Bibliographie inédite des publications françaises sur Nietzsche 1868-1940 (Laure Verbaere et Donato Longo)

1868-1910: BIBLIOGRAPHIE ET COMMENTAIRES DE LAURE VERBAERE

 

(en savoir plus)

1908


Articles et comptes rendus sur Nietzsche


Anonyme, "Archiv für systematische Philosophie", {Revues et périodiques}, in Revue de métaphysique et de morale, tome XVI, n°1, supplément de janvier 1908, p. 24-26.

Compte-rendu de l'article dGeorges Batault, "Nietzsche négateur de sa philosophie". (p. 25-26)

 

MASSE F., "Figurations nietzschéennes", in Cahiers mensuels de Mécislas Golberg, janvier 1908, p. 209-212.

Texte daté de 1904.

 

TALAYRACH I., "Un ami de Nietzsche. Franz Overbeck", in Revue Germanique, tome 4, janvier 1908, p. 1-14.

Montre qu'Overbeck fut un théologien de premier plan et explique qu'il occupe une place de choix dans l'histoire du protestantisme allemand ; insiste sur les relations amicales et intellectuelles entre Overbeck et Nietzsche. Se pose alors plusieurs questions cruciales qui l'amènent progressivement à prendre le parti d'Overbeck et de Bernouilli contre l'école de Weimar.

Première question : "lequel des deux amis reçut davantage de l'autre?" La réponse est sans ambiguïté totalement différente de celle d'Elisabeth Förster, qui prétend que Nietzsche ne doit rien à Overbeck : "Nous croyons, pour notre part, que Nietzsche, dans sa période bâloise, est beaucoup plus débiteur d'Overbeck qu'on ne l'a jusqu'ici admis." (p. 11)

La deuxième question soulevée concerne la nature de l'amitié entre les deux hommes, question que la sœur de Nietzsche a tranché en minimisant au minimum la profondeur de cette amitié. Mme Talayrach écrit pour sa part qu' "Overbeck fut l'ami - et le meilleur ami de Nietzsche."

La troisième question concerne la valeur du témoignage d'Overbeck. La sœur de Nietzsche prétend que cette valeur est nulle. Mme Talayrach est d'un tout autre avis. Au sujet des souvenirs d'Overbeck, elle écrit : "Ces souvenirs sont un document indispensable pour les biographes de Nietzsche. Ils offrent plus d'un jugement historiquement et moralement remarquables. Overbeck était un historien. Et c'est en historien qu'il retrace le portrait de son ami."

Ajoute ensuite on ne peut plus explicitement : "Ce portrait ne ressemble pas, trait pour trait, à celui que traça de Nietzsche sa sœur. Mais une femme, même une sœur, connaît-elle jamais un homme comme le connaîtra son ami?" (p. 13)

Termine par une nouvelle allusion qui montre clairement ce qui sépare le Nietzsche de Bâle et le Nietzsche de Weimar : "Quant aux rapports d'Overbeck avec les archives de Weimar, ils furent courtois, mais froids. Il se tint loin du culte dont on entourait la mémoire de son ami. "Nietzsche, avait-il coutume de dire, s'est toujours considéré comme l'homme d'un avenir encore lointain." La réclame prématurée, entreprise autour du philosophe et de son œuvre, lui parut dangereuse. Il craignait de la part du public, la réaction d'un oubli d'autant plus rapide que l'engouement aurait été plus vif. Fut-il perspicace en cela? L'avenir nous le dira." (p. 14)

 

CASE Jules, {Tablettes littéraires}, in Gil Blas, 9 janvier 1908, p. 2.

Compte-rendu des Considérations inactuelles de Nietzsche.

 

L'INTIME, "Une lettre appartient-elle à l'expéditeur ou au destinataire?", {Points de droits}, in Havre-Eclair illustré, 12 janvier 1908, p. 30-31.

A propos du procès intenté par la sœur de Nietzsche pour empêcher la publication des lettres de Nietzsche à Franz Overbeck.

Elisabeth Förster-Nietzsche est présentée comme la veuve de Nietzsche.

 

SEILLIERE Ernest, "Une inspiration généreuse", in Journal des Débats, 22 janvier 1908, p. 3.

A propos de la Fondation Nietzsche fondée par la sœur de Nietzsche, Elisabeth Förster-Nietzsche.

 

YVERMONT Ary René d', "Littérature Etrangère", in L'Aurore, 23 janvier 1908, p. 1-2.

A propos de Nietzsche im Spiegelbilde seiner Schrift de la baronne Ungern-Sternberg.

 

LE MASQUE DE VERRE, {Echos}, in Comoedia, n°118, 26 janvier 1908, p. 1.

Signale le dernier billet de Nietzsche à Cosima Wagner: "Ariane, je t'aime..."

 

DUMUR Louis, "Nietzsche et la culture", in Mercure de France, tome 71, n°255, 1er février 1908, p. 385-404.

Se propose d'étudier les notions de "culture" et de "Bildung" en regard des idées que Nietzsche a développées à ce sujet dans les Considérations inactuelles. Loin d'approuver Nietzsche, Dumur montre au contraire en quoi celui-ci a tort. Il s'en prend particulièrement à Nietzsche, estimant : "Nietzsche abomine le développement, il est l'ennemi de ce qui deviendra sans penser que pour être - à supposer que quelque chose soit jamais - il faut d'abord devenir." (p. 404)

 

ROUJON Henri, "Nietzschéisme", in L'illustration, n°3389, 8 février 1908, p. 103-104.

Avec une photo du buste de Frédéric Nietzsche réalisé par Max Klinger, p. 103, et une photo du buste de Mme Daniel Lesueur réalisé par Denys Puech (p. 104). Début du roman de Daniel Lesueur, Nietzschéenne.

 

Anonyme, "H. Höffding. - Philosophes contemporains", {IV. Histoire de la philosophie}, in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 65, n°3, mars 1908, p. 312-314.

Signale que la troisième partie d' Harald Höffding est consacrée à la philosophie des valeurs rattachée aux quatre noms de Guyau, Nietzsche, Eucken et W. James. Remarque que le plus long chapitre est celui de Nietzsche et ajoute : "Même après les travaux si nombreux dont ce penseur a été l'objet, l'essai de H. se lit avec plaisir ; il est substantiel et pénétrant et H. se demande si finalement il fut un poète ou un penseur." (p. 313) Constate : "Comme Fouillée, il le rapproche de Guyau. Pour tous les deux, le problème capital est celui des rapports entre l'instinct et la réflexion, entre l'énergie indivise de la vie à ses stades antérieurs et son action divisée au cours de la civilisation et de la réflexion. Tous deux font la guerre à l'intellectualisme : à cela se rattache le caractère de leurs ouvrages qui tiennent le milieu entre la philosophie et la poésie. Partout l'émotion et la passion, parfois au détriment de la clarté et de la logique dans la recherche. Leurs idées sont plutôt des symptômes que des contributions actives à la solution des problèmes." Signale un autre point commun : "ils sont malades tous les deux et c'est cependant une lutte continuelle contre la maladie que sont nées la plupart de leurs idées et de leurs œuvres. Cela ne peut rien préjuger sur leur valeur. Il se peut bien qu'il y ait des idées qui répandent de la lumière sur la vie et qui ne pourraient voir le jour que précisément en de telles circonstances." (p. 313)

 

PALANTE Georges, "Deux types d'immoralisme", in Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 65, n°3, mars 1908, p. 274-285.

 

SARCEY Yvonne, "A propos de Nietzsche", {Les lettres de la cousine}, in Annales politiques et littéraires, n°1288, 1er mars 1908, p. 210-211.

Au sujet des conférences sur Nietzsche d'Emile Faguet.

 

MESNIL Jacques, "Stirner, Nietzsche et l'Anarchisme", in Les Temps Nouveaux, n°45, 7 mars 1908, p. 6-7.

 

FAGUET Emile, {La semaine dramatique}, in Journal des débats politiques et littéraires, 9 mars 1908, p. 1-2.

Cite et commente une lettre qu'il a reçue, qui l'accuse de n'avoir rien compris à la pièce d'Henry BatailleLa Femme nue. Pièce nietzschéenne?

 

Anonyme, "Curieux procès", in La Suisse libérale, 14 mars 1908, p. 1.

Sur le procès contre Carl Albrecht Bernoulli pour l'empêcher de publier des lettres compromettantes pour Elisabeth Förster-Nietzsche.

