Sorel et Nietzsche

Georges Sorel (1847-1922)


Lire par exemple Willy Gianinazzi, Naissance du mythe moderne: Georges Sorel et la crise de la pensée savante 1889-1914, Paris, Ed. de la MSH, 2006 et Pierre-André Taguieff, "Violence, utopie, décadence. Entre Sorel et Freund", étude ayant servi de base à une communication faite au colloque international « Penser le conflit avec Julien Freund », Université de Strasbourg (CNRS, EHESS, Sciences Po-Paris/CEVIPOF), Misha, 11-12 mars 2010. Voir le n°32 de la revue Mil neuf cent (2014): Sorel méconnu.

Voir aussi: Propos de Georges Sorel, recueillis par Jean Variot (Paris, Gallimard, 1935)


SOREL Georges, "H. Mazel. La synergie sociale", in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 43, n˚2, février 1897, p. 205-206.

Constate que Mazel "résume toute la question sociale dans une question d'éducation morale" et s'exclame : "mais quel éducateur dangereux! "Nietzsche, Ibsen et Tolstoï, Carlyle, Balzac et Taine, tous ces grands penseurs qui isolés seraient d'une action incomplète, harmonisés sont d'un exemple parfait" (p. 354)" (p. 206). Commente aussitôt : "Plaignons la génération qui prendrait au sérieux une pareille pédagogie : les auteurs choisis par M. Mazel laisseront tous dans l'esprit quelque plaie difficile à guérir. Mais, là encore, M. Mazel ne retarde-t-il pas? Ces géants ne commencent-ils pas à être démodés?" (p. 206).

 

SOREL Georges, "La philosophie de Nietzsche, par Henri Lichtenberger", {Revue des livres}, in L'Humanité nouvelle 2, 1898, p. 635-636.

Reconnaît que l'auteur "a très bien réussi à mettre en lumière les points essentiels" de l’œuvre de Nietzsche et que la "biographie de la vie de Nietzsche est résumée d'une manière très claire" mais remarque notamment : "Nietzsche croit que de la souffrance sortira le salut de l'humanité (p. 148) ; c'est un peu chimérique. - Cette philosophie est couronnée par l'hypothèse du retour éternel des choses (p. 19), qui me semble contraire aux idées de la physique moderne" (p. 636).

 

SOREL Georges, "Préface" à Saverio MERLINO, Formes et essence du socialisme, Paris, V. Giard et E. Brière, 1898, p. I-XLV.

Note: "Le socialisme est une question morale. en ce sens qu'il apporte au monde une nouvelle manière de juger tous les actes humains et, pour employer une célèbre expression de Nietzche, une nouvelle évaluation de toutes les valeurs. (…) Il serait inutile d'énumérer toutes les thèses dont le socialisme poursuit le renversement; et nous ne sommes encore qu'au commencement!" (p. XLII)

(…) Si nous jugeons le socialisme chrétien incapable de résoudre la question sociale, c'est qu'il manque de cette notion de la catastrophe morale; c'est qu'il nie la nouvelle évaluation de toutes les valeurs. La morale qu'il veut imposer au prolétariat est une morale d'esclaves, alors que le prolétariat a acquis la claire conscience de sa force et alors qu'il aspire à une morale d'hommes libres." (p. XLIII)

Conclut: "C'est dans cette nouvelle évaluation de toutes les valeurs par le prolétariat militant que consiste la haute originalité du socialisme contemporain." (p. XLV)

 

SOREL Georges, Réflexions sur la violence, Paris, 1908.

 

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SOREL Georges, "Vues sur les problèmes de la philosophie (Fin)", in Revue de métaphysique et de morale, tome 19, n°1, 1911, p. 64-99.

Sur l'importance de Nietzsche dans la pensée occidentale (p. 65).