Bibliographie inédite des publications françaises sur Nietzsche 1868-1940 (Laure Verbaere et Donato Longo)

1911-1918: BIBLIOGRAPHIE ET COMMENTAIRES DE LAURE VERBAERE

 

(en savoir plus)

1911


Ouvrages sur Nietzsche


BARBAT Virgile, Nietzsche: tendances et problème, Zürich, Leipzig, Rascher, 1911

Cet ouvrage provient d'une thèse soutenue à l'Université de Bern en 1910.

 

BERTHELOT René, Un romantisme utilitaire. Etude sur le mouvement pragmatiste, t. 1, Le pragmatisme chez Nietzsche et chez Poincaré, Paris, Alcan, 1911.

Voir sur Nietzsche et Pierce (p. 8-10) et sur Nietzsche et Poincaré (p. 33-193).

 

FAURE Elie, Frédéric Nietzsche, Paris, H. Fabre, Collection Portraits d'hier, n°59, 1911.

 

FOUILLEE Alfred, La pensée et les nouvelles écoles anti-intellectualistes, Paris, Alcan, 1911.

Contient "La néo-sophistique nietzschéenne" (p. 258-274).

 

GUY-GRAND Georges, La philosophie syndicaliste, Paris, Grasset, 1911.

Contient "Nietzschéisme et syndicalisme" (p. 55-84) et "Nietzsche et Proudhon" (p. 195-237).

 

PALHORIES Fortuné, Nouvelles orientations de la morale, Paris, Bloud et Cie, 1911.

Contient une étude sur Nietzsche et la morale de la force (p. 46-83).

 

PISSARJEVSKY LydieNietzsche et le féminisme, Paris, Dubreuil, 1911.

Brochure in-8.

Référence citée d'après le Catalogue de la bibliothèque de la Chambre du Commerce de Paris (1922), vérifiée par JLP (décembre 2025). C'est un livre de 61 pages publié aux éditions Dubreuil, Frèrebeau et Cie en 1911.

 

 

RAUH Frédéric, Etudes de morale, Paris, Alcan, 1911.

 

REY AbelLogique et morale: suivies de notions sommaires de philosophie générale, Paris, E. Cornély Editeurs, 3ème édition revue et augmentée, 1911.

Contient quelques pages sur Nietzsche dans le chapitre VII: perfection individuelle et progrès de l'humanité.

Introduit: "On a proposé récemment des principes moins métaphysiques pour fonder la morale théorique, la perfection individuelle et le progrès de l'humanité. A poursuivre l'une de ces deux fins d'une façon exclusive, on arrive à dresser en face l'une de l'autre deux morales aussi différentes que celle de Nietzsche el celle de Tolstoï. Elle sont intéressantes à examiner pour mettre en lumière les excès auxquels la dialectique peut arriver en développant jusqu'au bout, et sans souci du réel, la notion dont elle part". (p. 821-822)

Sur deux conséquences: "La première a été formulée par Nietzsche dans la doctrine du surhomme, « L'homme doit toujours tendre à se dépasser lui-même; le repos ou la paix n'est que le moyen d'une guerre nouvelle. Peu importent les moyens employés; peu importent les victimes laissées sur la route: l’homme n'a qu'un but, triompher, être le maître, faire ce qu'il veut, dominer les autres hommes en leur imposant sa propre conception. Le surhomme est celui qui détermine les croyances de toute une époque, la forme d’une civilisation, qui crée en toute liberté, en toute indépendance, insoucieux du bien et du mal, de la vérité et de l'erreur. 11 crée sa vérité, il crée sa morale ». [...]

La deuxième conséquence, c’est la proscription, au nom de l'idéal moral du surhomme, de tout ce qui est amour, pitié, générosité, etc. Ces sentiments relèvent d’une morale esclave. « Pour épargner aux générations futures le spectacle déprimant de la misère et de la laideur, laissons mourir ce qui est mûr pour la mort, ayons le courage de ne pas retenir ceux qui tombent, mais de les pousser encore pour qu’ils tombent plus vite. Le sage doit non seulement supporter la vue de la souffrance d’autrui, il doit faire souffrir sans se soucier de l'idée des tortures où se débat le patient ». Spencer avait déjà montré que la charité va d’une façon malheureuse à l’encontre de la sélection naturelle en surchargeant la société de déchets inutiles ou dangereux, mais il admet malgré cela l’altruisme individuel. Le Bon a dit aussi: la charité est un sentiment anti-social et nuisible. [...]"

Suivi d'une critique.

Septième édition revue (programmes de 1923) aux éditions Le Rider en 1927.

 

RICHTER Claire, Nietzsche et les théories biologistes contemporaines, Paris, Mercure de France, 1911.

Cet ouvrage provient d'une thèse soutenue à l'Université de Paris en 1911.

2ème édition, 1911.

 

SEILLIERE Ernest, Les mystiques du néo-romantisme: évolution contemporaine de l'appétit mystique, Paris, Plon, 1911.

Contient "Un débat sur le mysticisme esthétique: Erwin Rohde et Nietzsche" (p. 57-201)


Ouvrages qui évoquent Nietzsche


AGATHON (MASSIS Henri et TARDE Alfred de), L'esprit de la nouvelle Sorbonne, Paris, Mercure de France, 1911.

 

BAINVILLE Jacques, Un Roi wagnérien. Louis II de Bavière, Paris, Nouvelle Librairie Nationale, 1911.

Nouvelle édition complètement refondue. Nombreuses allusions à Nietzsche.