 

MESNIL Jacques, "Stirner, Nietzsche et l'Anarchisme (Suite)", in Les Temps Nouveaux, n°46, 14 mars 1908, p. 7-8.

 

FAGUET Emile, "Une lettre de M. Henry Bataille",  in Journal des Débats politiques et littéraires, 16 mars 1908,p. 1-2.

Suite du problème à propos du caractère "nietzschéen" de la pièce d'Henry BatailleLa Femme nue.

 

FAGUET Emile, "Une lettre de M. Henry Bataille", in Journal des Débat politiques et littéraires, 23 mars 1908,p. 1-2.

Suite du débat sur le caractère "nietzschéen" de la pièce d'Henry BatailleLa femme nue.

 

Anonyme, "Considérations inactuelles", {Au jour le jour}, in Journal des Débats politiques et littéraire, 14 avril 1908, p. 1.

 

Anonyme, {Les livres. Philosophie}, in Durandal, 15ème année, 1908, p. 198-200.

Compte-rendu des Considérations inactuelles de Nietzsche (I et II) (p. 199).

 

ALBERT Henri, "Carl Albrecht Bernouilli : Franz Overbeck und Friedrich Nietzsche, eine Freundschaft, vol. I", {Lettres allemandes}, in Mercure de France, tome 72, n°260, 16 avril 1908, p. 742-745.

Prend pour la première fois catégoriquement parti contre Elisabeth Förster.

Commence en affirmant : "L'ouvrage que M. Bernouilli consacre à l'amitié qui unissait Frédéric Nietzsche eu professeur de théologie Franz Overbeck constitue le plus important document sur le grand philosophe qui ait paru depuis fort longtemps." (p. 742)

Se prononce clairement : "L'étude biographique que Mme Förster-Nietzsche consacrait à son frère, à vrai dire, ne possède de valeur historique qu'en tant qu'elle reproduit des lettres et des fragments de journal émanant de Nietzsche lui-même. Et l'attrayant portrait dessiné par Mme Lou Andréas-Salomé n'est après tout qu'une charmante fantaisie, pleine de finesse, écrite avec les nerfs bien plus qu'avec le cerveau.

Ce qu'il nous faut, pour démêler l'énigme psychologique que demeure encore, malgré tout ce que l'on a écrit, la personnalité de Frédéric Nietzsche, ce sont des impressions exactes notées avec sincérité par des hommes qui ont approché de près le philosophe. (...) Quoi d'étonnant, si le professeur de bâlois, malgré tout l'éloignement qu'il éprouve à l'endroit des idées maîtresses de Nietzsche, nous apparaît comme le premier témoin de se vie?" (p. 742).

Ajoute encore : "La véracité d'Overbeck ne fait aucun doute et c'est cette véracité qui a mis en conflit son héritier intellectuelle, M. Bernouilli, avec les dépositaires des papiers de Nietzsche, les représentants du Nietzsche-Archiv, en première ligne la sœur du philosophe, en seconde ligne M. Heinrich Köselitz, connu sous le pseudonyme de Peter Gast." (p. 742-743).

Explique les raisons du procès engagé contre Bernouilli et, tout en remarquant que "le fond de ce débat ne nous intéresse que médiocrement" et souligne : "Les premières audiences ont déjà amené des révélations inattendues. Elles ont provoqué entre autres la lecture publique de lettres où Nietzsche s'exprime sur sa sœur en des termes d'une violence au moins singulière." (p. 743)

Enfin, après avoir longuement résumé l'histoire et l'importance de l'amitié entre Nietzsche et Overbeck, il finit en faisant l'éloge du livre de Bernouilli : "Le volume de M. Bernouilli est une source inépuisable de documents biographiques et psychologiques. L'aventure de Nietzsche avec Mlle Lou Salomé y est analysée dans tous ses détails, l'influence de Paul Rée nettement déterminée, le rôle de M. P. Gast cantonné dans ses limites. Des lettres, des témoignages de contemporains étayent le texte de références précieuses." (p. 745)

 

DELFOUR Léon, "Nietzsche et Barrès", in L'Univers, 18 avril 1908, p. 2-3.

Sur les points communs et les différences entre Nietzsche et Maurice Barrès.

 

CRITON"Nietzsche et Barrès", in L'Action française, 23 avril 1908, p. 3.

A propos de l'article de Léon Delfour sur le analogies et les différences entre Nietzsche et Maurice Barrès.

Pas convaincu par les analogies mais sensible à l'analyse des différences, Charles Maurras cite un extrait et conclut:

"Ceux de nos amis qui sont restés nietzschéens trouveront M. l'abbé Delfour un peu rude. Mais l'emphase tudesque a besoin d'être rudoyée. II faut appeler bienfaiteur quiconque diminue le fardeau d'impertinence et d'hébétement que représente la vogue de Nietzsche dans un certain monde français."

 

DALMA Jean, {Croquis étrangers}, in La Petite Gironde, 26 avril 1908, p. 1.

Ironique, à propos de la sœur de Nietzsche, Elisabeth Förster-Nietzsche, qui veut contrôler la postérité de Nietzsche; procès contre Bernoulli..

 

Anonyme, "Société des langues et des littératures modernes. Extrait de la séance du 8 mars 1908", dans Revue Germanique, t. IV, n°2, mars-avril 1908, p. 206.

Communication de Charles Andler à propos de Nietzsche.

 

LASSERRE Pierre, "La "culture allemande" ; Idées de Nietzsche sur l'histoire", {Chronique des lettres}, in L'Action française, n°46, 5 mai 1908, p. 3.

Compte-rendu partiel de Nietzsche, Considérations inactuelles. Discute brièvement et uniquement la deuxième sur l'Utilité et les inconvénients des Etudes historiques pour la Vie, qui constitue selon lui "le principal morceau" du livre. Au sujet du volume entier, Pierre Lasserre félicite Henri Albert qui a traduit "de la façon magistrale qui lui est coutumière" et souligne l'intérêt de ce "très riche et un peu confus trésor de pensées" : "Il s'y montre avec un certain charme de juvénilité et de bonne grâce que la solitude et l'orgueil devaient bientôt lui faire perdre."

Contre les historiens français, les "Sorbonniques" comme Charles Andler, qui empruntent à l'Allemagne et emmènent les jeunes gens en voyage en Allemagne. Lasserre résume : "Nietzsche montre fort bien que cette prétendue objectivité ou passivité intellectuelle dont sa vantent tant d'historiens est un mythe : on n'aborde l'étude des événements qu'avec une philosophie et dans un sentiment préalables, sans quoi on ne pourrait essayer l'explication du moindre d'entre eux. Et c'est à la force ou à la faiblesse de cette philosophie, à l'ampleur ou à la misère de ce sentiment, que se juge, non moins qu'à sa documentation et à sa technique, l'historien."

Déplore que les historiens français aient fait des emprunts aux Allemands et remarque : "Le Romantisme nous a-t-il fait assez donner là-dedans! Mais M. Andler n'en est pas encore revenu.

Quelqu'un qui en était bien revenu, tout Allemand qu'il fût, c'est cet âpre satiriste de l'esprit germanique, Frédéric Nietzsche (...)."

 

DUMEILHAC Prosper, "Immoralistes", in Revue augustienne, 15 mai 1908.

Analyse de l'article de Georges Palante"Deux types d'immoralisme", dans la Revue philosophique de la France et de l'étranger.

Référence citée d'après la reproduction publiée dans La Croix du 29 mai 1908.

 

LICHTENBERGER Henri, "Franz Overbeck und Friedrich Nietzsche. Eine Freundschaft. Nach ungedruckten Dokumenten und im Zusammenhang mit der bisherigen Forschung dargestellt von Carl Albrecht Bernouilli", {Littérature allemande}, in Revue universitaire, tome I, n°5, 15 mai 1908, p. 413-414.

Commence par rappeler "la lutte engagée" entre "le Nietzsche-Archiv et les héritiers d'Overbeck". Il signale que la mise en vente du second volume est retardée par un procès et en profite pour réserver son avis : "Je me borne donc pour l'instant, dans ces conditions, à indiquer très brièvement et d'une manière toute objective l'intérêt et la signification de ce qui a paru."

Remarque : "Il n'est guère possible, dans les limites que m'imposent ces comptes rendus, d'arriver à donner une idée de ce que contient le volume si riche et si touffu de M. B." et conseille tout simplement : "Il faut le lire."

