Bibliographie inédite des publications sur Nietzsche 1868-1940 (Laure Verbaere et Donato Longo)

1919-1940: BIBLIOGRAPHIE ET COMMENTAIRES DE DONATO LONGO

 

(en savoir plus)

1933


Articles et comptes rendus sur Nietzsche


BOLLE Henri, "Nietzsche et l'antisémitisme", in Revue juive de Genève, 1933, p. 75-80.

 

MAULNIER Thierry, "Nietzsche, philosophe du marteau", in La Revue française, janvier 1933, p. 126-144.

 

LACOSTE Dr. E., "Mme Lou Andreas Salomé, Frédéric Nietzsche", {Revue bibliographique}, in Courrier médical, 1er janvier 1933, p. 66. [L.V.]

Compte-rendu de Lou Andreas SaloméFrédéric Nietzsche (1932).

 

CHARENSOL G., "Un amour de Nietzsche", in Le Matin, 8 janvier 1933, p. 4. (L. V.)

A propos du livre de Lou Andréas-Salomé sur Nietzsche, récemment (tardivement) traduit en français.

Avec un portrait.

 

GUEHENNO Jean, "Encore Nietzsche", {Notes de lectures}, in Europe, n°121, 15 janvier 1933, p. 119-123.

 

A. P., "Nietzsche à Weimar", in La Liberté du Sud-Ouest, 24 janvier 1933, p. 3. [LV]

Présentation de la traduction française, par Robert Pitrou, du Nietzsche d'Ernst Bertram.

Remarque: "Nietzsche a répandu dans le monde une doctrine qui a empoisonné bien des cerveaux. Mais il y a des poisons qu'il faut connaître pour les mieux combattre. Il va sans dire qu'il est prudent de ne pas les laisser traîner dans toutes les mains et qu'il faut être intellectuellement et moralement bien armé pour les manier sans danger".

Extrait.

 

BRUNET Gabriel, "Nietzsche", in Je suis partout, 28 janvier 1933, p. 4.

 

BOUCHER Maurice, "F. Nietzsche: Thus spake Zarathustra", in Revue d'Allemagne, février 1933, p. 185-186.

 

SEILLIERE Ernest, "Nietzsche, par E. Bertram", in La Nouvelle revue critique, février 1933, p. 49-58.

 

MARCEL Gabriel"Courrier d'Europe, par D. Halévy", in L'Europe nouvelle, 25 février 1933, p. 180-181.

Compte-rendu élogieux.

 

MISSAC Pierre, "Nietzsche et le racisme", in La Grande revue, t. 141, mars 1933, p. 40-56.

 

VIALLE Louis, "L'attrait de Nietzsche", in Le Livre, n°13, mars 1933, p. 1-4.

 

LOEWEL Pierre, {La vie littéraire}, in L'Ordre, 15 mars 1933, p. 2. [L.V.]

A propos de Georges WalzLa vie de Frédéric Nietzsche d’après sa correspondanceGeneviève BianquisNietzsche et Lou Andreas-SaloméNietzsche.

 

GOUHIER Henri, "Vie de Nietzsche, par G. Walz", in Revue d'histoire de la philosophie, 15 mars 1933, p. 189-192.

 

GOUHIER Henri, "Nietzsche, par E. Bertram", in Revue d'histoire de la philosophie, 15 mars 1933, p. 189-192.

 

GOUHIER Henri, "Nietzsche, par Lou Andréas-Salomé", in Revue d'histoire de la philosophie, 15 mars 1933, p. 189-192.

 

VAULX B. de, "Nietzsche et le génie méditerranéen", in L'Action française, 16 mars 1933, p. 3.

 

LAFON Roger, "Nietzsche", in Nouvelle revue critique, n°53, avril 1933, p. 163-168.

 

MAULNIER Thierry, "Nietzsche ou la mort rajeunie", in Revue du XXe siècle, n°1, avril 1933, p. 51-55.

 

MAURICE Martin, "Vie de Nietzsche, par G. Walz", in La Lumière, 1er avril 1933, p. 14.

