1899

Articles et comptes rendus sur Nietzsche

GIDE André, "Lettre à Angèle (VI)", in L'Ermitage, vol I, n˚1, janvier 1899, p. 55-66. [2]

En 1903, Raoul Narsy s'inscrit en faux contre l'analyse de Gide dans cette lettre.

 

GOLBERG Mecislas, "Dans la porcherie", {Tablettes du mois}, in Tablettes, 2ème année, n°3, janvier 1899, p. 21.

Sévère critique des traductions françaises de Nietzsche par Henri Albert.

 

HIRSCH Charles-Henri, {Les revues}, in Mercure de France, tome 29, n˚109, janvier 1899 (p. 201-210).

Compte rendu d'André Gide, "Lettre à Angèle" publié dans L'Ermitage, lettre au sujet de Maeterlinck (p. 205-206).

 

BRINN'GAUBAST Louis-Pilate de, "Frédéric Nietzsche d'après quelques travaux récents", in Le Siècle, 19 janvier 1899.

 

BOURDEAU Jean, "La philosophie perverse", {Revue philosophique}, in Journal des Débats, 4 mars 1899, p. 1.

 

Anonyme, « La correspondance de Nietzsche et Jacob Burckhardt », {Lettres, sciences et arts}, in Journal des Débats, n°74, 16 mars 1899, p. 3.

 

BURY R. de, {Les journaux}, in Mercure de France, tome 29, n˚111, mars 1899 (p. 785-792). [3]

Compte rendu de Brinn'Gaubast, "Frédéric Nietzsche d'après quelques travaux récents" publié dans Le Siècle, (p. 790-791).

 

DELBOS Victor, "Henri Lichtenberger. - La philosophie de Nietzsche", {Philosophie}, in Revue universitaire, tome I, n˚3, 15 mars 1899, p. 292-293.

Estime que le livre vient à point pour répondre à la curiosité qu'on fait naître les idées de Nietzsche. Souligne la difficulté à les exposer systématiquement sans les altérer et remarque : "Par la précision de son analyse, par le sentiment qu'il a de la personnalité autant que de la pensée de son auteur, M. Lichtenberger s'est rendu très heureusement maître de la difficulté. Son livre peut être sans désavantage rapproché des meilleures études qui ont paru à l'étranger sur Nietzsche" (p. 292). Conclut critique : "Peut-être incline-t-il trop dans la conclusion à défendre la théorie du surhomme au nom de la part de vérité qu'il y a dans tout individualisme : car le genre d'individualisme de Nietzsche est encore un individualisme tout d'exception : il suppose une exaltation romantique du moi qui va au delà de toutes les limites normales de la vie et de la pensée ; comme vient de l'écrire M. Renouvier dans sa Nouvelle Monadologie, la théorie du Surhomme pourrait bien n'être que "la folie des grandeurs érigée en système"" (p. 292-293).

 

Anonyme, "Oeuvres complètes de Frédéric Nietzsche", {Echos}, in Mercure de France, tome 30, n˚112, avril 1899, p. 287.

Au sujet de la publication des oeuvres de Nietzsche en français : annonce de la publication de Nietzsche, Pages choisies avec une introduction d'Henri Albert puis liste des douze volumes des oeuvres complètes de Nietzsche à paraître sous la direction d'Henri Albert:

I. - L'Origine de la Tragédie, ou Hellénisme et Pessimisme.

II. - Homère et la philologie classique. - De l'Avenir de nos établissements pédagogiques, etc.

III. - La Philosophie pendant la période tragique de la Grèce, etc.

IV. Considérations inactuelles.

V. - Humain trop humain 1re partie.

VI. - Humain trop humain, 2e partie.

VII. Aurore, pensées sur les préjugés moraux.

VIII. Le gai Savoir (La gaya Scienza).

IX. Ainsi parlait Zarathoustra (nouvelle édition).

X. - Par delà le Bien et le Mal (nouvelle édition).

XI. - La Généalogie de la Morale.

XII. - Le Cas Wagner. - Le Crépuscule des Idoles. - Nietzsche contre Wagner. - L'Antechrist. - Poésies.

 

 

FOUILLEE Alfred, "La morale de la vie selon Guyau et selon Nietzsche", in Revue bleue, tome 11, n˚13, 1er avril 1899, p. 385-387.