Cependant, entreprend quand même de résumer brièvement et avec une certaine bienveillance : "On y trouve une biographie d'Overbeck et de Nietzsche, l'histoire spéciale de l'amitié de Nietzsche et Overbeck, une psychologie de Nietzsche telle qu'elle se formulait dans l'esprit de son ami, une polémique contre Mme Förster-Nietzsche et le Nietzsche-Archiv, une discussion des opinions de la critique nietzschéenne, l'analyse des souvenirs que Nietzsche a laissés à ses connaissances de Bâle, enfin une masse considérable de documents très divers (...), etc. - qui lui confèrent, en tout état de cause, une indiscutable importance. Le livre de M. B. n'est pas une œuvre d'art, mais il est d'intérêt soutenu : il donne l'impression de la réalité vivante et vécue. Il apporte surtout un grand nombre de faits nouveaux qui ne peuvent manquer d'intéresser au plus haut point le biographe de Nietzsche."

Continue en rappelant brièvement ce qu'Overbeck fut pour Nietzsche et statuant : "L'impression qui se dégage dès à présent de cette lecture, c'est que le témoignage d'Overbeck sur Nietzsche est d'une importance de tout premier ordre."

Un peu plus loin, il se répète : "Overbeck nous apparaît ainsi comme un témoin très informé, clairvoyant, d'une loyauté au-dessus de tout soupçon et dont la déposition a dès lors le plus grand prix et mérite d'être écoutée avec la plus scrupuleuse attention."

Devient subitement plus critique lorsqu'il soulève le problème de la valeur de "cette déposition". Il développe alors trois points. Premièrement, il prévient que ce problème ne sera résolu "que lorsque nous aurons entre les mains toutes les pièces du litige." Deuxièmement, reprenant dans ses grandes lignes les problèmes soulevés par Elisabeth Förster dans son Das Nietzsche-Archiv, seine Freunde und Feinde, il s'interroge : "Dans quelle mesure le livre de M. B. peut-il tenir lieu de cette déposition qu'Overbeck lui-même n'a pas rédigée? Les impressions d'Overbeck sur son ami ont-elles varié avec l'âge et peut-on mettre en opposition le témoignage de l'Overbeck des années soixante-dix avec les souvenirs d'Overbeck vieillissant?"

Troisièmement enfin, il pose la question vraiment importante que soulève le livre de Bernouilli : "Dans quelle mesure enfin la déposition de l'ami vient-elle compléter, corriger peut-être sur certains points, le témoignage de la sœur?"

Finit en précisant qu'il se garde d'aborder ces questions "dans ce compte-rendu sommaire."

 

LICHTENBERGER Henri, "Hans Bélart. - "Friedrich Nietzsche und Richard Wagner. Ihre persoenlichen Beziehungen, Kunst und Weltanschauungen", {Littérature allemande}, in Revue universitaire, tome I, n°5, 15 mai 1908, p. 414-415.

Expose le contenu de l'ouvrage et constate qu'avec "un très louable souci d'équité et d'impartialité", l'auteur "s'efforce de ne sacrifier ni l'un ni l'autre des deux grands adversaires." (p. 414) Précise que l'auteur "reconnaît le caractère "pathologique" du Cas Wagner, mais déclare en revanche que "les assauts dirigés contre Wagner par le Nietzsche de la dernière période sont certainement dangereux pour le wagnérisme" et qu'il est impossible de les repousser en se bornant comme le fait Chamberlain à traiter Nietzsche de "fou fin de siècle." (p. 414-415)

 

LICHTENBERGER Henri, "Heinrich Weinel. - Ibsen. Bjoernson. Nietzsche. Individualismus und Christentum", {Littérature allemande}, in Revue universitaire, tome I, n°5, 15 mai 1908, p. 415-416.

Signale que l'auteur remarque que le christianisme traverse une grave crise et reconnait que la question qui se pose aujourd'hui n'est "pas de savoir si les dogmes proposés par le christianisme sont vrais ou faux mais bien de décider si la morale chrétienne est pernicieuse ou bienfaisante, s'il existe ou non un idéal de vie supérieur à l'idéal chrétien." (p. 415) Explique comment Weinel essaie de comprendre et de "dépasser" loyalement Nietzsche, de rendre compte de la genèse de sa personnalité et de concevoir comment cette personnalité a été déviée. Selon Weinel, Nietzsche a ruiné "un pseudo christianisme caduc et mûr pour la disparition" mais qu'il reste à "redécouvrir les vérités éternelles et fondamentales du christianisme vrai", à "comprendre que l'homme doit tendre non pas à l'indépendance hautaine et illusoire du moi vis-à-vis de l'univers, mais à l'absorption du moi dans le divin, à la félicité de la "vie en Dieu"." (p. 416) Conclut en affirmant qu'il s'agit d'un livre "très sincère où s'affirme sans étroitesse confessionnelle ni fanatisme doctrinal la foi très optimiste dans une renaissance toute proche d'un idéalisme chrétien dont l'aube commence à luire après les ténèbres du nihilisme pessimiste et les tempêtes de l'individualisme en révolte." (p. 416)

 

LICHTENBERGER Henri, "Carl Spitteler. - Meine Beziehungen zu Nietzsche", {Littérature allemande}, in Revue universitaire, tome I, n°5, 15 mai 1908, p. 416-417.

Explique que les relations entre Carl Spitteler et Nietzsche se réduisent à très peu de choses ; reconnaît que Spitteler "conte ces relations avec beaucoup d'humour et sur un ton de franchise qui plaît" mais regrette qu'il ne donne pas "les pièces mêmes sur lesquelles se base son récit." (p. 416)

  

LICHTENBERGER Henri, "Düringer. Nietzsches Philosophie und das heutige Christentum", in Revue Germanique, tome 4, n°3, mai-juin 1908, p. 210-211.

Explique longuement que l'auteur "est de ceux qui séparent nettement, chez Nietzsche, l'homme et la doctrine, qui accordent leur respect ou plutôt leur commisération à l'homme mais combattent avec acharnement ses théories et sont convaincus du caractère anti-scientifique de ses élucubrations, de la perversité absolue de ses conceptions morales et sociales, du cynisme grossiers de son fanatisme anti-chrétien." (p. 210) Explique encore qu'il s'agit, selon Düringer, d'"une œuvre de salubrité publique que de combattre à outrance un penseur qui corrompt l'atmosphère spirituelle de notre époque, qui a ruiné moralement de nombreuses existences et a porté le trouble dans d'innombrables familles." Constate que l'auteur s'est acquitté de cette mission avec conscience et vigueur, textes à l'appui , et qu'on peut trouver profit à le lire (p. 211). Reconnaît qu'il y a certainement chez Nietzsche beaucoup d'opinions "subversives" et ajoute même que "nombre de ces opinions, prises dans leur sens littéral, sont très vraisemblablement fausses et ne seront pas ratifiées par la postérité." Refuse pour autant d'en conclure que Nietzsche est "un malfaiteur intellectuel et que son succès est dû à l'ignorance et au snobisme du public." Conclut en affirmant que l'ouvrage de Düringer "ne saurait guère contenter que ceux qui sont a priori persuadés qu'il n'y a rien de bon à tirer de Nietzsche ou qui se préoccupent surtout de la question toute pratique de savoir si l'influence de Nietzsche est actuellement utile ou funeste et applaudissent à tout ce qui peut ruiner cette influence sur la génération contemporaine."

 

IVRY Paul, "Les Sous-Hommes", in Le Radical Algérien, 21 mai 1908, p. 2.

 

FAGUET Emile, "Nietzsche contre les historiens", in Revue latine, Tome 7, n°5, 25 mai 1908, p. 257-286.

Réflexions à propos de la publication des Considérations inactuelles et plus particulièrement de la seconde.

 

DUMEILHAC Prosper, {Revue des revues}, in La Croix, 28 mai 1908, p. 4.

Reproduction de l'article "Immoralistes" publié dans la Revue augustienne, 15 mai 1908.

Analyse de l'article de Georges Palante"Deux types d'immoralisme", dans la Revue philosophique de la France et de l'étranger.

 

ALBERT Henri, "La lutte autour des papiers posthumes de Nietzsche", {Lettres allemandes}, in Mercure de France, 1er juin 1908, p. 563-565.

A propos du procès contre Carl Albrecht Bernoulli pour empêcher la publication de lettres de Peter Gast. Prend la défense d'Elisabeth Förster-Nietzsche. Critique l'attitude de Charles Andler.

