Bibliographie inédite des publications sur Nietzsche 1868-1940 (Laure Verbaere et Donato Longo)
1919-1940: BIBLIOGRAPHIE ET COMMENTAIRES DE DONATO LONGO
ANDLER Charles, Nietzsche, sa vie et sa pensée, tome 6, La dernière philosophie de Nietzsche,
Paris, Bossard, 1931.
BLOCH Jean-Richard, Destin du siècle, Paris, Rieder, 1931.
Contient "Napoléon et Nietzsche", p. 246-264.
PODACH Erich, L'effondrement de Nietzsche, Paris, Gallimard, 1931.
Traduction de Nietzsches Zusammenbruch: Beiträge zu einer Biographie auf Grund unveröffentlicher Dokumente (1930) par A. Vaillant et J. Kuckenburg, revue pour les termes médicaux par le Dr. Ch. Claoué de Bordeaux.
Edition de poche en 1978 (en ligne).
DANDIEU Arnaud, "Préface" de Léon Pierre-Quint, Anthologie des philosophes français contemporains, Paris, Sagittaire, 1931.
MORAND Paul, 1900, Paris, Editions de France, 1931. [L.V.]
Des passages sont publiés dans les Annales politiques et littéraires en 1931.
Réédition en 1933. Nouvelle édition revue, augmentée et précédée d'une nouvelle préface en 1942.
A propos de Nietzsche: "En août 1900, Nietzsche meurt à Weimar, après douze ans de délire des grandeurs, au moment même où Andler et Lichtenberger le font connaître en France, où Marcel Arnaud, au Mercure, publie la traduction de la Généalogie de la morale, versant dans le commerce des explosifs puissants que, sept ou huit ans plus tard, nous manierons avec volupté. Nietzsche n'appartient à aucun parti politique: Maurras, les réactionnaires (nous dirions aujourd'hui les racistes), les socialistes, les anarchistes, se le disputent". (p. 169, d'après le compte-rendu rectificatif de Pierre Tuc publié dans L'Action française d'après lequel je cite [L.V.])
Voir aussi la protestation d'Eugène Marsan dans Comoedia, 30 mai 1931.
DANDIEU Arnaud et ARON Robert, Décadence de la nation française, Paris, Rieder, 1931.
GUEHENNO Jean, Conversion à l'humain, Paris, Grasset, 1931.
MANN Thomas, La montagne magique, Paris, Fayard, 1931.
Roman. Traduction de Maurice Betz.
SALOMON Ernst von, Les réprouvés, Paris, Plon, 1931.
Roman. Collection Feux croisés. Traduction d'André Vaillant et Jean Kuckenburg.
CURTIUS Ernst Robert, "L'esthétique de Nietzsche", in Formes, n°11, janvier 1931, p. 5-7.
Traduction de E.C Ciprut. Un extrait de cet article paraît dans Plans, avril 1931, p. 90.
JANKELEVITCH S., "L'Unique et le surhomme", in Revue d'Allemagne, janvier 1931, p. 27-40.
Suite au mois de mars.
Anonyme, "Nietzsche musicien", in Je suis partout, 17 janvier 1931, p. 3.
Anonyme, "Les textes désagréables", in Je suis partout, 17 janvier 1931, p. 3.
THERIVE André, "Nietzsche et la Pologne", Quinzaine critique, n°28, 25 février 1931, p. 220.
Résumé de l'article de B. Izarlill, "Nietzsche et la Pologne", in Pologne littéraire (Varsovie), 15 janvier 1931.
JANKELEVITCH S., "L'Unique et le surhomme", in Revue d'Allemagne, mars 1931, p. 216-243.
EMERY Léon, "Nietzsche", in L'Ecole libératrice, 28 mars 1931, p. 621.
TUC Pierre, "A propos de Nietzsche", in L'Action française, 4 avril 1931, p. 3. [L.V.]
A propos d'un extrait du livre de Paul Morand, 1900.