 

GAULTIER Jules de, "De Kant à Nietzsche", in Mercure de France, tome 30, n˚112, avril 1899, p. 52-105.

"Introduction" et "I. L'Instinct vital, Platon, le Judaïsme".

 

LICHTENBERGER Henri, "Eugen Heinrich Schmitt. Friedrich Nietzsche an der Grenzscheide zweier Weltalter", {Littérature allemande}, in Revue universitaire, tome I, n˚4, 15 avril 1899, p. 398-399. [5]

Constate que l'auteur voit dans Nietzsche "le plus admirable des continuateurs de Jésus" (p. 398). Doute que ses théories trouvent beaucoup d'adhérents (p. 399). Apprécie que l'auteur montre qu'"il serait naïf de prendre à la lettre l'apologie de la "superbe bête de proie fauve", que, de même, le "Surhomme" de Nietzsche ne doit pas être considéré comme une hypothèse physiologique". Cependant, considère qu'il y a un risque d'altérer la religion de Nietzsche et celle du Christ à force de vouloir trop les concilier.

 

LICHTENBERGER Henri, "F. Nietzsche. Ainsi parlait Zarathoustra, traduit par Henri Albert. Par delà le Bien et le Mal, traduit par L. Weiscopf et G. Art", {Littérature allemande}, in Revue universitaire, tome I, n˚4, 15 avril 1899, p. 398-400.

Souligne qu'il ne faudrait pas commencer la lecture de Nietzsche en commençant par Ainsi parlait Zarathoustra puis s'intéresse longuement à la méthode de traduction d'Henri Albert et de ses collaborateurs qui lui paraît être "somme toute, la meilleure possible dans l'espèce (p. 399). Précise : "Ils se sont efforcés de rendre aussi exactement, aussi fidèlement que possible le texte de Nietzsche sans se laisser aller à la tentation - très grande lorsqu'on traduit Zarathustra surtout - de se contenter d'un à peu près plus ou moins "poétique". (...) Remercions donc les traducteurs de leur méritoire abnégation et de nous avoir donné un Nietzsche vrai plutôt qu'un Nietzsche fleuri ou pompeux et de lecture facile" (p. 399). Signale et corrige quelques erreurs (p. 400) avant de conclure : "Mais ce sont là des vétilles (...). Tous ceux qui désirent connaître et comprendre Nietzsche en France devront avoir recours à cette belle traduction qui pourra tenir lieu de l'original à ceux qui ne savent pas l'allemand et sera un recours précieux aux autres pour l'intelligence complète du texte. Espérons que les autres oeuvres de Nietzsche, en particulier La Généalogie de la Morale, suivront de près les deux volumes de traduction qui viennent de paraître".

 

Anonyme,"F. Nietzsche, Pages choisies publiées par Henri Albert", in Le Soir, 6 mai 1899.

Bref commentaire encourageant : "C'est une manie que l'on commence à perdre en France, de nier tous les génies étrangers sous prétexte qu'ils sont obscurs. Nul plus que le grand écrivain n'a été victime de ce parti pris ridicule. Sans l'avoir lu, on lui a fait une réputation de philosophe obscur et impénétrable et d'"auteur difficile". La traduction que vient d'en donner M. Henri Albert est la meilleure preuve que le génie de Nietzsche est accessible entre tous à l'esprit français et nous nous faisons un plaisir d'extraire d'une lettre de Nietzsche datée de l'automne 1888 ces quelques lignes qui sont à l'honneur de l'esprit français et de l'auteur allemand qui les a écrites : "Je ne crois qu'à la civilisation française (...)". [6]

 

Anonyme, "Pages choisies de Frédéric Nietzsche", {Livres nouveaux. Histoire. - Philosophie. - Sociologie}, in L'Illustration, n˚2933, 13 mai 1899, p. 314.

 

CORNELIUS René, « La tristesse contemporaine, par H. Fiérens-Gevaert », {Bibliographie}, in Nouvelle Revue, tome 118, juin 1899, p. 759-760.

Nietzsche cité (p. 759).

 

GAULTIER Jules de, "De Kant à Nietzsche : L'Instinct de la Connaissance. Kant et l'Hindouisme", in Mercure de France, tome 30, n˚114, juin 1899, p. 664-703.

 

THARAUD Emile, "Pages choisies, par Nietzche", {Bulletin bibliographique. Les livres}, in Le mouvement socialiste, 1, 1er juin 1899, p. 637-638.