 

COMPAYRE Gabriel, "L' "Amoralisme" à l'école primaire", in La Revue, 1er juin 1908, p. 257-263.

Reconnaît le succès de Nietzsche en France et explique les conséquences néfastes de son influence.

 

DUMUR Louis, "Le surhomme contre Nietzsche", in Mercure de France, tome 73, n°263, 1er juin 1908, p. 399-409.

Commence par résumer : "Dans son bel article sur le Bovarysme de l'histoire, M. Jules de Gaultier, rappelant une étude que je publiais précédemment, incrimine mon appréciation de certaines partie de l'œuvre de Nietzsche et va jusqu'à m'imputer de méconnaître le véritable caractère de la pensée du philosophe du Zarathoustra." (p. 399)

Quant au différent qui l'oppose à Gaultier, Dumur se défend en trois temps. Il commence d'abord par postuler : "les interprétations peuvent et doivent être différentes suivant les prédispositions des commentateurs et selon ce qu'il cherchent ou ne cherchent pas dans Nietzsche, où il y a tout et où les opinions les plus opposées peuvent trouver tout à tour d'admirables arguments."

Dans un deuxième temps, Dumur insiste sur ce qui constitue la base de sa défense : "Je dois faire observer tout d'abord que je ne me suis nullement placé au même point de vue que M. Jules de Gaultier. Je n'ai pas écrit un article sur Nietzsche, mais sur la culture, où, à propos des Considérations inactuelles, je me proposais d'exposer quelques vues personnelles. (...) Loin de chercher à concilier Nietzsche avec lui-même, j'ai accentué consciemment ses contradictions et j'ai poussé à l'absurde ce que M. Jules de Gaultier appelle très justement ses "opinions circonstancielles", qui sont précisément celles qu'invoquent le plus volontiers les nouveaux théologiens de la culture classique." (p. 400)

Dans un troisième temps enfin, il insiste sur ce qui constitue la véritable opposition entre Gaultier et lui : "C'est qu'il y a deux Nietzsche : le philosophe et l'homme (...) Ces deux Nietzsche sont inconciliables, ou plutôt ils sont tellement différents que l'on ne doit pas chercher à les concilier." (p. 402)

 

MOREAS Jean, "Autour de la Tragédie", in Vers et prose, tome 14, juin-août 1908, p. 5-12.

S'intéressant au retour de la tragédie en tant que genre difficile, étudie plusieurs livres et particulièrement "le travail de Nietzsche sur  l'Origine de la tragédie", "peut-être un chaos d'idées et d'images ; mais un chaos débrouillable, et même susceptible de nous tirer après tout d'une certaine confusion." (p. 9) Rappelle que Nietzsche "jugea plus tard sévèrement ce livre de jeunesse" (p. 9) et qu'il regrettait de ne pas avoir rompu franchement avec les idées chères à Schopenhauer (p. 11). Conclut : "Mais le plus amer regret de Nietzsche fut d'avoir été par moment, dans son livre de l'Origine de la tragédie, le jouet des fantasmagories modernes ; par exemple, de cette musique wagnérienne, qu'il commença par admirer et qu'il finit par attaquer dans un écrit d'une cruauté terriblement clairvoyante." (p. 11)

 

LESUEUR Daniel, "Nous avons une maladie de la volonté", in Le Matin, 4 juin 1908, p. 1.

Sous-titre: "Qui la guérira? La discipline... répond Nietzsche ... et la femme ajoute Daniel Lesueur". Avec un portrait de Daniel Lesueur.

Voir l'enquête à ce sujet quelques jours plus tard: "Avons-nous une Maladie de la Volonté?", in Le Matin, 15 juin 1908, p. 2. Enquête auprès de Paul BourgetHenry Roujon, Alfred Mézières, Henry Lavedan qui évoquent Nietzsche.

 

DESCHAMPS Gaston, {La vie littéraire}, in Le Temps, 7 juin 1908, p. 2.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

CASE Jules, {Tablettes littéraires}, in Gil Blas, 11 juin 1908, p. 2.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

GLASER Ph. -Emmanuel, "Petite chronique des lettres", in Le Figaro, 12 juin 1908, p. 4.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

LECOMTE Georges, "Littérature d'énergie", in Le Radical, 13 juin 1908, p. 1.

A propos du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

Anonyme, "Avons-nous une Maladie de la Volonté?", in Le Matin, 15 juin 1908, p. 2.

Enquête auprès de Paul BourgetHenry Roujon, Alfred Mézières, Henry Lavedan qui évoquent Nietzsche.

Portrait de Nietzsche.

 

ACKER Paul, "Les Héros Nietzschéens", in Gil Blas, 18 juin 1908, p. 1.

 

JOLLIVET Gaston, "La Femme Forte", in L'Eclair, 18 juin 1908, p. 1.

 

ROUJON Henry, "Propos de table", in Le Figaro, 19 juin 1908, p. 1.

Conversation au sujet du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

SAVOYANT Marcel, "Les sous-hommes", in Le Courrier de Tiemcen, 19 juin 1908, p. 1.

 

LESUEUR Daniel, "La cure d'énergie", in Le Matin, 21 juin 1908, p. 2.

Sous-titre: "Les leçons de Nietzsche".

 

ALLAIN Marcel, "Nietzschéenne", in L'Auto, 23 juin 1908, p. 1.

 

COUGNY Gaston, {Actualités Littéraires}, in La Dépêche du Berry, 24 juin 1908, p. 2.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne

 

MORLAND Jacques, {Arts et Littérature}, in Le Télégramme, 24 juin 1908, p. 5.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

Note: "Nietzsche a été souvent trahi par ceux mêmes qui croyaient avoir le mieux pénétré son génie. Autant par son mode de travail que par la diversité de ses recherches, ce philosophe a été amené à se .contredire assez souvent pour que les idées les plus opposées en apparence puissent être tirée de son œuvre ; ce n'est qu'après l'avoir bien étudié que l'on saisit le caractère véritable de cette pensée si nette et si puissante. Aussi peut-on presque à coup sûr juger les écrivains d'aujourd'hui selon la manière dont ils comprennent Nietzsche. Je n'hésite pas à dire que le point de vue de Mme Daniel Lesueur est le meilleur, le plus juste : celui qui montre l'élévation et la grandeur de l'idéal nietzschéen".

 

PRADELS Octave, "Nietzschéen!", in Gil Blas, 25 juin 1908, p. 1.

Poème satirique inspiré de Nietzsche et de Daniel Lesueur.

 

Anonyme, {Les livres. Littérature}, in Durandal, 15ème année, 1908, p. 715-716.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne (p. 716)

 

Inconnu, "Une Théorie Nietzschéenne sur la Colonisation", in L'Echo de Madagascar, 1908.

Référence citée d'après une reproduction de l'article dans La Politique coloniale, 27 juin 1908, p. 1.

 

Anonyme, "Evolutionnisme et Platonisme, mélanges d'histoire de la philosophie et d'histoire des sciences, par René Berthelot", in Revue de métaphysique et de morale, tome XVI, n°4, supplément de juillet 1908, p. 6-8.

Se dispense d'exposer l'analyse que René Berthelot propose au sujet de Nietzsche parce qu'un article à ce sujet est déjà publié dans la revue (p. 7).

 

Anonyme, "Revue de synthèse historique", {Revues et périodiques}, in Revue de métaphysique et de morale, tome XVI, n°4, supplément de juillet 1908, p. 19-21.

Compte-rendu d'un article de Charles Andler, "Nietzsche et Burckhardt, leur philosophie de l'histoire". (p. 21)

 

Anonyme, "Société des langues et des littératures modernes", in Revue germanique, tome 4, juillet 1908, p. 335-337.

Compte-rendu de la séance du 9 février 1908 avec une communication de Charles Andler sur l'état de la biographie de Nietzsche.

 

BAUËR Henri, "La conception de l'hellénisme dans Goethe et dans Frédéric Nietzsche", in Revue Germanique, tome 4, juillet 1908, p. 365-413.

Etudie les conceptions de l'Hellénisme, en apparence contradictoires, chez Goethe et Nietzsche, "cet autre Allemand, romantique et chrétien dans l'âme, mais prophète d'une nouvelle morale païenne et d'une Renaissance classique." (p. 365) Soutient que les deux aspects de la vie religieuse et artistique des Grecs que Goethe et Nietzsche ont aperçus, "le Titanesque et le Dionysien d'une part, l'Olympien et l'Apollinien d'autre part", "débordent la formule d'art "classique" et la formule "romantique", et sont infiniment plus profonds, plus complets, plus humains que l' "optimisme" et que le "pessimisme" vulgaires." (p. 366)

 

BERTHELOT René, "Sur le pragmatisme de Nietzsche", in Revue de métaphysique et de morale, tome 16, n°4, juillet 1908, p. 403-447.

