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Lettre d'Emmy de Némethy à Strindberg (d'après Elena Balzamo)

Jean de Néthy (1863- ?)


Jean de Néthy est le pseudonyme d'Emmy de Némethy, comtesse hongroise arrivée très jeune à Paris où elle s'installe et fréquente de nombreux artistes et écrivains. Vers la fin de sa vie, Jules Barbey d'Aurevilly s'éprend d'elle et lui dédit Le Chevalier des Touches (1864) ainsi que ses pensées sur les femmes (1889). Elle est l'auteure d'un roman: Dilettantes, Paris, Lemerre, 1894. Elle participe comme critique à de nombreuses revues éphémères mais aussi à la Revue Blanche et au Mercure de France. Elle traduit plusieurs auteurs scandinaves dont Ola Hansson qu'elle rencontre à Paris au début des années 1890, de même qu'elle fait la connaissance de Georg Brandes, Auguste Strindberg et Lou Salomé.

C'est elle qui initie en novembre 1891 le jeune Daniel Halévy à l’œuvre de Nietzsche et c'est elle également qui propose aux éditions Félix Alcan de publier une traduction du Zarathoustra, en 1892.



A lire:

Erzsébet HANUS, "Femmes hongroises intellectuelles en France au XIXe siècle", in Cahiers d'Etudes hongroises, 9, 1997-1998, p. 212-223.

William FOVET, "Pourfendeurs et prosélytes de Georg Brandes dans la France des années 1893-1894", in Anne Bourguignon, Konrad Harrer, Jorgen Stender Clausen (éd.), Grands courants d'échanges intellectuels: Georg Brandes et la France, l'Allemagne, l'Angleterre, Actes de la 2ème conférence internationale Georg Brandes, Nancy, 13-15 novembre 2008,  Berne, Peter Lang, 2010, p. 261-274.

Philippe BARON, "Une correspondance Edmond de Goncourt - Emmy de Némethy", in Cahiers Edmond et Jules de Goncourt, n°16, 2009, p. 153-159.

 

NETHY Jean de, "Nietzsche-Zarathustra", in Revue Blanche, tome 2, n˚7, avril 1892, p. 206-212

Commence par remarquer : "M. de Wyzewa, par son intéressant article sur Frédéric Nietzsche dans la Revue bleue du 7 novembre dernier, a attiré l'attention des Français sur le fameux philosophe allemand". Ajoute aussitôt : "Il l'a présenté comme metteur en système des idées de La Rochefoucauld, d'Helvétius, de Stendhal, de Schopenhauer, mais aussi de la philosophie courante pessimiste nihiliste, que Nietzsche a eu en horreur" (p. 206). Propose un très bref exposé de la vie de Nietzsche et donne une idée de la doctrine principale de Nietzsche à l'aide de "citations caractéristiques" morcelées qui, selon Néthy, montrent qu'elle "est en désharmonie cruelle avec les tendances actuelles . Au problème socialiste : le bonheur pour tous - il oppose la recherche de la plus grande somme de bonheur pour quelques-uns" (p. 211). Conclut en regrettant de ne pas avoir fait connaître "Nietzsche le grand poète, l'esprit titanique, qui parfois par un aphorisme d'une ligne, comme avec un couteau tranchant met à découvert les parties les plus cachées de notre âme et parfois dans de longues pages d'une puissance irrésistible nous gagne et nous entraîne dans le vaste incendie de sa pensée réformatrice" (p. 211-212).

 

HANSSON Ola, "Les chants d'Öfeg. Poèmes en prose", in Mercure de France, tome 5, n˚30, juin 1892, p. 103-113.

Le traducteur, Jean de Néthy, remarque que quelques poèmes, "connus et traduits en Allemagne, y paraissent une expression lyrique des doctrines philosophiques anarchistes et du personnalisme autoritaire de Nietzsche" (p. 103).