Cite quelques lignes: "En août 1900, Nietzsche meurt à Weimar, après douze ans de délire des grandeurs, au moment même où Andler et Lichtenberger le font connaître en France, où Marcel Arnaud, au Mercure, publie la traduction de la Généalogie de la morale, versant dans le commerce des explosifs puissants que, sept ou huit ans plus tard, nous manierons avec volupté. Nietzsche n'appartient à aucun parti politique: Maurras, les réactionnaires (nous dirions aujourd'hui les racistes), les socialistes, les anarchistes, se le disputent".
Puis conteste: "M. Paul Morand commet là une confusion involontaire. Que quelques « réactionnaires » aient pu témoigner d'une excessive admiration pour Nietzsche, c'est certain: mais Maurras, qu'on ne saurait qualifier de « raciste » sans commettre une autre erreur, n'a pas manqué une occasion de combattre les idées de Nietzsche et de mettre ses amis en garde contre les séductions du nietzschéisme. Cela date de 1892, cela continuait en 1900 et cela n'a jamais cessé."
Dans Comoedia, Eugène Marsan proteste dans le même sens.
BILLY André, "Les livres de la semaine", in L'Œuvre, 7 avril 1931, p. 5. [L.V.]
Note: "Nietzsche, qui subit chez nous une éclipse passagère et plus apparente que réelle, a fait en Allemagne, à l'occasion de sa « chute » dans le domaine public, l'objet de discussions passionnées. La dernière partie de son œuvre, L'Antéchrist, Ecce homo, etc., a-t-elle été conçue sous l'influence de la maladie? Quelle a été la part de la folie dans le nietzschéisme de la fin? Toute une école s'est attachée à grossir, à exagérer cette part de manière à annuler les jugements portés par le poète-philosophe sur la politique allemande. Une autre école se rallie à la thèse de Charles Andler pour soutenir que rien ne justifie cette interprétation manifestement tendancieuse, combattue en outre par des documents inédits que produit le docteur E. -F. Forbach [sic: lire Podach] dans L'effondrement de Nietzsche. On vient de traduire ce livre où, selon la formule de l'auteur, nous est présentée une image nouvelle de la vie et de l'activité de Nietzsche."
DAUDET Léon, "L'effondrement de Nietzsche", in Candide, 16 avril 1931, p. 4.
GAULTIER Jules de, "Nietzsche et le retour éternel", in Mercure de France, tome 227, 1er mai 1931, p. 513-549.
Un extrait est publié dans Les Nouvelles littéraires, 23 mai 1931, p. 9.
HENRIOT Emile, "Correspondance de Nietzsche", in Le Temps, 5 mai 1931, p. 3.
LOEWEL Pierre, {La vie littéraire}, in L'Ordre, 13 mai 1931, p. 2. [L.V.]
A propos de Nietzsche, Lettres choisies (Stock) et d'Erich Podach, L'effondrement de Nietzsche (NRF).
BAUËR Gérard, "L'artiste et sa guenille", in L'Echo de Paris, 21 mai 1931, p. 1. [L.V.]
SEVERAC J.-B., "Nietzsche, par Stefan Zweig et Lettres, par F. Nietzsche et L'effondrement de Nietzsche, par E. Podach", in Le Populaire, 21 mai 1931, p. 4.
TRUC Gonzague, "La fin de Nietzsche", in L'Action française, 21 mai 1931, p. 3.
ZWEIG Stefan, "Portrait de Nietzsche", in Le Populaire, 21 mai 1931, p. 4.
Traduction d'Alzir Hella et Olivier Bournac.
Anonyme, "Nietzsche der Gestezgeber, par F. Mess", in Revue de métaphysique et de morale, avril-juin 1931, p. 13-14.
PARIJANINE Maurice, "Lettres, par F. Nietzsche", in Les Humbles, juin 1931, p. 22-23.
PARIJANINE Maurice, "Nietzsche, par S. Zweig", in Les Humbles, juin 1931, p. 22-23.
KEMP Robert, "Le retour de Nietzsche", in Les Nouvelles littéraires, 13 juin 1931, p. 3.
GUEHENNO Jean, "A propos de Nietzsche", {Notes de lectures}, in Europe, n°102, 15 juin 1931, p. 271-275.
CLOSSET F., "Nietzsche der Philosoph und Politiker, par A. Baeumler", in Nouvelle Revue critique, n°32, juillet 1931, p. 334-335.