Justifie l'objet de son étude : "Par son audace et son intransigeance passionnée, la théorie nietzschéenne de la connaissance mérite d'attirer l'attention : c'est une sorte de cas-limite. Elle le mérite aussi par son originalité : Nietzsche n'a pas connu le mot de pragmatisme, mais il a le premier aperçu distinctement une grande partie des idées qu'aujourd'hui on désigne d'habitude par ce terme. Elle a pourtant assez longtemps passé inaperçue : ce qui, chez le poète philosophe, a d'abord provoqué l'admiration, c'est la magnificence lyrique de la forme ; ce qui ensuite a excité la curiosité, le scandale ou l'enthousiasme, ce sont ses paradoxes moraux et sociaux." (p. 405)

 

M. L., "Les nouveaux livres", in Le Mois littéraire, t. 20, juillet-décembre 1908, p. 87.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne. Conteste le "Nietzschéisme" de l'héroïne.

 

Anonyme, {Echos}, in L'Action française, 1er juillet 1908, p. 1.

Eloges du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

Commence ainsi: "On peut tirer bien des leçons diverses et contradictoires de ce penseur agité, génial et protéiforme que fut Frédéric Nietzsche. Depuis une dizaine d'années, la littérature romanesque justifiait par la philosophie de Nietzsche et l'idéal du « Surhomme », les cent manières d'en prendre à son aise avec la discipline des mœurs, qui n'avaient pas attendu Nietzsche pour tenter les pauvres humains. Mme Daniel Lesueur a négligé les conseils d'anarchie que l'on peut, si l'on veut, trouver dans l'auteur de Zarathustra. Et ce que son héroïne cherche chez lui, ce sont les préceptes d'énergie personnelle, et de domination de soi-même".

 

MICHEL Georges, "Nietzschéenne, par Daniel Lesueur", in L'Aurore, 3 juillet 1908, p. 1.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne. 

 

BOIS Jules, {Revue des livres}, in Annales politiques et littéraires, n°1306, 5 juillet 1908, p. 5-7.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

LESUEUR Daniel, "Le livre du jour", in Annales politiques et littéraires, n°1306, 5 juillet 1908, p. 7.

Extrait de son roman Nietzschéenne.

 

A., {Revue des livres}, in Journal des Débats politiques et littéraires, 7 juillet 1908, p. 2.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

Extrait: "Le roman de Mme Daniel Lesueur, dont on a beaucoup parlé, est la mise en action dramatique de la crise de la volonté. Au fond, on l'a dit, comme moyen de relèvement moral et comme école de perfection et d'héroïsme, le nietzschisme est peut- être discutable. Le christianisme est tout indiqué et serait bien plus efficace: on n'a rien trouvé de mieux jusqu'ici. Le livre de Mme Daniel Lesueur est extrêmement attrayant il remue les idées, il fait penser et réfléchir et, littérairement ou philosophiquement, il ne sera indifférent à personne."
 

ELZEVIR"Chronique des livres", in Le Petit Journal, 9 juillet 1908, p. 3.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

Eloges. Conclut: "Tout le public féminin sera pour Nietzschéenne qui sème à pleine main des idées neuves et, on peut l'écrire sans exagération, lève un drapeau, - sous lequel bien des hommes, j'en suis sûr, ne refuseront pas de marcher".

 

PASCAL Félicien, "Les Mauvais Maîtres", in La Gazette de France, 7 juillet 1908, p. 1-2.

A propos du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

GEFFROY Gustave, "Nietzschéenne", {Causeries},  in La Dépêche, 11 juillet 1908, p. 1-2.

A propos du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

CHARLES Etienne, {Revue des livres}, in La Liberté, 13 juillet 1908, p. 1.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

DELORME Hugues, "Nietzschomanie", in L'Auto, 19 juillet 1908, p. 1.

Poème ironique.

 

LOYSON Paul-Hyacinthe, "Les statues de sel", in L'Aurore, 13 juillet 1908, p. 1-2.

A propos du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

BERTH Edouard, " "Les "Considérations Inactuelles" de Nietzsche", in Le Mouvement socialiste, n°200, 15 juillet 1908, p. 52-63.

Remarque concernant l'ordre de la publication des œuvres de Nietzsche : "On pourrait tout d'abord demander à Henri Albert, sous la direction de qui se publient en France les œuvres complètes de Nietzsche, pourquoi ce volume vient à la suite des autres, alors que, logiquement, et pour une bonne entente de l'évolution intellectuelle du grand penseur allemand, c'est peut-être par lui qu'il aurait fallu commencer." (p. 52)

Il argumente un peu : "Car, incontestablement, ce livre des Considérations inactuelles est le plus jeune de tous." (p. 52)

Finalement termine en minimisant l'importance de ces "condamnations" et conclut : "Après tout, il n'est peut-être pas mauvais qu'on nous redonne, après le Nietzsche intellectualiste et le Nietzsche dionysien, le premier Nietzsche, le Nietzsche encore mal dégagé du romantisme ; par ce brusque rapprochement avec le point de départ, on a la sensation très vive, en effet, du chemin parcouru et, du même coup, de l'unité de l'œuvre entière." (p. 52-53)

Résume brièvement la thèse de Nietzsche : "(...) contre quoi s'élève précisément Nietzsche? Il s'élève contre ce qu'on pourrait appeler l'histoire pour l'histoire, contre l'histoire érigée en absolu, et non plus mise au service de la vie ; il reproche à la culture moderne d'être trop abstraite, d'avoir dissocié l'être interne et la réalité extérieur, le contenu et la forme, l'idée et l'action." (p. 53)

Explique que la thèse de Nietzsche s'applique au matérialisme historique et il conclut par une longue critique des marxistes orthodoxes et de la Social-Démocratie allemande : "Le matérialisme historique n'est clair, intelligible, fécond, que si on le détache le moins possible de sa véritable base, je veux dire de la lutte des classes ; mais si on le pousse dans le sens d'une interprétation ne varietur et abstraitement idéologique de tous les événements humains, comme ont fait les marxistes orthodoxes, non seulement il devient grotesque, absurde, ridicule, mais encore - ce qui est plus grave - d'un usage parfaitement vain, indifférent, inutile, une parfaite superfluité et curiosité érudite." (p. 55-56)

 

HALEVY Daniel, "Nietzsche et l'Empire allemand, 1870-1872", in Revue de Paris, 15 juillet 1908, p. 372-394.

 

VAREDE R., "A travers les Romans du mois", in Romans-Revue, n°5, 15 juillet 1908, p. 293-301.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne, classé dans les romans "dangereux ou réservés aux très grandes personnes".

 

MIGOT Robert, "A la gloire de Nietzsche", in Le Progrès des communes, 23 juillet 1908, p. 1.

 

MARYX Camille, "La femme dans trois romans de femmes", in Les Entretiens idéalistes, 25 juillet 1908, p. 292-298.

A propos du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

SEILLIERE Ernest, "Nietzsche dans le roman français", in L'Opinion, 25 juillet 1908, p. 15-16.

 

FERRY René-Marc, "Nietzschéenne par Daniel Lesueur", in L'Eclair, 27 juillet 1908, p. 3.

A propos du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

Anonyme, "A travers les romans du Mois", in Romans-Revue: guide de lectures, 1908.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne, classé parmi les "Romans dangereux ou réservés aux très grandes personnes". Note que c'est le roman "qui a fait sans doute le plus de bruit et de tapage le mois dernier, ou qui du moins a fait couler le plus d'encre dans toutes les feuilles du matin et du-soir" (p. 293). Désapprouve la morale et cite longuement un article allemand qui dénigre Nietzsche.

Conclut: "On serait tenté de croire que le nietzschéisme de Daniel Lesueur est modéré, n'étaient certaines déclarations bruyantes

qu'elle fit dans la presse, il n'y a pas bien longtemps. Son roman, en a pris l'allure et le ton d'un manifeste. Tout le monde a parlé

soudain de Nietzsche : et il parait que les jeunes filles commencent à se préoccuper maintenant du brumeux philosophe, et

qu'elles écoutent Zarathoustra" (p. 294).