 

PITROU Robert{Revue des livres}, in La Liberté du Sud-Ouest, 25 avril 1933, p. 3 [LV]

Comptes rendus élogieux de Nietzsche, Lettres choisies (Stock), de Geneviève BianquisNietzsche (Rieder) et de Stefan ZweigNietzsche (Stock).

 

BOUCHER Maurice, "Nietzsche, Geneviève Bianquis", in Revue d'Allemagne, mai 1933, p. 474.

 

CALLOT E., "Quelques ouvrages récents sur Nietzsche", in Les Cahiers de l'humanisme, n°26, mai 1933, p. 34-40.

 

J.K., "Nietzsche, par Lou Andréas-Salomé", in Revue d'Allemagne, mai 1933, p. 474-475.

 

SPENLE Jean-Edouard, "Goethe, Nietzsche et l'Allemagne d'aujourd'hui", in Revue de l'enseignement des langues vivantes, mai 1933, p. 193-203.

 

BERTAUX Félix, "Charles Andler", in Nouvelle Revue Française, 1er mai 1933, p. 840-842.

 

Anonyme, "Eze et Nietzsche", in Petit Niçois, 4 mai 1933.

 

GENIAUX C.C., "Nietzsche et deux femmes", in Petit Niçois, 4 mai 1933.

 

MAULNIER Thierry, "Défaites de Nietzsche", in Revue hebdomadaire, n°18, 6 mai 1933, p. 21-35.

 

GENIAUX C.C. , "Nietzsche... et deux femmes!" dans Lyon Républicain, 9 mai 1933, p. 1. [LV]

 

SPONT Henry, "Nietzsche et le judaïsme", in La Volonté, 10 mai 1933, p. 2. [LV]

Soutient que les nazis sont mal fondés à invoquer Nietzsche pour justifier le déchaînement de leur antisémitisme.

 

GOUHIER Henri, "Les livres de la philosophie", in Les Nouvelles littéraires, 27 mai 1933, p. 7.

 

FABREGUES Jean de, "Le témoignage de Nietzsche", in Revue du XXe siècle, n°3, juin 1933, p. 63-68.

 

MAXENCE Jean-Pierre, "Mépris des faiblesses consenties", in La Revue française, juin 1933, p. 865-868.

 

SPENLE Jean-Edouard, "Goethe, Nietzsche et l'Allemagne d'aujourd'hui", in Revue de l'enseignement des langues vivantes, juin 1933, p. 241-249.

 

PARAF Pierre, "Nietzsche et l'Europe de 1933", in La République, 3 juin 1933, p. 2. (L.V.)

 

BRASILLACH Robert, "Le Nietzsche de Th. Maulnier", in L'Action française, 8 juin 1933, p. 3-4.

 

DAUDET Léon, "Nietzsche, par Th. Maulnier", in Candide, 8 juin 1933, p. 4.

 

DRIEU LA ROCHELLE Pierre"Nietzsche contre Marx", in Les Nouvelles littéraires, 10 juin 1933, p. 1.

 

DAUDET Léon, "De Nietzsche à Hitler", in l'Action française, 23 juin 1933, p. 1. [L.V.]

 

DRIEU LA ROCHELLE Pierre, "Nietzsche contre Marx", in Les Nouvelles littéraires, 24 juin 1933, p. 4.

 

BOMPARD Jacques, "Le cinquantenaire de Zarathoustra", in La Grande revue, t. 142, juillet 1933, p. 50-69.

 

FERRIERE Ad., "Vie de Nietzsche, par G. Walz", in Pour l'ère nouvelle, n°89, juillet 1933, p. 177.

 

FERRIERE Ad., "Nietzsche, par E. Bertram", in Pour l'ère nouvelle, n°89, juillet 1933, p. 177.

 

HEUSCHELE Otto, "Lettre de la solitude, lettre 3 (Parsifal Simplicissimus-Faust-Zarathoustra)", in La Revue française, juillet 1933, p. 1169-1176.

Traduction de Gaby Vinant et S. Jentzer.

 

MAULNIER Thierry, "André Malraux et l'héroïsme", in La Revue française, juillet 1933, p. 998-1007.

 

P.I., "Nietzsche et Gide, essai par Henri Drain", {Les livres}, in Revue d'Allemagne, t. 7, juillet 1933, p. 664.