 

Anonyme, "Pages choisies de Nietzsche, publiées par Henri Albert", in La vie moderne, 18 juin 1899.

 

Anonyme, "Chez l'éditeur", in La vie quotidienne, 18 juin 1899, p. 199.

Compte-rendu des Pages choisies de Nietzsche traduites par Henri Albert.

 

BERTHELOT René, "Frédéric Nietzsche", in La Grande encyclopédie, 24, 1899, p. 1081-1090.

 

MAISONNEUVE L., "Les idées de Frédéric Nietzsche", in Bulletin de littérature ecclésiastique, tome 11, 1899, p. 197-214.

 

ALBERT Henri, {Lettres allemandes}, in Mercure de France, tome 31, n˚115, juillet 1899, p. 259-263.

Signale les "très intéressants souvenirs" du baron de Seydlitz sur Frédéric Nietzsche (p. 263). [8]

 

GAULTIER Jules de, "De Kant à Nietzsche : Les Idoles du ciel logique : Vérité", in Mercure de France, tome 31, n˚115, juillet 1899, p. 41-65.

 

LICHTENBERGER Henri, "Friedrich Nietzsche", in Revue hebdomadaire, tome 8, 8 juillet 1899, p. 183-212.

  

Anonyme, "Chroniques parisiennes", {Etranger], in Journal de Genève, 12 juillet 1899, p. 1-2.

Long compte-rendu des Pages choisies de Nietzsche publiées par Henri Albert.

 

WYZEWA Téodor de, "Documens nouveaux sur Frédéric Nietzsche", in Revue des Deux Mondes, 154, 15 juillet 1899, p. 453-462.

Au sujet de la publication de Jacok Burckhardt et Nietzsche, Briefwechsel, et des mémoires de Malwida von Meysenbug.

 

SEILLIERE Ernest, "La vie d'un « superhomme »", in Journal des débats, n°197, 18 juillet 1899, p. 3.

A propos de l'influence de Nietzsche. Sur Stirner.

 

ARREAT Lucien, "G. Zoccoli. Frederico Nietzsche", {Analyses et comptes rendus}, in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 48, n˚8, août 1899, p. 223-224. [9]

Expose le plan et l'objectif de l'ouvrage de Zoccoli en répétant le point de vue de l'auteur : "Les oeuvres de Nietzsche (...) fourmillent d'inconnues rationnelles, autant que sa vie fourmille d'inconnues psychologiques. La qualité de ce grand esprit malade est dans ses contradictions et dans ses révoltes mêmes" (p. 223-224). Considère pour sa part : "M. Zoccoli l'étudie de près et le juge sainement ; il le combat avec une sympathie qui ne s'abandonne point aux séductions du paradoxe, et sans manquer au respect dû à l'infortune" (p. 224).

Développe longuement : "On lira, je pense, ces pages avec intérêt. Je m'abstiendrai de les résumer ; il a été parlé de Nietzsche trop souvent ici pour que je ne craigne pas de tomber dans des redites". Ajoute pourtant aussitôt : "Je le comparerais volontiers à l'un de ces blocs erratiques, étrangers au terrain où ils viennent s'échouer, mais dont on a pu enfin établir la provenance. Les premiers géologues qui le rencontrent s'appliquent à l'étudier ; ils le soumettent à leurs procédés d'analyse, décrivent sa nature, marquent sa route et son lieu d'origine. Une fois pourtant que la roche a été exactement déterminée, le mieux est peut-être de la classer à son rang dans quelque muséum, sous une étiquette explicative, et de l'y laisser dormir".

Conclut finalement en sortant du "respect dû à l'infortune" : "Nietzsche a suscité des disciples ; il a brouillé quelques cervelles. Sa conception de l'individu fort, sa théorie d'une "morale des maîtres" opposée à celle des "esclaves", sont assez frappantes, et en partie assez justes, pour fixer l'attention et appeler la controverse. Combien, toutefois, elles paraissent vaines, quand on les presse et les pousse aux dernières conséquences! Combien surtout elles sont une arme ridicule en des mains débiles! Le Surhomme, hélas! est encore un pauvre homme qui a besoin d'une garde-malade".

 

GAULTIER Jules de, "De Kant à Nietzsche : Les Idoles du ciel logique : Liberté", in Mercure de France, tome 31, n˚116, août 1899, p. 346-371.