 

DEHERME Georges, "Nietzsche ou Comte", in Coopération des idées, 1er août 1908.

A propos de Nietzschéenne de Daniel Lesueur, estime que seul Comte peut amener la société au salut moral alors que Nietzsche ne montre que la voie de la dégénérescence.

 

Anonyme, "Daniel Lesueur, Nietzschéenne", in Gazette de Lausanne, 5 août 1908, p. 2.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

Anonyme [Georges Favre], "L'éducation de l'énergie", in La Liberté (Fribourg), 5 août 1908, p. 1.

Proteste contre le roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

Sera suivi d'une lettre de Daniel Lesueur dans La Liberté du 17 août 1908.

 

ARMON Paul d', "Nietzschéenne", {La vie littéraire}, in La Dépêche de Brest, 8 août 1908, p. 2.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

ROUANET Gustave, "Nietzschéenne, de Daniel Lesueur", in L'Humanité, 10 août 1908.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

DRUMONT Edouard, "De Lélia à la Nietzschéenne", in La libre parole, 13 août 1908, p. 1.

A propos du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

FLORENCE Jean, "Commentaires nietzschéens", in La Phalange, n°26, 15 août 1908, p. 126-132.

Commence en remarquant : "(...) puisque ce commentaire, n'étant pas le premier, ne saurait être le dernier que l'on fasse de la pensée nietzschéenne, s'il est faux, du moins il m'exprime, et s'il déplaît, bonnes gens, les marges de "la Phalange" sont assez large pour que votre crayon y commente le commentaire sans épargner le commentateur." (p. 126)

Constate la prodigieuse vitalité de la pensée nietzschéenne qui a su survivre, s'accroître et se reproduire : "Nietzsche aujourd'hui se perpétue parmi nous, pensant par mille cerveaux, parlant par mille bouches." p. 126) "C'est ainsi que la philosophie de Nietzsche, toujours incomplète, toujours incline à des développements nouveaux, continue à s'élaborer dans tous les esprits qui l'accueillent." (p. 127)

Remarque que Nietzsche, "critique à son tour, psychologue et logicien plus audacieux que maint spécialiste" a "poussé jusqu'à sa dernière limite l'hypothèse du phénoménisme." (p. 127) Expose les idées de Nietzsche sur le phénoménisme et conclut : "Nietzsche lui a reconnu un domaine très grand. Il en a élargi et approfondi l'idée, il l'a étendu et il en a fait, sous le nom de "Perspectivisme", une sorte de spacieuse enclave - hôpital, oasis, paradis? - réservée aux esprits spéculatifs qui voudraient séjourner dans une philosophie qui n'est pas faite pour eux. D'aucuns s'y étant égarés, trompés par de séductrices apparences, il a paru charitable de leur indiquer, amoureusement aménagé par la sollicitude du Maître, ce vrai "Coin des Poètes"." (p. 132)

 

GAULTIER Jules de, "Nietzsche contre le surhomme", in Mercure de France, tome 74, n°268, 16 août 1908, p. 561-585.

Reconnaît en Louis Dumur "un de ces ennemis dont il convient de se parer" mais ajoute aussitôt : "Je voudrais seulement lui faire accepter un terrain de mésintelligence moins contestable que celui qu'il a choisi. Je voudrais montrer qu'il n'est point utile, pour marquer son désaccord avec Nietzsche, de mettre Nietzsche en désaccord avec lui-même." (p. 561)

Renonce à le "réconcilier avec Nietzsche" mais continue juste après : "Je voudrais insister de nouveau pour faire voir que cet état de contradiction de Nietzsche avec lui-même n'existe pas (...)." (p. 561)

Avant d'entrée dans des considérations philosophiques, il reconnaît au passage : "Je sais bien que M. Dumur (...), dès qu'il prend l'offensive contre Nietzsche, cède à l'aversion que lui inspire, en raison de l'importance exagérée, à son gré, qu'elle assume dans l'œuvre, l'une des deux tendances de la philosophie nietzschéenne (...)."

Il suppose :" Par une opposition de termes, qui l'entraîne, je l'imagine, très au delà de sa pensée, en contraste avec la philosophie du Surhomme, il la nomme la philosophie du soushommes." (p. 562)

Cependant il constate et finalement condamne : "(...) il discrédite d'un terme péjoratif une partie de cette philosophie que je tiens quant à moi pour un contrepoids indispensable à l'autre, et à vrai dire pour aussi forte et non moins belle." (p. 562)

 

GIBOUT Henri, "Chez le libraire", in Foi et Vie, n°16, 16 août 1908, p. 491-495.

Analyse du roman de Daniel LesueurNietzschéenne (p. 491-493). Avec une analyse de la place de Nietzsche en France. Commence ainsi: "Pauvre Nietzsche! Lui qui volait en songe, lui qui goûtait le bonheur « alcyonien » de planer bien au-dessus des petits hommes et des petites femmes, il faut le plaindre de n’être plus aujourd’hui pour nous qu’un jouet, quelque chose comme ces ballons rouges que les enfants promènent au bout d’une ficelle. Nous avons tous un ballon sur lequel il est écrit: Nietzsche, et que nous avons gonflé avec le peu que nous savons de Nietzsche, de sa vie, de sa doctrine. Un écrivain, un beau parleur, une femme du monde, ne peuvent aller en ville sans s’être munis de ce ballon philosophique" (p. 491).

 

LESUEUR Daniel, "Une lettre", in La Liberté (Fribourg), 17 août 1908, p. 1.

Proteste contre l'accusation de faire la promotion de la morale de Nietzsche. Voir Anonyme [Georges Favre], "L'éducation de l'énergie", in La Liberté (Fribourg), 5 août 1908, p. 1.

Sera suivi d'une réponse: voir Georges Favre, "Réponse à Mme Daniel Lesueur", in La Liberté (Fribourg), 20 août 1908, p. 1.

 

Anonyme, "A la montagne", in Le Figaro, 18 août 1908, p. 2.

A propos d'un pèlerinage à Sil-Maria organisé par Robert de Montesquiou.

 

FAVRE Georges, "Réponse à Mme Daniel Lesueur", in La Liberté (Fribourg), 20 août 1908, p. 1.

Réponse à la  lettre de Daniel Lesueur dans La Liberté du 17 août 1908.

 

DOURY Charles, "Nietzschéenne", in L'Intransigeant, 21 août 1908, p. 3.

Entretien avec Daniel Lesueur.

 

WILLY, "Lettre de Bayreuth", in Comoedia, n°325, 20 août 1908, p. 1-2.

Répond à un correspondant allemand, un "nietzschéen attardé" qui le suspecte de ne pas avoir lu Nietzsche. S'exclame: "Ô Philosophe cher à Daniel Lesueur, que de coups de rasoir on donne en ton nom!" (p. 1) Réplique moqueur.

 

WILLY, "Encore Nietzsche", in Comoedia, n°327, 22 août 1908, p. 1-2.

 

LIONNET Jean, {Les livres}, in Revue hebdomadaire, 29 août 1908, p. 664-687.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne (p. 673-677).

 

HALEVY Daniel, "Overbeck et Nietzsche", in Journal des Débats, 30 août 1908, p. 3.

 

Anonyme, {Chronique russe}, in Bibliothèque universelle et revue suisse, t. 51, 1908, p. 404-412.

Compte-rendu de Léon ChestovLe bien dans les doctrines de Tolstoï et de Nietzsche (p. 409-410).

 

LE FUR Louis, "La souveraineté et le droit", in Revue du Droit public et de la Science politique en France et à l'Etranger, n°3, juillet-août-septembre 1908.

D'après le livre publié aux éditions Giard et Brière en 1908.

Long examen critique de Nietzsche, essentiellement à travers Alfred FouilléeJean Bourdeau et Jules de Gaultier.

 

DUMUR Louis, "Nietzsche et M. Jules de Gaultier", {Echos}, in Mercure de France, tome 75, n°269, 1er septembre 1908, p. 187-188.

Commence par une question : "Si, comme le croit M. Jules de Gaultier, il n'y a pas de contradiction entre les deux tendances manifestées par Nietzsche (...), comment se fait-il que chaque fois que Nietzsche sort du domaine des idées générales pour passer à celui des faits concrets, c'est-à-dire qu'il est amené à exposer son point de vue dans un fait d'histoire, d'art ou de sociologie, il prenne toujours parti pour le pouvoir d'arrêt et jamais pour le pouvoir d'impulsion?"