 

PUECH J. -L., "Nietzsche, par G. Bianquis", in La Paix par le Droit, juillet 1933, p. 283-284.

Compte-rendu de Geneviève BianquisNietzsche (1933).

 

ROUSSEAUX André, "Attraits et dangers du nietzschéisme", in Le Figaro, 1er juillet 1933, p. 3-4. [L.V.]

 

SPENLE Jean-Edouard, "Nietzsche, par L. Andréas Salomé", in Mercure de France, t. 245, 1er juillet 1933, p. 221-224.

 

DAUDET Léon"Autour d'un lapsus", in L'Action française, 5 juillet 1933, p. 1. [L.V.]

Suite à son article du 23 juin 1933 "De Nietzsche à Hitler", a reçu une lettre ironique d'Anton Kuh publiée dans Lu avec le titre "Hitler n'est qu'un faux apôtre".

Reproduit la lettre et commente: ni coquille ni lapsus. Maintient sa position sur Nietzsche et Hitler et décrit sa position sur Hitler. 

 

Anonyme, "La défense laïque: Nietzsche", in La lumière, 8 juillet 1933, p. 12.

 

DUMONT-WILDEN Louis, "Nietzsche à la brasserie. Hitler se prend pour Zarathoustra", in L'Ordre, 13 juillet 1933, p. 1 et 3. [L.V.]

Se souvient: "Nietzsche ! ce fut un des enchanteurs de ma jeunesse. Avec Renan et Barrés, il a dominé toute la vie spirituelle de mes vingt ans.

Bizarre assemblage, dira-t-on. Pas tant que cela. Nous étions d’une génération, n’est-ce pas ? mon cher Emile Buré, qui mettait au-dessus de tout la liberté de l’esprit. Notre idéal, c’était une sorte d’anarchie intellectuelle à laquelle nous aurions volontiers sacrifié l’ordre social. Renan, dernier aboutissement de l’esprit critique, était le maître des maîtres, Barrès continuait Renan pour finir par le nier; Barrès fut le premier des repentis, le premier qui comprit et qui nous enseigna que cette chère liberté d'esprit n'est possible que dans l'ordre, dans l'ordre infiniment souple de la tradition française.

Mais Nietzsche, dans ce dilettantisme un peu décevant, apportait l'éclat de ses rudes affirmations. Philosophe incohérent, dédaigneux de la métaphysique où il se sentait inférieur, mais magnifique poète, il agissait sur les intelligence des années 1900 à la manière d’un tonique; ce fut un merveilleux animateur. Transmutation de toutes les valeurs, morale des maîtres  devenus durs», «sachons dépasser la pitié», «considérons le monde par delà le bien et le mal» et dans le sillage de Zarathoustra «préparons le surhumain»: nous sommes-nous assez grisés de ces phrases et de toutes les perles que l’on pouvait recueillir dans le fatras de ces quelque dix volumes d’aphorismes adamantins ? Seulement, en bons Français à qui des siècles de civilisation ont donné le sens, du relatif, nous savions bien au fond de nous-mêmes que cet idéal devait toujours être maintenu dans la « catégorie de l’idéal ». Nous sommes immunisés contre ce qu’il peut y avoir de poison dans le jeux des idées. « Devenons durs, répudions la pitié comme un sentiment indigne d’un homme libre » ! Propos de table que tout cela ! Quand il s’agira d’agir, nous ne pourrons nous empêcher de nous souvenir que nous sommes encore loin du « surhomme », mais que nous sommes des hommes, et le moins croyant d’entre nous obéira aux prescriptions inconscientes d’un atavisme chrétien. Les Allemands, eux, sont des gens qui prennent tout au sérieux et sur lesquels certaines idées, quand elles cessent d’être la propriété de certaines élites, agissent comme des poisons. [...]" (p. 1)

Nietzsche aurait désavoué ses disciples nazis.

Au sujet de la querelle entre Léon Daudet (Nietzsche précurseur du nazisme) et Anton Kuh, donne raison à Anton Kuh: "Oui, Nietzsche est innocent de cette plate imitation. Mais on ne s’en sert pas moins de son nom sonore.