 

WEBER Louis, "Pages choisies, de Fr. Nietzsche, publiées par Henri Albert", {Philosophie} in Mercure de France, tome 31, n˚116, août 1899, p. 509-510.

 

PILLON François, "Lichtenberger (Henri). - Friedrich Nietzsche : Aphorismes et fragments choisis", {Revue bibliographique}, in L'année philosophique, volume 10, 1899, p. 302-304.

Estime : "Ces Aphorismes et fragments, dont le choix nous paraît excellent, font bien connaître le philosophe et le poète qu'il y avait en Nietzsche ; le philosophe qui systématisait hardiment l'anarchisme et l'immoralisme déduits de l'individualisme radical et du déterminisme absolu ; le poète qui animait de son imagination forte et passionnée la pensée du philosophe". Cite un long extrait de l'introduction d'Henri Lichtenberger qui "exprime cette doctrine sous la forme la moins paradoxale" (p. 303-304) et conclut en remarquant justement que le traducteur a fait précéder les extraits "d'une biographie psychologique très intéressante" (p. 304)

 

PILLON François, "Nietzsche (Frédéric). -Le Crépuscule des Idoles", {Revue bibliographique}, in L'année philosophique, 1899, p. 305-306.

Reconnaît que le "nouveau recueil contient plus d'une page suggestive ou même profonde" mais qu' "est assez impossible d'en essayer une analyse". Explique longuement : "Quand un livre vaut par le détail, et c'est le cas du présent volume, il n'y a qu'à lire et à jouir en artiste des impressions qui s'en dégagent. Et voici ce que j'entend par "jouir en artiste". Quand on est en face d'une oeuvre, et qu'on ne se sent point captivé d'emblée, c'est qu'on reste trop à distance de l'auteur, c'est qu'on garde ses idées avec un soin jaloux comme si notre droit de les avoir était mis en cause. Une telle attitude est naturelle à ceux qui, nés philosophes, et ayant fait leur siège, se mettent à l'étude d'une philosophie nouvelle". Si cette philosophie les tente, leur premier devoir est de lutter contre la tentation" (p. 305).

Explique à ses collègues philosophes qu'ils peuvent apprécier Nietzsche parce qu'il n'est pas une menace : "Ici rien de pareil. Il ne s'agit point de mettre une philosophie à la place d'une autre. Il s'agit simplement d'assister à un défilé d'idées. Certes, si Nietzsche a écrit, c'est parce qu'il se sentait riche de tout un nouveau monde d'idées : ce nouveau monde, il croyait l'avoir découvert, et de cette terre nouvelle il lui a plu de faire les honneurs à ses contemporains. Or il est deux sortes de pays : ceux que l'on visite et ceux que l'on habite. La pays où Nietzsche s'est essayé à vivre, n'étant décidément pas habitable, on y fera volontiers une saison" (p. 305).

Se garde de juger l'écrivain et le penseur "même à travers la plus diligente et la plus intelligente traduction".

Compare Nietzsche et Renan : "De l'un comme de l'autre on dira qu'ils furent de vigoureux et profonds penseurs. Et d'aucun d'eux on ne dira qu'il fut un philosophe. J'en atteste les boutades de Nietzsche contre Kant, et les pages très curieuses, qui, dans le présent volume, sont consacrées à Socrate" (p. 305).

Conclut catégoriquement : "J'accorde à ses admirateurs qu'il fait beaucoup penser, que le prisme à travers lequel il voit hommes et choses est d'une matière tellement rare, qu'après lui, nul ne pourra ni revoir ce qu'il a vu, ni par conséquent redire ce qu'il a dit. Nietzsche n'aura point de continuateurs. Nietzsche n'aura point de disciples. Aussi bien comment faire école quand on a passé sa vie à vouloir satisfaire deux des passions les plus antagonistes qui aient jamais divisé une âme de penseur : celle de la vérité, d'une part, et de l'autre, celle de l'excentricité?" (p. 306).

 

 

Anonyme, "Friedrich Nietzsche, Aphorismes et fragments choisis, par Henri Lichtenberger", in Revue de métaphysique et de morale, tome 7, n°5, supplément de septembre 1899, p. 5.

 

OUDINOT Georges, "Thomas Carlyle et Frédéric Nietzsche", in Mercure de France, tome 31, n˚117, septembre 1899, p. 622-646.