WAHL Jean, "Dernière philosophie de Nietzsche, par Ch. Andler", in Nouvelle Revue française, 1er juillet 1931, p. 153-156.
LENOIR Raymond, "La dernière philosophie de Nietzsche, par C. Andler", {Histoire de la philosophie}, in Revue philosophique de la France et de l'étranger, t. 112, juillet-décembre 1931, p. 152-154.
LONGNY Henri, "Sur Nietzsche", in Latinité, août 1931, p. 447-451.
SAUGER André, "Du côté de chez Nietzsche", in La République, 5 août 1931, p. 2. [LV]
Cite longuement et commente un article suédois sur la vie amoureuse de Nietzsche.
V. G., "Le « chloralisme » de Nietzsche", in Le Progrès médical, n°33, 15 août 1931, p. 1449-1453. [L.V.]
A propos de la publication de la traduction française d'Erich Podach: L'effondrement de Nietzsche. Conteste la thèse du "chloralisme" de Nietzsche défendue par Elisabeth Förster-Nietzsche.
GENIAUX C.C., "Nietzsche et les femmes", in La Femme de France, 16 août 1931, p. 19. (L.V.)
MAULNIER Thierry, "N'être pas tranquille...", in L'Action française, 20 août 1931, p. 3.
BIANQUIS Geneviève,
"Nietzsche et sa dernière philosophie d'après M. Charles Andler", in
Revue d'Allemagne, septembre 1931, p. 838-844.
CRASTRE Victor, "Autour de Nietzsche", in Cahiers du Sud, août-septembre 1931, p. 449-452.
A propos de la publication de Stefan Zweig, Nietzsche, et des Lettres de Nietzsche publiées aux éditions Stock.
DERIEUX H., "Nietzsche en Italie, par Guy de Pourtalès", in Nouvelle Revue française, 1er septembre 1931, p. 475-478.
MASSON-OURSEL Paul, "Geneviève Bianquis: Nietzsche en France", {Philosophie}, in Mercure de France, t. 230, 15 septembre 1931, p. 678.
HALEVY Daniel, "Ce que penserait Zarathoustra de l'U.R.S.S.", in La Petite Gironde, 19 septembre 1931, p. 1.
Repris sous le titre "Nietzsche et les Soviets" in Courrier d'Europe, Paris, Grasset, 1933.
LALOU René, "Ecce homo et Lettres, par F. Nietzsche", in Quinzaine critique, n°36, 10-25 septembre 1931, p. 76.
JALOUX Edmond, "Nietzsche, par S. Zweig", in Les Nouvelles littéraires, 26 septembre 1931, p. 3.
Anonyme, "L'effondrement de Nietzsche, par E. Podach", {Lettres étrangères}, in Les Primaires, octobre 1931, p. 704-705.
BRION Marcel, "Lettres étrangères: Nietzsche", in Cahiers du Sud, octobre 1931, p. 556-560.
PLEKHANOV G.V., "L'art et la vie sociale", in La littérature de la révolution mondiale, n°4, octobre 1931, p. 78-97.
POURRAT Henri, "Ecce homo, par F. Nietzsche", in Nouvelle Revue française, 1er octobre 1931, p. 670.
PUECH J. -L., "Dernière philosophie de Nietzsche, par Charles Andler",
in La Paix par le Droit, octobre 1931, p. 486-487.
Compte-rendu de Charles Andler, Nietzsche, sa vie et sa pensée, tome 6.
MANOIR H. de, "F. Nietzsche - Lettres choisies", in Etudes, 20 octobre 1931, p. 238-239.
MANOIR H. de, "Charles Andler - Nietzsche, sa vie et sa pensée", in Etudes, 20 octobre 1931, p; 239-240.
MANOIR H. de, "Stefan Zweig - Nietzsche", in Etudes, 20 octobre 1931, p. 240-241.
Anonyme, "Lettres, par F. Nietzsche", in Revue de l'enseignement des langues vivantes, 48e année, 1931, p. 465.
LAISE A. de, "Nietzsche, épistolier et surhomme de lettres", in Nouvelle revue critique, n°36, novembre 1931, p. 512-521.
GUINAUDEAU Benjamin, "Mais la recette du « Surhomme »?...", in L'Avenir, 1er novembre 1931, p. 1. [L.V.]