Quelle ironie ! ce bréviaire d’individualisme aristocratique qu’est l’œuvre du poète de Sils Maria servant de ferment d'«idéologie» à la plus basse et à la plus brutale des démagogies". (p. 3.)

 

MAULNIER Thierry, "Le déclin du marxisme", in L'Action française, 13 juillet 1933, p. 3.

 

DANDIEU Arnaud, "Le sang de Nietzsche", in Revue mondiale, 15 juillet 1933, p. 30-32.

 

PITROU Robert, "Hitlérisme et nietzschéisme", in La Liberté du Sud-Ouest, 29 juillet 1933, p. 1. [L.V.]

 

SEILLIERE Ernest, "La philosophie du freudisme", in La Nouvelle revue critique, n°57, août 1933, p. 337-352.

 

FÖRSTER-NIETZSCHE Elisabeth, "Télégramme à Mussolini", in Le Temps, 3 août 1933, p. 6.

 

Anonyme, "Nietzsche, par E. Bertram", in Revue de métaphysique et de morale, juillet-septembre 1933, p. 5-6.

 

MARCEL Gabriel"Nietzsche, par T. Maulnier", in L'Europe nouvelle, 9 septembre 1933, p. 860-861.

Souligne l'importance de la pénétration nietzschéenne en France en 1932-1933.

Eloges du livre de Thierry Maulnier.

Conclut que l'auteur est sous bien des rapports sous l'influence de Charles Maurras mais que tout permet d'espérer qu'il s'émancipera de cette tutelle.

 

SAINT-JEAN Robert de, "Nietzsche, par T. Maulnier", in Revue hebdomadaire, n°36, 9 septembre 1933, p. 235-240.

 

MAULNIER Thierry,"Le recours à l'instinct", in L'Action française, 21 septembre 1933, p. 3.

 

PITROU Robert{Revue des livres}, in La Liberté du Sud-Ouest, 25 septembre 1933, p. 3 [LV]

Compte-rendu élogieux de Thierry MaulnierNietzsche.

Note: "Exposé tout à fait clair et juste de la doctrine, si mal connue, de cet extraordinaire « prince des libérations »... qui n’a pas libéré grand chose. M. Maulnier, dont on goûte par ailleurs de vigoureux articles dans « Le Rempart », est le premier à en convenir. Comme, au bord opposé, Charles And1er, il reconnaît que ce « tombeur » du christianisme n’a rien su mettre à sa place, et qu’au contraire, ses attaques, dictées par une nostalgie secrète de Dieu, renforcent encore la position des Eglises, de l’Eglise romaine surtout.

On ne saurait trop recommander à des catholiques, si paradoxal que cela semble, la lecture d’un tel livre: leur foi en sortira renforcée, quand ils verront à quelles tortures d’esprit et d’âme s’est soumis ce «surhomme» pour tenter d’abdiquer la sienne."

 

BILLY André, "Les livres de la semaine. En relisant « L'Immoraliste »", in L'Œuvre, 3 octobre 1933, p. 5. [L.V.]

A propos de la publication du tome quatrième des Œuvres complètes d'André Gide, relève que d'après la notice de Louis Martin-Chauffier, André Gide aurait expurgé son manuscrit de L'Immoraliste en découvrant Nietzsche. Discute le fait qu'il ne le connaissait pas avant. Doute.

 

KERR Alfred"Le Nazisme philosophique", in La Dépêche (Toulouse), 11 octobre 1933, p. 1.

"(...) Nietzsche, près du buste duquel Hitler Adolf se fit photographier (sans que l'appareil crevât), ne parle jamais des Allemands qu'avec le plus profond mépris. Nietzsche, l'idole des nazis, est, comme on le sait, l'insulteur le plus tenace du caractère allemand. Ici encore, le philosophe aime moins l'Allemagne que l'Allemagne ne prétend aimer la philosophie. (...)"

 

BIANQUIS Geneviève, "André Gide devant Nietzsche", in L'Œuvre, 24 octobre 1933, p. 5. [L.V.]