 

Anonyme, {Revue de la presse}, in L'Echo sioniste, 5 septembre 1899, p. 357-363.

A propos d'opinions de Nietzsche sur les Juifs reproduites dans Die Welt (n°40) et d'un article sur Nietzsche dans le même journal (n°53), quelques extraits sur l'antisémitisme de Nietzsche (p. 362).

 

ESSWEIN Hermann, "Hölderlin und Nietzsche", in Revue franco-allemande, tome 2, n˚18, 25 septembre 1899, p. 169-174.

 

GAULTIER Jules de, "De Kant à Nietzsche : La Régression philosophique", in Mercure de France, tome 32, n˚118, octobre 1899, p. 136-174.

 

GOURMONT Remy de, "Nietzsche et l'Affaire", {Epilogues}, in Mercure de France, tome 32, n˚118, octobre 1899, p. 212-216.

 

Anonyme, "Opinion de Nietzsche sur les juifs", in Semaine littéraire, n°299, 23 septembre 1899.

D'après la notice dans L'impartial, 8 octobre 1899.

 

Anonyme, {Revues françaises et étrangères}, in Revue des revues, t. 4, 15 octobre 1899.

Compte-rendu d’un article d’Elisabeth Förster-Nietzsche publié dans la Neue deutsche Rundschau, sur les théories de Nietzsche sur la femme, l’amour et le mariage (p. 213).

 

ALBERT Henri, {Lettres allemandes} in Mercure de France, tome 32, n˚119, novembre 1899, p. 552-556.

Compte rendu d'un article d'Elisabeth Förster-Nietzsche dans la Neue Deutsche Rundschau, au sujet de Nietzsche et les femmes (p. 554). [12]

 

J.-D. F. Ff, "Henri Lichtenberger : La philosophie de Nietzsche. - Aphorismes et fragments traduits de Friedrich Nietzsche", in Revue thomiste, 7, novembre 1899, p. 617.

 

SEGOND Jacques, "The Monist", {Revue des périodiques étrangers}, in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 48, n˚11, novembre 1899, p. 554-556.

Sous le sous-titre, "Nietzsche et l'Amérique", compte rendu de Goebel et Antrim, "Le "Surhomme" de Fr. Nietzsche", publié dans The Monist, 9ème année, 1898-1899 (p. 554). Note très brièvement : "Biographie de Nietzsche. Sa doctrine : le christianisme fut le retournement radical des notions anciennes du bien et du mal, l'apologie de la faiblesse ; il est continué par l'esprit démocratique, tout dévoués aux êtres inférieures. Le surhomme, au contraire, est le fort, le conquérant, l'unique : Napoléon par exemple".

 

SEGOND, "The Monist", {Revue des périodiques étrangers}, in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 48, n˚11, novembre 1899, p. 554-556.

Sous le même sous-titre, "Nietzsche et l'Amérique", compte rendu d'un article du Dr. Carus, "L'immoralité principe philosophique" (p. 555). Résume : "Exposition et discussion détaillée du nominalisme de N., de son nihilisme métaphysique, de son apologie presque délirante de l'individu. Analyse du Zarathustra. Plaisante ressemblance de N., si passionné pour son originalité, avec George Moore, auteur des Confessions of a young Man. Disciples américains de Nietzsche : Swaitz, rédacteur du Moi (the I) ; J. W. Lloyd ; Ragnar Redbeard, qui résume ainsi son livre Might is Right, the survival of the Fittest : "Ce livre est une négation raisonnée des dix commandements, de la règle d'or, du sermon sur la montagne, des principes républicains, etc. Il proclame, au nom de la science et de l'évolution (upon scientific evolutionary grounds), la valeur absolue et illimitée de la force". Longue discussion et conclusion du Dr. Carus ; 5 photographies de Nietzsche et un autographe".

 

SEGOND J., "Kantstudien, philosophische Zeitschrift", {Revue des périodiques étrangers}, in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 48, n˚11, novembre 1899, p. 556-559. [13]

Compte rendu d'un article de Paulsen, "Kant, philosophe du protestantisme" (p. 556). Signale qu'il s'agit d'une défense de Kant. Conclut : "Enfin, il semble que l'avenir soit au protestantisme et à Kant, non au catholicisme et à Thomas d'Aquin. Il est vrai que le triomphe de l'autoritarisme a paru s'accentuer durant notre siècle, et que la neurasthénie spirituelle des lettrés qui ont soif d'obéissance a favorisé ce triomphe (Ainsi la vogue des doctrines de Nietzsche). Mais le principe catholique de l'autorité absolue est destructeur du seul ferment de vie, qui est l'individualité. Aussi ne peut-il triompher définitivement".