Il reste fidèle à la conception qu'il défendait quelques mois auparavant : "Nietzsche demeure donc contradictoire, malgré l'ingénieuse argumentation de M. Jules de Gaultier."

 

ALBERT Henri, "La fondation Nietzsche", {Echos}, in Mercure de France, tome 75, n°270, 16 septembre 1908, p. 366-367.

Signale que le Nietzsche-Archiv "vient de se transformer en une fondation perpétuelle, sous la surveillance d'un groupe de professeurs, de savants et de fonctionnaires allemands." (p. 366)

Signale que cette fondation attribuera annuellement des prix divers et explique comment seront choisis les candidats. Conclut ironique: "Nous ne savons pas si l'on imposera aux bénéficiaires de la fondation Nietzsche l'étude approfondie des œuvres du maître. Ils y puiseraient en tous les cas le mépris profond du byzantinisme germanique qui a réglé les conditions de cette entreprise et en a établi les bases." (p. 367)

 

GAULTIER Jules de, "Nietzsche et M. Louis Dumur", {Echos}, in Mercure de France, tome 75, n°270, 16 septembre 1908, p. 359-361.

Contre Louis Dumur, cite des exemples de cas dans lesquels Nietzsche a pris le parti du mouvement. Il reconnaît que Nietzsche a parfois aussi des partis pris en faveur du pouvoir d'arrêt et poursuit : "Ils ne feront qu'attester, mis en regard des partis pris contraires que je viens d'énumérer, que Nietzsche (...) apprécie bien la réalité comme un compromis entre deux tendances contraires et que, (...), il tente de fortifier, selon les circonstances, tantôt l'une et tantôt l'autre de ces tendances."

Il conclut : "Non, la pensée de Nietzsche ne comporte pas de contradiction. Tout penseur a le droit d'opposer à ses appréciations des appréciations contraires, mais non pas, en logique, de voir une contradiction de Nietzsche dans le fait d'une contradiction de sa pensée personnelle avec celle de Nietzsche." (p. 361)

 

SOUDAY Paul, {Notes et lectures}, in Le Temps, 16 septembre 1908, p. 3.

A propos des lettres de Nietzsche publiées par Paul Lévy dans La Revue.

Conclut: "Nous, serions bien ingrats de ne pas aimer un peu ce pauvre, étrange et merveilleux Nietzsche, qui a tant aimé l'esprit français".

 

Anonyme, "Nietzsche et la France", in L'Univers 17 septembre 1908, p. 1.

A propos de lettres de Nietzsche publiées dans La Revue.

 

LE DIABLE BOITEUX, "Nietzsche et la France", in Gil Blas, 17 septembre 1908, p. 1.

A propos des lettres de Nietzsche publiées par Paul Lévy dans La Revue.

 

LE DIABLE BOITEUX, "Encore et toujours Nietzsche", {Le Boulevard}, in Gil Blas, 19 septembre 1908, p. 1.

A propos des lettres de Nietzsche publiées par Paul Lévy dans La Revue.

 

BEAUNIER André, "Nietzsche", {A travers les revues}, in Le Figaro, 3 octobre 1908, p. 3.

A propos des lettres de Nietzsche publiées par Paul Lévy dans La Revue.

 

Anonyme, "En marge", in Le Temps, 5 octobre 1908, p. 1.

A propos des lettres de Nietzsche publiées par Paul Lévy dans La Revue.

 

BEAUNIER André, "Nietzsche", {A travers les revues}, in Le Figaro, 10 octobre 1908, p. 3.

A propos des lettres de Nietzsche publiées par Paul Lévy dans La Revue.

 

LE DIABLE BOITEUX, "La folie de Nietzsche", {Le Boulevard}, in Gil Blas, 12 octobre 1908, p. 1.

A propos des lettres de Nietzsche publiées par Paul Lévy dans La Revue.

 

LAZARILLE, "Lettres de Nietzsche", {Echos de partout}, in Semaine littéraire, 17 octobre 1908.

Référence citée d'après l'annonce dans la Gazette de Lausanne du 27 octobre 1908, p. 3.

 

Anonyme, "International Journal of Ethics", {Revues et périodiques}, in Revue de métaphysique et de morale, tome XVI, n°6, supplément de novembre 1908, p. 21-24.

Compte-rendu d'un article de A. -C. Pigon sur "L'Ethique de Nietzsche" (p. 24).

 

GUY-GRAND Georges, "Les nietzschéennes", in Annales de la Jeunesse laïque, novembre 1908.

Référence citée d'après la bibliographie publiée dans Armée et démocratie, 7 novembre 1908, p. 710.

 

Anonyme, {Notes bibliographiques}, in La Croix, 7 novembre 1908, p. 4.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

 

Anonyme, "Nietzsche et les femmes", in Journal des Débats, 12 novembre 1908, p. 2.

A propos des souvenirs sur Nietzsche de Silex publiés dans la Bibliothèque universelle et revue suisse.

 

LE DIABLE BOITEUX, "Nietzsche et les femmes", {Le Boulevard}, in Gil Blas, 18 novembre 1908, p. 1.

A propos de la misogynie de Nietzsche.

 

Anonyme, "Société pour l'étude des langues et des littérature modernes", in Revue germanique, tome IV, n°5, novembre-décembre 1908, p. 559-562.

Compte-rendu de la séance du 19 juillet 1908, avec une communication de Charles Andler sur l'état de la biographie de Nietzsche.

 

ALBERT Henri, "Friedrich Nietzsche : Ecce Homo. Wie man wird was man ist", {Lettres allemandes}, in Mercure de France, tome 76, n°275, 1er décembre 1908, p. 553-554.

Se montre critique : "A vrai dire, nous n'espérions plus que ce dernier écrit du philosophe vit le jour. (...) Des scrupules dont nous n'avons pas à examiner le bien-fondé, firent renoncer à incorporer Ecce Homo dans les Œuvres complètes. Mme Förster-Nietzsche en donna quelques fragments, soigneusement élagués, dans l'étude biographique qu'elle consacra à son frère, mais l'amputation paraissait définitive." (p. 553)

Continue avec quelques remarques désobligeantes : "On décida donc de faire, chez un autre éditeur que celui des Œuvres complètes, un tirage restreint d'un prix élevé, pour empêcher l'ouvrage de pénétrer jusque chez les "humbles".

Nietzsche avait fixé lui-même, dans une lettre à Peter Gast, le prix de vente d'Ecce Homo : "Un mark 1/2, comme le Crépuscule des idoles" (26 novembre 1888). Mais qu'importe la dernière volonté de Nietzsche! On vend maintenant son livre vingt marks, on l'édite dans un format ridicule, avec des ornementations d'un style si déplaisant que les Belges mêmes n'en ont pas voulu, et cela après avoir attendu vingt ans!" (p. 553-554)

  

ALBERT Henri, "Friedrich Nietzsche : Briefe an Peter Gast (Gesammelte Briefe, vol. IV)", {Lettres allemandes}, in Mercure de France, tome 76, n°275, 1er décembre 1908, p. 554-555.

Ne tarit pas d'éloges pour Peter Gast, l'homme, l'ami et le disciple : "Peter Gast était pour Nietzsche le correspondant idéal. Il répondait minutieusement à toutes les lettres, il saisissait toutes les allusions et savait se plier à toutes les exigences du maître." (p. 554-555)

Considère que Peter Gast est un témoin tout à fait privilégié : "Aussi, devant ce jeune homme, Nietzsche se donnait-il beaucoup plus que devant ses amis d'enfance, les compagnons de son âge." (p. 555)

Enfin, consécration suprême : "N'était-il pas aussi le seul homme qui connaissait parfaitement son œuvre?" (p. 555)

  

ALBERT Henri, "Carl Albrecht Bernouilli : Franz Overbeck und Friedrich Nietzsche, eine Freundschaft, vol. II", {Lettres allemandes}, in Mercure de France, tome 76, n°275, 1er décembre 1908, p. 555-557.

Commence par expliquer pourquoi la publication du second volume a été retardé. Précise que c'est le Nietzsche-Archiv qui s'opposait à la publication des lettres de Peter Gast et ajoute, comme pour bien marquer son camp, que selon lui, le droit de Gast ne faisait aucun doute.