En réaction à un article d'André Billy sur L'Immoraliste d'André Gide, publication d'une lettre envoyée au journal par Geneviève Bianquis: "Je sais très bien qu'André Gide ne veut plus avouer qu'il doive quoi que ce soit à Nietzsche. Mais il ne lui est pas permis d'affirmer qu'il ne l'avait pas lu en 1900. L'Ermitage, en 1898, contient une Lettre el Angèle, sur Nietzsche, recueillie plus tard dans Prétextes. Cette preuve suffirait, quand bien même Gide n'aurait lu ni les articles sur Nietzsche qui abondent dans L'Ermitage, Le Banquet, Le Mercure de France, La Revue Blanche, La Revue Bleue, La Revue des Deux Mondes et La Revue de Paris entre 1893 et 1900, ni les traductions par fragments, dans ces mêmes revues, ou en volumes à partir de 1892, voire 1877."

 

ROUSSEAUX André, "Un quart d'heure avec Thierry Maulnier", in Candide, 26 octobre 1933, p. 3.

 

BIANQUIS Geneviève, "Vie de Nietzsche, par G. Walz", in Le Livre, n°15, novembre 1933, p. 33-34.

 

BIANQUIS Geneviève, "Nietzsche, par E. Bertram", in Le Livre, n°15, novembre 1933, p. 33-34.

 

FERRIERE Ad., "Détresse de Nietzsche, par L. Vialle", in Pour l'ère nouvelle, n°92, novembre 1933, p. 273.

 

FERNANDEZ Ramon, "A propos de Nietzsche", in Nouvelle Revue française, 1er novembre 1933, p. 732-737.

Note: "J'ose donc affirmer, au risque de me faire lapider, qu'il est impossible de tirer de l'oeuvre de Nietzsche une éthique cohérente et féconde ; bien plus, que le nietzschéen d'aujourd'hui se lie sans le savoir aux pièges les plus rouillés d'une certaine philosophie du 19e siècle... L'incomparable don de Nietzsche à ses lecteurs, c'est le choc de sa personnalité, sa flamme, cette ruée vers l'impossible qui nous tient haletants et nous interdit le repos. Nietzsche nous enseigne à n'être jamais satisfaits, ce qui est le plus haut enseignement qu'un homme moderne puisse recevoir. Mais par un accident singulier, les paroles de Nietzsche démentent, trahissent, ruinent l'accent dont il les prononce. On dirait d'un musicien sublime qui ne s'exprimerait réellement que par le mouvement et le son, et dont il faudrait oublier les chants..." (extrait cité d'après Le Populaire, 9 novembre 1933) 

 

VIALLE Louis, "Carmen et Nietzsche", in Le Livre, novembre 1933, p. 17-18.

 

POURTALES Guy de, "La canne de Nietzsche", in Le Journal, 15 novembre 1933, p. 1. [L.V.]

A propos de la visite de Hitler à Elisabeth Förster-Nietzsche et du don discutable de la canne de Nietzsche. Estime que c'est Mussolini qui la mériterait: "(...) Personne ne saurait affirmer encore que le cadeau de Mme Fœrster au chancelier Hitler est ou n'est pas entre des mains dignes de le recevoir. Le mépris des nazis pour les intellectuels paraît trop profond pour que le doute ne soit pas légitime. Gardons-nous cependant de juger ces joueurs audacieux sur un seul coup de dés. Et regardons, en attendant qu'ils étudient mieux leurs chances, vers le grand Latin qui reconstruit depuis dix ans la gloire de Rome. On dit qu'il a quotidiennement avec Nietzsche un dialogue familier. Si une fraternité spirituelle est possible entre philosophe et chef d'Etat, c'est dans le poing ferme et sensible de Mussolini que devrait se trouver le bâton de Zarathoustra."

 

BAYET Albert, "Nietzsche, par Félicien Challaye", in La Lumière, 18 novembre 1933, p. 14.

 

FERDY Camille, "Flétrissure", in Le Petit provençal, 20 novembre 1933, p. 1. [L.V.]

A propos de la visite de Hitler à Elisabeth Förster-Nietzsche et du don de la canne de Nietzsche: "(...) M. Hitler, tenant en main la canne de Nietzsche, traversa la foule, au milieu des acclamations.

La foule, empressée à acclamer son maître, pouvait ignorer que ce Nietzsche, dont se réclame M. Hitler, avait réprouvé les ignobles fureurs de l'antisémitisme, mais le chancelier devrait le savoir, ou on devrait le lui apprendre.