 

LASSERRE Pierre, "Nietzsche et l'anarchisme", in L'Action française, 15 novembre 1899, p. 480-501. [14]

 

LICHTENBERGER Henri, "Th. Ziegler. Friedrich Nietzsche", {Littérature allemande}, in Revue universitaire, tome II, n˚9, 15 novembre 1899, p. 374-375. [16]

Soutient que l'ouvrage "mérite assurément une place d'honneur dans le bibliothèque toujours croissante des écrits sur Nietzsche" (p. 374). Précise que l'auteur n'est pas "nietzschéen" et regarde l'influence de Nietzsche "comme un peu malsaine au fond et assez éphémère" (p. 374). Estime qu'il "rapetisse par trop son modèle" et conclut pour sa part : "le "cas" Nietzsche est et restera un événement européen comme le cas Wagner, et cela même après qu'il aura cessé d'être à la mode, même si l'individualisme continue à être refoulé par le socialisme" (p. 375).

 

LICHTENBERGER Henri, "O. Ritschl. Nietzsches Welt- und Lebensanschauung in ihrer Entstehung und Entwicklung dargestellt und beurtheilt", {Littérature allemande}, in Revue universitaire, tome II, n˚9, 15 novembre 1899, p. 374-375. [17]

Souligne que l'auteur "ne condamne pas en bloc l'immoraliste et l'athée de Nietzsche", mais essaie de "séparer le bon grain de l'ivraie".

Précise qu'à cet effet, l'auteur oppose nettement le Nietzsche de la période positive, qu'il admire, et le Nietzsche de l'idéal du Surhomme à partir de Zarathoustra, qu'il condamne (p. 375). Remarque : "(...) j'ai peine à comprendre comment on peut tout à la fois admirer si chaudement les oeuvres de la première et se montrer si dur pour celle de la seconde" et conclut : "(...) je crains que l'antipathie pour les théories de Nietzsche considérées en elle-même n'ait rendu M. R. plus sévère que de raison pour la personnalité morale de leur auteur et pour son génie d'écrivain".

 

LICHTENBERGER Henri, "G. A. Tienes. Nietzsches Stellung zu den Grundfragen der Ethik genetisch dargestellt", {Littérature allemande}, in Revue universitaire, tome II, n˚9, 15 novembre 1899, p. 374-375. [18]

Estime qu'il s'agit d'"un résumé consciencieux, utile à consulter, mais trop timide des idées de Nietzsche sur les questions essentielles de la morale", d'une étude trop impersonnelle qui se réduit "presque uniquement à la juxtaposition d'une série de passages de Nietzsche abrégés ou textuellement cités ; c'est un assemblage de matériaux plutôt qu'une construction" (p. 375).

 

ROUANET Gustave, "Friedrich Nietzsche, Aphorismes et fragments traduits par Henri Lichtenberger", {Notices bibliographiques}, in Revue Socialiste, tome 30, juillet-décembre 1899, p. 382.

Remercie Lichtenberger d'avoir fait connaître Nietzsche en France l'année précédente. S'intéresse à la personnalité et aux aventures intellectuelles de Nietzsche.

 

GAULTIER Jules de, "De Kant à Nietzsche : La Transformation philosophique", in Mercure de France, tome 32, n˚120, décembre 1899, p. 719-748.

 

RUDDER A. de, "Nietzsche et les Français, par Elisabeth Förster-Nietzsche", {Histoire et critiques littéraires}, in L'Humanité nouvelle, décembre 1899, p. 754.

Bref compte-rendu d'un article d'E. Förster-Nietzsche paru dans Die Zukunft, 18 mars 1899.

