Bibliographie inédite des publications françaises sur Nietzsche 1868-1940 (Laure Verbaere et Donato Longo)
1868-1910: BIBLIOGRAPHIE ET COMMENTAIRES DE LAURE VERBAERE
BARRES Maurice (Préface) in Jean Lorrain, La petite classe, 1895.
Cite les femmes éprises de "Nietsche et Mallarmé“ (p. II).
BERENGER Henry, L'Aristocratie intellectuelle, Paris, Armand Colin, 1895.
"On pourrait voir sous l'influence de Ibsen et de Nietzsche le besoin d'anarchie sociale". [11]
BRETON Jean, Notes d’un étudiant français en Allemagne : Heidelberg, Berlin, Leipzig, Munich, Paris, C. Lévy, 1895.
Gallica signale que l’auteur est Célestin Bouglé. Note qu’en Allemagne, Ibsen et Nietzsche sont déjà "tombés dans le domaine commun, lus par tous les collégiens et discutés par tous les professeurs" (p. 64).
GERMAIN Alphonse, Du beau moral et du beau formel, E. Girard, Paris, 1895.
Proteste : "Non, la morale supérieure n'a pas sa racine, comme le voudrait Nietzche, dans une triomphante affirmation du Moi, mais dans le sacrifice." (p. 53)
IZOULET Jean, La cité moderne et la métaphysique de la sociologie : le suicide des démocraties, Paris, Alcan, 1895.
Evoque Tolstoï et Nietzsche dans l’introduction (p. X) qui reprend une étude de l’auteur publiée en mai 1895 dans la Revue de Paris.
KRAUZ Casimir de, La psychiatrie et la science des idées. [9]
LEFAIVRE Albert, Mme la Baronne de Suitner. La propagande de la paix, La Chapelle-Montligeon, Imprimerie de l’œuvre expiatoire, 1895.
"M. Nietzche n'admet d'autre correctif à l'insanité générale que la domination de la force, et, proclamant « l'échec » définitif des doctrinaires, des prêcheurs de morale, il appelle de ses vœux le règne du ce surhomme », du ce magnifique carnassier à la recherche sublime du butin et de la victoire »". (p. 31)
LE ROUX Hugues, Je deviens colon. Mœurs algériennes, Paris, C. Lévy, 1895.
Evoque les traductions attendues de Nietzsche (p. 10)
MAURRAS Charles, Le chemin de paradis. Mythes et fabliaux, Paris, Calmann-Lévy, 1895.
Contient "Les Serviteurs", déjà publié dans la Revue bleue en avril 1892 et une note à son sujet dans laquelle Charles Maurras évoque Nietzsche:
"Je croyais l’idée de ce mythe si purement conforme aux sentiments « socialistes » et « archistes » de notre race qu’on ne la pût nourrir ailleurs. Mais voici, me dit-on, qu’elle est professée en Allemagne par un étrange écrivain slave appelé Nietsche. C’est à peine si j’ai feuilleté ce qu’on nous a donné de Niestche. Et il me souvient cependant d’avoir noté dans son Cas Wagner, publié en 1888, mais traduit chez nous seulement en 1893, de curieuses rencontres sur la philosophie de l'art avec les thèses esthétiques qu’il m'est arrivé à moi-même de soutenir en 1891 au moment de la fondation de l’Ecole romane, de concert avec mes amis MM. Jean Moréas, Raymond de la Tailhède, Ernest Raynaud et Maurice du Plessys.
J’avais écrit les Serviteurs à l’automne de 1891; et ils parurent dans la Revue bleue du 30 avril suivant. — Est-il possible, me dit-on, que vous ne connaissiez pas Nietsche! — Mais c’était la première fois que j’entendais ce nom. Ce Nietsche est un Sarmate ingénieux, éloquent et assez subtil. Quoique d’esprit bizarre, il n’a pu lire sans profit notre Platon. Cependant l’effroyable désordre de sa pensée finit par le conduire à un anarchisme orgueilleux. Sa naissance l’y destinait. Fidèle à cette barbarie, il est même devenu fou. J’ai tenté, au contraire, les triomphes de la raison". (p. 324-325)
L'ouvrage est réédité sous une forme remaniée à partir de 1921. Cette note figure inchangée dans la réédition en 1921, également en 1922, sans correction des erreurs typographiques/orthographiques.
PILO Mario, La psychologie du beau et de l’art, Paris, Alcan, 1895.
Traduit de l’italien par Auguste Dietrich. Note que jusqu’à présent, aucune race n’est dans son ensemble "l’Uebermensch de Nietzsche" (p. 50).
PRINS Adolphe, L’organisation de la liberté et le devoir social, Paris, Alcan et Bruxelles, T. Falk, 1895.
Note que "les théoriciens de l’anarchie, Max Stirner ou Nietsche, proclament que l’univers n’existe que pour le triomphe, le bonheur et la jouissance de l’individu" (p. 70).