 

BERNARDINI-SJOESTEDT Léonie, La révision des valeurs de la femme, Paris, Flammarion, 1911.
Voir le compte-rendu dans Le Mouvement littéraire, p. 102-103.

 

DUGUIT Léon, Le droit social et le droit individuel, 2ème édition, Paris, Alcan, 1911, p. 6.

Conférence donnée en mars 1908 à l'Ecole des hautes études sociales.

Précise qu'il n'est pas "un Nietzsche au petit pied".

 

M.E., L'Eglise et le Progrès, 1911.

D'après "Apologétique sociale. L'Eglise et le Progrès", in Les Conférences, tome 2, n°362, 1911, p. 1-31.

Conteste les idées de Nietzsche (p. 5-7).

 

FAGUET EmileL'art de lire, Paris, Hachette, 1911.

25ème mille en 1920.

Contient différents chapitres sur l'art de lire, avec des évocations fréquentes de Nietzsche, surtout dans le chapitre VIII: les ennemis de la lecture.

Dans le chapitre VI, traite des écrivains "qui sont obscurs volontairement et de propos fait, pour s'acquérir la gloire délicate et précieuse d'auteurs obscurs, et voici comment ils ont procédé. Ils ont pensé en clair, d'abord, comme tout le monde, puis, par des substitutions patientes de mots impropres aux mots justes, de tournures bizarres aux tours simples, d'inversions aux tours directs, ils ont obscurci progressivement leur texte. Ils ont fait exactement l'inverse de ce que font les auteurs « qui n'écrivent que pour être entendus ». Ceux-ci ramènent progressivement l'expression vague à l'expression précise; eux détournent laborieusement l'expression à peu près précise vers l'expression sibylline, sachant pour qui ils écrivent. Ils disent — le mot, assure-t-on, est authentique — : « Mon livre est fait: je n'ai plus qu'à l'enténébrer un peu ». Nietzsche disait: « Enfin nous devenons clairs!»; ils disent, en remaniant leur œuvre: « Enfin je deviens obscur». Ils se défendent, par l'obscurité, de l'indiscrétion de la foule; ils se défendent, par l'obscurité, d'être compris de ceux par qui ce leur serait une honte d'être entendus.

Nietzsche a très bien saisi leur procédé et leurs intentions : « On veut, non seulement être compris quand on écrit, mais encore, certainement, n'être pas compris. Ce n'est nullement une objection contre un livre, quand il y a quelqu'un qui le trouve incompréhensible; peut-être cela faisait-il partie du dessein de l'auteur de ne pas être entendu de n'importe qui. Tout esprit distingué, qui a un goût distingué, choisit ainsi ses auditeurs lorsqu'il veut se communiquer; en les choisissant, il se gare contre les autres. Toutes les règles subtiles d'un style ont là leur origine: en même temps elles éloignent, elles créent la distance, elles défendent l'entrée; en même temps elles ouvrent les oreilles de ceux qui nous sont parents par l'oreille. »

 

 

A la vérité, ce travail de Protée des auteurs difficiles, ce noli me fangere, noli me intelligere, est assez vain, puisqu'ils seront compris, adoptés, du moins «touchés » par ceux précisément, en majorité, par qui ils redoutent d'être entendus et dont ils craignent le contact, c'est-à-dire par les sots; et ce sont ceux qui comprennent peu qui courent tout droit aux choses les plus difficiles à comprendre. Mais enfin tel est leur travail: Ils se voilent, ils se masquent et ils se déguisent jusqu'au moment où ils se jugent impénétrables" (p. 95-96). 

 

GHEON Henri, Nos directions, Paris, NRF, 1911.

Contient l'article publié dans L'Ermitage en août 1901: "Notes sur une renaissance dramatique (quatrième article). Le Roi Candaule", in L'Ermitage, août 1901, p. 107-119.

Note: "Nos auteurs n'ont point lu Nietzsche; pire, ils ne l'ont pas senti; car on peut sentir Nietzsche sans l'avoir lu".

 

GIDE André, Charles-Louis Philippe, Paris, Figuière, 1911.

Texte d'une conférence donnée au Salon d'automne le 5 novembre 1910.

Sur les similitudes avec Nietzsche.

 

LABERTHONNIERE Lucien, Positivisme et catholicisme, à propos de "l'Action française", Paris, 1911.

Dans la deuxième partie, Conception positiviste et conception chrétienne du catholicisme, traite le problème de "Nietzsche et l'Action française" (p. 190-194)


Nietzsche dans la littérature


 

BENDA Julien, L'Ordination, Paris, Emile-Paul éditeurs, 1911.

Ouvrage finaliste pour le prix Goncourt 1912. 7ème édition en 1913.

Félix est identifié comme un héros nietzschéen. Voir par exemple la critique d'André du Fresnois,"Le Testament d'un Intellectuel" dans Gil Blas du 7 décembre 1912.

 

CASSAGNAC Guy de, L'agitateur, Paris, Plon, 1911.

4ème édition, 1911.

 

DAUGUET MarieL'essor victorieux, Paris, Sansot, 1911.

D'inspiration nietzschéenne.

Voir par exemple Le roncier.

 

JAUDON Pierre, Dieudonné Tête, 1911.

 

RICHEPIN Jean, L'aile: roman des temps nouveaux, Paris, Pierre Laffitte et Cie, 1911.

Personnage scandinave imbu d'Ibsen, Stirner et Nietzsche. Voir p. 11 et 13 en particulier.