Continue par un long réquisitoire d'une sévérité exemplaire : "(...) le second volume de M. Bernouilli paraît aujourd'hui avec de nombreux passages "caviardés". (...) M. Bernouilli a fait un ouvrage allemand. C'est le seul qualificatif que nous puissions trouver pour cette accumulation de documents à peine reliés les uns aux autres, où les passages importants disparaissent sous un fouillis d'inutiles bavardages, où rien n'est véritablement à sa place." (p. 556)

Explique sa position personnelle ainsi : "Nous n'avons pas à intervenir dans ce débat. Nous avons dit plus haut, à propos d'Ecce Homo, les griefs que l'on pourrait invoquer contre le Nietzsche-Archiv." (p. 556)

Sur le fond, il conteste les compétences des amis de Nietzsche, celles d'Erwin Rohde et de Franz Overbeck : "Ils étaient tous les deux les amis de Nietzsche, ils n'étaient pas ses disciples. S'ils admiraient les dons prodigieux de ce génial camarade, ils ne se rendirent cependant pas compte de l'importance énorme de sa doctrine. Nietzsche souffrait de cet état de choses et il s'en est expliqué maintes fois. Mais il avait en Overbeck un compagnon dévoué qui s'occupait de régler ses affaires, de sorte qu'il apparaît comme assez naturel que celui-ci, une fois qu'il eut ramené Nietzsche, malade et perdu à jamais, dans sa patrie allemande, considérât sa mission comme terminée. Pouvait-il raisonnablement s'occuper de son œuvre, lui qui n'y avait jamais rien compris?" (p. 556-557)

Ne concède au volume de Bernouilli que deux mérites : le premier est d'offrir le témoignage d'Overbeck concernant l'effondrement de Nietzsche à Turin. C'est une réaction tout à fait logique venant d'Henri Albert : il se fie systématiquement aux personnes qu'il juge les plus qualifiées pour témoigner. Overbeck étant seul à Turin avec Nietzsche, son récit est sinon le seul, du moins le plus crédible.

Le second mérite qu'il souligne concerne la réhabilitation de Fritz Kögel. Il écrit : "Soyons aussi reconnaissant à l'écrivain suisse de sa belle défense de Fritz Kögel, le premier collaborateur du Nietzsche-Archiv. N'oublions pas que c'est à cet esprit magnifiquement organisé que nous devons la publication de l'Antéchrist, qui sans lui n'aurait probablement vu le jour que d'une façon clandestine, de même qu'Ecce homo. Il avait un véritable culte pour Nietzsche, dont il saisissait (n'oublions pas qu'il y a maintenant quatorze ans de cela!) toutes les finesses. Sa force de travail était prodigieuse. Si notre traduction de Zarathoustra est si parfaitement adéquate à l'original, c'est à une correspondance presque quotidienne avec Kögel que nous le devons."

Continue en insistant sur les trop nombreuses inexactitudes contenues dans le livre et conclut finalement en s'indignant : "(...) pour montrer l'influence qu'exerce Mme Förster-Nietzsche sur le mouvement nietzschéen, l'auteur résume son jugement en écrivant : "Elle domine les lettres françaises par le Mercure de France." Après cela, il n'y a plus qu'à nous arrêter. Bâle est-il donc si loin de Paris, pour que de pareilles erreurs de perspectives soient possibles, ou bien M. Bernouilli est-il victime d'une documentation qui, pour venir jusqu'à lui, fait le détour de la Sorbonne ?" (p. 557)

 

BATAULT Georges, "Apollon et Dionysos. Leur vrai sens chez Nietzsche", in Mercure de France, tome 76, n°275, 1er décembre 1908, p. 435-444.

Après un bref résumé de la controverse qui vient d'opposer Louis Dumur et Jules de Gaultier, il désapprouve successivement les deux. Il commence par s'en prendre à Louis Dumur : "(...) nous sommes en droit de reprocher à M. Dumur de n'avoir voulu étudier Nietzsche et ses idées culturelles qu'au travers une seule œuvre." (p. 435)

C'est ensuite au tour de Jules de Gaultier : "(...) doit-on considérer que M. Jules de Gaultier a toutes les qualités pour défendre la pensée de Nietzsche? (...) M. Jules de Gaultier, tout attaché, ce dont je le loue, à faire triompher son système, tend trop souvent, ce me semble, à englober Nietzsche, qui est un des maîtres à qui il doit le plus, dans sa systématique, à l'accaparer pour un usage trop strictement personnel." (p. 435-436)

Il résume l'opposition entre Dumur et Gaultier : "Nietzsche est-il, à le bien considérer, apollinien ou dionysien? (...) Je veux m'attacher à démontrer dans la présente étude que Nietzsche est à la fois apollinien et dionysien, sans que l'on puisse voir là l'ombre d'une contradiction (...)." (p. 437)

Tranche finalement : "Apollon ou Dionysos, Nietzsche ne choisit pas, ne peut pas choisir, c'est Apollon et Dionysos, si intimement liés dans sa pensée qu'on ne peut pas les séparer. Et c'est pourquoi je pense qu'il est inutile que la discussion entre M. L. Dumur et M. J. de Gaultier prenne pour prétexte l'œuvre de Nietzsche. M. J. de Gaultier s'est affirmé philosophe intellectualiste, il a exposé dans des œuvres fort intéressantes ses idées, et l'on sait avec quelle science et quel courage il les a toujours défendues. M. L. Dumur, absolument pragmatiste, autant que l'on peut en juger par ses derniers travaux, s'écarte, par la base même, du système de M. de Gaultier. Je pense pourtant, s'il m'est permis de porter une appréciation, que M. Dumur est plus près de la pensée vivante de Nietzsche que M. Jules de Gaultier." (p. 444)

Conclut : "Quoi qu'il en soit, Nietzsche ne doit pas sortir de ce débat entaché de cent contradictions irréductibles ; sa pensée, quelque peu difficile à saisir au travers du morcellement de son œuvre, n'en ressort pas moins, à un examen attentif et impartial, comme une idéologie très pure et très haute, se coordonnant dans un système parfaitement logique. Ceux qui ont accusé Nietzsche de n'être aucunement systématique ne doivent ce reproche qu'à eux-mêmes, qu'à une impuissance logique qui leur est propre. Pour tous ceux qui l'étudient de près, l'œuvre de Nietzsche se présente comme une des synthèses les plus grandioses qui soient de la vie (...)." (p. 444)

 

BATAULT Georges, "Quatre méditations sur Nietzsche", in L'Occident, n°85, décembre 1908, p. 265-277.

 

LICHTENBERGER Henri, "Walter Jesinghaus : Nietzsches Stellung zu Weib, Liebe und Ehe", {Littérature allemande}, in Revue universitaire, tome II, n°10, 15 décembre 1908, p. 423.

Compte-rendu bref mais dense : "Fort agréable commentaire des idées de Nietzsche énoncées par Nietzsche sur la femme, l'amour et le mariage. L'auteur repousse avec raison les accusations d'immoralité (n'est-on pas aller jusqu'à parler de "sadisme!!!") ou de duretés portées contre Nietzsche par certains critiques peu psychologues. Et il conclut fort justement que ses théories sur la femme sont inspirées par l'idéalisme le plus pur et le plus délicat et que, en dépit de certains aphorismes "cruels" ou peu flatteurs que l'on rencontre chez lui et qui s'expliquent sans peine, les femmes ont, elles aussi, les meilleurs motifs d'aimer et de respecter le grand philosophe."

 

RONDACHE, "La religion nouvelle. Le Nietzschéisme", in La Croix de l'Algérie et de la Tunisie, 17 décembre 1908, p. 1.

 

Anonyme, {Les Revues}, in La Gazette de France, 19 décembre 1908, p. 1-2.

Extrait d'Ecce homo et moquerie sur le manque d'humilité de Nietzsche (p. 2).

 

Anonyme, "Les livres nouveaux", in Le Monde illustré, n°2700, 26 décembre 1908.

Compte-rendu du roman de Daniel LesueurNietzschéenne.

  

ARNAUD Charles, "Romans de mœurs", {Romans, contes et nouvelles}, in Polybiblion, tome 113, 1908, p. 294-297.

Compte-rendu de Daniel LesueurNietzschéenne (p. 295-297), n°1028.

 

SILEX, "Quelques souvenirs sur Frédéric Nietzsche", in Bibliothèque universelle et revue suisse, tome 52, n°3, p. 340-353.

 

SILEX, "Quelques souvenirs sur Frédéric Nietzsche. Seconde et dernière partie", in Bibliothèque universelle et revue suisse, tome 52, n°4, p. 545-558.