Il est vrai que le docteur Foerster était un agitateur antisémite mais il est vrai aussi que sa basse passion inspirait à son beau-frère la plus profonde des répugnances...

On en pourrait trouver les preuves dans bien des lettres de Nietzsche à sa sœur et aussi dans la plupart des œuvres de l'illustre philosophe allemand. (...)"

 

Anonyme, "Nietzsche, par G. Bianquis", in Revue de métaphysique et de morale, octobre-décembre 1933, p. 5.

 

GAULTIER Jules de, "Métamorphose de la conscience morale chez Nietzsche", in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 116, juillet-décembre 1933, p. 5-27.

 

MARIOTTE André, "Nietzsche, par G. Bianquis", in Archives de philosophie, vol. 10, 1933, supplément bibliographique, p. 89.

 

MASSON-OURSEL Paul, "Henri Drain. - Nietzsche et Gide", {Analyses et comptes rendus}, in Revue philosophique de la France et de l'étranger, t. 58, juillet-décembre 1933, p. 304.

 

PIQUET F., "Geneviève Bianquis: Nietzsche", in Revue Germanique, 1933, p. 289-290.

 

Anonyme, "Friedrich Nietzsche contre les Antisémites", in La Lumière, 2 décembre 1933, p. 9.

Reproduit deux lettres de Nietzsche à Fritsch du 23 et 29 mars 1887.

nietzsche contre les Antisémites

Articles qui évoquent Nietzsche


HUCH Ricarda, "Apollon et Dionysos", in Revue d'Allemagne, n°63, janvier 1933, p; 52-68.

Cette étude est reprise dans Les romantiques allemand publié en 1933.

 

LALOU René, "Hypothèses sur Gide", in Revue des vivants, mai 1933, p. 748-755.

 

GAUDEFROY-DEMOMBYNES Jean"Thomas Mann"in L'Esprit français, 10 avril 1933, p. 405-410. [L.V.]

Contient: "Thomas Mann et Nietzsche" (p. 407-409). D'autres évocations de Nietzsche dans la suite, publiée dans le numéro de mai 1933.

 

TONNELAT Ernest, "Charles Andler (1866-1933)", in Revue universitaire, juin 1933, p. 1-9. [L.V.]

Nécrologie. Evoque les travaux de Charles Andler sur Nietzsche. Précise notamment:

"Bien que, depuis trente ou quarante ans, il ait été publié de très nombreux essais sur l’auteur de Zarathustra, il n’est aucune étude qui, de l’aveu des Allemands eux-mêmes, puisse être égalée au Nietzsche d’Andler. C’est un travail auquel il a consacré une trentaine d’années. Dès 1900 ou 1901, en effet, il avait commencé à assembler des notes et à faire des cours sur les œuvres alors publiées du philosophe allemand. Vers 1912 il avait déjà rédigé deux gros volumes et il pensait aboutir dans un délai assez court. Mais, outre que la guerre vint retarder son travail, il se trouva que beaucoup de documents inédits et nombre de lettres de Nietzsche ou de ses amis furent mises progressivement au jour. Andler remit son étude sur le métier, afin de tenir compte de ces apports nouveaux. Il lui fallut d’ailleurs exercer une critique très attentive sur les inédits publiés par le Nietzsche-Archiv de Weimar; car les administrateurs de l’héritage littéraire de Nietzsche avaient classé suivant leur jugement personnel les aphorismes ou fragments isolés laissés par le philosophe, et ce classement n’allait pas sans soulever diverses objections". (p. 6-7)

Aussi: "On avait cru jusque-là pouvoir reconnaître trois systèmes consécutifs. Andler a prouvé de façon indiscutable

qu’il en faut distinguer soit deux, soit quatre: ce qui veut dire qu’il y a dans la vie intellectuelle de Nietzsche deux

périodes très nettes, dont chacune comporte deux phases". (p. 7-8)

 

BRASILLACH Robert, "André Malraux: La Condition humaine", {Causerie littéraire}, in L'Action française, 10 août 1933, p. 3.

 

Anonyme, "Dans l'empire des ratés. Ainsi parla Zarathoustra", in L'Echo de Paris, 11 septembre 1933, p. 8. [L.V.]

