Bibliographie inédite des publications françaises sur Nietzsche 1868-1940

(Laure Verbaere et Donato Longo)

 

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Henri Martineau (1882-1958)


Critique littéraire et journaliste français, Henri Martineau est un ami d'Eugène Marsan. Il crée en 1909 et dirige la revue Le Divan et participe à L'action française.



MARTINEAU Henri, "Ce que Nietzsche doit à Stendhal", in Revue critique des idées et des livres, t. 32, n°190, 10 juin 1921, p. 627-630.

 

MARTINEAU Henri, "Daniel Halévy: Nietzsche. Grasset", in Le Divan, n°250, avril-juin 1944, p. 405-406. [L.V.]

 Eloge appuyé de la refonte de la biographie de Charles Péguy. Réserves quant à celle de Nietzsche parue initialement en 1909: "je ne suis point certain que Nietzsche philosophe ait gagné dans les mêmes proportions à ce travail de refonte et que l’échec du visionnaire n’y soit pas devenu plus apparent que la fécondité de son enseignement?

M. Daniel Halévy, dans le livre qui vient de paraître aux éditions Grasset, a certainement consacré à son sujet un nombre de pages double de celui qu’il avait atteint dans le précieux petit volume qui, en 1909, avait paru à la librairie

Calmann-Lévy. Celui-ci était vite devenu bien cher aux jeunes gens de ma génération. C’était la première fois qu'on nous entretenait longuement de Nietzsche et nous étions surtout attirés par le drame de sa destinée. Nous ne choisissions qu’ensuite, au hasard des livres traduits au Mercure de France, ceux de ses aphorismes qui faisaient écho à nos propres aspirations, qui s’accordaient le mieux à notre sensibilité. En un mot l’unité de sa doctrine nous importait bien moins que son attitude de Titan foudroyé.

Or ce que le livre refondu et augmenté de M. Daniel Halévy apporte de nouveau à l’étude de la vie de Nietzsche est beau coup moins important que ce qu’il ajoute à l’histoire de sa pensée. Et c’est surtout dans la seconde partie de son ouvrage que l’auteur a insisté sur les mille projets instantanément conçus et aussitôt abandonnés par ce grand et malheureux génie, si cahoté, si chaotique, d’autant plus impatient et instable qu’il se sentait harcelé par la catastrophe prochaine." Regrette "cet éclairage cru de l’écrivain".

Daniel Halévy mentionne cette analyse critique et y répond dans son Nietzsche, Paris, Grasset, 1944 (Voir le "Post-scripta" de la deuxième édition, p. 535-538).