SPENLE Jean-Edouard, "Charles Andler: La dernière philosophie de Nietzsche", {Lettres allemandes}, in Mercure de France, t. 231, 1er novembre 1931, p. 727-731.
SPENLE Jean-Edouard, "H. W. Brann: Nietzsche und die Frauen", {Lettres allemandes}, in Mercure de France, t. 231, 1er novembre 1931, p. 731-733.
COCHET Marie-Anne, "Nietzsche d'après son plus récent interprète", in Revue de métaphysique et de morale, année 38, n°4, octobre-décembre 1931, p. 613-641.
DREYER E.A., {Chroniques], in Revue d'Allemagne, décembre 1931, p. 1146-1147.
Compte-rendu de H. Landry, Friedrich Nietzsche.
KAAN Pierre, "A propos de Nietzsche, par J. de Guéhenno", in Critique sociale, décembre 1931, p. 184.
NETTER R., "La détresse du Nietzsche-Archiv", in Revue d'Allemagne, décembre 1931, p. 1135-1138.
WAHL Jean, "Nietzsche, par S. Zweig", in Nouvelle Revue française, 1er décembre 1931, p. 960-962.
WAHL Jean, "Effondrement de Nietzsche, par E. Podach", in Nouvelle Revue française, 1er décembre 1931, p. 960-962.
WAHL Jean, "Nietzsche, par H. Brann", in Nouvelle Revue française, 1er décembre 1931, p. 960-962.
WAHL Jean, "Ecce homo et Lettres, par F. Nietzsche", in Nouvelle Revue française, 1er décembre 1931, p. 960-962.
MIS Léon, {Bulletin}, in Revue Germanique, t. 22, 1931, p. 105.
A propos de l'édition des œuvres de Nietzsche en 6 volumes aux éditions Kröner.
MIS Léon, {Revues françaises}, in Revue Germanique, t. 22, 1931, p. 363.
A propos de Jules de Gaultier "Nietzsche et l'idée de retour éternel" publié dans le Mercure de France le 1er mai 1931.
MIS Léon, {Bulletin}, in Revue Germanique, t. 22, 1931, p. 466-467.
A propos des œuvres de Nietzsche, tombées dans le domaine public et de l'édition réalisée par le Dr Walthier Linden.
CHEVALIER Jacques, "La dernière philosophie de Nietzsche, par Charles Andler", in Quinzaine critique des livres et des revues, n°42, 25 décembre 1931, p. 396. [L.V.]
Compte-rendu du sixième et dernier volume de la biographie de Nietzsche par Charles Andler. Elogieux: "On a comparé cette histoire au Port-Royal de Sainte-Beuve, pour l'ampleur de l'information, la pénétration de l'analyse et la lumière
qu'elle projette sur la pensée profonde d'une époque. L'œuvre supporte la comparaison, quoiqu'il soit difficile de décider encore si la doctrine nietzschéenne aura eu la même valeur représentative, je ne dis pas la même valeur de vérité, que la doctrine de Port-Royal, el Nietzsche que Pascal. Quoi qu'il en soit, il convient de signaler comme il le mérite ce grand achèvement." Discute.
POURTALES Guy de, "D'un cahier de notes sur Nietzsche", in Le Mail, 31 décembre 1931, p. 86-94. [L.V.]
Publication de notes qui ont servi à son Nietzsche et L'Italie.
Suivie d'une lettre de Paul Valéry à Guy de Pourtalès et d'une lettre de Guy de Pourtalès à Paul Valéry.
VALERY Paul, "Lettre de M. Paul Valéry à l’auteur, qui lui avait dédié son essai sur Nietzsche en Italie", in Le Mail, 31 décembre 1931, p. 95-97. [L.V.]
Lettre de Paul Valéry à Guy de Pourtalès datée du 16 novembre 1929.
Suivie de la réponse de Guy de Pourtalès à Paul Valéry.
THARAUD Jérome et Jean, "Quelques amis alsaciens et lorrains de Barrès", in Le Figaro, 13 janvier 1931, p. 1-2. [L.V.]
A propos d'Henri Albert, souvenirs personnels et littéraires, à propos des traductions de Nietzsche...