A propos de l'analyse d'Heinrich Mann. Cite: « L'Allemagne est allée chercher dans ses bas-fonds ses fauves et ses fous. Regardez les bien en face et osez dire qu'ils sont l'Allemagne ! » Et proteste: "Bien rugi. Mais Heinrich Mann a tort sur un point. Il en a toujours été ainsi en Allemagne, sauf pendant la très courte période qui a suivi la débâcle. Il n'est pas un seul grand homme qui n'ait jugé ses compatriotes avec la même sévérité. Ouvrez Gœthe! Ouvrez Nietzsche! Ouvrez Schopenhauer! Relisez les vies de Beethoven, de Wagner, de Henri Heine! Vous y retrouverez les mêmes malédictions et les mêmes rugissements contre l'ineffable bêtise du peuple allemand. Pourquoi pester, s'indigner, vociférer contre les fauves et les fous? C'est l'histoire traditionnelle de l'Allemagne qui continue, et c'est nous, Français, qui paierons de notre sang le redoutable privilège d'avoir comme voisin un peuple qui n'aime que les loups dévorants et qui est complètement dépourvu d'esprit politique, de sagesse, de pondération et d'humanité."

"Ainsi parla Zarathoustra": poursuit avec des citations de Nietzsche qui prouvent qu'Heinrich Mann a tort.

 

CHESTOV Léon, "La seconde dimension de la pensée", in Cahiers du Sud, octobre 1933, p. 561-583.

Traduction de Boris de Schloezer.

 

Anonyme, "L'Hitlérisme et les écrivains allemands non assimilés", in L'Esprit français, 10 octobre 1933, p. 12-16. [L.V.]

Une note signale: "L'auteur de cet article est un de nos collaborateurs qui revient d'Allemagne où il a pu circuler librement et s'informer aux sources. Il garde l'anonymat, dans l'intérêt même de certains intellectuels non assimilés victimes de l'hitlérisme." (p. 12)

Présente: "J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec ces intellectuels et, leur ayant demandé des détails sur l'existence qu'ils mènent depuis que Goebbels et consorts décidèrent de les exclure de la communauté allemande, voici à peu près ce qu'ils m'ont répondu." (p. 12-13):

"(...) En vérité, jamais la vraie Allemagne, l'âme allemande, n'ont été aussi honteusement trahies qu'elles le sont  actuellement. Celui qui éprouve un amour sincère pour l'Allemagne ne peut que haïr aujourd'hui ceux qui s'emploient à tout falsifier. On trouve actuellement dans tous les journaux allemands des citations de Nietzsche et celui qui connaît le grand philosophe en est tout surpris. Il n'existe pas, en effet, en ce qui concerne le principe d'autorité, de contradiction plus grande que celle se révélant entre la conception spirituellement aristocratique de Nietzsche et celle prônée par les nazis. Ce ne sont que des citations arbitrairement choisies pour les besoins de la cause hitlérienne. Le mépris de Nietzsche pour les antisémites et d'autres pensées par trop allemandes sont, par contre, minutieusement évités. Le profane ne remarque rien. Cette tactique se retrouve partout et l'on cherche à en imposer les directives aux intellectuels restés en Allemagne. Les nazis ont ainsi réussi à rendre impossible non seulement la littérature politique, mais aussi celle des domaines qui en sont les plus éloignés. En Allemagne raciste, il est actuellement interdit de s'occuper d'individualisme, de personnalités étrangères au culte du nationalisme, de philosémitisme et de critique de l'antisémitisme en général, de tolérance libérale, d'expressionnisme, de psychanalyse, de problèmes sexuels, de monisme, etc. Quiconque aborde aujourd'hui ces questions, si ce n'est pour les traiter dans un esprit péjoratif, est considéré comme suspect et risque à chaque instant d'être envoyé dans les geôles hitlériennes" (p. 13-14). 

 

BIRKENFELD B., "Le national-socialisme: les idées et les hommes", in Revue d'Allemagne, novembre 1933, p. 961-991.

Traduction de L. Sauzin.

 

CHONEZ Claudine, "D'un certain héroïsme", in Cahiers du Sud, décembre 1933, p. 781-786.