"Ce fut à l'époque de la guerre de 1870-71 que l'auteur de Zarathustra  se sentit plus particulièrement attiré vers la France. D'après lui la défaite n'eut pas de conséquences désastreuses pour ce pays ; au contraire, « elle libéra l'esprit français, elle le rendit plus profond». En littérature ses préférences vont surtout à Stendhal; il goûte également Taine et Mérimée, mais il se montre sévère et injuste à l'égard de Victor Hugo « Son génie opère sur la masse à la façon d'une boisson alcoolique qui tout à la fois enivre et rend fou ». Nietzsche aime la vieille aristocratie française, gardienne du bon goût et ne voit dans le romantisme qu'une « réaction plébéienne » contre les traditions constantes de la France."

 

LASSERRE Pierre, "Nietzsche et l'anarchisme (suite)" in L'Action française, 1er décembre 1899, p. 606 sq.

 

LASSERRE Pierre, "Nietzsche et l'anarchisme (fin)" in L'Action française, 15 décembre 1899, p. 649-660.

 

GRANDMAISON Léonce de, "La religion de l'égoïsme. Etude sur Frédéric Nietzsche", in Etudes publiées par des pères de la compagnie de Jésus, 81, 20 décembre 1899, p. 798-817.

 

GAROFALO Raffaele, "Nietzsche et l'individualisme", in Annales de l'Institut international de sociologie, 6, 1899, p. 107-115.

 

BONUS Arthur, "A propos de Nietzsche. Une bévue généalogique", in Revue de morale sociale, 1899, p. 127-133.

 


Moteur de recherche:

Valentine de Saint-Point et Nietzsche

"Le Sang de Nietzsche" testament d'Arnaud Dandieu. Edition commentée par Christian Roy (2015/2020) 

 

 

Nietzsche et Zola

(Jean-Pierre Dumont, septembre 2019)

 

Que pensait Emile Zola de Nietzsche? de Wagner? lire

 

"Nietzsche wirkt in die populäre Breite, und man muss in die Breite gehen" (Andreas Urs Sommer, Nietzsche und die Folgen, 2017)

 

"Viele neue Nietzsches sollen zutage treten? - Ein paar wenige würden genügen..." (Reto Winteler, Friedrich Nietzsche, der erste tragische Philosoph, eine Entdeckung, Basel Schwabe Verlag, 2014)

Laure Verbaere

Nietzsche et l'agrégation de philosophie (avril 2019) lire

OUTIL: Nietzsche et les philosophes français: traces empiriques et paroles 1889-1903 lire

Les éditions de Zarathoustra de 1920 à 1935 voir

et de 1935 à 1950 voir

Dominique de Gaultier de Laguionie, petit-neveu du philosophe français Jules de Gaultier (1858-1942) met à disposition les archives dont il dispose. voir

Jules de Gaultier et Nietzsche

Don Longo:

Les pèlerins à Sils-Maria voir

" (...) [l]es philosophes de profession [...] oublient que Nietzsche ne promulgue pas un catéchisme nouveau mais nous invite à créer nous- même le système des valeurs auquel nous voulons dévouer notre vie. Dosons en nous la quantité de dionysisme et de christianisme mystique qui va nous inspirer. Il y aura autant de solutions qu'il y aura d'individus et c'est de leur collaboration que naîtra la vie nouvelle." (Charles Andler, 1932)

Becoming a Destiny: The Nietzsche Vogue in French intellectual Life, 1891-1918 (Christopher E. Forth, Dissertation, State University of New York, Buffalo, 1994)

Traces orales

Nietzsche « n'est pas allé assez loin dans le sens de sa propre doctrine ; il n'a pas été assez nietzschéen. (…) Nietzsche n'a pas encore un sens suffisant de la relativité : il est encore trop systématique. » (Frédéric RAUH, extrait de cours à la Sorbonne, 1904)

 

"Chaque doctrine nouvelle présente certaines arêtes et extrémités outrancières autour desquelles la curiosité frivole de la multitude voltige hâtivement mais ce n'est pas l'exactitude ou la fausseté de quelques points particuliers, ce sont l'étendue et la profondeur de la création qui doivent retenir notre attention. Je ne me suis jamais demandé si les théories nietzschéennes du «surhomme » ou de l'« éternel retour » sont justes ou non: et qui se le demanderait encore, en dehors de quelques ratiocineurs et éplucheurs de livres ? Une grande œuvre ne nous intéresse toujours que par ce double côté: l'homme créateur et l'action créatrice." (Stefan Zweig, L'Humanité, 21 mai 1926)

Comoedia, 28 mars 1914
Comoedia, 28 mars 1914

Le Rire, 10 décembre 1910