche des salons », in Le Figaro, n˚150, 29 mai 1904, p. 1.

 

 

 

HERMANT Abel, "Coeur de Française, drame de MM. Aristide Bruant et Arthur Bernède", {Les Théâtres}, in Le Journal, 24 octobre 1912, p. 3.

Signale les allusions ironiques contre la doctrine de Nietzsche qu'Aristide Bruant n'a certainement pas lu.

 

HERMANT Abel, "Le snobisme", in Le Temps, n°19180, 9 janvier 1914, p. 2.

"Nietzsche, hier encore un peu trop favori des salons" est "à présent démodé, heureusement pour sa vraie gloire".

 

HERMANT Abel, "Le cas Frédéric Nietzsche", in Le Temps, 24 octobre 1914.

 

HERMANT Abel, "L'Aube ardente", in Revue de Paris, tome 3, 1er mai 1915, p. 33-61.

Chapitre X: "L'ami et l'ennemi: Rex". Nietzsche est cité de nombreuses fois.

 

HERMANT Abel, "Heures de guerre de la famille Valadier XXVIII", in Le Journal, n°8283, 1er juin 1915, p. 4.

Un personnage: "Nous ne sommes pas en temps normal, nous sommes en temps de guerre et, comme dit Nietzsche, toutes les valeurs sont renversées".

 

HERMANT Abel, {La vie littéraire}, in Le Figaro, n°85, 26 mars 1918, p.3.

Compte-rendu de Paul Margueritte, Jouir, roman en deux volumes.

 

HERMANT Abel, {Rectifions}, in Annales politiques et littéraires, n°1831, 28 juillet 1918, p. 73.

Sur Nietzsche, à propos de l'incendie du Louvre.

 

HERMANT Abel, "Jean Finot; L'agonie et la naissance d'un monde", {La vie littéraire}, in Le Figaro, n°225, 13 août 1918, p. 3.

Remercie l'auteur d'avoir "élucidé le cas Nietzsche qui "prête à des malentendus irritants. Nombreuses évocations de Nietzsche.

 

HERMANT Abel, "M. Daniel Halévy, Nietzsche, Péguy et le Président Wilson", {La vie littéraire}, in Le Figaro, n°302, 29 octobre 1918, p. 3.

 

HERMANT Abel, "Le sous-homme", in Figaro, 18 février 1940, p. 1. [L.V.]

Note: "On racontait en 1914 que tous les officiers allemands avaient dans leur cantine l'Ancien Testament et l'un des livres de Frédéric Nietzsche. La Bible n'a plus aucune vente en Allemagne: ils ont Mein Kampf. Les livres saints s'excluent. Quant à Nietzsche, je doute qu'il soit si populaire que cela dans les milices hitlériennes. J'imagine que les gens du parti bâilleraient en le lisant; mais je crois plutôt qu'ils ne le lisent pas. Il n'empêche que l'auteur d'Humain trop humain (quelle ironie!) personnifiait hier l'Allemand impérial et personnifierait aussi bien le naziste qui en procède. Mais il y a entre les deux la même différence qu'entre l'envers et l'endroit.

Je me souviens de la peine que je faisais pendant l'autre guerre au pauvre Paul Souday, quand je lui soutenais que Nietzsche était le type même de l'Allemand impérial. Je dis «le pauvre Souday» parce qu'il est mort, comme Renan «le pauvre Flaubert» (lui a-t-on assez reproché cette épithète, que par malice on interprétait péjorativement !)

Souday, qui craignait jusqu'à l'ombre du chauvinisme, me soupçonnait d'admirer moins l'auteur de Zarathustra depuis que les Allemands étaient à Noyon. Je n'ai point de sentiments si bas, et ce n'est pas, je pense, témoigner haine ou mépris à un poète philosophe que de déclarer qu'il est le représentant accompli de sa race. Il l'est encore, mais elle est devenue, sans changer de composition, la caricature d'elle-même.

L'Allemagne, à son insu - car la conscience, en même temps que l'intellectualité s'éteint - est demeurée nietzschéenne en principe. Elle a la volonté de puissance. [...]"

Article en partie reproduit dans L'Action française du 19 février 1940.