Note: "Henri Albert a été l'homme qui a le mieux et le plus longtemps renseigné Barrès sur les courants d'opinion en Allemagne et l'intellectualité germanique. Particulièrement sur Nietzsche. Barrès admirait en Nietzsche un grand poète lyrique, mais il refusait de le prendre pour un penseur original. « Pour ma part, disait-il, j'ai trouvé ses idées dans Stendhal, dans Renan, et dans mon cœur d'enfant excédé par les grossièretés du collège et du Quartier Latin ».
Sur Maurice Barrès et Nietzsche.
BRUNET Gabriel, "Les Grecs, toujours les Grecs!", in Je suis partout, 11 avril 1931, p. 2.
LEFEVRE Frédéric, "Une heure avec Thomas Mann", in Les Nouvelles littéraires, 23 mai 1931, p. 1 et 8.
MARSAN Eugène, "« 1900 » par Paul Morand", in Comoedia, 30 mai 1931, p. 3. [L.V.]
Discute les évocations du livre de Paul Morand à la lumière de ses propres souvenirs. Conclut: "Je ne puis terminer sans signaler à Morand une erreur assez grave (page 169). Ni Maurras ni aucun critique de son groupe n'a jamais « disputé » Nietzsche à personne. Là, Nietzsche a été ou ignoré ou écarté. Seul, Pierre Lasserre s'en est un peu servi au début, comme on conseille un poison en thérapeutique, au compte-gouttes".
Voir aussi la protestation de Pierre Tuc dans L'Action française du 4 avril 1931.
MAURIAC François, "Ô femme, qui donc es-tu?", in Conferencia, n°15, 20 juillet 1931, p. 105-115. [L.V.]
Conférence à propos de l'éducation des filles, prononcée le 6 février 1931.
Commence par reconnaître: "Lorsqu'on m'a demandé d'exposer mes idées sur l'éducation des filles, je me suis aperçu qu'il ne m'était pas arrivé, dans toute ma vie, de consacrer une heure à réfléchir sur ce grave sujet". (p. 105)
Admet: "Tout le problème de l'éducation tient dans la question que posait Nietzsche, sur un plan tout autre, d'ailleurs: «L'ennoblissement est- possible?» Mais, pour Nietzsche, nul ne pouvait recevoir cet ennoblissement que de soi- même. Nos fils et nos filles ne sont-ils pas assez nous-mêmes pour le recevoir de nous?" (p. 113)
Au fond: "Suis-je, en définitive, aussi ennemi que me l'ont fait dire certains journalistes de l'instruction chez les filles? Il y a, sur ce point, un malentendu. Ce qui a toujours irrité, dans ce qu'il est convenu d'appeler le «bas bleu», la femme savante, c'est le côté intéressé de sa science, Chez beaucoup de femmes, il y a une tendance à considérer toute acquisition intellectuelle comme une chose à étaler, comme une chose qui la fait valoir. C'est un prolongement de sa coquetterie inguérissable. Etre au courant, être à la page, cela signifie utiliser bassement ce qu'il y a de plus beau au monde, en dehors de la sainteté, pour briller et pour se pousser. Beaucoup de femmes sont moins cultivées qu'elles ne sont barbouillées de culture; elles se fardent, elles se poudrent de littérature et de philosophie. Et, pourtant, si nous goûtons le charme d'une femme qui a lu Spinoza, qui a subi l'influence de Nietzsche, ce peut bien être à cause de l'enrichissement qu'elle doit à la fréquentation de ces grands esprits, mais c'est aussi parce qu'elle ne nous en parle jamais. Ces débats intellectuels, qui sont le plus beau plaisir de la camaraderie et de l'amitié masculine, sont toujours insupportables avec une femme parce que le secret que nous attendons d'elle est d'un autre ordre, La plus érudite n'a rien à nous apprendre, si elle n'oublie d'abord ce qu'elle sait pour nous initier à ce qu'elle éprouve, à ce qu'elle devine, à ce qu'elle ressent, à ce qu'elle pressent". (p. 114) Evidemment!
LEFEVRE Frédéric, "Une heure avec Léon Chestov", in Les Nouvelles littéraires, 24 octobre 1931, p. 1-7.